Pompeu Fabra

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Pompeu Fabra i Poch
Description de cette image, également commentée ci-après
Pompeu Fabra (1933)
Naissance
Gràcia, Catalogne
Décès (à 80 ans)
Prades, France
Nationalité espagnole
Activité principale
Autres activités

Pompeu Fabra i Poch, né à Gràcia (province de Barcelone) le et mort à Prades (Pyrénées-Orientales) le [1], était un ingénieur de l’industrie et un linguiste espagnol, connu pour son travail de chef et pour avoir mis en place la norme moderne de la langue catalane.

Josep Pla a écrit que Fabra était le catalan le plus important de notre temps car il était le seul citoyen de ce pays, à cette époque où avait été́ proposé arrivé à une finalité́ publique déterminée, et en général il a réussi explicitement et indiscutablement.

Biographie[modifier | modifier le code]

Dès 1918, avec la publication de la Gramàtica catalana (Grammaire Catalane), adoptée comme officielle, commence une étape qui culmine en 1932 avec la publication du Diccionari general de la llengua catalana (Dictionnaire général de la langue catalane). De la même année date le Curs mitjà de gramàtica catalana (cours moyen de grammaire catalane), visant plus particulièrement les écoles, et réédité, en 1968, sous le titre d'Introducció a la gramàtica catalana (Introduction à la grammaire catalane). Ses Converses filològiques (entretiens philologiques) (1924) naquirent du désir de Fabra de divulguer ses réflexions linguistiques. Il s'agit d'articles brefs qui présentent et résolvent des difficultés très fréquentes du catalan.

En 1932, Fabra accède directement, du fait de son prestige, à la chaire de langue catalane de l'Université de Barcelone. C'est ainsi que la langue catalane y fait son entrée officielle pour la première fois. Le dictionnaire de 1932, appelé populairement le "Fabra", fut conçu comme une ébauche du futur dictionnaire officiel de l'Institut d'Estudis Catalans. Les critères qui déterminèrent sa confection peuvent être résumés comme suit :

  1. Exclusion des archaïsmes et des dialectalismes de difficile acceptation par les locuteurs.
  2. Prévision de mise à l'écart des mots dont l'usage se perdrait au fil du temps.
  3. Mise à l'écart des mots étrangers empruntés à d'autres langues et qui remplaceraient des termes propres à la langue catalane ou qui rendraient impossible la création de mots nouveaux.
  4. Incorporation de mots techniques, au préalable catalanisés, d'origine gréco-latine et de portée universelle.

Pompeu Fabra franchit la frontière franco-espagnole le 31 janvier 1939. Commence alors une longue pérégrination ponctuée de séjours à Paris, Montpellier, Perpignan et, finalement, Prades, où il meurt le 25 décembre 1948. Les dernières années de sa vie, malgré les conditions adverses, il continue de travailler et termine une nouvelle grammaire catalane, publiée en 1956 par Joan Coromines.

Une université porte son nom à Barcelone.

Son enfance[modifier | modifier le code]

Pompeu Fabra est né en 1868 au numéro 32 de la rue de la Mare de Déu de la Salut, dans le quartier de la Salut, dans l'ancienne ville de Gracia. Plus tard, il vécut dans la rue « Gran de Gràcia ». Il était le fils cadet de Fabra i Roca et de Carolina Poch i Martí, et avait 12 frères, dont dix sont morts très jeunes. Il ne lui restera que 2 frères. En 1837, quand il a eu 5 ans, la première république de l’État espagnol s’est mise en place, et son père, qui était républicain, a été́ élu maire de la ville. La famille a déménagé à Barcelone quand il avait 6 ans, cependant, il n’a jamais oublié́ ses origines.

Les seconds essais et les polémiques[modifier | modifier le code]

Fabra a commencé́ ses études d’ingénierie industrielle qu’il a alterné progressivement avec une forte inclinaison autodidacte pour la philologie. En 1891, il a publié́, avec l’éditorial de L’Avenç, la grammaire du catalan moderne, dans laquelle apparaît pour la première fois la méthodologie scientifique (la métalinguistique), la langue orale est décrite avec une particularité́ phonétique. Au côté́ de Joaquín Casas Carbô, Jaume Massó et Torents, Fabra a entrepris la deuxième campagne linguistique du magazine L’Avenç ; des campagnes qui furent les premiers essais scientifiques de systématisation de la langue. Ces essais ont provoqué́ un grand nombre de polémique et ont constitué́ le premier jet de la normalisation. En 1906, il a participé́ au congrès international de la langue catalane en communiquant sur les questions de l’orthographe catalane. Son admirable intellect se renforça à tel point que Prat de la Riba l’a appelé́ pour diriger un projet sur la norme linguistique du catalan. Puis il est retourné en Catalogne et il a été́ nommé fondateur de la section philologique de la IEC (Institut des études catalans) et il a été́ professeur dans une université́ en Catalogne. En 1912 il a édité́ une grammaire de la langue catalane, bien qu’elle soit écrite en castillan. Un an après, il a aussi écrit des normes orthographiques, promulguées par l’institut des études catalanes, Ces normes ont suscité́ différents points de vue, l’un des points de base de l’orthographie défendue par Fabra a été́ le respect de la prononciation des dialectes et l’étymologie des mots. Le Dictionnaire Orthographique a complété́ les normes en 1913.

