Trichechus manatus

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Trichechus manatus
Description de cette image, également commentée ci-après
Lamantin des Caraïbes
Classification
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Mammalia
Sous-classe Theria
Infra-classe Eutheria
Ordre Sirenia
Famille Trichechidae
Genre Trichechus

Espèce

Trichechus manatus
Linnaeus, 1758

Statut de conservation UICN

( VU )
VU C1 : Vulnérable

Statut CITES

Sur l'annexe I de la CITES Annexe I , Rév. du 01/07/1975

Répartition géographique

Description de l'image West Indian Manatee area.png.

Le Lamantin des Caraïbes (Trichechus manatus) est un lamantin, et l'espèce la plus grande encore en vie de mammifère de l'ordre des siréniens (qui comprend aussi le Dugong et l'espèce éteinte, la Rhytine de Steller). Le lamantin des Caraïbes, Trichechus manatus, est une espèce distincte du Lamantin d'Amazonie, T. inunguis, et du Lamantin d'Afrique de l'Ouest, T. senegalensis.

Dénominations[modifier | modifier le code]

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Écologie et comportement[modifier | modifier le code]

Habitat et répartition[modifier | modifier le code]

  • Trichechus manatus

Classification[modifier | modifier le code]

D'après des études génétiques et morphologiques, le Lamantin des Caraïbes est subdivisé en deux sous-espèces, le Lamantin de Floride (T. m. latirostris) et le Lamantin des Antilles ou lamantin caraïbéen (T. m. manatus)[1],[2]. Toutefois, une recherche génétique récente (ADN mt) suggère que le lamantin des Caraïbes est composé de trois groupes qui sont plus ou moins répartis géographiquement :

  • en Floride et dans les grandes Antilles ;
  • en Amérique centrale et au Nord de l'Amérique du Sud ;
  • au Nord-Est de l'Amérique du Sud[3].

Menaces et conservation[modifier | modifier le code]

Menaces[modifier | modifier le code]

Cette espèce rare est aujourd'hui protégée dans le monde entier. Le lamantin des Caraïbes est particulièrement menacé : il a disparu de nombreuses îles des Antilles comme la Martinique ou la Guadeloupe.

Bien qu'il n'ait aucun prédateur, l'expansion humaine a réduit son habitat dans les marais côtiers et beaucoup d'animaux sont blessés par les hélices des hors-bords. L'ingestion accidentelle de filets de pêche, de déchets de plastiques (sur lesquels d'autres polluants peuvent être adsorbés[4]) et autres accessoires de pêche peut aussi le tuer, de même que certains blooms planctoniques toxiques[5]. Ils ne sont pas carnivores, mais consommant une grande quantité d'aliments végétaux, il peut bioconcentrer certains polluants (ex : Organochlorés retrouvés dans l'organisme des lamantins de Floride[6]).

Dès 1904, l'État de Floride a interdit la chasse de ces animaux inoffensifs pour l'Homme. Elle est aujourd'hui prohibée dans le monde entier. Les lamantins figurent depuis 1973 sur la liste des espèces en voie de disparition. Les chocs avec les bateaux sont la principale cause de mortalité chez les lamantins de Floride. L'aquarium de Miami est le premier à avoir réussi la reproduction en captivité.

Une exposition prolongée à des températures inférieures à 20 °C peut leur être fatale et ils ne peuvent survivre sous 15 °C. Lors des hivers 2009 et 2010, l'hypothermie et le stress ont tué au moins 400 de ces mammifères menacés, selon la Florida Fish and Wildlife Conservation Commission (en)[réf. nécessaire].

Année 1991 1992 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2010
Population (en Floride) 1267 1844 1456 2277 2241 2018 1865 1646 3300 1758 2843 2505 3143 3116 5067

Conservation[modifier | modifier le code]

Élevage en captivité[modifier | modifier le code]

Les lamantins des Caraïbes à Beauval, dans l'ancienne serre tropicale.

