The Smile Sessions

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The Smile Sessions
Description de l'image SMiLE The Beach Boys (logo).jpg.
Compilation de The Beach Boys
Sortie
Enregistré 1965-18 juin 1971
Durée 48:24
Genre pop
Producteur Brian Wilson
Label Capitol

Albums de The Beach Boys

The Smile Sessions est un coffret des Beach Boys sorti en 2011. Il retrace les sessions d'enregistrement de l'album Smile, qui devait être leur douzième album studio et le successeur de Pet Sounds, mais fut abandonné avant d'être achevé.

Historique[modifier | modifier le code]

L'histoire du projet d'album Smile des Beach Boys est assez chaotique. Prévu comme l'accomplissement de leur œuvre en 1967 alors qu'ils étaient au sommet de leur carrière, les dissensions dans le groupe et les problèmes de santé du leader Brian Wilson ne permirent pas de le mener à bien, amorçant le déclin du groupe[réf. nécessaire]. Seules quelques pistes furent enregistrées et mixées et, par la suite, assemblées tant bien que mal et réparties au compte-goutte sur différents albums ultérieurs du groupe (comme Smiley Smile, 20/20, ou Surf's Up), mais cette façon de faire est vue par les fans comme décevante, et seulement le pâle reflet de ce qu'aurait pu être cet album, devenu depuis lors un mythe et considéré comme l'un des plus célèbres albums jamais sorti.

Durant la fabrication de l'album, c'est principalement Brian Wilson et Van Dyke Parks qui l'imaginent comme devant surpasser Pet Sounds, bien reçu par la critique, et surtout du morceau Good Vibrations, véritable hit. Le projet Smile se voulait un album expérimental, un album concept, devant dépasser Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band des Beatles, ou du moins être la réponse américaine définitive aux quatre britanniques (Pet Sounds avait déjà été la réponse américaine à Rubber Soul)[1],[2]. Brian Wilson est alors le producteur des Beach Boys et occasionnellement le vocaliste, il désire changer drastiquement la direction artistique du groupe, s'inspirant du succès de Good Vibrations en 1966 (numéro un aux États-Unis, plus d'un million de 45 tours vendus), et du triomphe critique offert à Pet Sounds qui allait terminer à la dixième place des ventes américaines de l'année 1966[2].

Accompagné d'un nouveau parolier, arrangeur et compositeur, Van Dyke Parks, et de musiciens studio professionnels, les Beach Boys participent a plus de 80 sessions d'enregistrement dans le but de produire 20 chansons. La plus ancienne séance préparatoire remonte au 15 octobre 1965, mais la plupart s'étale de février 1966 à mai 1967.

