Syndrome de Kallmann

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Syndrome de Kallmann-de Morsier

Classification et ressources externes

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Structure de GNRH1
(selon PDB 1YY1)

CIM-10 E23.0
CIM-9 253.4
OMIM 308700 147950 244200 138850 607002
DiseasesDB 7091
eMedicine med/1216  med/1342
MeSH D017436
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Le syndrome de Kallmann (dénommé également syndrome de Kallmann-de Morsier ou dysplasie olfacto-génitale) est une affection rare (estimée à 1/10 000) qui associe un hypogonadisme par insuffisance en hormones gonadotropes hypophysaires et un déficit de la perception des odeurs. Il touche plus souvent les individus de sexe masculin (entre 5 et 10 hommes pour une femme).

Les sujets atteints consultent le plus souvent devant une absence de développement pubertaire après l'âge de 14 ans. Parfois le diagnostic est suspecté pendant l'enfance devant un micropénis et/ou une mauvaise descente testiculaire dans les bourses (cryptorchidie). D'autres anomalies peuvent être associées comme des mouvements involontaires d'une main lorsqu'on exécute un geste avec l'autre main (mouvements en miroir), des surdités partielles ou l'absence d'un reinetc.

Le syndrome de Kallmann est également appelé :

Historique[modifier | modifier le code]

Le syndrome de Kallmann a été décrit pour la première fois en 1856 par le médecin anatomopathologiste espagnol Aureliano Maestre de San Juan (es), qui a noté une corrélation entre hypogonadisme et défaut d'olfaction[1]. Près d'un siècle plus tard, en 1944 Franz Josef Kallmann, un généticien d'origine allemande émigré aux États-Unis décrivit des cas familiaux qui suggéraient une cause génétique.

Description[modifier | modifier le code]

Le syndrome de Kallmann-de Morsier se caractérise par :

  • un hypogonadisme hypogonadotropique (absence des hormones pituitaires LH et FSH), apparenté à la stérilité.
  • une anosmie congénitale (absence totale d'odorat) ou hyposmie (forte diminution de l'odorat)

Le lien physiologique entre ces deux anomalies apparemment bien distinctes procède d'une anomalie développementale de migration des placodes olfactives (ébauches embryonnaires nécessaires à la bonne mise en place des zones olfactives), responsable de l'anosmie ou de l'hyposmie par absence de développement de l'épithélium olfactif, et par conséquent d'une anomalie de migration des neurones à GnRH (gonadolibérine) de l'épithélium olfactif vers l'hypothalamus, responsable de l'hypogonadisme hypogonadotropique.

Des problèmes optiques peuvent de temps à autre s'y associer, comme la cécité chromatique ou l'atrophie optique, la surdité nerveuse, la fissure du palais, la cryptorchidie, l'agénésie rénale et les mouvements en miroir. On ne sait pourtant pas actuellement comment et si ces autres problèmes ont la même cause que l'hypogonadisme et l'anosmie. Ces problèmes apparaissent plus fréquemment sans liaison avec le syndrome de Kallmann.

Les garçons présentent un retard de puberté et peuvent avoir un micropénis (bien que ce micropénis congénital ne soit pas présent dans la majorité des cas chez les sujets masculins atteints du syndrome de Kallmann).

Les filles présentent aussi un retard de puberté (c'est-à-dire une aménorrhée primaire) et une absence de caractéristiques sexuelles secondaires, comme le développement des seins.

Diagnostic[modifier | modifier le code]

Le diagnostic est souvent un diagnostic d'exclusion, établi au cours de l'étude d'une puberté tardive ou absente. Par conséquent, la taille corporelle est réduite. La présence d'anosmie et un microphallus chez les garçons laisserait croire au syndrome de Kallmann. Chez les filles, on note une aménorrhée. Chez les adolescents touchés, on note aussi l'absence de caractéristiques secondaires, tels que la pousse des poils, la mue de la voix pour le garçon et le développement des seins chez la fille.

Causes[modifier | modifier le code]

Le plus souvent il s'agit de cas isolés dans une famille mais il y des formes où plusieurs personnes au sein d'une famille sont atteintes. Dans ces formes familiales des anomalies génétiques ont été décrites touchant essentiellement le gène KAL1 (forme liée au chromosome X, responsable d'atteintes familiales où seuls les hommes sont malades et où les femmes sont transmettrices). Plus rarement, le gèneconcerné est le KAL2 situé sur le chromosome 8 humain (ici des hommes et femmes peuvent être atteints dans une famille avec parfois dissociation entre la perte de l'odorat et l'absence de puberté spontanée).

La délétion du gène SEMA3A, situé sur le chromosome 7 humain provoque également le syndrome avec une transmission autosomique dominante[2], de même pour une mutation sur le gène SEMA3E[3].

Physiopathologie[modifier | modifier le code]

Il existe un défaut de migration foetale des cellules exprimant la LHRH du nez vers le cerveau[4].

Traitement[modifier | modifier le code]

Le traitement de cette maladie a deux objectifs : tout d'abord de "déclencher" le développement pubertaire avec des injections de testostérone chez les hommes et des oestro-progestatifs chez les femmes. Dans un deuxième temps, un traitement de l'infertilité est nécessaire, qui fait appel à l'injection d'une hormone hypothalamique (GnRH) par une pompe ou par l'injection d'hormones ayant l'activité des hormones hypophysaires manquantes. Ces traitements sont en général dispensés dans les services hospitaliers d'endocrinologie de la reproduction.


Épidémiologie[modifier | modifier le code]

Le syndrome de Kallmann se rencontre dans 1 sur 10 000 naissances mâles. Le rapport homme/femme serait de 5 pour un soit 1 sur 50 000 naissances femelles[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. D'après la description du syndrome par Mitchell E. Geffner dans Chronic Complex Diseases of Childhood: A Practical Guide for Clinicians, partiellement disponible en ligne.
  2. Young J1, Metay C, Bouligand J et al. SEMA3A deletion in a family with Kallmann syndrome validates the role of semaphorin 3A in human puberty and olfactory system development, Hum Reprod, 2012;27:1460–1465
  3. Cariboni A, André V, Chauvet S et al. Dysfunctional SEMA3E signaling underlies gonadotropin-releasing hormone neuron deficiency in Kallmann syndrome, J Clin Invest, 2015;125:2413-2428
  4. Schwanzel-Fukuda M, Bick D, Pfaff DW, Luteinizing hormone-releasing hormone (LHRH)-expressing cells do not migrate normally in an inherited hypogonadal (Kallmann) syndrome, Brain Res Mol Brain Res, 1989;6:311–326
  5. (en)A. Fechner, S. Fong, P. McGovern, « A review of Kallmann syndrome: genetics, pathophysiology, and clinical management », Obstetrical & gynecological survey, vol. 63, no 3,‎ , p. 189-194 (PMID 18279545, lire en ligne) modifier

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Carl Pallais, Marissa Caudill, Nelly Pitteloud, Stephanie Seminara, William F Crowley : Kallmann Syndrome GeneReviews at GeneTests: Medical Genetics Information Resource (database online). Copyright, University of Washington, Seattle. 1997-2007. [1].

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]