Un maître efficace[modifier | modifier le code]

A partir de 1918, avec la publication de la grammaire catalane, adoptée, dans la pratique officiellement, commence une étape qui se clôt en 1931 par la publication du Dictionnaire Général de la Langue Catalane, qui a été́ conçu spécialement pour l’école. Il est réédité́ en 1968 avec le titre de l’introduction de la grammaire catalane. Les conversations philologiques de 1924 ont évoqué́ le souhait « fabriano » de diffuser ses pensées linguistiques. Ses articles sont relativement courts, ils mettent en évidence et résolvent des doutes idiomatiques très fréquents.

En 1952 il a commencé́ à travailler dans la « diputación » (institution publique) de Barcelone, et précisément dans la section de l’institution publique et des Beaux-Arts. En 1927 il a été́ nommé professeur de prosodie (le ton, la tonalité́, l’intonation, l’accent) catalane dans l’institut de théâtre.

La consolidation d’un projet[modifier | modifier le code]

En 1932, Fabra a accédé́ directement, pour la première fois de l’histoire et grâce à son prestige, au statut de professeur de la langue catalane. En 1933, Fabra est devenu le président du patronat de la nouvelle université́ Autonome de Catalogne, créée récemment. Le dictionnaire de 1932, déjà̀ mentionné et connu de la population comme l’essai (cañamazo) d’un futur dictionnaire officiel de l’institut des études catalans. Les critères qui ont présidés à la confection du dictionnaire peuvent se résumer ainsi :

Exclusion de termes archaïques et dialectiques d’environnements plus tôt restreints.

Prévision d’exclure les mots qui, avec le temps, ne sont plus valables.

La non admission des mots étrangers empruntés à d’autres langues qui ont substitué des mots propres au catalan ou qui ont imposé́ la création d’autres mots.

Incorporation de mots techniques, préalablement rendu en version catalane, d’origine gréco-latine et à portée universelle.

À la fin de sa vie, Pompeu Fabra a traversé́ la frontière Franco-Espagnole, le 31 janvier 1939, cinq jours après que les troupes du général Franco soient entrées dans la ville de Barcelone. Ensuite, il a vécu un long pèlerinage avec des séjours à Paris, Montpellier, Perpignan et, pour finir, à Prades, où il est mort le 25 décembre 1948, au numéro 15 de la rue des marchands. Entre le 14 septembre 1945 et le 22 janvier 1948 il a été́ conseiller de la Généralité́ de l’exil.

Les dernières années de sa vie, en dépit des conditions difficiles, il a continué́ à travailler et il a terminé́ une nouvelle grammaire catalane, publiée à titre posthume en 1956 par Joan Coromines.

Dirigeant sportif[modifier | modifier le code]

Monument à Pompeu Fabra à Badalona.

Fabra a été́ lié tout au long de sa vie à ce qu’on appelait randonnée scientifique, et il a été́ un associé du Centre de Randonnée de Catalogne à partir de 1891. Il a fait des randonnées dans toute la région catalane et aussi des séjours dans des campements estivaux dans les Pyrénées, avec des ascensions aux pics montagneux les plus remarquables. Il a été́ élu président de l’Association de Lawn Tenis (aujourd’hui Fédération Catalane de Tennis) et plus tard, il a été́ le premier président de l’Union Catalane des Fédérations Sportives, quand elle a été́ créée en 1933. Il a également fait partie de la section de tennis du FC Barcelone. Fabra considérait le sport comme indispensable pour la formation de la personne et l’articulation de la nation. Il avait l’habitude de jouer au tennis sur les terrains de l’entreprise Cros, à Badalona, avec sa fille Carola.

