Rivastigmine

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Rivastigmine
Image illustrative de l’article Rivastigmine
Structure de la rivastigmine
Identification
Nom UICPA (S)-3-[1-(diméthylamino)éthyl]- phényl carbamate de N-éthyle et de N-méthyle
No CAS 123441-03-2
No ECHA 100.120.679
Code ATC N06DA03
DrugBank APRD00321
PubChem 77991
SMILES
InChI
Propriétés chimiques
Formule brute C14H22N2O2  [Isomères]
Masse molaire[1] 250,3367 ± 0,0137 g/mol
C 67,17 %, H 8,86 %, N 11,19 %, O 12,78 %,
Données pharmacocinétiques
Biodisponibilité 96 %
Liaison protéique 40 %
Métabolisme Hépatique
Demi-vie d’élim. 1,5 h
Excrétion

Rénale à 97 %

Considérations thérapeutiques
Classe thérapeutique Anticholinestérasique
Voie d’administration voie orale, transdermique
Grossesse catégorie B, donnée insuffisante pour l'allaitement
Caractère psychotrope
Autres dénominations

Exelon


Unités du SI et CNTP, sauf indication contraire.

La rivastigmine (hydrogénotartrate de rivastigmine) appartient à la famille des stigmines. Elle a une action parasympathomimétique indirecte par son effet inhibiteur pseudo-irréversible de l'acétylcholinestérase. Elle se présente sous la forme d'une poudre cristalline blanche qui possède un caractère hydrophile et lipophile.

Histoire[modifier | modifier le code]

La rivastigmine a été développée pour la première fois par le laboratoire Novartis pour lutter contre la maladie d'Alzheimer. Elle est disponible depuis 1997 aux États-Unis sous forme de solution buvable. En 2007, elle est disponible sous forme de patch transdermique et devient le premier médicament contre la démence sénile sous cette forme galénique.

Mode d'action[modifier | modifier le code]

La rivastigmine est un inhibiteur de l'acétylcholinestérase qui inhibe également la butyrylcholinestérase, à l'inverse du donépézil qui est sélectif de l'acétylcholinestérase. En inhibant ces enzymes, la rivastigmine potentialise l'action de l'acétylcholine dans la fente synaptique en empêchant sa dégradation. Son action est qualifiée de parasympathomimétique indirecte. C'est grâce à ce mécanisme que l'on peut potentialiser les transmissions cholinergiques.

Usage thérapeutique[modifier | modifier le code]

Indications[modifier | modifier le code]

La rivastigmine commercialisée sous le nom d'Exelon est une substance utilisée pour traiter les formes d'intensité légère à modérée des démences dues à la maladie d'Alzheimer, à la maladie de Parkinson et à la démence à corps de Lewy. La rivastigmine a démontré son efficacité sur le plan cognitif (pensée et mémoire), fonctionnel (activités quotidiennes), et problèmes comportementaux qui sont couramment associés à la maladie d'Alzheimer[2],[3],[4],[5], à la démence due à la maladie de Parkinson[6] et à la démence à corps de Lewy[7].

Administration[modifier | modifier le code]

Comme tous les anticholinestérasiques, elle requiert une augmentation progressive du dosage sur plusieurs semaines (phase de dosage[8]). Par voie orale, la rivastigmine doit être dosée à 3 mg par jour sur période de deux à quatre semaines. La rivastigmine se présente sous différentes formes galéniques et différents dosages[9] :

  • gélules : Exelon 1,5 mg, 3 mg, 4,5 mg, 6 mg ;
  • patchs : Exelon 4,6 et 9,5 mg par 24 heures ;
  • solution buvable : Exelon 2 mg·mL-1.

Surdosage[modifier | modifier le code]

En cas de surdosage, on peut induire un antagonisme avec l'administration d'atropine afin d'empêcher une activation parasympathique du cœur, responsable d'une bradycardie. L'acétylcholine en excès ne se fixera pas sur les récepteurs, car ceux-ci seront en compétition avec l'atropine. Lors de la régénération de l'enzyme, l'activité catalytique permettra aux taux d'acétylcholine de retourner vers un état basal en la dégradant en choline et en acide acétique. La dialyse se révèle inefficace, du fait de la trop courte demi-vie de la rivastigmine.

Effets secondaires[modifier | modifier le code]

Les effets secondaires les plus marqués sont des nausées et des vomissements, avec des signes plus marqués pour la voie transdermique. En cas de surdosage, d'autres effets peuvent apparaître comme des hypersécrétions, incontinence, crampes, fasciculations et tout autre symptôme de décharge du parasympathique.

Efficacité[modifier | modifier le code]

Chez les patients présentant un de ces types de démence, la rivastigmine a montré des effets significatifs dans le traitement symptomatique, ce qui permet aux patients de rester indépendants et "eux-mêmes" plus longtemps, en particulier chez les patients présentant un développement agressif de la maladie, une maladie précoce, ayant des carences nutritionnelles, ou ceux présentant des idées délirantes ou des hallucinations[10].

Son efficacité est comparable à celle du donépézil et de la tacrine. Des doses sous un seuil de 6 mg/jour pourraient être inefficaces. Les effets de ces composés sur des démences ne provenant ni d'une maladie d'Alzheimer, ni d'un Parkison, ni d'une démence à corps de Lewy sont relativement modestes.

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • Compendium suisse des médicaments : spécialités contenant Rivastigmine

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Masse molaire calculée d’après « Atomic weights of the elements 2007 », sur www.chem.qmul.ac.uk.
  2. Corey-Bloom J, Anand R, Veach J. “A randomized trial evaluating the efficacy and safety of ENA 713 (rivastigmine tartrate), a new acetylcholinesterase inhibitor, in patients with mild to moderately severe Alzheimer’s disease”. Int J Geriatr Psychopharmacol. 1998;1:55–65.
  3. Rösler M, Anand R, Cicin-Sain A, et al. “Efficacy and safety of rivastigmine in patients with Alzheimer’s disease: international randomised controlled trial”. Br Med J. 1999;318:633–640. PMID 10066203
  4. Finkel SI. “Effects of rivastigmine on behavioral and psychological symptoms of dementia in Alzheimer's disease”. Clin Ther. 2004;26:980–990. PMID 15336465
  5. Rosler M, Retz W, Retz-Junginger P, Dennler HJ. ”Effects of two-year treatment with the cholinesterase inhibitor rivastigmine on behavioural symptoms in Alzheimer's disease”. Behav Neurol. 1998;11(4):211–216. PMID 11568422
  6. Emre M, Aarsland D, Albanese A, et al. “Rivastigmine for dementia associated with Parkinson’s disease”. N Engl J Med. 2004;351:2509–2518. PMID 15590953
  7. McKeith IG, Del Ser T, Spano, et coll. “Efficacy of rivastigmine in dementia with Lewy bodies: a randomised, double-blind, placebo-controlled international study”. Lancet 2000; 356(9247):2031-6.
  8. Inglis F. “The tolerability and safety of cholinesterase inhibitors in the treatment of dementia”. Int J Clin Pract. 2002;(127):45–63. PMID 12139367
  9. http://www.vidal.fr/Substance/rivastigmine-18201.htm
  10. Gauthier S, Vellas B, Farlow M, Burn D. “An aggressive course of disease in dementia”. Alzheimer's & Dementia 2006;2:210–17.