Émilien Frossard

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Émilien Frossard

Émilien Benoît Daniel Frossard né le 26 juin 1802 à Paris, mort le 25 janvier 1881 à Bagnères-de-Bigorre, est un pasteur de l’Église réformée, un pyrénéiste, un dessinateur, fondateur de la société Ramond.

Émilien Frossard exerce son ministère de pasteur à Nîmes, puis il est directeur du séminaire de Montauban, et enfin pasteur à Bagnères-de-Bigorre, où il découvre les Pyrénées. En 1826, il épouse Isabelle Trye à Bath (Angleterre). Ils ont eu trois enfants : Charles-Louis, Émilien-Sigismond, et Jeanne-Amélie (1835-1921).

Comme la plupart des grands pyrénéistes de son temps, Émilien Frossard est d’abord un esprit curieux, ouvert à toutes les disciplines, géologie, botanique, météorologie, etc. Il fonde en 1865 la société Ramond avec ses deux fils, Henry Russell, Charles Packe, Farnham Maxwell-Lyte. Par son action, il est à l’origine de la création de l’observatoire du pic du Midi de Bigorre. Il crée aussi la société d’encouragement à l’agriculture et à l’industrie de Bagnères de Bigorre.

Dessinateur, il publie en 1829, 25 vues prises dans les Pyrénées françaises, lithographiées par Jourdan. En 1839, il publie le Tableau pittoresque des Pyrénées françaises, un texte accompagné de 22 vignettes.

Les deux fils d’Émilien Frossard suivent ses traces, à la fois comme pasteurs et comme pyrénéistes.

Charles-Louis Frossard[modifier | modifier le code]

Charles-Louis, né le 22 octobre 1827 à Nîmes (Gard), mort le 7 août 1901 à Bagnères-de-Bigorre, lui aussi pasteur à Lille, puis à Orthez, fixé à Bagnères en 1868, a un intérêt marqué pour les sciences de la terre et la géologie. Il s’intéresse aussi à l’archéologie préhistorique, rassemblant d’importantes collections qui jointes à celles de son père enrichissent le Muséum de Bagnères. Il livre 78 communications à la société Ramond, totalisant 304 pages du Bulletin. Il dépasse largement la production de son père. Il a publié par ailleurs un grand nombre d'ouvrages sur la religion réformée.

Émilien-Sigismond Frossard[modifier | modifier le code]

Émilien-Sigismond, né en 1829, mort en 1898, pasteur comme son père et son frère, et comme son père excellent dessinateur dont Schrader apprécie les œuvres, commence les ascensions à partir de 1864. En août 1868, il tente l’ascension du Vignemale par le couloir du Clot de la Hount, avec les guides Sarrettes et Barane, et un « touriste insuffisamment exercé ». C’est une ascension dans une redoutable pente de glace, qu’il faut entailler avec une hachette : il n’y a pas encore de piolet. Ils ne sont pas loin de l’arrivée quand le découragement les gagne : il faut redescendre. C’est au moins une première, la naissance du débat sur l’utilité des dangers encourus sur une voie difficile, quand on trouvera en haut « des femmes et des enfants, montés de l’autre côté la canne à la main », selon l’argumentation de Russell. Cette ascension sera réussie en 1879 par Henri Brulle, avec Bazillac, Sarrettes et Bordenave.

Mais Émilien-Sigismond connaît de belles réalisations : le 6 août 1870, avec Barane et sa hachette, il attaque le pic d'Enfer par le sud-est et le glacier, se retrouve sur l'extrémité de l'arête, qu'il parcourt de bout en bout. Faute d'avoir réussi la « première », que Russell lui avait soufflée de peu, et celle du pic central, où Barane a mené un « touriste » l'année précédente, il lui revient le mérite d'avoir réalisé « l'intégrale » des pics d'Enfer. En 1871, il réussit l'Arbizon par le nord. À la fin de sa vie, il se fait naturaliser Anglais, devient pasteur anglican et chapelain à Bordeaux.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Henri Beraldi, Cent ans aux Pyrénées, Paris, 1898-1904, sept volumes in-8°. Rééditions par « Les Amis du Livre Pyrénéen », Pau, 1977, puis par la « Librairie des Pyrénées et de Gascogne », Pau, 2001.