Queen (boîte de nuit)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Queen (boite de nuit))
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Queen (homonymie).

Queen Club
Description de cette image, également commentée ci-après
Entrée du Queen Club pour le Nouvel an 2014.
Lieu Paris
Inauguration 1992
Fermeture 2018
Anciens noms Le Central

Géolocalisation sur la carte : 8e arrondissement de Paris

(Voir situation sur carte : 8e arrondissement de Paris)
Queen (boîte de nuit)

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
Queen (boîte de nuit)

Le Queen était une boîte de nuit française, située au 22 rue Quentin-Bauchart (79 avenue des Champs-Elysées) et auparavant au 102 avenue des Champs-Élysées dans le 8e arrondissement. A l'adresse des Champs-Elysées, le Queen loge dans l'ancien cinéma Mercury, fermé en 1987[1]. C'était une institution des nuits parisiennes mondialement reconnue dans les années 1990, même si son rayonnement avait considérablement pâli par la suite[2], jusqu'à sa fermeture en 2018[3].

Historique[modifier | modifier le code]

Le club s'appelait à l'origine Le Central. Créé en 1992 par Philippe Fatien, propriétaire des établissements Mix Club, Le Cabaret, Chez Castel et du restaurant Le Queenie, le Queen a obtenu sa renommée grâce à la qualité de ses soirées, parmi les plus branchées de la capitale. Sa clientèle était majoritairement gay. Le club a connu son âge d'or de 1993 à 1996. La sélection auprès du physionomiste était réputée très sélective et l'entrée était gratuite, sauf les week-ends. Le directeur artistique de l'établissement était David Guetta, qui y mixa régulièrement de 1993 à 1995.

À la fin des années 1990, le club change peu à peu de clientèle et s'ouvre au public hétérosexuel. Cette évolution a participé au déclin de l'établissement, qui s'est fortement banalisé. L'établissement essuie depuis de nombreuses critiques. En 2008, Le Petit Futé regrette l'accueil « glacial » et le manque d'attractivité de ses soirées[4]. En 2013, le guide le décrit comme un « multiplex de la nuit », « ni branché ni totalement beauf », dont la programmation s'est « peu à peu vidée de sa substance ». Soit un endroit où l'on peut « emmener un cousin de Poitou [qui voudrait] danser le jerk »[5]. Le guide anglais Time Out le définit en 2005 comme trop « commercial et sans imagination »[2]. Le club est également réputé pour ses prix prohibitifs[6]. La clientèle a donc évolué : elle y est majoritairement hétérosexuelle, très jeune (la vingtaine) et plutôt bourgeoise (originaire de l'Ouest parisien)[7],[8], même si elle continue, dans l'esprit général, à être associée à une boîte gay[9]. Tony Gomez, responsable du lieu depuis 2008, déclarait à ce propos : « J’insiste pour dire que le Queen n’est pas un endroit gay. Il y a juste une soirée gay par semaine, c’est tout »[10].

Des créateurs comme Paco Rabanne, Vivienne Westwood, Versace, Azzaro, Hugo Boss, Kenzo, agnès b., Jean Paul Gaultier y ont fait leurs défilés, fêtes ou lancement de parfums. Des entreprises comme IBM, ARTE, IP, PUBLIC SYSTEM, NRJ, BAC FILMS ont organisé leurs soirées privées mais aussi des institutions comme la Mairie de Paris lors d’événements comme Paris Capitale de la Création. La programmation musicale emploie des DJ’s mondialement reconnus : Carl Cox, Roger Sanchez, David Guetta, Deep Dish, Junior Vasquez, Bob Sinclar, Tiesto, Antoine Clamaran, Sasha, Erick Morillo, Paul Van Dyk, Philippe Corti, etc. Le club est ouvert toute l’année, tous les jours de la semaine.

Ces dernières années, le club a connu plusieurs déboires judiciaires. En 1997, l'établissement ferme ses portes, à la suite d'un supposé trafic d'ectasy. La chambre d'accusation de la cour d'appel de Paris autorisera finalement la réouverture, un mois après. Les pertes de l'établissement ont été estimées à dix millions de francs[11]. En 2005, l'établissement est une fois encore menacé de fermeture, à la suite d'un litige avec le propriétaire des murs, l'homme d'affaires britannique Michael Gross. La cour d'appel de Paris infirmera le premier jugement rendu et le club obtiendra une reconduction de son bail[12]. En 2007, l'association SOS Racisme pratique un testing à l'entrée de l'établissement et révèle un cas de discrimination[13]. Le physionomiste du Queen sera relaxé, les magistrats estimant que « le refus opposé à une seule personne ou à un seul groupe ne suffisait pas à caractériser le délit de discrimination »[14].

En mai 2015, la direction du club annonce que le Queen déménage dans les locaux du Club 79 à compter du 1er septembre 2015[15] après avoir passé vingt-trois ans au no 102[16].

En avril 2018, la direction du club annonce la fermeture définitive du club[17].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Ancien cinéma Mercury sur les Champs-Eysées », sur Salles-cinema.com
  2. a et b Time Out Paris, Peterjon Cresswell, Time Out Guides Ltd, 2005, p. 332
  3. (en) « Paris : la discothèque le Queen ferme ses portes en douce », sur m.leparisien.fr (consulté le 26 avril 2018)
  4. Le Petit Futé France gay et lesbien, 2008, Collectif, Bruno Delangre, David Bedart, Antonin Grenin, Quentin Izzo, p. 45
  5. Paris City Trip 2013, Le Petit Futé, Dominique Auzias,Jean-Paul Labourdette, p. 210
  6. Frommer's Irreverent Guide to Paris, Alec Lobrano, David Applefield, 2004, p. 209
  7. Fiche du club sur timeout.fr
  8. France gay et lesbienne, Petit Futé, Jean-Paul Labourdette, 2008, p. 45
  9. Paris - Lille - Brussels, 2002, Laurence Phillips, p. 191
  10. http://v2.e-llico.com/rubrique.htm?rubrique=telex&articleID=18520
  11. « Le Queen est autorisé à rouvrir. La justice a désavoué la juge qui avait ordonné la fermeture de la boîte de nuit parisienne, accusée d'abriter des trafics d'ecstasy », Alain Leauthier, Libération, 7 octobre 1997
  12. "La cour d'appel de Paris sauve le Queen", Cédric Mathiot, Libération, 2 juin 2005
  13. http://www.metrofrance.com/fr/article/2007/02/26/09/0956-37/
  14. http://tf1.lci.fr/infos/france/justice/0,,3779067,00-discrimination-physionomistes-relaxes-appel-.html
  15. http://www.lefigaro.fr/culture/2015/05/28/03004-20150528ARTFIG00236-le-queen-des-champs-elysees-serait-remplace-par-un-apple-store.php
  16. « En chiffres », DJ Magazine, Lyon, no 10,‎ , p. 12 (ISSN 2271-006X)
  17. « Ancienne institution des nuits parisiennes, le Queen s'est éteint dans l'indifférence générale », sur mixmag.fr, (consulté le 30 avril 2018)

Liens externes[modifier | modifier le code]