Jmoud

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Jmoud
Région d’origine
Région Drapeau du Turkménistan Turkménistan
Caractéristiques
Morphologie Cheval de selle
Taille 1,45 m à 1,52 m
Robe Généralement grise, alezane ou baie, reflet doré possible.
Tête Fine et légère
Pieds Bien formés
Caractère Patient et énergique
Statut FAO (conservation) Non menacéVoir et modifier les données sur Wikidata
Autre
Utilisation Selle et traction légère

Le Jmoud est une race chevaline originaire du Turkménistan, descendante du Turkoman et proche du cheval arabe. Il est l'une des deux grandes races de chevaux de ce pays, avec l'Akhal-Teke, nettement plus populaire que lui. Traditionnellement élevé par la tribu des Yomut, le Jmoud se raréfie au cours du XXe siècle. Des mesures de conservation sont mises en place en 1983, alors qu'il ne reste plus que 616 animaux de race pure. Le Jmoud est plus petit et plus compact que l'Akhal-Teke, il présente souvent une robe grise et un pas rapide. Apte à l'équitation, ce cheval oriental est réputé pour sa résistance aux rudes conditions du désert, ce qui le rend performant en course de vitesse et de fond. Les mesures de conservation ont permis de nettement redresser les effectifs de la race, qui est désormais considérée comme hors de menace par la FAO.

Terminologie[modifier | modifier le code]

La race est connue sous une grande variété de noms. Yomood est le nom international de référence retenu par la FAO. On trouve aussi les dénominations Jmoud en français[1], Iomud en anglais[2], Jomud, Jomut[3] ou encore Yomud au Turkménistan, Iomudskaya en russe[2] et Yamud ou « Turkoman perse » en iranien[4]. Il arrive qu'il soit nommé « Turc[5] ».

Histoire[modifier | modifier le code]

Le Jmoud est un cheval de selle léger, élevé au Turkménistan. C'est une race très ancienne[6], descendante du Turkoman, ou cheval turkmène, maintenant éteint. Il ressemble à l'Akhal-Teke et à l'Arabe. Il est élevé par la tribu turkmène des Yomut, dans l'oasis de Tashauz, au nord du Turkménistan. Pendant le XIVe siècle, des étalons arabes l'influencent[7]. Au cours des siècles, la race a subi de multiples influences de chevaux des steppes venus du Kazakhstan, de chevaux mongols, du cheval Kazakh, du Turkoman, et plus récemment de l'Akhal-Teke[8]. Les Yomut estiment que les premières traces connues de cette race remontent à 400 ans[9]. L'élevage du Jmoud fait longtemps la fierté et la réputation du Turkménistan[10]. En Iran, le Yamut est réputé descendre de chevaux Turkoman et Karabair[11].

À la fin du XIXe siècle, les chevaux de la tribu des Yomut sont seconds en réputation derrière ceux de la tribu des Tékés[12]. En 1925, l'ouverture d'un hippodrome à Achgabat motive l'entraînement de représentants de la race pour les courses, mais cela cesse en raison des difficultés rencontrées pour transporter les jeunes chevaux à travers le désert du Karakoum. Il faut attendre la création du haras de Tashauz pour que des courses de Jmoud soient réorganisées[13]. En 1926, les taboons turkmènes comptent des juments orientales nobles, mais aussi des animaux de type kazakh ou mongol[6]. Jusqu'aux années 1980, la race connaît un important déclin[13]. En 1980, les chiffres de 964 chevaux de la race, dont 616 en race pure et 140 femelles aptes à se reproduire, sont transmis à la FAO[2],[14].

Dans le but de la préserver de la disparition, des haras sont créés au Turkménistan en 1983, et se donnent pour mission la constitution d'un noyau d'élevage de 240 à 250 juments, à partir des 140 femelles trouvées. Un élevage à but conservatoire a également été établi dans le district d'Etrek (en), au Turkménistan[14]. Les effectifs se sont depuis nettement redressés[2].

Description[modifier | modifier le code]

La hauteur au garrot va de 1,44 m à 1,54 m[15],[6], ce qui en fait un cheval de taille plutôt réduite[16]. Les mesures moyennes réalisées pour la FAO en 1989 donnent 1,52 m pour les mâles et 1,49 m pour les femelles[2]. Les mesures précises donnent une longueur de corps de 1,51 m, un tour de poitrine de 1,68 m, et un tour de canon de 19 cm chez les mâles ; pour les femelles, ces mesures sont respectivement de 1,49 m, 1,50 m, 1,67 m et 18,3 cm[7]. L'aspect général est meso-dolichomorphe[15].

