Réflexe de flexion

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Le réflexe ipsilatéral de flexion est un réflexe polysynaptique de défense.

Il a lieu par exemple lorsque l’on se brûle le doigt. Les récepteurs algiques de la peau transmettent alors un message aux centres nerveux sous la forme d’influx d'environ 100 mV d’amplitude appelés potentiel d'action (en anglais : nerve impulse) dont la fréquence varie en fonction de l’intensité du stimulus appliqué, ici la chaleur.

Réflexe de flexion et d’extension

Des milliers de potentiels d’action (PA) se propagent alors dans les fibres sensorielles de la cellule en forme de T à travers le nerf rachidien et arrivent dans la substance grise de la moelle épinière.

Le système nerveux est composé d’unités discontinues appelées neurones, entre chaque neurone il y a une fente synaptique qui permet la continuité, quoique probabiliste, du message grâce à des intermédiaires chimiques, les neurotransmetteurs.

Là, le message nerveux afférent rencontre un autre neurone qui le fera directement passer sur un troisième neurone : le neurone moteur. Ce neurone intermédiaire est alors appelé interneurone. Le message codé en fréquence de potentiels d’action entraîne l’ouverture de canaux calcium, ce qui engendre une entrée de calcium provoquant alors l’exocytose d’un neuromédiateur pour retransmettre ce message sous une forme chimique.

Ces neurotransmetteurs traversent la fente synaptique pour se fixer sur la terminaison post-synaptique et dépolariser ainsi la membrane du soma de l’interneurone. Ce qui augmente l’excitabilité de l’interneurone jusqu’à lui faire émettre un PA, deux PA, des milliers de PA.

Contrairement aux fils électriques, l’intensité du message, i.e. la fréquence des PA, diminue à chaque nouvelle rencontre. Au départ nous avons des milliers de PA, puis des milliers mais en quantité moindre, et enfin sur le motoneurone des milliers en quantité encore moindre. Ce ne sont pas des pertes comme en physique, c’est dû premièrement au fait qu'un PA excitant se transforme toujours en une dépolarisation et pas en un autre PA et deuxièmement à la période réfractaire nécessaire pour permettre à la membrane plasmique d’un neurone de se repolariser.

Enfin le neurone moteur s’est dépolarisé et va transmettre le message au muscle fléchisseur en le contractant grâce à son arborisation terminale qui y déverse en principe de l’acétylcholine.

Parallèlement, un autre neurone va inhiber le muscle extenseur du bras. Généralement chaque membre est pourvu d'au moins deux muscles : le fléchisseur qui le fléchit et l’extenseur qui l’étend. La cellule en T a alors transmis deux messages à deux interneurones, l’un excitateur qui excite le muscle fléchisseur ce qui conduit au retrait du bras devant la source de chaleur et l’autre inhibiteur qui inhibe le muscle extenseur.

Généralement on rapporte plus souvent aux synapses les termes d’« excitatrice » et d’« inhibitrice » parce que beaucoup de neurones sont excitateurs et inhibiteurs à la fois. Mais dans le cas du réflexe, les neurones ne produisent généralement qu’un seul type de neuromédiateurs d’où leur appellation d'excitateurs ou d'inhibiteurs.

Le réflexe ne concerne pas que la moelle épinière

Bien sûr il y a des voies ascendantes pour transmettre la sensation de douleur au cerveau par l’intermédiaire d’un neuromédiateur : la substance P. Mais le réflexe en lui-même n’a pas besoin de la sensation pour réagir. Le rôle de la sensation est d’interagir avec la volonté, lorsque par exemple on ne veut pas retirer la main d’une casserole, alors qu'elle nous brûle, pour l’apporter jusqu’à l’évier. Dans ce cas, il y a inhibition volontaire du muscle extenseur.

Voir aussi[modifier | modifier le code]