Toutefois, tout au long du processus de création, les problèmes s'accumulent. Les Beach Boys étant alors sous contrat chez Capitol Records et un album était attendu pour 1967. Mike Love, l'un des membres du groupe, avait déjà manifesté de grandes réticences lors de la fabrication de Pet Sounds (qui ne contient qu'un seul morceau écrit par lui) mais décida de passer outre. Quand Brian Wilson remit un projet de maquette au groupe au printemps 1966, Mike, de nouveau se montra réfractaire[2]. Les retards s'accumulèrent. Brian appelait son projet « a pocket symphony » (une symphonie de poche) et concevait trois voire quatre mouvements à l'intérieur du disque, basés sur quatre éléments fondamentaux (feu, eau, terre, air). Les pressions commerciales d'échéance commencèrent à se faire sentir après juin 1966, à la sortie de Pet Sounds. Brian est sommé de produire des simples capables de maintenir le groupe au sommet des charts. Perfectionniste, il rétorque qu'il ne se sent pas prêt, que le projet Smile doit être parfait sinon rien, mais, durant l'été il produit sur des paroles de Mike Love Good Vibrations qui sort en octobre de cette année et qui devient un succès mondial : Brian décide alors de donner au projet Smile le même esprit, avec des morceaux faits de ruptures de rythmes et de sons expérimentaux, le tout dans une atmosphère résolument positive, voire mystique[2]. Le couple Brian / Van Dyke conçoit notamment l'album comme un véritable voyage, joyeux et cosmique, de Plymouth Rock (Massachusetts) à Diamond Head (Hawaï), les deux points extrêmes du littoral américain, liant tous les morceaux entre eux par des petites compositions intercalées. Au moment de l'élaboration de l'album, durant l'été 1966, Brian décide également de changer radicalement sa manière de vivre, devenant végétarien (d'où le morceau Vega-Tables), retrouvant le goût du sport, et, plus étrangement, installant un bac à sable dans son salon (dans lequel il compose avec Van Dyke) ou une tente arabe dans son jardin où il consomme énormément de haschich[2]. Les premiers enregistrements ont lieu au Gold Star Studios (en), sessions durant lesquelles Brian se montre de plus en plus exigeant, mettant une grosse pression sur l'ensemble des personnels, modifiant le lendemain ce qui a été bouclé la veille. Le producteur David Anderle (en) lui donne au début pleinement sa confiance, galvanisé par les ventes de Good Vibrations qui dépasse en novembre 1966 le million de singles vendus. Sur le plan critique, Brian reçoit alors les hommages de Leonard Bernstein dans une émission de télévision sur CBS News où Brian apparaît et joue une version piano solo de Surf's Up. Pendant ce temps-là, les autres membres des Beach Boys sont en tournée mondiale ; à leur retour d'Angleterre, triomphants, ils découvrent avec circonspection le travail de production de Brian et tous ses arrangements. Ils rejettent le projet en bloc, Mike Love en tête, et le conflit devient inévitable[2]. Pourtant, durant les cinq premiers mois de l'année 1967, Brian tente de les intégrer sur le plan vocal et instrumental aux pistes préarrangées en studio avec Van Dyke, mais il se montre épouvantable, blessant, agressif. Cette époque est aussi le lieu d'une course discographique sur le plan artistique : en Angleterre, les premiers singles de l'album St. Pepper se font entendre, Capitol Records et David Anderle mettent une pression plus forte de façon à sortir en novembre 1967 (comme le veut le contrat) ce qui va se révéler impossible...

Découvrant le nouveau son des Beatles et sombrant dans une sorte de panique puis de dépression et d'atonie, accumulant les problèmes relationnels avec ses comparses, Brian Wilson, le 2 juin 1967 se montre incapable de boucler la production de Smile et oppose à Capitol Records un mutisme absolu ; par ailleurs les Beach Boys déclenchent un procès en mars 1967 pour des histoires d'avance non versée par Capitol (soit 225 000 dollars), puis Anderle et Van Dyck jettent l'éponge et quittent le projet. La production harcèle le musicien et le conjure de boucler le projet mais les autres membres du groupe n'arrivent pas à comprendre ce projet qu'ils jugent étrange, et trop loin de l'esprit des Beach Boys. Une rumeur persistante accrédite la thèse d'un Brian Wilson prit de folie et tombé dans les drogues dures. En réalité, c'est sous la pression d'en finir avec ce projet — qui lui échappe et dont l'esprit originel semble se diluer à force de ne pas fédérer les énergies — et parce qu'il ne veut pas se fâcher avec le groupe qu'il sombre dans la maladie, qui prend la forme d'une paranoïa maniaco-dépressive[2]. Il mettra dix ans à s'en remettre sur le plan personnel, avant de produire Love You, le vingt-et-unième album du groupe (1977).

Le 3 juin, les autres membres du groupe se réunissent dans le studio de production aménagé dans la maison de Brian et commencent à composer l'album Smiley Smile qui est bouclé le 14 juillet, avec une production et une approche minimalistes. Entre temps, le 24 juin sort dans les bacs le single Heroes and Villains qui ouvrira l'album. C'est le premier album crédité à la production par le seul nom des Beach Boys et non celui de Brian Wilson. En septembre, les garçons retournent en studio, et l'album Wild Honey sort chez Capitol Records au mois de décembre 1967.

Bien que plus de 400 000 pochettes aient déjà été imprimées pour le disque Smile (sous-titré trois fois « Good Vibrations »), avec un graphisme conçu par le dessinateur Frank J. Holmes (en) représentant une boutique vendant d'improbables objets en forme de sourire, et qu'à plusieurs reprises depuis lors sa sortie imminente fut annoncée, il a fallu attendre 2004, soit 37 ans après les sessions d'enregistrement originales, pour que Smile redevienne un projet d'album.

Des bandes enregistrées lors des sessions de Smile ont cependant circulé dans les années 1970, et plusieurs fans ont « sorti » l'album avec des montages plus ou moins artisanaux. Il circule ainsi encore aujourd'hui sur internet des albums avec des titres tels que « Smile (true 1967 album) », mais aucun n'a jamais été officiellement reconnu par le groupe.

