Vérité et Méthode

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Vérité et Méthode
Auteur Hans-Georg Gadamer
Version originale
Langue allemand
Titre Wahrheit und Methode
Lieu de parution Tübingen
Date de parution 1960
Version française
Traducteur Étienne Sacre, Pierre Fruchon, Jean Grondin, Gilbert Merlio
Éditeur Seuil
Collection L'ordre philosophique
Lieu de parution Paris
Date de parution 1976-1996
Nombre de pages 533
ISBN 2020043637

Vérité et Méthode est l'œuvre maîtresse de Hans-Georg Gadamer relative à l'herméneutique et à la communication intersubjective.

Le livre devait s'appeler à l'origine Les grandes lignes d'une herméneutique philosophique mais l'éditeur suggéra à Gadamer de changer le titre pour ne pas effrayer le lecteur potentiel[1].

Contenu[modifier | modifier le code]

Introduction[modifier | modifier le code]

Gadamer veut aborder la question du problème herméneutique. Ce problème se rattache à la question de la compréhension et celle de l'interprétation de ce qui est compris. Il considère que l'expérience de vérité ne peut être saisie si on se limite à la méthodologie des sciences, notamment celles des sciences de la nature. Il souligne que les sciences de l'esprit, notamment l'histoire, ne peut se soustraire à la tradition. La philosophie, de son côté, retrouve des vérités dans les textes classiques. L'expérience de l'art nous révèle une vérité que l'approche esthétique (scientifique) ne peut rendre compte.

Première partie : Dégagement de la question de la vérité. L'expérience de l'art[modifier | modifier le code]

Dans la première partie, il n'y a pas d'introduction ni de conclusion. Cette partie se divise en deux sous-parties.

En résumé, dans cette partie, Gadamer s'intéresse à la question de l'œuvre d'art qu'il présente comme un moyen d'accès à la vérité. Il ne s'agit pas ici de la vérité objective des sciences exactes. En effet l'œuvre nous fait comprendre la réalité mieux que le réel même. De plus, elle oblige le spectateur à réécrire la façon dont il conçoit la vie[1].

I. DÉPASSEMENT DE LA SPHÈRE ESTHÉTIQUE[modifier | modifier le code]

1. Portée de la tradition humaniste pour les sciences de l'esprit[modifier | modifier le code]
a) Le problème de la méthode[modifier | modifier le code]

Gadamer considère que la réflexion des sciences de l'esprit sur elle-même reste tributaire d'une idéalisation de l'approche des sciences de la nature. Cette réflexion reste prisonnière de la méthode inductive et de l'idéal de régularité qui y est rattachée.

b) Concepts directeurs de l'humanisme[modifier | modifier le code]

α) Le concept de formation (Bildung)

Pour Gadamer, « la caractéristique générale de la formation [est] l'ouverture maintenue à l'altérité, à des perspectives autres et plus générales. »[2]

β) Sensus communis

Pour Gadamer, les sciences de l’esprit dans la réflexion sur elle-même devrait renouer avec l’idée de sens commun qui était attaché originellement plus à un sens pratique lié à la morale ou au social qu’à un sens théorique.

γ) Jugement

Au sens premier, le jugement faisait référence à une faculté d’appréciation sensible qui saisit la singularité en la dotant notamment d’une valeur (bien/mal) et d’une évaluation de sa faisabilité. Le jugement glisse à partir du 18e siècle vers un sens plus rationnel. Chez Kant, le sens premier du jugement est restreint au goût.

δ) Goût

Au départ, le concept de « goût », rattaché à un contexte historique et social, est une forme d’appréciation du singulier. Cette appréciation a une dimension de vérité. Le concept perdra cette dimension de connaissance avec Kant.

2. « Subjectivation» de l'esthétique par la critique kantienne[modifier | modifier le code]
a) La doctrine kantienne du goût et du génie[modifier | modifier le code]

α) La promotion transcendantale du goût

Pour Kant, le jugement de goût n’a pas d’universalité empirique, mais d’une manière aprioritique il vise l’universalité. Pour lui, ce jugement dépasse la subjectivité sans qu’il soit partagé par tous. Kant considère qu’il y a une validité du jugement de goût, mais pas vraiment une forme de connaissance.

β) Doctrine de la beauté libre et de la beauté adhérente

Pour Kant, la beauté libre (nature, ornements) correspondrait au jugement de goût qui est « pur », tandis que la beauté adhérente (poésie, arts plastiques, musique, « les êtres naturels […] dont ce n’est pas la beauté seule qui retient notre attention »[3]) coïnciderait au jugement de goût qui est intellectualisé.

γ) La doctrine de l'idéal de la beauté

C’est seulement de la forme humaine, et justement parce qu’elle est seule susceptible d’avoir une beauté fixée par un concept de but, qu’il y a un idéal de beauté. Cette doctrine […] parvient à une position clé dans la fondation kantienne de l’esthétique. Car c’est précisément cette thèse qui montre combien peu une esthétique formelle du goût (esthétique de l’arabesque) correspond à la pensée de Kant.[4]

δ) L'intérêt pour la beauté dans la nature et dans l'art

La richesse de sens, qui est celle de l'œuvre d'art, repose naturellement aussi sur le fait que celle-ci nous adresse la parole, qu'elle représente à l'homme lui-même en son existence, dont la destination est morale. Mais les produits de l’art n’existent que pour nous adresser la parole alors qu’il n’en est absolument pas de même des objets de la nature. Voilà précisément ce qui donne tout son poids à l’intérêt pour le beau dans la nature : il a pourtant le pouvoir de nous faire prendre conscience de notre destinée morale.[5]

ε) La relation du goût et du génie

Gadamer adhère à l’idée de Kant qu’«  il n’y a que l’œuvre d’art, dont le sens veuille qu’elle se définisse comme création du génie. »[6] Selon Gadamer, pour Kant, « l’application de la faculté de juger au beau et au sublime de la nature a plus d’importance que la fondation de l’art. »[7]

b) L'esthétique du génie et le concept d'expérience vécue (Erlebnis)[modifier | modifier le code]

α) La montée du concept de génie

Cette position privilégiée, dans le système, du concept de génie par rapport à celui de goût, ne correspond absolument pas à l’esthétique kantienne. Il reste que la requête essentielle de Kant — celle de parvenir à une fondation de l’esthétique qui soit autonome, libérée du critère du concept, celle de ne poser absolument pas dans le domaine de l’art la question de la vérité et de fonder au contraire le jugement esthétique sur l’a priori subjectif du sentiment de la vie (…) — allait au-devant de l’irrationalisme et du culte du génie qui ont été ceux du XIXe siècle.[8]

β) Contribution à I 'histoire du terme d'Erlebnis

Le mot Erlebnis trouve son origine dans le romantisme avec des sens s’appuyant sur le vécu dans une perspective biographique et prendra la forme d’un concept chez Dilthey.

γ) Le concept d'expérience vécue

II. L'ONTOLOGIE DE L'OEUVRE D'ART ET SA SIGNIFICATION HERMÉNEUTIQUE[modifier | modifier le code]

1. Le jeu comme fil conducteur de l'explication ontologique[modifier | modifier le code]

2. Conséquences esthétiques et herméneutiques[modifier | modifier le code]

Deuxième partie : Extension de la question de la vérité à la compréhension dans les sciences de l'esprit[modifier | modifier le code]

Cette deuxième partie comporte deux sous-parties.

I PRÉPARATION HISTORIQUE[modifier | modifier le code]

lI. LES GRANDES LIGNES D'UNE THÉORIE DE L'EXPÉRIENCE HERMÉNEUTIQUE[modifier | modifier le code]

Troisième partie : Tournant ontologique pris par l'herméneutique sous la conduite du langage[modifier | modifier le code]

Cette troisième partie ne contient pas de sous-parties. Elle se divise en trois chapitres.

1.Le langage, médiateur (medium) de l'expérience herméneutique[modifier | modifier le code]

2. Le concept de « langage » dans l'histoire de la pensée occidentale[modifier | modifier le code]

3. La langue, horizon d'une ontologie herméneutique[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Jean Grondin, L'herméneutique, Paris, Presses universitaires de France (PUF),
  2. Hans-Georg Gadamer, Vérité et méthode, Paris, Éditions du Seuil, 1960/1996, p. 33
  3. Hans-Georg Gadamer, Vérité et méthode, Paris, Éditions du Seuil, 1960/1996, p. 62
  4. Hans-Georg Gadamer, Vérité et méthode, Paris, Éditions du Seuil, (1960/1996), p. 64
  5. Hans-Georg Gadamer, Vérité et méthode, Paris, Éditions du Seuil, (1960/1996), p. 68
  6. Hans-Georg Gadamer, Vérité et méthode, Paris, Éditions du Seuil, (1960/1996), p. 71
  7. Hans-Georg Gadamer, Vérité et méthode, Paris, Éditions du Seuil, (1960/1996), p. 71
  8. Hans-Georg Gadamer, Vérité et méthode, Paris, Éditions du Seuil, (1960/1996), p. 76-77

Lien externe[modifier | modifier le code]