Rosario de Acuña

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Rosario de Acuña Villanueva de la Iglesia
Description de l'image Rosario de Acuña Villanueva de la Iglesia3.jpg.
Nom de naissance Rosario de Acuña
Naissance
Madrid, Spain
Décès 5 mai Modèle:Death year and age
Gijón, Spain
Conjoint
Lieutenant Rafael de Laiglesia (divorcée)
Descendants
2

Rosario de Acuña Villanueva de la Iglesia, plus connue sous le nom de Rosario de Acuña et sous le pseudonyme masculin utilisé pour ses écrits, Remigio Andrés Delafón ( – ), était une auteure espagnol de théâtre, d'essais, de nouvelles et de poésie.

Biographie[modifier | modifier le code]

Elle naît à Madrid en 1851[1], au sein d'une famille aristocrate aisée, obtenant le titre de comtesse, qu'elle n'utilise cependant jamais[2]. Elle Formée par son père, elle commence à écrire de la poésie en castillan très jeune.

Elle écrit sous le nom de plume masculin Remigio Andres Delafon. En 1884, elle devient la première femme à prendre la parole à l'Athénée de Madrid. Elle est à la fois controversée et considérée comme une libre-penseuse audacieuse à son époque. Sa pensée critique et radicale sur de nombreux sujets controversés de dogmatisme religieux, d'esthétique, de naissances illégitimes, de mariage civil (avec l'éventualité du divorce), créa de sérieuses controverses. Elle est qualifiée de "la première femme dramaturge qui fit fermer un théâtre"[3].

Elle se marie à l'âge de 25 ans[4] avec le Lieutenant d'Infanterie Rafael de La Iglesia et réside dans le quartier de Pinto (Madrid). Quelque temps plus tard, ils divorcent, son mari meurt en 1900. Elle ne se remarie pas, mais Carlos de Lamo de Jiménez devient son compagnon en 1886[2].

Elle meurt à son domicile à Gijon (Asturies) le 5 mai 1923.

Carrière[modifier | modifier le code]

Rosario de Acuña Villanueva de la Iglesia2.jpg

Sa première publication date de 1874, dans un journal local. En 1876, son premier drame inspirée de poésie et intitulé "Rienzi el tribuno" est créé au Teatro Circo de Madrid, c'est un grand succès. Dans ce drame, elle évoque sous une forme poétique un thème tragique mettant en évidence les luttes que le tribun romain Cola di Rienzo dut mener pour restaurer la grandeur de la Rome Antique. En 1877, elle publie la pièce intitulée "Amor a la patria" (l'Amour du Pays), peignant l'héroïsme des femmes dans le cadre de la révolte des paysans contre le pouvoir de Napoléon Bonaparte.

En 1884, elle est la première femme à faire une lecture de sa poésie au cours d'une soirée dédiée à la poésie à l'Athénée de Madrid. En 1891, elle publie "El padre Juan" (Le Père Jean)[3], qui traite de la nature hypocrite du clergé, pièce qui cause une certaine controverse. Elle est suivie de la "La voz de la patria" (Femme Enceinte), en 1893, qui entraîne également beaucoup de controverse, le drame évoquant les manigances d'une femme enceinte qui essaie d'empêcher son fiancé de s'enrôler dans l'armée.

Rosario de Acuña Villanueva de la Iglesia1.jpg

Elle apporte des contributions importantes à la poésie parmi lesquelles: "Ecos del alma" (les Échos de l'Âme) (1876); "Morirse un tiempo" (Mourir un temps) (1880); "Sentir y pensar" (Sentiment et Pensée) (1884). Dans sa démarche de propagation de la politique social-libérale du gouvernement, elle écrit un article intitulé El crimen de la calle de Fuencarral; odia el delito y compadece al delincuente (Le Crime de la Rue Fuencarral: Haine de la Criminalité et Compassion envers les Criminels) autour de 1880. Fondé sur un meurtre réel lié à une affaire criminelle; son intention était de mettre en lumière les facteurs sociaux de la criminalité. Ses essais liés à des questions féministes sont les "Consecuencias de la degeneración femenina" (Conséquences de la dégénérescence féminine) (1888); et Cosas Mías (Mes Choses) (1917). Elle défend le mariage civil et croit en la libération[5],[6].

Elle est intronisée dans la loge masonique Constante Alona le 20 février 1986 à Alicante[3],[6].

Après la mort de son mari, en 1900, elle déménage à Cueto (Cantabrie) et commence un élevage de volailles. Dans le même temps, elle commence aussi à écrire pour l'hebdomadaire socialiste Cantabrian et Peolple's Voice. En 1909, elle construit sa maison sur le sommet d'une colline à Gijon et baptise sa maison « la Providence ». À la suite de la publication d'une de ses lettres à Louis Bonafoux dans le journal El Internacional à Paris et El Progresso à Barcelone une controverse éclate, et elle est exilée à Gijon, dans les Asturies en 1911 pour deux ans[7]. A son retour, elle collabore avec Virginie Gonzalez et Theodomir Menéndez (1919) aux activités du parti socialiste.

Elle décède à son domicile à Gijon, le 5 mai 1923.

Références[modifier | modifier le code]

  1. (es) « Mujeres en la historia - Rosario de Acuña - RTVE.es », (consulté le 11 mars 2018)
  2. a et b Collectif, Antoinette Fouque, Mireille Calle-Gruber et Béatrice Didier, Le Dictionnaire universel des créatrices, Éditions des femmes, (ISBN 9782721006516, lire en ligne)
  3. a b et c (en) D. J. Walker, Spanish Women and the Colonial Wars of the 1890s, LSU Press, (ISBN 9780807133163, lire en ligne)
  4. Maureen Ihrie et Janet Perez, The Feminist Encyclopedia of Spanish Literature: A-M, Greenwood Publishing Group, (ISBN 9780313324444, lire en ligne), p. 5
  5. David Thatcher Gies, The Theatre in Nineteenth-Century Spain, Cambridge University Press, (ISBN 9780521020237, lire en ligne), p. 205
  6. a et b Luis P. Martin, Les francs-maçons dans la cité: Les cultures politiques de la Franc-maçonnerie en Europe (XIXe-XXe siècle), Presses universitaires de Rennes, (ISBN 9782753525528, lire en ligne)
  7. Christine Arkinstall, « Writing Nineteenth-Century Spain: Rosario de Acuña and the Liberal Nation », MLN, vol. 120, no 2,‎ , p. 294–313 (lire en ligne, consulté le 11 mars 2018)