Pierre-François Muyart de Vouglans

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Pierre-François Muyart de Vouglans
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Activités

Pierre-François Muyart de Vouglans était un avocat français du XVIIIe siècle.

Biographie[modifier | modifier le code]

Pierre-François Muyart de Vouglans naquit à Moirans (Moirans-en-Montagne, Jura) le 12 octobre 1713 et fut baptisé le 15 octobre suivant. Il était fils de Claude François Muyard et d'Anne Josephe Le Courbe.

Il suivit des cours de droit à l'université de Besançon puis devint avocat au parlement de Paris, en 1741. Il épousa en l'église Saint-Sulpice de Paris, le 3 juin 1745, Marie Françoise Luqueron, fille d'un avocat au parlement.

En 1766, il publia une Réfutation des principes hasardés dans le traité des délits et des peines, s'opposant ainsi aux idées de l'Italien Beccaria. Ceci lui attira l'ire de Voltaire : "l'avocat Vouglans est rigoureux. Quel terrible Welche !" ; et le même Voltaire de parler de lui comme "l'avocat de la barbarie".

Mais voici que cette même année, Muyard de Vouglans intervint en faveur du chevalier de La Barre, condamné à mort, ce qui le fit ranger par le même Voltaire parmi les « huit avocats intrépides » signataires de cette consultation. En 1771, Muyart de Vouglans se voit accorder une provision pour entrer dans la nouvelle cour de justice créée à la suite de la réforme de Maupeou pour remplacer les parlements. En 1774, lors du rétablissement des parlements, il sera versé au Grand Conseil.

En 1780, il publia son principal ouvrage, Les loix criminelles de la France dans leur ordre naturel.

En 1782, il perd son épouse. Il épousera en secondes noces, l'année suivante, Marie Henriette Cannet, amie d'enfance de Manon Phlipon, la future madame Roland, laquelle évoquera sa chère Henriette, mais également "le vieux de Vouglans" dans ses Mémoires.

Pierre-François Muyart de Vouglans mourut à Paris le 15 mars 1791.

Merlin de Douai, rédacteur du code des délits et des peines, avait "estime et intérêt" pour Muyart de Vouglans. [résumé de l'article d'Arnaud Vendryes - Cf. bibliographie - rédigé par l'auteur].

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Institutes au droit criminel (1757)
  • Institutions criminelles selon les lois et ordonnances du royaume (1762)
  • Réfutation des principes hasardés dans le "traité des délits et des peines" (1766)
  • Les Motifs de ma foi (1776)
  • Les loix criminelles du Royaume : dans leur ordre naturel, Mérigot, (lire en ligne)
  • Preuves de l'authenticité de nos évangiles (1785)

Annexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • M. Besson, Un criminaliste franc-comtois au XVIIIe siècle, Muyart de Vouglans, cour d'appel de Besançon, audience solennelle de rentrée du 16 octobre 1886, 1887, 35 p.
  • André Cagne, « Un magistrat comtois au XVIIIe siècle : Muyart de Vouglans », in Société d’Émulation du Jura, 1939, p. 149-168.
  • André Laingui, « Sentiments et opinions d'un jurisconsulte à la fin du XVIIIe siècle : Pierre-François Muyart de Vouglans, 1713-1791 » in Travaux juridiques de l'université de Rennes, tome 25, 1964, p. 177-274.
  • André Laingui, « P.-F. Muyart de Vouglans ou l'Anti-Beccaria, 1713-1791 », dans Revue de la Société internationale d'histoire de la profession d'avocat, n° 1, 1989, p. 69-80.
  • Michel Porret, « Les "lois doivent tendre à la rigueur plutôt qu'à l'indulgence" : Muyart de Vouglans versus Montesquieu », dans Revue Montesquieu, 1997, n° 1, p. 65-95
  • Arnaud Vendryes, « Un grand juriste comtois, Pierre-François Muyart de Vouglans », in Société d’Émulation du Jura, 1999, p. 215-239.
  • « Pierre-François Muyart de Vouglans » dans Dictionnaire historique des juristes français : XIIe-XXe siècle, dir. Patrick Arabeyre, Jean-Louis Halpérin et Jacques Krynen, Paris, Presses universitaires de France, 2007 (ISBN 978-2-13-056495-9).