Ver du fumier

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Eisenia fetida

Le ver du fumier (Eisenia fetida ou Eisenia foetida), connu sous divers noms, tels que « ver rouge » ou « ver tigré », est une espèce de ver de terre vivant de la décomposition de matières organiques.

Description[modifier | modifier le code]

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Le ver du fumier mesure généralement de quatre à cinq centimètres de long et a pour habitude de se trouver dans les 20 premiers centimètres en dessous du niveau du sol, c'est un ver épigé (à l'inverse du lombric qui est un ver endogé) [1].
Son corps est composé de 105 segments constitués chacun d'un anneau pourpre. Son poids moyen est d'environ 300 mg[2].

Localisation[modifier | modifier le code]

C'est une espèce originaire d'Europe, mais qui a été introduite de différentes façons sur tous les continents excepté l'Antarctique[3].

Alimentation[modifier | modifier le code]

Il se nourrit de végétation en décomposition et contribue au compostage de la matière organique ou du fumier. Il ne sait pas consommer un aliment très frais. Il mangera des aliments déjà dégradés par les micro-organismes[4]. Il vit en milieu aéré[2] et respire par sa peau toujours humide et visqueuse qui permet le passage de l'air[1]. Le ver adulte mange l'équivalent de la moitié à une fois son poids par jour[4],[5]. Il peut être affecté par des teneurs élevées en métaux lourds ou ETM (éléments-traces métalliques)[6].

Milieu de vie[modifier | modifier le code]

Rarement présent dans les sols normaux, il préfère, comme Lumbricus rubellus, des conditions où d'autres vers ne peuvent pas survivre. Il apprécie l'obscurité, l'humidité (entre 75 et 85%), une atmosphère bien ventilée et une température optimale de 15 à 25 °C[1],[7],[8]. La lumière, la sècheresse, les températures trop basses (en-dessous de 8°C) ou trop hautes (au-delà de 33°C) voueront le ver rouge à la mort. Le bruit et les vibrations le perturbe fortement[4].

Lorsqu'il est manipulé brusquement, il dégage un liquide âcre, jaunâtre, visqueux et très fortement odorant, lié à un mécanisme de défense chimique[4]. L'odeur aurait tendance à faire fuir ses prédateurs.

Génétique[modifier | modifier le code]

Il est étroitement lié à l'espèce Eisenia andrei, aussi appelée E. fetida andrei (« ver rouge de Californie »), qui est aussi utilisée pour le compostage ou le lombricompostage [2],[8].
Le seul moyen simple de faire la distinction entre ces deux espèces est qu'E. fetida est de couleur rouge, mais avec des anneaux clairs, presque jaunes, alors qu'E. andrei est de couleur rouge uniforme[2].
Des analyses génétiques ont confirmé qu'il s'agit bien d'espèces distinctes et des expériences ont prouvé qu'ils ne produisent pas d'hybrides[9].

Les deux vers rouges sont des espèces épigées, c'est-à-dire qu'elles se nourissent de compost ou de matière organique présente en surface des sols, et sont peu fréquentes dans les sols minéraux.

Utilisation[modifier | modifier le code]

Cette espèce est disponible dans le commerce, principalement pour la vermiculture, en raison de sa remarquable capacité à transformer les matières organiques en vermicompost. Le ver de fumier est encore utilisé dans les composteurs de jardin où il reste surtout en surface, mais se cache à l'abri de la lumière pour dégrader les déchets verts ou les déchets de cuisine (épeluchures, restes de repas, marc de café, sachet de thé, papier et carton, coquilles d'œufs, sciure) [5]. Sa longévité dépend des conditions ambiantes, en milieu artificiel il peut vivre de 2 à 3 ans[10],[2].

Les vers rouges peuvent aussi être vendus comme appât pour la pêche[7].

