Sisymbre officinal

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Sisymbrium officinale

Le Sisymbre officinal, autrefois appelée Herbe au chantre ou Barbarée, est une espèce de plantes de la famille des Crucifères (Brassicaceae).

Étymologie[modifier | modifier le code]

Sisymbre est la francisation de Sisymbrium qui désignait en latin et en grec (sisymbrion ou sisymbron) un cresson ou une menthe aquatique. Son nom vernaculaire d'Herbe au chantre vient du fait qu'elle était réputée guérir les enrouements au cours des laryngites et pharyngites[1].

Description[modifier | modifier le code]

Le Sisymbre (ou Érysimum) est une plante annuelle pouvant atteindre 90 centimètres de haut. La tige raide et ramifiée porte des feuilles alternes profondément divisées en lobes dont le terminal, allongé, beaucoup plus grand que les autres est muni de 2 oreillettes perpendiculaires à la nervure centrale[2].

Les rameaux grêles et fleuris, perpendiculaires à la tige, portent des petites fleurs (3 mm) hermaphrodites, groupées en racème simple à l'extrémité de ces rameaux, dotées de quatre sépales verts et quatre pétales jaunes clair. La période de floraison va de mai à septembre. homogames et autogames, elles donnent naissance à des siliques étroitement appliquées contre le rameau, brièvement pédonculés. La dispersion des graines fines (< 1 mm) et jaunes se fait par le vent (anémochorie)[2].

Distribution[modifier | modifier le code]

Habitat type : friches annuelles, subnitrophiles, médioeuropéennes

Aire de répartition : cosmopolite[3]

Utilisations[modifier | modifier le code]

Dans l'Antiquité, le Sisymbre avait la réputation d'être un antidote contre tous les poisons, Pline l'Ancien dans son Histoire naturelle la parant de nombreuses vertus. Craignant l'extinction de voix, les acteurs, orateurs et chanteurs la gardaient sous la main, d'où son ancien nom d'Erysimum (du grec eryô, « sauver », et oïmê, « récit, poème »)[4].

Il fait partie des plantes dont la culture est recommandée dans les domaines royaux par Charlemagne dans le capitulaire De Villis (fin du VIIIe ou début du IXe siècle)[réf. souhaitée].

Les feuilles ont souvent été consommées crues (jeunes feuilles en salades) ou cuites (feuilles plus âgées en légumes ou en soupes). Les jeunes tiges au goût de choux sont également consommables. « En Bosnie et en Crète, on préfère les jeunes sommets tendres des tiges, avec les inflorescences. En Sicile, les « sciuriti » sont bouillis et servis avec de l'huile d'olive et du citron, cuits en soupe ou revenus à la poêle avec de l'ail ». Les fleurs peuvent être utilisées pour décorer les plats et les graines pour faire des moutardes mais ces dernières renferment des substances agissant sur le cœur[5].

La plante est actuellement utilisée par voie orale (sirop) ou locale (pastille, collutoire, gargarisme) contre l'enrouement, comme expectorant et mucolytique contre les bronchites. Ses propriétés sont dues aux glucosinolates (hétérosides soufrés) qui provoquent, par action réflexe, une sécrétion des voies respiratoires supérieures[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. François Couplan, Les plantes et leurs noms. Histoires insolites, éditions Quæ, , p. 117.
  2. a et b François Couplan, Eva Styner, Guide des plantes sauvages comestibles et toxiques, Delachaux et Niestlé, , p. 76.
  3. données d'après : Julve, Ph., 1998 ff. - Baseflor. Index botanique, écologique et chorologique de la flore de France. Version : 23 avril 2004.
  4. (en) Magic and Medicine of Plants, Reader's Digest Association, , p. 29.
  5. François Couplan, Le régal végétal. plantes sauvages comestibles, Editions Ellebore, , p. 321-322.
  6. Michel Botineau, Guide des plantes médicinales, Belin, , p. 32.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]