Umbilicus rupestris

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Umbilicus rupestris en fleurs dans le Devon

Le nombril de Vénus (Umbilicus rupestris), également appelé nombril ou ombilic de Vénus ou ombilic des rochers, est une espèce de plantes succulentes vivaces et saxicole de la famille des Crassulacées du genre Umbilicus. Il est parfois appelé carinet, cotylédon, coucoumelle, cymbalion, escudet, gobelet, oreille-d'abbé.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le nom scientifique d’Umbilicus (« nombril », « petit cercle ») évoque la forme des feuilles circulaires et déprimées au centre. L'épithète rupestris indique que la plante est saxicole, poussant sur les rochers (rupes en latin) et sur les murs, en position verticale[1].

Description[modifier | modifier le code]

La partie souterraine est constituée d'une souche tubéreuse subsphérique[2].

La plante a une longueur de (9)15-30(60) cm. Ses feuilles radicales, longuement pétiolées (4-25 cm) sont orbiculaires et peltées[3], possédant une dépression en forme de nombril au centre du limbe. Les feuilles de la tige, plus petites, sont linéaires lancéolées. Les fleurs hermaphrodites en forme de clochettes d'un blanc verdâtre ou jaune pâle, parfois rose, apparaissent de mai à août, sur des pédicelles le long de grappes terminales denses, l'inflorcence occupant (60)70-90% de la tige[4]. La pollinisation est entomogame et autogame. Les fruits verts, des capsules à graines nombreuses, mûrissent au cours de l'été. La dissémination est dyszoochore[5].

Répartition et habitat[modifier | modifier le code]

La plante se rencontre dans le sud et l'ouest de l'Europe, poussant souvent sur des murs ou dans les fissures de rocher humides et ombragées, parfois aussi dans les brèches des écorces des arbres. L'espèce atteint une altitude de 1 200 m dans le parc du Mercantour[6].

Utilisations[modifier | modifier le code]

Les feuilles vertes, voire les tiges, sont comestibles crues (en dehors de la saison estivale) : très tendres, elles ont un goût de concombre juteux et une texture un peu gélatineuse. Les feuilles plus âgées peuvent être légèrement acidulées (goût du à l'accumulation nocturne d'acide citrique, isoctrique et malique synthétisés au cours du métabolisme acide crassulacéen et à la désacidification diurne progressive)[7]. Elles peuvent être conservées dans du vinaigre à la manière des cornichons ou préparées en salade. Les inflorescences également comestibles sont amères et peu plaisantes à manger[8].

En Bretagne, on écrasait ses feuilles pour en extraire le suc dont on frottait avec un chiffon les poêles pour les « graisser », évitant ainsi que la nourriture s'y attache. Cette technique était notamment utilisée pour pour « culotter » les poêles lorsqu'elles étaient neuves[9].

Dédiée à la déesse Vénus à qui on réserve souvent les plantes les plus raffinées, elle entrait au Moyen Âge dans la composition des philtres d'amour[10].

Les feuilles ont un usage médicinal : diurétiques, cholagogues ; après en avoir retiré la cuticule inférieure, on les applique sur les plaies pour les aider à cicatriser ou sur les brûlures pour en calmer la douleur[11].

Confusion possible[modifier | modifier le code]

Ses feuilles ressemblent un peu à l'écuelle d'eau mais ces dernières ont un limbe à bord crénelé et vivent dans des prairies humides.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. François Couplan, Les plantes et leurs noms. Histoires insolites, Quae, , p. 103
  2. François Couplan, Eva Styner, Guide des plantes sauvages comestibles et toxiques, Delachaux et Niestlé, , p. 86
  3. pelté : se dit d'une feuille dont le pétiole est fixé au centre du limbe de diamètre de 1,5-4 cm ; par analogie avec le peltè, petit bouclier de la Grèce antique.
  4. (es) Santiago Castroviejo, Flora Iberica: plantas vasculares de la Península Ibérica e Islas Baleares, CSIC Press, , p. 105.
  5. François Couplan, Eva Styner, Guide des plantes sauvages comestibles et toxiques, Delachaux et Niestlé, , p. 87
  6. L. Persici et B. Charpentier, Fleurs du Mercantour, éd. Dromadaire, Parc National du Mercantour, (ISBN 2-909518-02-7), DL juillet 1992
  7. (en) J. Keeley, G. Busch, « Carbon Assimilation Characteristics of the Aquatic CAM Plant, Isoetes howellii », Plant Physiology, vol. 76, no 2,‎ , p. 525–530 (DOI 10.1104/pp.76.2.525).
  8. Michel Botineau, Guide des plantes sauvages comestibles de France, Belin, coll. « Fous de Nature », , 255 p. (ISBN 9782701161273), p. 30-31
  9. François Couplan, Le régal végétal : Reconnaître et cuisiner les plantes comestibles, Paris, Sang de la Terre, coll. « L'encyclopédie des plantes sauvages », , 527 p. (ISBN 9782869853195), p. 176—177
  10. « Histoire des sciences médicales », Volume 23, 1989, p. 130
  11. Nathalie Machon, Danielle Machon, À la cueillette des plantes sauvages utiles, Dunod, , p. 82

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :