Prieuré de Saint-Gorgon

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Prieuré de Saint-Gorgon
Ruine du prieuré de Saint-Gorgon (une partie du mur de l'ancienne métairie).
Ruine du prieuré de Saint-Gorgon (une partie du mur de l'ancienne métairie).
Présentation
Culte Catholique romain
Protection IA00075614
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Alsace
Département Bas-Rhin
Ville Saint-Nabor
Coordonnées 48° 26′ 50″ nord, 7° 24′ 44″ est
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Prieuré de Saint-Gorgon
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Prieuré de Saint-Gorgon

Le prieuré de Saint-Gorgon à Saint-Nabor sur un champ appelé le Korisacker, est un ancien prieuré qui se trouvait sur le sentier des pèlerins menant d'Ottrott à l'abbaye de Hohenbourg. Selon la tradition, c'est Herrade de Landsberg qui en 1178 aurait acheté le territoire de Saint-Gorgon en friche pour y établir d'abord une petite chapelle, puis un prieuré permettant d'accueillir les Prémontrés d'Etival. Le prieuré fut ruiné pendant les guerres des Temps modernes (Guerre des Paysans, Guerre de Trente Ans). En 1733, une métairie fut construite sur place. Laissé à l'abandon au XVIe siècle, le prieuré tomba complètement en ruine au début du XXe siècle. Les rares vestiges encore visibles (dont la métairie de 1733) furent anéantis par un incendie criminel en 1991.

Historique[modifier | modifier le code]

Saint Gorgon, officier de l'empereur Dioclétien, évoque un martyr des catacombes dont les reliques parviennent en à l'abbaye de Gorze en Moselle[N 1]. On ignore la date et les circonstances de la construction de ce prieuré. On suppose qu'à l'époque où les deux communautés des abbayes de Hohenbourg et de Niedermunster n'étaient pas encore séparées, deux sanctuaires dédiés à ce saint lorrain furent construits au pied du massif du Mont Sainte Odile. Le prieuré de Saint-Gorgon[N 2] était situé sur un domaine appelé Saint-Gorgon au pied du Mont Sainte-Odile sur le sentier des pèlerins menant d'Ottrott au monastère de Hohenbourg[1].

L'abbesse Herrade dite de Landsberg (abbesse de à ) acheta le domaine vers [2] pour établir d'abord une chapelle, puis un petit prieuré pour les Prémontrés d'Étival[3],[4]. Elle signe avec l'abbé des Prémontrés d'Étival connu sous le nom de Warnier un contrat et lui octroie des revenus dans plusieurs villages, afin que les religieux ne manquent de rien. Il reçoivent en outre un petit bois situé à Ergersheim qu'il faut voir comme le village de Krautergersheim et non son homonyme situé près de Molsheim. Tous ces biens devaient assurer la célébration quotidienne des messes dans la chapelle Saint Jean-Baptiste érigée au sommet de Hohenbourg[5].

Le prieuré de Saint-Gorgon fut détruit une première fois en par les Rustauds, puis en par les mercenaires d'Ernst von Mansfeld (1580-1626), général de Frédéric V roi de Bohême. Avec ses 20 000 mercenaires, il envahit également Obernai, Ottrott, Rosheim et Andlau, le Mont Sainte Odile et les abbayes de Truttenau et de Niedermunster, ainsi que les villages situés entre Strasbourg et Molsheim. Ce sont ensuite les troupes françaises de Louis XIV qui s'acharnent à détruire les éléments subsistants[1].

En , les Suédois envahissent le prieuré anéantissant le peu de vestiges restants. À partir du XVIIe siècle, complètement en ruines, il est converti par le prieur Réginald Vautrop[4] en métairie à partir de [6]. En 1746, le chanoine Dionysius Albrecht fait bâtir un oratoire en souvenir de la chapelle disparue[4]. En , on a découvert à l'emplacement un sarcophage sur le champ de Saint-Gorgon (appelé aujourd'hui le Korisacker ou Kolisacker[7]). Même si depuis le début du XXe siècle l'endroit est envahi par des hautes herbes et des ronces, il constitue encore dans les années 1920 une étape d'excursion du Club vosgien[8].

