Seghir Mostefaï

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Seghir Mostefaï
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Biographie
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Seghir Mostefaï, né en 1926 à Bordj Bou Arreridj, en Algérie, est un avocat et haut responsable algérien. Diplômé en droit et économie de la Sorbonne. Fondateur et gouverneur de la Banque Centrale d'Algérie pendant près de vingt ans.

Il a notamment joué un rôle clé dans la résolution de la crise des otages américains en Iran.

Il est décédé le 21 janvier 2016 à Alger[1],[2].

Accords d'Evian[modifier | modifier le code]

Il a été un des négociateurs des accords d'Évian, signés le à Évian-les-Bains (Haute-Savoie, France), entre les représentants de la France et ceux du Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA) mettant fin à la guerre d'Algérie, chargé des questions économiques et financières[3].

Souvent confondu avec son oncle, le docteur Chawki Mostefai, membre du GPRA et de l'executif provisoire à l'indépendance, connu pour avoir dessiné le drapeau algérien, pour avoir négocié avec l'OAS l'arrêt des violences contre les populations civiles et le maintien de la population européenne en Algérie et cité par Nelson Mandela comme ayant été son premier formateur politique[4].

Banque Centrale d'Algérie[modifier | modifier le code]

Seghir Mostefaï a préparé la création de la Banque Centrale d'Algérie (BCA) dès l'indépendance de l'Algérie durant l'été 1962 et en a été le premier gouverneur jusqu'en 1981[5]. Il a également immédiatement représenté l'Algérie au sein des institutions financières internationales, notamment FMI et Banque Mondiale[6].

Il a créé la monnaie nationale, le Dinar algérien dés 1964[7]. À ce titre il a signé[8] les premiers billets émis par l'Algérie[1]. Dès les années 1970, l'Algérie a été le premier pays arabe et africain à imprimer sa monnaie. Il a également permis à plusieurs pays africains de se doter de leurs propres instituts d'émission et de créer leurs monnaies nationales.

En 1971, ses négociations avec la Federal Reserve lui ont permis d'échanger des dollars contre or et de constituer le premier stock d'or de l'Algérie alors que les États-Unis avaient déjà décidé officieusement de mettre fin à la convertibilité or du dollar, intervenue officiellement par la décision du président Richard Nixon le 15 aout 1971.

Au sein du Fonds Monétaire International (FMI), Seghir Mostefai a été à la fin de son mandat le doyen du conseil d'administration. Il a été un des trois fondateurs[9],[10] du Groupe des 24, représentant les intérêts des pays de voie de développement face au pays du G8.

Crise des otages américains en Iran[modifier | modifier le code]

Dès le début de la crise des otages américains en Iran, plusieurs tentatives de négociation et missions secrètes de bons offices ont été menées par différentes personnalités, notamment Ramsey Clark (à la demande de Jimmy Carter), Olof Palme, Kurt Wadheim (en tant que Secrétaire général des Nations-unies), Hilarion Capucci. Toutes ces tentatives ont échoué à cause de la complexité du problème des avoirs iraniens détenus dans les établissements financiers américains aux États-Unis et en Europe, gelés par les États-Unis depuis le 14 novembre 1979.

Le 2 novembre 1979, parlement iranien fixe les conditions pour la libération des otages. La condition principale concerne la restitution des avoirs iraniens.

Fin 1980, les États-Unis et l'Iran acceptent une médiation algérienne. Une équipe composée des ambassadeurs d'Algérie aux États-Unis et en Iran, dirigée par le ministre des affaires étrangères Mohamed Benyahia, se lance dans une navette diplomatique entre Washington et Téhéran.

Très vite, il apparait que cette mission est vouée à l'échec car le contentieux porte sur des problématiques financières et juridiques complexes (dette iranienne, gel des avoirs iraniens aux États-Unis et dans les filiales européennes de banques américaines) non maitrisées par les diplomates. Le ministre des affaires étrangères fait alors appel à Seghir MOSTEFAI du fait de son expérience des arbitrages financiers entre états et des problèmes de dettes souveraines. Il rejoint l'équipe des médiateurs[11],[12] et permet finalement de mettre fin à la crise par les Accords d'Alger du 19 janvier 1981, en proposant un dispositif acceptable par les États-Unis et l'Iran et impliquant directement la Banque Centrale d'Algérie : premièrement, la restitution d'une partie des avoirs iraniens et le règlement d'une partie de la dette iranienne auprès des créanciers américains par un mécanisme complexe de transactions bancaires à travers des comptes séquestres dont un compte de l'état iranien ouvert auprès de la Banque Centrale d'Algérie, et un compte américain auprès de la Banque d'Angleterre ; et deuxièmement en prévoyant la mise en place d'un tribunal arbitral chargé de traiter les différents litiges en suspens entre les deux pays.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Décès Mohamed-Seghir Mostefaï, premier gouverneur de la Banque centrale algérienne », sur Al Huffington Post (consulté le 1er février 2016)
  2. liberte-algerie.com, « Le premier gouverneur de la Banque d’Algérie tire sa révérence: Toute l'actualité sur liberte-algerie.com », sur http://www.liberte-algerie.com/ (consulté le 1er février 2016)
  3. La-Croix.com, « Yves Roland-Billecart, artisan des négociations d’Evian », sur La Croix (consulté le 5 février 2016)
  4. « L'Algérie, la seconde patrie de Mandela », sur Visa pour l'Algérie (consulté le 30 mars 2016)
  5. « Hommage à Seghir Mostefaï : Le premier gouverneur de la Banque centrale d’Algérie - Actualité - El Watan », sur www.elwatan.com (consulté le 1er février 2016)
  6. « List of Members’ Date of Entry », sur www.imf.org (consulté le 1er février 2016)
  7. « Le dinar et son évolution », sur Djazairess (consulté le 1er février 2016)
  8. This illustration, Français : Signature de Seghir Mostefai, (lire en ligne)
  9. (en) Eduardo Mayobre, G-24: The Developing Countries in the International Financial System, Lynne Rienner Publishers, (ISBN 9781555878467, lire en ligne)
  10. (en) International Monetary Fund, The International Monetary 1972-1978: Cooperation on Trial Volume III: Documents, International Monetary Fund, (ISBN 9781463993337, lire en ligne)
  11. Robert D. Mcfadden, « MEN IN THE NEWS; ALGERIANS IN HOSTAGE TALKS: 3 ASTUTE DIPLOMATS WHO ARE RISING STARS AT HOME », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne)
  12. (en) Don Oberdorfer, « Algerian Trio Arrives Here Bearing Iran's Hostage Terms », The Washington Post,‎ (ISSN 0190-8286, lire en ligne)