Websourd

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Websourd
logo de Websourd
Logo de Websourd

Création 2001
Disparition
Fondateurs Drapeau de la France Jacques Sangla[1]
Forme juridique Société coopérative d'intérêt collectif
Siège social Toulouse
Drapeau de France France
Direction Drapeau de la France François Goudenove
Activité Services aux sourds
Produits Élision, un moyen visio-interprétation
Jobsourd
Effectif 37 (en 2012)
Site web http://www.websourd-media.fr/

Chiffre d'affaires 1 730 456€ (en 2012) [2]
Résultat net en diminution -717 364 € (Par rapport de 2011)

Websourd est une société coopérative d’intérêt collectif basé à Toulouse qui offre des services aux Sourds.

La société est née de la rencontre entre le réseau associatif des sourds et le réseau des entreprises coopératives.

Historique[modifier | modifier le code]

À partir du milieu des années 90, les NTIC commencent à fournir des outils de communications plus performants et sur Toulouse, quelques années plus tard, plusieurs personnes issues d’associations locales commencent à réfléchir à un projet de Web TV pour les sourds. Pour mettre ce projet sur pied, ils décident d'initier une étude de faisabilité (pour réunir les acteurs du projet et les fonds), ils se structurent en créant l'association Websourd, en 2001[3].

Les deux membres fondateurs sont la Fédération Nationale des Sourds de France et l’Union Régionale des SCOP Midi-Pyrénées/Languedoc-Roussillon.

Le projet Websourd fédère un grand nombre de personnes sourdes, de structures professionnelles liées à la surdité (interprètes, associations, etc.) de collectivités, de financeurs et l’assemblée générale en 2003 vote pour la transformation de l’association en une société coopérative d’intérêt collectif (SCIC)[4]. Cette transformation en SCIC est validée par la préfecture de la Haute-Garonne en [5]

Répondre au besoin des sourds[modifier | modifier le code]

Avant l’arrivée d’Internet, les sourds communiquaient seulement par écrit : courrier, télécopie, et Minitel dialogue (3618), ce qui limitait considérablement les échanges, étant donné les problèmes d’écrit, voire d’illettrisme, qu'ils rencontrent (sans entendre, il est difficile d’apprendre à lire ou à écrire).

Jacques Sangla, sourd militant issue des associations locales et nationales (dont la Fédération Nationale des Sourds de France) et Michel Dupoirieux, qui travaille à l’Union Régionale des SCOP, travaillent sur le projet, notamment sur la mise en place d’un système de visio-interprétation, qui permettrait à un sourd de communiquer avec un interlocuteur entendant, grâce à un interprète en langue des signes, à distance, sur le web[6].

L'information[modifier | modifier le code]

L’un des projets phares de Websourd est également de diffuser aux sourds une information en langue des signes française, puisque le web le permet désormais.

Fin 2004, le site informatif officiel voit le jour, avec plusieurs rubriques qui peuvent intéresser les sourds au quotidien.

En 2005, ses contenus viennent s’enrichir des « Actus brèves » : une sélection de dépêches de l’AFP sont traduites en LSF et diffusées tous les jours[7].

En 2012, Websourd signe un accord avec Sciences Po[8] pour mettre en place une formation de journalistes sourds[9].

En 2014, le site websourd.org couvre les jeux olympiques de Sochi, grâce à un partenariat avec France Télévisions[10],[11].

Le , le site web propose un nouveau format, une nouvelle interface visuelle, et devient websourd-media (anciennement websourd.org)[12].

Traducteur pour sourd[modifier | modifier le code]

Dès lors, une réflexion est menée sur le métier de traducteur. En effet, traduire d’un texte écrit vers la langue des signes demande de vraies compétences professionnelles, que les sourds sont les mieux à même de maîtriser[13]. Il s’agit d’un nouveau métier et Websourd participe à la création d’une filière de traduction/interprétation à l’Université Toulouse II-Le Mirail (au sein de l'Institut Universitaire Personnalisé[14]).

Édition[modifier | modifier le code]

Pour mener à bien sa mission de développer l’accessibilité pour les sourds, Websourd se lance également en 2005 dans un projet d’édition d’ouvrage bilingue (français – LSF) pour enfant : Le Petit Sapin. 2 ans plus tard, il renouvelle l’expérience, cette fois avec 2 livres-CDROM pour adolescents : Cette gloire à tout prix et L’éternité mon amour ! (en collaboration avec les Éditions TERTIUM[15]).

Visio interprétation[modifier | modifier le code]

Parallèlement, l’activité de visio-interprétation prend beaucoup d’ampleur et la question d’un centre-relais pour les particuliers commence à émerger. Conformément au travail mené par l’UNISDA sur l’accessibilité des personnes sourdes[16], Websourd démarre l’expérimentation[17] en 2007 auprès d’un grand panel de personnes sourdes. Cette expérimentation met en évidence l’immense besoin des sourds de pouvoir téléphoner, depuis chez eux, à n’importe qui : les urgences, le médecin, la crèche ou l’école, etc. Dans le monde actuel, sans téléphone, il est presque impossible d’accéder à une vraie citoyenneté.

