Tightlacing

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Le tightlacing (mot d'origine anglaise, n'ayant pas d'équivalent en français. Pourrait se traduire approximativement par "corsetage", au sens de "port d'un corset lacé très serré".) est une pratique consistant, par le port constant d'un corset sur une longue durée (généralement 23h/24, 7 jours/7, en l'enlevant uniquement pour prendre sa douche et en dormant même avec), à réduire progressivement son tour de taille.

Technique[modifier | modifier le code]

Elle consiste à acheter d'abord un corset réduisant le tour de taille naturel de huit à dix centimètres (réduction maximale possible pour la plupart des gens quand on porte un corset pour la première fois ou de façon occasionnelle), à le porter nuit et jour pendant plusieurs semaines jusqu'à y être bien habitué(e) et s'y sentir confortable, puis, quand on peut le fermer totalement sans inconfort, à acheter un autre corset qui réduira la taille de 2 à 5 cm de plus, à le porter plusieurs semaines jusqu'à ce qu'on puisse y être totalement habitué, etc. Au fur et à mesure, chaque centimètre gagné est de plus en plus long et difficile à obtenir, et il arrive un moment au bout duquel une personne ne pourra plus rien réduire.

Le degré de serrage du premier corset, la rapidité de la progression et la réduction "finale" à laquelle on arrive, dépendent énormément des particularités de chaque individu : tour de taille de base bien sûr, mais aussi écart naturel entre les côtes basses et l'os des hanches, "compressibilité" naturelle (qui varie beaucoup entre deux personnes ayant pourtant les mêmes mensurations de départ)...

Le tightlacing est une pratique extrême du port du corset qui peut s'avérer dangereuse pour la santé. Il existe sur le internet des sites donnant les conseils et expériences des tighlacers d'aujourd'hui : faire de petits repas fractionnés plutôt que trois gros repas, apprendre à bien hydrater sa peau pour qu'elle ne s'abîme pas sous l'échauffement du corset, s'habiller différemment sous et sur le corset, l'enlever une heure par jour pour se doucher et faire quelques exercices de gymnastiques afin de conserver sa ceinture abdominale...

1905: Vous Pouvez Serrer Messieurs Mon Corset Est En VALEINE

Critiques[modifier | modifier le code]

À travers les époques c'est davantage le tightlacing que le port du corset qui a été vilipendé. Souvent jugé amoral car signe de coquetterie et empêchant les femmes d'enfanter correctement, le corset porté serré est ainsi mis aux rangs des vices délitant la nation par Charles Dubois dans son ouvrage Considération sur cinq fléaux : l'abus du corset, l'usage du tabac, la passion du jeu, l'abus des liqueurs fortes et l'agiotage (1857).

Le reproche le plus souvent fait par les médecins, était le risque de stérilité. Quand les méfaits du tightlacing sont évoqués, ce n’est jamais le confort ou la douleur de la femme en tant qu’individu qui sont évoqués, mais ou sa coquetterie, ou la dégradation des organes génitaux. Certaines ont pu parfois utiliser un tightlacing comme moyen abortif.

En tout cas, si le port du corset était presque obligatoire durant tout le XIXe siècle, et dans une moindre mesure aux XVIIe siècle et XVIIIe siècle, il ne l’était que comme « support » physique et supposément moral, comme maintien d’une relative sveltesse et droiture par opposition à une mollesse coupable ; la réduction de la taille n'était pas le but premier du corset.

Esprit et histoire[modifier | modifier le code]

Le tightlacing peut être considéré comme faisant partie des diverses pratiques de modifications corporelles (body modification) comme le piercing, le tatouage, le branding... il s'agit là aussi d'imprimer volontairement une marque personnelle sur son corps, de le modeler de la façon dont on le désire, en en tirant fierté et personnalisation esthétique.

Il a été pratiqué de façon beaucoup plus occasionnelle qu'on ne le pense aux XVIIIe et XIXe siècles [1] : seules quelques rares femmes de la haute société s'y consacraient, par choix personnel, et étaient souvent critiquées comme coquettes excessives voire vivement réprouvées par les médecins et moralistes religieux. La très grande majorité des femmes de tout statut social portaient le corset, mais assez peu serré, plus comme un soutien pour se tenir droite et affiner très légèrement la taille mais sans excès, et l'enlevaient pour dormir. Aujourd'hui, il existe une poignée de gens pratiquant le tightlacing, essentiellement aux États-Unis mais aussi quelques-uns en Europe.

Tighlacers actuels[modifier | modifier le code]

La femme amatrice de tightlacing la plus connue aujourd'hui est Cathie Jung[2], une Américaine d'une soixantaine d'années qui pratique le tightlacing depuis plusieurs décennies et a aujourd'hui la taille la plus fine au monde : 38 cm mesurés sur le corset. Elle fait occasionnellement des apparitions télévisées, dont la plus récente dans l'émission de Tyra Banks.

Parmi les autres tighlacers connus on peut citer les Allemandes Lacie et Sylphide, les Américaines Michaela Grey (qui milite pour les droits de la femme, le féminisme et plus de respect pour les minorités) et Dita von Teese, célèbre pin-up moderne [3].

On peut aussi citer l'impressionnant Mr Pearl qui est corsetier à Paris depuis 2004 et travaille avec des stars comme Victoria Beckham ou Kylie Minogue. Mr Pearl a la taille la plus fine pour un homme : 43 cm[4] !

Article connexe[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  1. Source : Valerie Steele, The Corset: A Cultural History, Yale University Press, 2001, 240 p.
  2. [1] Cathie Jung
  3. [2] Dita von Teese
  4. [3] Mr Pearl et autres tighlacers (en anglais)

Liens externes[modifier | modifier le code]