Le Yomood est un cheval assez compact[6], la race se révèle parfois morphologiquement plus proche de l'Arabe que de l'Akhal-Teke, étant plus petite et plus près de terre que ce dernier. La tête est large et bien découpée[6], légère, fine, au profil rectiligne ou légèrement convexe (souvent avec un nez romain)[6], et dotée de grands yeux. Elle se rattache à une encolure moyenne à longue, bien formée et assez épaisse. Les épaules sont inclinées, la poitrine profonde et le garrot moyennement à bien saillant. Le dos est long et droit, habituellement avec une légère dépression vers le garrot[15]. La croupe est bien formée et inclinée. Les jambes sont musclées, dures et fines, avec des jointures propres, les tendons sont clairement définis et forts, les sabots bien formés. La peau est fine, les crins sont soyeux. Le poil, ras en été, pousse long et dense à l'approche de la mauvaise saison. Les actions sont douces, et les allures élastiques. La race est d'ailleurs réputée pour son pas rapide[13].

Robe[modifier | modifier le code]

La robe est généralement grise, plus rarement alezane ou baie. Toutes les couleurs franches sont admises. Le noir est plus rare. La race peut éventuellement présenter le reflet doré propre aux chevaux d'Asie centrale[13],[2].

Tempérament et entretien[modifier | modifier le code]

Il se révèle patient et énergique[15], réputé pour son endurance et sa résistance aux rudes conditions de vie du désert[7]. Il en résulte une grande résistance à la soif. Il est plus vigoureux que l'Akhal-Teke, mais aussi moins rapide[13]. Il est habituellement élevé en hardes en semi-liberté dans les zones désertiques et semi-désertiques. C'est un cheval à la santé solide, qui vit vieux[6].

Types[modifier | modifier le code]

La race existe en trois types. Le premier est influencé par l'Akhal-Teke et présente plus de taille. Le second est croisé avec le Pur Sang. Le dernier, plus petit avec des jambes plus courtes, est plus rare. Il montre l'influence du cheval mongol[13].

Utilisations[modifier | modifier le code]

Ce cheval de selle est apte à l'équitation, et parfois utilisé au trait léger bien que cela ne soit pas sa spécialité. Son endurance, combinée à ses capacités naturelles de saut et à son aptitude à courir sur une longue distance en font un cheval intéressant pour le concours complet d'équitation[15], et bien évidemment pour les compétitions d'endurance, où il pourrait rencontrer un grand succès. En 1935, une course montée entre Achgabat et Moscou a vu deux Jmoud, Parakahat et Karakum, s'adjuger les deuxième et troisième places derrière un Akhal-Teke, révélant les prédispositions de la race pour la course de fond en terrain désertique. Ses performances ont été enregistrées : le mile (1 600 m) a été couvert en 1,52 min ; 45 km en 1 heure 39, et 4 300 km en 84 jours, sur des terrains difficiles[17]. Ces performances font de la race une proche rivale de l'Akhal-Teke[18].

Le Jmoud a contribué significativement à la formation de la race du Lokai au Tadjikistan[19], et à celle de l'Adaev[13]. C'est aussi une bonne monture de cavalerie légère.

Diffusion de l'élevage[modifier | modifier le code]

