Étude des médecins britanniques sur le tabagisme

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L'étude des médecins britanniques est une étude de cohorte menée de 1951 à 2001, qui a prouvé en 1956 de façon statistiquement convaincante que le tabagisme augmente le risque de cancer du poumon. Elle a également permis de quantifier la diminution d'espérance de vie induite par le tabagisme. Enfin, la relation entre l'âge de l'arrêt du tabagisme et l'espérance de vie a aussi pu être déterminée.

Contexte[modifier | modifier le code]

Bien qu'un lien entre le tabagisme et différentes maladies était suspecté, les preuves d'un tel lien étaient très sommaires. Fumer était présenté comme « sain », et il n'y avait pas d'explication convaincante de l'augmentation subite du taux de cancer du poumon.

Afin d'étudier un lien possible, le Conseil de la recherche médicale (MRC) charge son unité de recherche statistique de mener une étude prospective sur ce lien. Cette approche de la question médicale était relativement moderne : dans leur rapport préliminaire, les chercheurs trouvent nécessaire de donner une définition du terme prospectif[1].

Lorsqu'elle est publiée, en 1956, l'étude[2] inaugurera un nouveau type de recherche scientifique, montrant le bien-fondé de l'épidémiologie et des statistiques médicales dans les questions de santé publique, et établissant un lien entre le tabagisme et plusieurs maladies graves.

L'étude[modifier | modifier le code]

En octobre 1951, les chercheurs écrivent à tous les médecins enregistrés du Royaume-Uni, et obtiennent une réponse pour deux tiers d'entre eux, soit 40 701. Des cohortes supplémentaires ne sont pas recrutées. En raison de la faible taille de l’échantillon de médecins féminins, ceux-ci sont exclus de la plupart des analyses et les publications se concentrent sur les médecins masculins.

Les répondants sont divisés en fonction de leur décennie de naissance, leur sexe, le taux de mortalité lié à la cause de leur décès, ainsi que leur santé générale et leurs habitudes tabagiques. Un suivi est effectué, toujours via des questionnaires, en 1957, 1966, 1971, 1978, 1991, et enfin en 2001.

Analyse statistique[modifier | modifier le code]

Les taux de réponse étaient plutôt élevés, rendant possible une analyse statistique adéquate. Il a ainsi pu être déterminé que le cancer du poumon et l'infarctus du myocarde survenait nettement plus souvent chez les fumeurs.

Les rapports ultérieurs, publiés tous les dix ans (voir l'article de 2004[3] pour un résumé), permettront d'obtenir davantage d'informations.

Conclusion[modifier | modifier le code]

Une conclusion majeure de l'étude est que le tabagisme diminue l'espérance de vie de 10 ans, et que plus de 50 % des fumeurs meurent d'une maladie connue pour être liée au tabagisme. Cependant, ceux qui arrêtent de fumer à 60, 50, 40 ou 30 ans augmentent leur espérance de vie de, respectivement, environ 3, 6, 9 ou 10 ans[3]. Les fumeurs ayant arrêté de fumer avant l'âge de 30 ans ont donc la même espérance de vie que les non-fumeurs.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Doll R, Hill AB., « The mortality of doctors in relation to their smoking habits », BMJ, vol. 328, no 7455,‎ 1954, p. 1529 (PMID 15217868, PMCID 437141, DOI 10.1136/bmj.328.7455.1529, lire en ligne)
  2. R Doll, « Lung cancer and other causes of death in relation to smoking; a second report on the mortality of British doctors », British Medical Journal, vol. 2, no 5001,‎ novembre 1956, p. 1071–1081 (PMID 13364389, PMCID 2035864, DOI 10.1136/bmj.2.5001.1071, lire en ligne)
  3. a et b Doll R, Peto R, Boreham J, Sutherland I., « Mortality in relation to smoking: 50 years' observation on male British doctors », BMJ, vol. 328, no 7455,‎ 2004, p. 1519 (PMID 15213107, PMCID 437139, DOI 10.1136/bmj.38142.554479.AE)