En , un incendie criminel, dont les coupables n'ont jamais été retrouvés, parachève la destruction des ruines, réduisant encore davantage les vestiges de l'ancien prieuré de Saint-Gorgon. Il ne subsiste presque plus rien aujourd'hui, sauf quelques pierres éparses et quelques pans de murs[9].

En , le prieuré de Prémontrés et la ferme sont référencés au patrimoine architectural de la Base Mérimée, sous la notice IA00075614 rédigée en 1992[10].

Galerie d'images[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Il repose à Rome, au cimetière “Aux deux lauriers” sur la voie Labicana et est fêté le 9 septembre
  2. Pour accéder à Saint-Gorgon, il faut emprunter le sentier des pèlerins à Ottrott et suivre le rectangle rouge jusqu'au carrefour Saint-Gorgon situé à 450 mètres d'altitude. Un sentier sur la gauche rejoint ensuite les ruines de l'ancien prieuré situé à 3 minutes de marche de cet endroit. Une autre possibilité est de se rendre derrière les carrières de Saint-Nabor. Le prieuré se trouve à 5 minutes de marche de la carrière. Niedermunster est à 30 minutes du prieuré de Saint-Gorgon.
  3. Sur cette croix on relève que Catherine Schott, âgée de 22 ans a été assassinée à cet endroit le [11], probablement en se rendant à pied au Mont-Sainte-Odile.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b François Pétry et Robert Will, Le Mont Sainte-Odile : Guides archéologiques de la France, Imprimerie Nationale, , 168 p..
  2. (de) Das Reichsland Elsass-Lothringen, Landes-und Ortsbeschreibung : St. Gorgon, Strasbourg, , 1258 p., p. 967.
  3. « Prieuré Saint-Gorgon. Ottrott, Bas-Rhin » (consulté le 17 mai 2020).
  4. a b et c « Prieuré de prémontrés, ferme, Bas-Rhin », sur Base Mérimée, (consulté le 19 mai 2020).
  5. François Pétry et Robert Will, Le Mont Sainte-Odile : Guides archéologiques de la France, Imprimerie Nationale, , 168 p., p. 139.
  6. F. Dosdat, Annuaire de Colmar : Origine du nom de Colmar, Colmar, Paul Hartmann, , 184 p. (lire en ligne), p. 19.
  7. Carmen Riffenach, Odile d'Alsace, Strasbourg, Éditions de la Nuée-Bleue DNA, , 183 p. (lire en ligne), p. 58.
  8. « Excursion du dimanche 27 mai 1923 : « Ottrott-Kolisacker-Ste Odile » », Bulletin officiel du Club vosgien, vol. III, no 1,‎ , p. 160.
  9. « Histoire de l'Alsace - Tome VIII Maison d'Andlau (p.19/140) », sur Histoire de l'Alsace (consulté le 17 mai 2020).
  10. « Prieuré de prémontrés, ferme », notice no IA00075614, base Mérimée, ministère français de la Culture
  11. « Acte de décès d'Ottrott-le-Haut de Catherine Schott, célibataire, décédée le 10 août 1840, à sept heures du matin, à Saint-Gorgon, ban d'Ottrott-le-Haut, née à Dabo, sans profession, fille Joseph Schott, fermier à Ottrott-le-Haut et de Catherine Schott (acte n°18) », sur Archives départementales du Bas-Rhin, (consulté le 17 mai 2020).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (de) Das Reichsland Elsass-Lothringen, Landes-und Ortsbeschreibung : St. Gorgon, Strasbourg, , 1258 p., p. 967.
  • (en) R.P Albrecht, History von Hohenburg, Sélestat, .
  • F. Dosdat, Annuaire de Colmar : Origine du nom de Colmar, Colmar, Paul Hartmann, , 184 p. (lire en ligne).
  • François Pétry et Robert Will, Le Mont Sainte-Odile : Guides archéologiques de la France, Imprimerie Nationale, , 168 p..
  • Carmen Riffenach, Odile d'Alsace, Strasbourg, Éditions de la Nuée-Bleue DNA, , 183 p. (lire en ligne).
  • Georges Uhry, Le Mont Sainte-Odile au Moyen Âge : Histoire de l'abbaye de Hohenbourg, Strasbourg, , 81 p..

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]