Dans un reportage, il dit que « le tennis a, aujourd’hui, beaucoup d’importance en Catalogne. C’est, notre terre, l’un des foyers principaux de la Péninsule. Les autres sont à Madrid, à Vascania, à Huelva et de nos jours, le tennis commence à se développer au sein d’autres villes. Le tennis en Catalogne a atteint une place importante et prestigieuse, non seulement pour la croissance du nombre de personne qui joue, mais aussi pour la qualité́ excellente de beaucoup de joueurs, des qualités qui surpassent celle des meilleurs des autres endroits déjà̀ mentionnés ».

Par conséquent, avec la présidence de l’Union Catalane des Fédérations Sportives, Fabra est devenu le plus haut dirigeant du sport catalan pendant la République, jusqu’au moment où̀ il a dû arrêter son activité́ quand a éclaté́ la Guerre Civile.

Œuvres complètes[modifier | modifier le code]

Les œuvres complètes de Pompeu Fabra sont le résultat d’un projet d’investigation de la généralité́ de la Catalogne, l’institut des études catalans et le gouvernement des Îles Baléares, fruit d’un accord de partenariat signée pendant l’année de 2002. Les neuf volumes, dont les formes sont recueillies dans la bibliographie essentielle Fabra jusqu’à des écrits ignorés et notamment inédits. Un exemple de notes prise par l’un de ses élèves en conférence et en cours, qui révèlent des contenus qui n’apparaissent pas dans les œuvres du linguiste, ou bien des idées grammaticales à l’état embryonnaire qui postérieurement ont été́ exposées comme ses œuvres.

Le premier tome comprend les trois premières grammaires, de 1891 et 1912, le second, les cinq grammaires publiées entre 1918 et 1946 et diverses leçons orales; le troisième la grammaire française de 1919 et la grammaire anglaise de 1942, en plus d’une série d’articles techniques publiés entre 1887 et 1926; le quatrième tome contient l’œuvre orthographique de Pompeu Fabra (traité d’orthographie de 1904, les normes orthographiques de 1913 et le dictionnaire orthographique de 1917 à 1937) et les manuels linguistiques publiés par l’Editorial Barcino ; le cinquième, le Dictionnaire Général de la Langue Catalane de 1946 et la Grammaire Catalane de 1946 et la Grammaire Posthume de 1956, en plus des traductions théâtrales; le septième contient les conversations philologiques; le huitième, l’Épistolière de Fabra et la leçon de langue catalane par correspondance et le nouveau et dernier tome comprend des textes et du matériel du linguiste trouvés dans différentes publications, une chronologie générale de sa vie et de son œuvre, et une bibliographie sur l’œuvre et la figure de Fabra. A partir de mars 2018, toute son œuvre est digitalisée et il est possible de la consulter en ligne sur le site de Pompeu de Fabra.

Hommages[modifier | modifier le code]

Un monument de Pompeu Fabra situé sur la place de l’assemblée de Catalogne de Badalona.

La directrice générale de la politique linguistique, Ester Franquesa ; le président de l’institut des Études Catalans, Joandomènec Ros, et le commissaire de l’année Fabra. Depuis 1980 une avenue du quartier de la santé, où il est né et où il a passé́ son enfance, porte son nom.

Le 18 juin 1990 la généralité́ de Catalogne a créée l’université́ Pompeu Fabra, qui a mis en avant ses qualités. Cette université́ a organisé́ plusieurs journées pour faire connaître Fabra aux étudiants. Une place et une station de métro à Badalona (ville dans laquelle il a vécu pratiquement trente ans) portent son nom.

L’avenue de Pompeu Fabra et la place de Pompeu Fabra dans la nomenclature de Sabadell. En ce qui concerne les différents organismes badalonins le gouvernement a organisé́, en 1935, le prix Pompeu Fabra.

En juillet 2010 la ligne arrive à Badalona - Pompeu Fabra 2018: an Fabra. La généralité́ de catalogne dédie l’année 2018 à l’image de Pompeu Fabra, pour son 150ème anniversaire et pour le 100ème anniversaire de la publication de la grammaire Catalane normative.

Patrimoine littéraire[modifier | modifier le code]

Pendant qu’il était à Bilbao, où il a déménagé́ en 1912, il a préparé́ la grammaire de la langue catalane 1912. Dans la ville de Badalona, l’institut des études catalans a adopté́ les Normes orthographiques 1913, et surtout ses œuvres, qui présentent la partie importante des règles orthographiques défendues par le groupe L’Avenç et qui ont été́ la base pour la formation du Dictionnaire orthographique, compilé sous sa direction 1917. En 1918 pendant qu’il était à Badalona, Frabra a aussi publié́ la grammaire catalane, chargé par l’institut des études catalans (qui a été́ adopté officiellement). Il a rédigé́, durant sa période badalonaise, la leçon moyenne de la grammaire catalane, publiée par l’association protectrice de l’enseignement catalan 1918.

