Seigneurie de l'Île-Verte

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

La seigneurie de l'île-Verte était une seigneurie, un mode de division et d'organisation sociale du territoire, lors de la colonisation de la Nouvelle-France sous le régime français entre 1623 et 1763. Elle était située à l'intérieur du territoire de la municipalité de L'Isle-Verte dans le Bas-Saint-Laurent au Québec.

Histoire[modifier | modifier le code]

La seigneurie est concédée pour une première fois en 1653 à Jean Lauson de la Citière par son père Jean de Lauzon, Gouverneur de la Nouvelle-France[1]. Il ne fait aucun doute que le geste du gouverneur vise à s'assurer du lucratif commerce de la traite des fourrures dans le Bas-Saint-Laurent. Le territoire concédé par Lauzon mesure trois lieues de front sur le fleuve Saint-Laurent par trois lieues de profondeur et inclut la rivière au saumon situé en face de l'Île-Verte auquel elle doit son toponyme[1].

Les autorités de la Nouvelle-France ne tiendront pas compte de cette première concession lorsqu'elle concède à nouveau la seigneurie à Augustin Rouer de Villeray et de la Cardonnière et son frère Louis Rouer d’Artigny en considération du rôle important joué par leur père dans la colonie[2]. En 1688, Augustin Rouer de Villeray obtient la concession de la seigneurie de Rimouski située plus haut en aval du Saint-Laurent et abandonne à son frère Louis ses droits sur la seigneurie de l'Île-Verte[2].

Louis Rouer d'Artigny obtient un agrandissement du territoire de la seigneurie en 1689 mais ne s'y installe pas[3]. Le 1er mai 1701, il vend la seigneurie à Pierre de Niort de La Minotière pour la somme de 4800 livres[3]. Pierre de Niort ne s'installe pas dans la seigneurie et la revend en 1711 à Jean-Baptiste Coté, un cultivateur de l'Île d'Orléans, en contrepartie de deux terres que ce dernier y possède[4]. Jean-Baptiste Coté s'y installe avec sa famille et devient le premier seigneur résident de l'Isle-Verte[4].

En 1724, les paroissiens de la seigneurie voit l'arrivée du père récollet Ambroise Rouillard qui pendant près d'une trentaine d'années, à l'exception de la période allant de 1735 à 1745, agit comme missionnaire itinérant et dessert les habitants de l'Île-Verte, Trois-Pistoles et Rimouski[5],[6]. En plus d'être le « pasteur attentif, fidèle et dévoué » des citoyens du Bas-Saint-Laurent, le missionnaire aide aussi les familles en rédigeant les actes notariés de certains mariages et successions[5].

Le nom de l'ancienne municipalité de Saint-Jean-Baptiste-de-l'Isle-Verte, instituée en paroisse en 1828 et fusionnée en 2000 pour former l'actuelle L'Isle-Verte, est probablement relié au nom du premier seigneur de l'endroit Jean-Baptiste Coté ainsi qu'au missionnaire catholique Jean-Baptiste de La Brosse qui était responsable de ce territoire de mission de 1766 à 1782[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Fortin et Lechasseur 1993, p. 107
  2. a et b Béatrice Chassé, « Augustin Rouer de Villeray et de la Cardonnière », Dictionnaire biographique du Canada en ligne, University of Toronto/Université Laval, vol. 3, 1741-1770,‎ (lire en ligne)
  3. a et b Jean-Claude Dubé, « Louis Rouer d'Artigny », Dictionnaire biographique du Canada en ligne, University of Toronto/Université Laval, vol. 3, 1741-1770,‎ (lire en ligne)
  4. a et b Municipalité de l'Isle-Verte, « Municipalité de l'Isle-Verte - Histoire » (consulté en 13 mars octobre 2013)
  5. a et b Chassé 2003, p. 19
  6. Michel Paquin, « Ambroise Rouillard », Dictionnaire biographique du Canada en ligne, University of Toronto/Université Laval, vol. 3, 1741-1770,‎ (lire en ligne)
  7. Gouvernement du Québec, « Commission de la Toponymie du Québec - Saint-Jean-Baptiste-de-l'Isle-Verte » (consulté le 13 mars 2013)

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Béatrice Chassé, Rimouski et son île : les seigneurs Lepage : l'île Saint-Barnabé, Rimouski, Société d'histoire du Bas-Saint-Laurent : GRIDEQ, coll. « Les cahiers de l'estuaire » (no 2), , 101 p. (ISBN 2-920270-73-7)
  • Serge Courville et Serge Labrecque, Seigneuries et fiefs du Québec : nomenclature et cartographie, Québec (Québec), Faculté des Lettres de l'Université Laval (CÉLAT), , 202 p. (ISBN 2-920576-22-4)
  • Jean-Charles Fortin, Antonio Lechasseur et al., Histoire du Bas-Saint-Laurent, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, coll. « Les régions du Québec » (no 5), , 860 p. (ISBN 2-89224-194-4)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]