Amaury III de Montfort

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Amaury III, décédé en 1137, fut seigneur de Montfort l'Amaury de 1101 à 1137 et comte d'Évreux de 1118 à 1137. Il était fils de Simon Ier, seigneur de Montfort, et d'Agnès d'Évreux[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Il succéda à son frère Simon II. Il était également frère de Bertrade de Montfort, mariée successivement à Foulque IV le Réchin, comte d’Anjou et de Philippe Ier, roi de France.

C’est un vassal direct du roi de France, qui tient des forteresses situées à la frontière du domaine royal, mais en 1098, lors d’une campagne de Guillaume II le Roux, roi d'Angleterre et gardien de la Normandie, dans le Vexin et contre le roi de France, il n’hésite pas à lui ouvrir les portes du château de Houdan. En 1108, à la mort du roi Philippe Ier, il soutient les fils de sa sœur, la reine Bertrade, contre le nouveau roi Louis VI, leur demi-frère. Mais il se réconcilie avec le roi et réussit en 1112 à convaincre le comte d’Anjou à s’allier avec le roi de France contre Henri Beauclerc, roi d’Angleterre.

Depuis la mort de Roger de Tosny en 1095[2], son frère était devenu l’héritier du comté d'Évreux. Amaury hérita également de ces droits du comté et le revendiqua en 1118, à la mort de Guillaume d'Évreux.

Mais Henri Beauclerc, roi d’Angleterre et duc de Normandie, refusa de lui remettre le comté d'Évreux et le rattacha au duché. Amaury forma alors une coalition avec le roi de France, le comte d’Anjou et plusieurs barons normands[3] pour obtenir son héritage par les armes. Amaury prit Évreux en octobre 1118. En 1119, Henri prit la ville et l’incendia, mais ne put se rendre maître de la citadelle, tenue par les partisans d’Amaury. En octobre 1119, le concile de Reims leur permit de conclure un accord : Amaury rendait le donjon à Henri qui lui donnait le comté.

Mais les relations entre le comte d'Évreux et le roi d’Angleterre ne restèrent pas longtemps cordiales. Les agents royaux levant trop de taxes sur les terres du comté et contraires à la coutume, Amaury persuada son neveu Foulque le jeune, comte d’Anjou, à marier sa fille avec Guillaume Cliton, fils de Robert Courteheuse et prétendant au duché de Normandie. Il s’allia également à plusieurs seigneurs normands mécontents de leur suzerains[4]. La révolte éclata en 1123. Le 25 mars 1124, Guillaume de Grandcourt, l'un des fils cadets du comte Henri d'Eu, le capture lors de l'embuscade de Bourgthéroulde. Finalement, ce chevalier choisit de déserter avec lui plutôt que de le remettre à Henri Ier[5]. Beaucoup de conjurés sont capturés ce jour-là, dont comte Galéran IV de Meulan. Amaury se réfugia en France[6]. Il fit peu après sa soumission et put reprendre possession de son comté d'Évreux.

Il conspira encore en 1126, en soutenant le roi Louis VI qui cherchait à aider Guillaume Cliton, mais se brouille ensuite avec le roi. Il meurt le 18 ou le 19 avril 1137.

Mariage et enfants[modifier | modifier le code]

Il épousa en premières noces vers 1115 Richilde de Hainaut, fille de Baudouin II, comte de Hainaut et d'Ide de Louvain, mais les époux durent se séparer en 1118 pour cause de consanguinité.

Il se remaria en 1118 avec Agnès de Garlande, fille d'Anseau de Garlande, seigneur de Rochefort-en-Yvelines, et de Béatrice de Montlhéry, et eut :


Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. père Anselme T.IV p.31, 73
  2. Roger de Tosny, dit le jeune, était fils de Raoul II de Tosny, demi-frère de Guillaume d'Évreux et d’Isabelle de Montfort, demi sœur d’Amaury III. À l’issue de la guerre des Belles-Dames, entre Raoul de Tosny et de Guillaume d'Évreux, ce dernier avait été contraint de désigner comme héritier Roger le jeune. La mort prématurée de ce dernier lui avait permis de laisser Évreux en héritage aux fils de sa sœur, mariée à Simon Ier de Montfort.
  3. Nombre d’entre eux supportaient mal l’autorité d’Henri et étaient prêts à se révolter.
  4. Galéran IV de Meulan, Hugues de Montfort-sur-Risle et Guillaume de Roumare, entre autres.
  5. Marjorie Chibnall, « Mercenaries and the Familia Regis under Henry I », Anglo-Norman warfare: studies in late Anglo-Saxon and Anglo-Norman military organization and warfare, éditeur : Matthew Strickland, Boydell & Brewer, 1992, p. 120.
  6. À l’époque, ce terme désignait l’actuelle Île-de-France.