Pendant la période badalonaise, Pompeu Fabra a travaillé́ sur la plus importante et la plus connue de ses œuvres : le dictionnaire général de la langue catalane. Dans ce dictionnaire, on reconnaît certaines particularités de référence badalonaise indéniable (« badju », « micaco »). C’est pour cela que Fabra est surnommé le fils adoptif de Badalona et il reçoit en hommage la médaille de la ville, instituée par le gouvernement comme la plus grande récompense accordée aux habitants, fils ou voisins de la ville qui, par leurs actes, leurs talents et leurs qualités civiques, ont contribué́ à l’honorer et à la louer ; et ceux qui, par leur valeur morale et intellectuelle et les mérites littéraires, scientifiques et héroïques sont devenu créanciers.

En 1939 il est parti de Badalona et il a passé́ l’été́ dans la maison de Sant Feliu de Codines, maison d’où̀ il part pour l’exil vers l’état français. Il a vécu à Paris, Montpellier, Perpignan et finalement il s’est installé́ à Prades, où il meurt et il est enterré en 1948. Au cours des dernières années de sa vie il a continué́ son travail philologique : sa Grammaire Catalane est publiée de manière posthume en 1956.

Héritage à Badalona[modifier | modifier le code]

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La ville de Badalona (barcelonaise) en conséquence du fort lien avec Fabra, a consacré plusieurs espaces publics à sa mémoire. Une exposition est dédiée à l'ingénieur philologue, du 20 octobre au 20 novembre 2010 au centre Espai Betúlia. Pompeu Fabra, une langue pour tous et pour tout relie les trois concepts ''Langue, Fabra et Badalona'' avec le souhait que le poids de chacun d'entre eux reste équilibré[2].

D'autres espaces sont le monument d'Omnium Cultura à Pompeu Fabra en raison des XVII Fêtes Populaires de la Culture Pompeu Fabra. Ces fêtes représentent revendications continues faites par la ville de Badalona en reconnaissance de la figure du maître, du respect envers son travail et le record que Pompeu Fabra laissa à la ville[2].

En raison de l'arrivée de la ligne 2 (L2) du métro à Badalona et de la rénovation de la place centrale où se trouvent les sorties du métro, un secteur important de la société civile Badalonaise réactive la revendication de l'hommage du maître, en baptisant avec son nom la station de métro ainsi que la nouvelle place centrale de la commune. Suite à la complicité des institutions, mais surtout grâce à la pression sociale civile, à présent l'arrêt du métro et la place portent le nom de Pompeu Fabra . D'autres villes dédient aussi des espaces publics à la mémoire du linguiste, comme c'est le cas pour Sabadell, avec une place, ou Palafrugell, avec une avenue[2].

Une plaque commémorative mise par La Mairie de Badalona en 2010 fait référence au dernier domicile de Fabre dans la ville[2].

L'IEC a dédié des espaces à celui qui a été l'un des sept fondateurs de la Section Philologique de 1911. Par exemple, l'Espace Pompeu Fabra, qui réunit des échantillons de matériaux en lien avec le maître, qui procèdent de l'Archive de l'Institut d'Etudes Catalanes qui prétend de refléter le lien de Fabra avec l'institution et sa contribution précieuse de la langue catalane. De plus, nous retrouvons le Fons Pompeu Fabra de Jordi Mir, qui est constitué de 1535 registres d'oeuvre imprimée. L'ensemble de ce matériel est catalogué et ordonné aux dépendances de l'IEC.[2]

Publications[modifier | modifier le code]

  • Pompeyo Fabra, Ensayo de gramatica de catalan moderno, Barcelone, Masso y Casas, , 124 p., in-16 (notice BnF no FRBNF30413187)
  • Pompeu Fabra, Contribució a la gramàtica de la llengua catalana, Barcelone, tip. l'Avenç, , 111 p., in-16 (notice BnF no b30413186t)
  • Pompeu Fabra (dir.), Diccionari ortogràfic : precedit d'una exposició de l'ortografia catalana segons el sistema de l'I. d'E. C., Barcelone, Institut d'estudis catalans, coll. « Biblioteca filològica de l'Institut de la llengua catalana », , 448 p. (notice BnF no FRBNF32088035)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Autorité BnF
  2. a b c d et e Franquesa i Bonet, Ester. et Badalona (Catalunya). Ajuntament., Pompeu Fabra : una llengua per a tot i per a tothom, Espai Betúlia, (ISBN 9788460651970 et 8460651975, OCLC 805045226, lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]