Le Lamantin des Caraïbes fait l'objet d'un programme européen d’élevage conservatoire (EEP) de l'Association européenne des zoos et aquariums (EAZA) coordonné par le Zoo de Nuremberg en Allemagne[7]. Ainsi, l'espèce est, en , présentée dans neuf parcs zoologiques européens, pour un total de 39 individus[8]. Les groupes les plus grands se trouvent au ZooParc de Beauval dans le dôme équatorial[9], au Zoo de Wrocław (Pologne), au Parc zoologique de Paris dans la grande serre tropicale[10] et au Zoo Odense (Danemark), ces quatre institutions présentant les deux tiers des individus sur le continent européen[8].

Bien qu'il ne fasse pas l'objet d'un programme nord-américain d'élevage conservatoire (SSP), il est présenté dans neuf parcs zoologiques sur ce continent, pour une quarantaine d'individus également. On y rencontre un des plus grands groupes existants, d'une quinzaine d'individus, au Zoo de Tampa (en) (Floride). Le seul autre groupe de taille similaire se trouve au Zoo de Singapour[8].

Tentative de réintroduction en Guadeloupe[modifier | modifier le code]

Plus vu en Guadeloupe depuis le début du XXe siècle après avoir été victime d'une chasse importante, l'espèce a fait l'objet d'un programme de réintroduction dans le Grand Cul-de-sac marin[11],[12],[13]. Le projet a débuté par une phase préparatoire entre 2010 et 2015, pendant laquelle des liens ont été créés avec des donneurs potentiels et un centre d'élevage installé. Cependant, le programme s'est heurté à de nombreuses contraintes, en particulier la difficulté de se procurer des animaux à réintroduire, avec l'annulation d'importation d'individus du Brésil, puis la mort d'un des deux individus importés de Singapour en 2016[14]. En , un rapport du Conseil général de l'environnement et du développement durable recommande une refondation du projet avec tous les acteurs concernés, et notamment avec la Région Guadeloupe, comprenant un chiffrage précis des moyens nécessaires et une analyse des risques[14]. En , l'Union européenne suspend son aide financière (LIFE Sirenia) au programme de réintroduction et le ministère de l’Écologie choisi de reporter le programme[15]. Le lamantin Kaï, importé de Singapour, quitte la Guadeloupe en .

Aspects ethnographiques[modifier | modifier le code]

Dents de lamantins des Caraïbes percées, trouvées à Marie-Galante sur un site de vie d'amérindiens.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Domning and Hayek (1986 Marine Mammal Science 2(2):87-144)
  2. Hatt (1934 Natural History 66:533-566)
  3. (Garcia-Rodriguez 1998 Molecular Ecology 7:1137-1149; Vianna et al. in press Molecular Ecology)
  4. Derraik J (2002) The pollution of the marine environment by plastic debris : a review. Marine Pollution Bulletin. 44: 842-852
  5. Anonyme (1996) Deadly Red tides hits Manatees ; Marine Pollution Bulletin. 32 (6): 456-457
  6. Ames A., Van Vleet E., 1996. Organochlorine residues in the Florida manatee, Trichechus manatus latirostris. Marine pollution Bulletin, 32 (4): 374-377
  7. « EAZA Ex-situ Programme overview », sur eaza.net,
  8. a b et c (en) « ZIMS - Species holding - Trichechus manatus », sur zims.species360.org (consulté le 7 février 2020)
  9. Clara Géliot, « Une forêt tropicale en plein Val de Loire: la folle création du zoo de Beauval », sur Le Figaro.fr, (consulté le 10 février 2020)
  10. Anne Sollier et Nathalie Jérôme, « La vie rêvée des lamantins au zoo de Paris », sur Le Figaro.fr, (consulté le 10 février 2020)
  11. « Parc national : un budget contraint et toujours pas de lamantin », France-Antilles, 24 novembre 2014.
  12. « La réintroduction du lamantin est prévue pour 2014 », France-Antilles, 1er janvier 2014.
  13. « Le centre d'élevage des lamantins est opérationnel », France-Antilles du 10 février 2015.
  14. a et b Fabienne Allag-Dhuisme & Thierry Boisseaux, Rapport n° 012069-01 Réorientation du programme Lamantin au parc national de la Guadeloupe : État des lieux et conditions de faisabilité, La Documentation française, (lire en ligne)
  15. « Kai le lamantin a quitté la Guadeloupe », sur reintroductionlamantin.eu, (consulté le 28 septembre 2019)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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