Le Jmoud est originaire de la province de Daşoguz, au Turkménistan[2]. Il est considéré comme rare[6]. Le nombre de chevaux présents en Iran, où la race est nommée « Yamud », n'est pas connu[13]. Le dernier relevé de la population turkmène a été effectué en 1990, peu avant la chute de l'Union soviétique, alors que la race était en conservation. Les effectifs se sont alors nettement redressés, avec 6 304 têtes, dont 227 étalons et 2 248 femelles aptes à se reproduire[2]. De ce fait, l'évaluation de la FAO réalisée en 2007 considère que la race n'est pas menacée[20]. L'étude de l'université d'Uppsala (2010) considère elle aussi le « Yomood » comme une race locale asiatique qui n'est pas menacée[21]. Le Jmoud forme une race très méconnue[22].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. de Simonoff et de Moerder 1894, p. 79.
  2. a, b, c, d, e, f, g et h (en) « yomood/Turkmenistan », DAD-IS (consulté le 1er janvier 2016).
  3. Porter 2002, p. 185.
  4. Porter 2002, p. 208.
  5. Porter 2002, p. 205.
  6. a, b, c, d, e, f, g et h Hendricks 2007, p. 233.
  7. a, b et c (en) « Iomud », Oklahoma State University (consulté le 5 janvier 2008).
  8. (en) Tasmin Pickeral, Encyclopedia of Horses and Ponies, Parragon, (ISBN 0752541633 et 9780752541631), p. 317.
  9. Hope et Jackson 1973, p. 199.
  10. (en) Igor S. Zonn, Aleksey N Kosarev, Michael H. Glantz et Andrey G. Kostianoy, The Caspian Sea Encyclopedia, Springer Science & Business Media, coll. « Encyclopedia of Seas », , 525 p. (ISBN 3642115241 et 9783642115240), p. 413.
  11. (en) Willem M. Floor, Agriculture in Qajar Iran, Mage Publishers, , 692 p. (ISBN 0934211787 et 9780934211789), p. 555.
  12. (en) Charles Marvin, The queen of the world and the scourge of the man-stealing Turcomans, Londres, (lire en ligne), p. 188.
  13. a, b, c, d, e, f, g et h Hendricks 2007, p. 234.
  14. a et b Kosharov, Pern et Rozhdestvenskaya 1989.
  15. a, b, c, d et e Bongianni 1988, p. 53.
  16. (en) Caroline Silver, « Iomud », dans Horses and ponies, Collins, , 240 p. (ISBN 000458869X et 9780004588698), p. 131.
  17. Hope et Jackson 1973, p. 200.
  18. (en) Petr Georgievich Skosgrev, Soviet Turkmenistan, Foreign Languages Publishing House, , 231 p., p. 94-95.
  19. (en) « Lokai », Oklahoma State University (consulté le 26 décembre 2007).
  20. (en) « Breeds Currently Recorded In The Global Databank For Animal Genetic Resources » [PDF], Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture, , p. 116.
  21. (en) Rupak Khadka, « Global Horse Population with respect to Breeds and Risk Status », Uppsala, Faculty of Veterinary Medicine and Animal Science - Department of Animal Breeding and Genetics, , p. 58 ; 67.
  22. (en) Rick Parker, Equine Science, Cengage Learning, , 4e éd., 608 p. (ISBN 111113877X et 9781111138776), p. 63.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • [Bongianni 1988] (en) Maurizio Bongianni (trad. de l'italien par Ardèle Dejey), Simon & Schuster's Guide to Horses and Ponies [« Cavalli »], Simon & Schuster, , 255  p. (ISBN 0-671-66068-3, OCLC 16755485, lire en ligne), « Iomud », p. 53. Voir et modifier les données sur Wikidata
  • [de Simonoff et de Moerder 1894] Leonid de Simonoff et Jean de Moerder (préf. François Nicolas Guy Napoléon Faverot de Kerbrech), Les races chevalines : Avec une étude spéciale sur les chevaux russes, Paris, Librairie agricole de la maison rustique, (lire en ligne)
  • [Hendricks 2007] (en) Bonnie Lou Hendricks (préf. Anthony Austen Dent), International Encyclopedia of Horse Breeds, Norman, University of Oklahoma Press, , 2e éd., 486  p. (ISBN 0-8061-3884-X, OCLC 154690199, lire en ligne), « Iomud », p. 27. Voir et modifier les données sur Wikidata
  • [Hope et Jackson 1973] (en) Charles Evelyn Graham Hope et Noel Jackson, « Iomud », dans The encyclopedia of the horse, Viking Press, , 336 p., p. 199-200
  • [Kosharov, Pern et Rozhdestvenskaya 1989] (en) A. N. Kosharov, E. M. Pern et G. A. Rozhdestvenskaya, « Horses », dans Animal Genetic Resources of the USSR. Animal Production and Health Paper Publ., Rome, FAO, , 517 p. (lire en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • [Porter 2002] (en) Valerie Porter, Mason's World Dictionary of Livestock Breeds, Types and Varieties, CAB International, , 5e éd., 400  p. (ISBN 0-85199-430-X, OCLC 828044517), « Iomud ». Voir et modifier les données sur Wikidata


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