Les Facéties du sapeur Camember

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Les Facéties du sapeur Camember est une bande dessinée française créée par Christophe et parue dans Le Petit Français illustré sous la forme de feuilletons entre 1890 et 1896.

Personnages[modifier | modifier le code]

  • François Baptiste Éphraïm Camember, fils d'Anatole Camember et de Polymnie Cancoyotte (la cancoillotte est un fromage franc-comtois), sapeur à Besançon.
  • Le colonel, chef du régiment.
  • La colonelle, épouse du colonel.
  • Mademoiselle Victoire, bonne et cuisinière du colonel, d'origine alsacienne, elle est l'égérie de Camember (qu'elle appelle Mossieur Gamempre) qui, amoureux d'elle, l'épouse à son retour de la guerre de 1870.
  • Le major Eusèbe Mauve, médecin du régiment, toujours fier de la réussite des traitements qu'il ordonne à Camember (lequel en fait une utilisation toujours farfelue).
  • Cancrelat, fusilier dans le même régiment que Camember, aussi facétieux que simplet.
  • Le capitaine Brizard.
  • Les sergents Bitur et Briquemol.

Caractère[modifier | modifier le code]

Camember est un personnage de soldat illettré (il ne reconnaît bien que la très utile lettre H) et un peu simplet dont les agissements sont souvent absurdes. Né le dans le village imaginaire de Gleux-lès-Lure (nécessairement proche de Lure, sous-préfecture de la Saône-Supérieure), il ne peut fêter son anniversaire que tous les quatre ans, et, ayant tiré le mauvais numéro, il se trouve donc conscrit (après une enfance tapageuse) dès sa cinquième bougie.

En raison de sa barbe « déjà belle », il est affecté comme sapeur, c'est-à-dire soldat du génie militaire, ce qui est déjà une pointe d'ironie eu égard à sa faiblesse d'esprit.

« Sergent ! interroge Camember, et la terre du trou ? — Que vous êtes donc plus herméfitiquement bouché qu’une bouteille de limonade, sapeur ! Creusez un autre trou ! — C’est vrai ! » approuve Camember.

Sa simplicité s'illustre, par exemple, lorsqu'il creuse un trou pour y mettre la terre d'un autre ; il est vrai qu’il est alors dépassé en sottise par son supérieur, le sergent Bitur, qui le traite de « double mulet cornu » et lui reproche de ne pas avoir fait le deuxième trou assez grand pour qu’on puisse y mettre sa terre avec celle du premier[1].

Camember s'exprime dans un français qu'il voudrait châtié, mais qui, par son hypercorrection, révèle son inculture pédante ; par exemple, s'adressant à Victoire : « Serai-je-t-y assez heureux si vous me feriez celui de me demander un service que je serais rudement satisfaisant d'vous obtempérer ? » ; de même, s'adressant au colonel : « mon colonel peut s'ingurgiter par soi-même que le sapeur ne l'a point-z-enduit d'erreur […] comme mon colonel peut se l'obtempérer lui-même par sa vue visuelle et subséquente ».

Ce qui frappe tout au long de l’album, c’est l’incapacité du pauvre sapeur à comprendre la langue que lui parlent ses supérieurs, qui d’ailleurs ne se soucient jamais de se mettre à sa portée. C’est fréquent avec le major, c’est-à-dire le médecin : celui-ci dit à Camember, qui se plaint d’avoir des « guernouilles » dans le ventre, de se mettre des sangsues sur l’estomac ; le sapeur va chercher ses sangsues à l’infirmerie, les fait cuire et les mange, puisqu’il faut se les mettre sur l’estomac.

Une autre fois le major constate que Camember souffre d’ophtalmie et que cela pourrait devenir purulent ; il lui conseille donc de se procurer des conserves fumées (c’est-à-dire des verres teintés) qu’il devra porter tout le temps. Le sapeur a compris qu’il a de « l’eau de salmis » dans les yeux et qu’il risque de devenir un « pur Uhlan », il se rend alors chez le charcutier pour se procurer les « conserves fumées », si bien que l’adjudant le rencontre avec un jambon sous chaque bras et des saucisses enroulées autour de son bonnet. Ne comprenant rien aux explications du pauvre Camember il l’expédie à l’ombre, remède excellent contre les maux d’yeux et le sapeur se retrouve guéri.

Le sapeur et un collègue sont requis pour être figurants dans le théâtre de la ville. Ils y jouent le rôle de soldats grecs dans une pièce intitulée : L'héritage du cousin Agathias ; ce titre est celui d'un conte antique illustré par Christophe lui-même et publié par Charles Normand (1858-1934), fils de Charles Normand, en 1893.

Style[modifier | modifier le code]

Les autres ouvrages de Christophe (La Famille Fenouillard, Savant Cosinus, Plick et Plock…) se caractérisent par un style châtié, un vocabulaire riche et de fréquents clins d'œil culturels. Le choix délibéré de rusticité du personnage a mis cet aspect du style de l'auteur entre parenthèses dans cet ouvrage précis.

Publication[modifier | modifier le code]

Les aventures du sapeur Camember sont parues en feuilleton du 4 janvier 1890 au 12 septembre 1896[2], puis ont été rassemblées en un album.

Le réalisateur Jean-Christophe Averty réalisa pour la télévision une adaptation du Sapeur Camember tournée avec de vrais acteurs dans les dessins de Christophe par des techniques d'incrustation vidéo, considérées comme révolutionnaires à l'époque.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Visuel de l'histoire
  2. François Caradec, Christophe, P. Horay, , p. 41

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]