Sebkha

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Sebkha d'Arzew (Algérie) : vue d'ensemble vers 1975

Le terme sebkha, de l'arabe سبخة, ou playa, est utilisé par les géomorphologues pour désigner une dépression à fond plat, généralement inondable, où les sols salés limitent la végétation. La sebkha peut être lacustre — les eaux s'évaporent et laissent des sels — ou en communication avec la mer (actuellement ou dans le passé). Toutes les régions désertiques chaudes présentent des sebkhas.

On a très longtemps confondu la bordure (chott) et la dépression à proprement parler (sebkha) ; cette confusion de termes est actuellement en voie de disparition[1]. Le Chott el-Jérid est la plus grande des sebkha du Maghreb[2].

Le mot « sebkha » est utilisé en arabe pour désigner le kavir[3], type de bassin endoréique très présent dans les déserts en Iran ; pris au sens strict les deux termes renvoient toutefois à deux types distincts de playa[4].

Éléments de définition[modifier | modifier le code]

Une sebkha ou sabkha désigne un bassin occupant le fond d'une dépression à forte salinité et plus ou moins séparé d'un milieu marin, dans des régions arides (milieu supratidal). Néanmoins, il peut être toujours en contact avec le milieu marin par un très faible filet d'eau (bassin d'eau profonde), ou au contraire par des infiltrations (bassins d'eau peu profonde). Dans ce dernier cas, il peut se produire des débordements périodiques d'eau vers le bassin. Dans les deux cas il va y avoir une augmentation de la salinité, une évaporation importante, l'apparition d'une saumure et la précipitation d'évaporites au fond du bassin si la profondeur est faible, ou à une extrémité si la profondeur est importante.

Écologie[modifier | modifier le code]

Une sebkha à Oum El Bouaghi, Algérie.

Ces milieux plus chauds et salés peuvent abriter des algues et une faune spécifique (de crustacés notamment[5]) dont le plus connu est Artemia salina[6], mais on y trouve aussi des copépodes comme Arctodiaptomus salinus[7]. Ils peuvent parfois aussi abriter des larves de moustiques vectrices de maladies[8]

Ils sont aussi caractérisés par des espèces pionnières[9]

Ces espèces peuvent jouer un rôle important dans le réseau trophique loco-régional[10] et notamment attirer une importante avifaune aquatique[11],[12]

Origine et typologie[modifier | modifier le code]

Ces habitats naturels peuvent avoir trois grandes origines :

  1. fluvio-lacustre
  2. inter-dunaire
  3. côtière

Usages[modifier | modifier le code]

Brome et potasse

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Encyclopædia Universalis, « CHOTT », sur Encyclopædia Universalis (consulté le )
  2. P. Trousset, « Djerid. (Jérid, Qastîliya) », Encyclopédie berbère, no 16,‎ , p. 2461–2465 (ISSN 1015-7344, lire en ligne, consulté le )
  3. «Désert», Encyclopaedia Iranica, lire en ligne
  4. Adel Sepehr and Seyed Ali Almodaresi, « Geotop of Lut Playa: Quaternary Geomorphologic Evidence and Civilization », Journal of Earth Science and Engineering,‎ (lire en ligne)
  5. Blanchard R & Richard J (1890) Sur les crustacés des Sebkhas et des chotts d'Algérie
  6. AMAROUAYACHE, M., DERBAL, F., & KARA, M. H. (2010). Caractéristiques écologiques et biologiques d'Artemia salina (Crustacé, Anostracé) de la sebkha Ez-Zemoul, Algérie Nord-est. Revue d'écologie, 65(2), 129-138 (résumé Inist-CNRS)
  7. Saadi A & Champeau A (1994) Density, biomass and production, of arctodiaptomus salinus (copepoda, calnoida) in a temporary brackish hydrosystem, the Zima Sebkha (Marocco). Ecologie, 25(2), 71-78 (Notice Inist-CNRS)
  8. Hassaine K (2014) Recherche d'une méthode cartographique applicable aux gîtes de pontes d'Aedes caspius (Pallas, 1771) et d'Aedes detritus (Halliday, 1933)(Diptère, Culicidae) de la partie occidentale de la Sebkha d'Oran (Doctoral dissertation).
  9. Tremblin, G. (2000). Comportement auto-écologique de Halopeplis amplexicaulis: plante pionnière des Sebkhas de l’Ouest algérien. Science et changements planétaires/Sécheresse, 11(2), 109-16.
  10. El Madani F (1998) Contribution à l’étude des capacités trophiques de la lagune de Nador (Sebkha Bou Areg) (résumé).
  11. Baaziz N (2012). Statut et écologie de l’avifaune aquatique de la Sebkha de Bazer-Sakhera (El-Eulma, Sétif): Phénologie et distribution spatio-temporelle (Doctoral dissertation, Thèse de doctorat en Écosystèmes aquatiques. Centre Universitaire d’Annaba).
  12. Naima B (2012) Statut et écologie de l’avifaune aquatique de la Sebkha de Bazer-Sakra (El-Eulma, Sétif) : Phénologie et distribution spatio-temporelle (Doctoral dissertation, Université Badji Mokhtar de Annaba).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Blanchard R & Richard J (1890) Sur les crustacés des Sebkhas et des chotts d'Algérie.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]