Reproduction[modifier | modifier le code]

La reproduction du ver est sexuée. Il est hermaphrodite. Néanmoins, il ne peut se reproduire tout seul[1]. Deux vers à la fois mâle et femelle s'accouplent au niveau de leur clitellum (zone gonflée située au tiers antérieur du corps), en contact tête-bêche. Après l'échange de semence, le clitellum produit des cocons qui enferment les œufs et les spermatozoïdes[7]. C'est dans ces cocons que se produit la fécondation. Les vers libèrent entre 90 et 120 cocons par an, qui arrivent à mâturité après 3 semaines. Dans chaque cocon il y a entre 1 et 4 larves ou vermisseaux, au départ translucides[11]. Le ver rouge est donc très prolifère puisqu'il peut produire plusieurs centaines de larves par an (autour de 400 individus) et jusqu'à 4 générations, soit entre 500 et 1000 vers adultes par an[4]. La taille adulte est atteinte entre 4 et 8 semaines[11],[5].

Etant donné son milieu de vie, le ver rouge est la proie de nombreux prédateurs, oiseaux et animaux. La multiplication rapide et nombreuse permet de compenser par le nombre de descendants, l'importante prédation naturelle[4].

Surpopulation[modifier | modifier le code]

En raison de sa multiplication très rapide, un vermicompsteur peut se remplir d'une faune très abondante de vers rouges. Il est alors possible de limiter la surpopulation en donnant des prélèvements de population à des proches et des connaissances, si ceux-ci sont dotés de composteur ou de vermi-composteur, ou bien d'en relâcher une partie au jardin en période humide (printemps ou automne). Il est aussi recommandé de changer les vers tous les 2 ou 3 ans, à défaut d'ajouter une nouvelle population afin de combattre l'épuisement du patrimoine génétique par le brassage des populations adultes[4].

Fausse croyance[modifier | modifier le code]

Couper un ver en deux ne donne pas deux individus, mais un seul, là où se trouve la tête[4]. Le corps d'un ver peut parfois se régénérer suite à une blessure, mais cela dépend de sa localisation[1].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d et e « Le ver à compost, seigneur des anneaux – La Catoire Fantasque », La Catoire Fantasque,‎ (lire en ligne, consulté le 17 novembre 2018)
  2. a b c d et e « Eisenia andrei et Eisenia fetida : Description, Elevage et vente de vers », sur lombritek.com (consulté le 17 novembre 2018)
  3. « Eisenia fetida - (Savigny, 1826) - (Lumbricidae) - Ver du fumier, ver de terre, ver rouge, ver tigré », sur www.france-animaux.org (consulté le 17 novembre 2018)
  4. a b c d e f g et h « Eisenia foetida - Andartha », sur www.andartha.org (consulté le 17 novembre 2018)
  5. a b et c « Vers de Compost - Eisenia Foetida - Boutique Jardinitis », sur Boutique Jardinitis (consulté le 17 novembre 2018)
  6. (en) Spurgeon DJ, Weeks JM et van Gestel CAM, « A summary of eleven years progress in earthworm ecotoxicology », ., no 47,‎ , p. 588-606 (lire en ligne).
  7. a b et c gwenola, « Lombric et Lombriculture », sur www.lombriculture.net (consulté le 17 novembre 2018)
  8. a et b « Les espèces de vers utilisées pour le lombricompostage », sur Plus 2 vers (consulté le 17 novembre 2018)
  9. (en) Jorge Domı́nguez, Alberto Velando et Alfredo Ferreiro, « Are Eisenia fetida (Savigny, 1826) and Eisenia andrei Bouché (1972) (Oligochaeta, Lumbricidae) different biological species? », .,‎ (lire en ligne [PDF]).
  10. « Les vers de compost - blogverslaterre », blogverslaterre,‎ (lire en ligne, consulté le 17 novembre 2018)
  11. a et b « Eisenia foetida foetida », sur verdeterre.fr (consulté le 17 novembre 2018)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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