En 2002, Brian Wilson décide de ré-enregistrer l'album, celui-ci sort en 2004 sous le nom Brian Wilson Presents Smile. Sa version est bien accueillie.

En 2011, l'album The Smile Sessions est édité (voir ci-dessous).

Parution[modifier | modifier le code]

Les bandes originales datent pour la plupart de 1967, quelques essais sont antérieurs et un apport date de 1971. En 2011, elles sont remixées avec l'aide de Brian Wilson, aucun nouvel enregistrement n'est effectué et l'album est considéré comme inachevable. Il contient seulement une partie de l'album originellement prévu, à savoir les prises auxquelles les Beach Boys ont participé, avec les pistes incluant le travail des musiciens de studio. Le travail de mixage et de postproduction a été très important. Un morceau comme Surf's Up qui avait été produit en juin 1971 fut remastérisé avec de nouvelles voix en 2010.

Il est disponible sous trois formes :

  • le CD : The Beach Boys Smile
  • un coffret comprenant deux CD : l'album Smile Sessions et un CD reprenant quelques sessions supplémentaires, un livret, un poster et un accroche cœur Smile.
  • un coffret (édition limitée) The Smile Sessions format 30 cm comprenant cinq CD contenant, en plus de l'album, un grand nombre de prises réalisées à l'époque, deux vinyles 30 cm, deux simples et un livret.

Comparaison avec l'album de Brian Wilson[modifier | modifier le code]

Les deux enregistrements reprennent le même matériel. Le groupe alors âgé d'une vingtaine d'années chante sur l'album des Beach Boys accompagné de musiciens de studio; tandis que celui de Brian est enregistré par son groupe d'alors, les vocaux sont chantés par des musiciens plus matures donnant un travail plus propre.

Article détaillé : Brian Wilson Presents Smile.

Smile[modifier | modifier le code]

Toutes les chansons sont écrites par Brian Wilson et Van Dyke Parks, sauf indication contraire.

Premier mouvement[modifier | modifier le code]

No Titre Chant principal Durée
1. Our Prayer (Brian Wilson) groupe 1:05
2. Gee (William David, Morris Levy) groupe 0:51
3. Heroes and Villains B. Wilson (chant), Al Jardine (chœur), M. Love, groupe 4:52
4. Do You Like Worms (Roll Plymouth Rock) groupe 3:35
5. I'm in Great Shape B. Wilson 0:28
6. Barnyard B. Wilson 0:48
7. My Only Sunshine (The Old Master) / You Are My Sunshine (Haven Gillespie/Jimmie Davis, Charles Mitchell) Dennis Wilson 1:55
8. Cabin Essence Carl Wilson (chant), groupe (chœur), Dennis Wilson (2e chœur), M. Love (coda) 3:30

Deuxième mouvement[modifier | modifier le code]

No Titre Chant principal Durée
1. Wonderful B. Wilson 2:04
2. Look (Song For Children) (Brian Wilson) groupe 2:31
3. Child Is Father of the Man groupe 2:10
4. Surf's Up B. Wilson (sections 1 & 2), C. Wilson, A. Jardine (coda) 4:12

Troisième mouvement[modifier | modifier le code]

No Titre Chant principal Durée
1. I Wanna Be Around/Workshop (Johnny Mercer, B. Wilson) instumental 1:23
2. Vega-Tables A. Jardine, B. Wilson (coda) 3:49
3. Holiday (B. Wilson) instumental 2:32
4. Wind Chimes (B. Wilson) C. Wilson 2:06
5. The Element: Fire (O'Leary's Cow) (B. Wilson) groupe 2:35
6. Love to Say Dada (B. Wilson) B. Wilson 2:32
7. Good Vibrations (B. Wilson, Mike Love) C. Wilson (chant), M. Love (chœur & pont), groupe 4:15

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Thomas MacFarlane, « Sgt. Pepper's quest for extended form », In: Olivier Julien, Sgt. Pepper and the Beatles: It Was Forty Years Ago Today, Ashgate, 2008, p. 37, 235.
  2. a, b, c, d, e, f et g [vidéo] David Leaf, Beautiful Dreamer: Brian Wilson and the Story of Smile, documentaire de 109 min., distribué en octobre 2004 par Showtime.