En , Websourd est choisi par le gouvernement[18] pour l’expérimentation d’un Centre Relais pour les sourds auprès de 500 personnes[19]. Cette expérimentation doit durer 1 an, jusqu'en [20],[21].

Jobsourd[modifier | modifier le code]

En 2012, Websourd crée Jobsourd, un Job-board pour l'emploi : il s'agit d'un outil 100% accessible qui met en lien les demandeurs d'emploi sourds avec les entreprises qui veulent recruter[22].

Les problématiques bloquantes pour les sourds dans leur pratique professionnelle sont toujours importantes[23] : le manque d’accès à l’information sur le monde de l’emploi, ses droits, l’absence de sensibilisation des entreprises et des acteurs de l’insertion professionnelle que les demandeurs d’emploi doivent systématiquement compenser, dans leur démarche personnelle, etc.[24]

Jobsourd est un service susceptible de proposer des solutions à ces problématiques. Un partenariat avec Orange est mis en place[25].

Fermeture[modifier | modifier le code]

Le Websourd est sous procédure de sauvegarde depuis [26]. Le , le tribunal de la commerce de Toulouse impose la fermeture de la SCIC Websourd et tous filiales (compris Jobsourd) sauf une filiale Websourd Elision poursuit son activité, sous la nouvelle présidence du fondateur Mr Jacques Sangla[27] car Websourd est en liquidation judiciaire[28] avec un passif de 4,2 millions d'euros, pour un chiffre d'affaires de 2 millions[26]. La filiale Websourd 3D est à son tour en liquidation judiciaire le [29].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le monde le 11 décembre 2012
  2. Fiche d'entreprise
  3. « Journal économique et financier », sur La Tribune (consulté le 17 août 2020).
  4. http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20121117.FAP5340/websourd-les-nouvelles-technologies-a-l-ecoute-des-sourds.html
  5. Site officiel de Websourd
  6. La Dépêche du Midi, « Web sourd France Télécom choisit Toulouse », La Dépêche,‎ (lire en ligne, consulté le 17 août 2020).
  7. Faciliter le quotidien des malentendants Les Échos, 21 juin 2011
  8. http://www.sciencespo-toulouse.fr/notre-ecole/actualites/communiques-de-presse/websourd-et-sciences-po-toulouse-concluent-un-accord-pour-la-formation-d-etudiants-journalistes-sourds-des-la-rentree-2012-380638.kjsp?RH=1244469836756
  9. « metronews.fr/toulouse/deux-etu… »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?).
  10. F.S, « Toulouse. JO : Websourd en direct de Sotchi », La Dépêche,‎ (lire en ligne, consulté le 17 août 2020).
  11. Fabrice Valery, « Un journal des JO de Sotchi en langue des signes », sur france3.fr, France 3 Occitanie, (consulté le 17 août 2020).
  12. « Websourd devient websourd-media », sur La Tribune (consulté le 17 août 2020).
  13. http://www.afils.fr/index.php/interprete-traducteur
  14. http://w3.iup-traduction-interpretation.univ-tlse2.fr/breve17.html
  15. http://www.tertium-editions.fr
  16. http://www.unisda.org/spip.php?rubrique3
  17. « Tout ce que vous devez savoir sur le SMIC - Websourd Entreprise », sur Websourd Entreprise (consulté le 17 août 2020).
  18. http://www.social-sante.gouv.fr/actualite-presse,42/communiques,2322/acces-des-personnes-sourdes-ou,17018.html
  19. « Websourd veut rendre le téléphone accessible aux malentendants », Les Échos,‎ (lire en ligne, consulté le 17 août 2020).
  20. VA, avec Laurence Boffet, « La société toulousaine Websourd se fait entendre du gouvernement », sur france3.fr, France 3 Occitanie, (consulté le 17 août 2020).
  21. http://www.objectifnews.tv/video/24-Innovation/1890-Francois-Goudenove-Websourd-Permettre-aux-personnes-sourdes-dacceder-au-telephone.html
  22. Propos recueillis par Alexia Eychenne, « Comment remettre les sourds en contact avec les employeurs », L'Express,‎ (lire en ligne, consulté le 17 août 2020).
  23. http://www.unisda.org/spip.php?article348
  24. http://www.cee-recherche.fr/publications/connaissance-de-lemploi/lemploi-des-malentendants-et-des-sourds-quels-enjeux
  25. http://www.zonebourse.com/ORANGE-SA-4649/actualite/Orange--principal-pourvoyeur-drsquooffres-drsquoemploi-sur-jobsourdfr-innovation-sociale-et-t-18115704/
  26. a et b « Websourd en liquidation », sur www.lesechos.fr (consulté le 8 septembre 2015)
  27. (en) « Websourd Merci », sur www.websourd-media.fr, (consulté le 6 août 2015)
  28. « Toulouse : Websourd en liquidation judiciaire », sur france3-regions.francetvinfo.fr (consulté le 1er septembre 2015)
  29. « Toulouse. Pourquoi Websourd est en liquidation judiciaire », sur www.touleco.fr (consulté le 14 septembre 2015)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]