Tabula Hebana

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Tabula Hebana
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Date
Matériau
Dimensions (H × L × l)
88 × 61 × 0,6 cmVoir et modifier les données sur Wikidata
Collection
No d’inventaire
90187Voir et modifier les données sur Wikidata
Localisation

La Tabula Hebana est une table en bronze conservée au Museo Archeologico e d’Arte della Maremma de Grosseto en Toscane.

Histoire[modifier | modifier le code]

La Tabula Hebana est une table en bronze retrouvée en 1947[1] pendant des travaux agricoles dans la frazione Le Sassaie, commune de Magliano in Toscana, où se trouvait probablement la colonie romaine de Heba.

L'inscription contient le texte d'une délibération (rogatio Valeria Aurelia) des comices de Rome qui fut rédigée en l'an 20 apr. J.-C.[2].

La délibération établissait les honneurs funèbres en mémoire de Germanicus, neveu de l'empereur Tibère par qui il fut adopté afin de garantir la succession au trône. Mais la mort frappa Germanicus en l'an 19 apr. J.-C. à Antioche dans des circonstances demeurées obscures[3] pendant qu'il se trouvait en Syrie aux commandes de l'armée romaine.

Description[modifier | modifier le code]

La table est faite en bronze et mesure 88 cm de haut sur 61 cm de large, et 6 mm d'épaisseur. Elle comprend plusieurs lacunes notamment la partie inférieure droite. D'autres découvertes archéologiques (notamment la Tabula Siarensis, fragments de Todi du musée de Pérouse) ainsi qu'un texte de Tacite, permettent de compléter ces lacunes[4].

Contenu[modifier | modifier le code]

Le texte aborde dans une première partie les sujets suivants :

  • images de Germanicus devant être exposées à Rome ;
  • insertion du nom du défunt dans le Carmen saliare ou Chant des Saliens ;
  • obligation d'exposer son siège vide lors des Ludi Augustales ou jeux d'Auguste[4].

Une partie importante de l'inscription concerne une réforme de la procédure électorale, aménageant une réforme antérieure de l'an 5 apr. J.-C. qui organisait la procédure de la destinatio par laquelle étaient désignés les candidats admis aux élections. La destinatio des candidats aux fonctions de consuls et de préteurs y était confiée à une assemblée spéciale, constituée de sénateurs et de chevaliers et répartie en dix centuries placées sous le vocable de Caius et Lucius César. La loi révélée par la Tabula Hebana prévoyait l'adjonction à cette assemblée de cinq centuries supplémentaires mises sous le patronage de Germanicus[5] ; il s'agissait d'honorer ainsi le défunt à l'égal de Caius et Lucius César, mais des préoccupations plus politiques ne sont pas exclues.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La première édition en a été faite, avec commentaire, par Coli, Notizie delle Scavi, 1947, pp. 49-68.
  2. Inscription référencée AE 1949, 00215 = AE 1950, 00029 = AE 1950, 00039 = AE 1950, 00166 = AE 1951, 00078 = AE 1951, 00219 = AE 1951, 00249 = AE 1952, 00039 = AE 1952, 00079 = AE 1952, 00164 = AE 1952, 00180 = AE 1954, 00021 = AE 1954, +00039 = AE 1954, 00115 = AE 1954, 00187 = AE 1956, 00194 = AE 1992, 00585
  3. Tacite, Annales, II, 83.
  4. a et b Chausson, Galliano et Ferranti 2018, p. 95.
  5. Paul Petit, La paix romaine, PUF, collection Nouvelle Clio – l’histoire et ses problèmes, Paris, 1967, 2e édition 1971, p. 228

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • William Seston, «  La table de bronze de Magliano et la réforme électorale d'Auguste  », Comptes rendus de l'Académie des inscriptions et belles-lettres,‎ , p. 105-111 (lire en ligne)
  • Fernand de Visscher, « La table de Heba et la décadence des comices centuriates », Revue historique de droit français et étranger, 1951, pp. 1-38 (repris dans Fernand de Visscher, Études de droit romain public et privé, III, Milano, A. Giuffrè, 1966, pp. 1-49 + pl.).
  • Jean Béranger, « La démocratie sous l'Empire romain : les opérations électorales de la Tabula Hebana et la 'destinatio' », Museum Helveticum, 1957, pp. 216-240.
  • François Chausson, Geneviève Galliano et Ferrante Ferranti (Photographe), Claude, Lyon, 10 avant J.-C. : Rome, 54 après J.-C., un empereur au destin singulier, Lienart / Musée des beaux-arts de Lyon, , 320 p. (ISBN 978-2-35906-255-7)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]