Valentin de Rhétie

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Valentin de Rhétie, nommé Valentinus en latin, (Ve siècle) est un moine gyrovague et prédicateur, un abbé légendaire conduisant la prédication dans les Alpes centrales et les Alpes autrichiennes, sur les versants suisses, autrichiens ou italiens actuels. Il aurait finit sa vie comme évêque itinérant de l'ancienne province de Rhétie.

Biographie légendaire[modifier | modifier le code]

Ce Valentin apparaît comme le patron (peut-être tardif) des chrétiens valentiniens ou valétudinaires, qui allaient à la rencontre des derniers adorateurs païens des eaux, bois et rochers, tout en les incitant à se convertir car ils partageaient la même impression de grandeur divine devant les choses remarquables de la nature. Ils proposaient de créer ensemble des lieux de soin (valetudinaria), de repos ou de paisibles méditations, à proximité de ses sanctuaires naturels à préserver.

Ce courant valentinien défendant les gentils (païens) s'est opposé très tôt à la destruction des anciens sanctuaires honorés des population natives, que les chrétiens zélés accomplissaient avec fanatisme sans souci de la vie humaine et animale, jugée hérétiques, dès qu'ils ne comprenaient pas les pratiques ou les inscriptions complexes. Le courant martinien, développé ou initié par Saint Martin apparaît dans une posture médiane, il garde indéniablement la violence destructrice des biens matériels (symbolisé par la hache), mais respectent la vie humaine et admet parfois ensuite, par rédemption, la présence unique d'un sanctuaire chrétien, construit avec les débris.

Il prêche dans l'antique Rhétie, mais aussi probablement dans ses marges alpines, en Suisse et en Autriche actuelles.

Valentin est d'abord enterré à Mais, près de Mérano dans l'actuel Tyrol du Sud italien. Saint personnage devenu légendaire par la prédication d'autres moines gyrovagues en Austrasie, il aurait commencé à attirer les foules de pèlerins. Pépin et les moines bénédictins rédacteur officiels de son hagiographie organisent le transfert de ses reliques corporelles à Passau en Bavière. Il y devient le patron de ce diocèse[1].

Traditions et art[modifier | modifier le code]

Saint Valentin a été invoqué en Allemagne pour les soins des épileptiques. Il est représenté sur le retable réalisé fin XV de la chapelle de Sankt Neithard dans la cathédrale d'Ulm[2]. Un tableau du musée national germanique de Nuremberg daté de 1520 le montre également dans cette posture, soucieux de cette infirmité.

L'historien d'art français Louis Réau postulait pour expliquer la vocation guérisseuse du saint un glissement sémantique de Valentin due à la prononciation germanique en un radical proche du verbe fallen, tomber ou de la racine du vocable Fallsucht, signifiant épilepsie. Mais l'historien commun peut y entrevoir aussi la rencontre du moine Valentin avec les restes de pratiques shamaniques hyperboréennes, conservées longtemps par le paganisme triomphant.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Gaston Duchet-Suchaux, Michel Pastoureau, La Bible et les saints, comprendre et reconnaître les principales représentations religieuses du monde occidentale, collection art Les essentiels, Flammarion, réédition 2014 (première édition 1990), 317 pages, en particulier la simple entrée de ce dictionnaire à saint Valentin, pp 284-285.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Éric Chevalley, article Valentin (saint) dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du .
  2. Couché ou étendu à ses pieds, un enfant épileptique figure cette légende.