Pierre-Arnaud Dartigoeyte

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Pierre-Arnaud Dartigoeyte
Fonctions
Député des Landes

(3 ans, 1 mois et 22 jours)
Gouvernement Convention nationale
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Mugron (Landes)
Date de décès (à 49 ans)
Lieu de décès Lahosse (Landes)
Nationalité Drapeau de la France Française
Parti politique Gauche
Profession Procureur-syndic
députés des Landes

Pierre-Arnaud Dartigoeyte, né le à Mugron (dans l'actuel département des Landes), mort le à Lahosse (Landes), est un conventionnel français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d'un notaire de Mugron, qui possède par ailleurs des biens à Lahosse, Pierre-Arnaud Dartigoeyte suit des études de droit à Bordeaux et devient avocat au Parlement de cette ville. Procureur-syndic à Saint-Sever, il est élu député du département des Landes à la Convention. Une indisposition l'empêche d'assister au procès de Louis XVI. Il écrit pour réclamer la plus grande sévérité, et peut prendre part au vote pour exiger l'exécution immédiate du roi. Le 31 mai 1793, représentant en mission à Bordeaux, il manque d'être arrêté par les girondins, réussit à s'échapper. Il participe à la rédaction de la constitution de 1793.

Il est envoyé dans le département du Gers comme représentant en mission pour faire appliquer le décret du 26 août 1793 sur la levée en masse, mission qui sera renouvelée le 2 frimaire an II, et qu'il accomplit avec une rigueur exceptionnelle. Le département est jusque-là majoritairement partisan des girondins. L'administration montagnarde s'emploie donc à reprendre les choses en main. Le médecin François-Michel Lantrac (1760-1848), un des montagnards les plus actifs, est nommé procureur général-syndic provisoire et avec Dartigoeyte ils mènent une politique rigoureuse. Dartigoeyte combat la religion catholique, pourchasse les prêtres réfractaires, brûle sur une place d'Auch les objets de culte. Ses actes lui attirent de nombreuses inimitiés[1]. Le 17 germinal an II, alors qu'il préside la Société populaire d'Auch qui se tient au théâtre, une brique est lancée dans sa direction, sans l'atteindre. Dartigoeyte tempère l'ardeur de ses partisans, mais il n'interviendra pas dans la suite des événements : un soldat de 23 ans, Pierre Lacassaigne, est arrêté. L'incident provoque la convocation de la commission militaire de Bayonne, chargée de la justice révolutionnaire. Les 15 et 16 avril, la guillotine servie assez laborieusement par le bourreau Jean Rascat[2] fonctionne : neuf condamnés à mort sont exécutés. Le 16, la Convention décrète la suppression des tribunaux et commissions militaires dans les départements, mais la nouvelle arrivera trop tard. La commission a consommé pour plus de quatorze cents livres de repas, boissons et liqueurs diverses chez Alexandre, le fameux aubergiste d'Auch.

Dartigoeyte est présenté comme un personnage cruel, cynique, grossier, plutôt porté sur le vin. Il tente vainement de séduire une jeune fille, Victoire Guérard, alors âgée de seize ans. Comme elle lui reproche ses discours extrémistes, il va jusqu'à prononcer une diatribe contre ses propres amis et partisans dans la cathédrale, devenue Temple de la Raison. Il devra s'en excuser quelque temps après.

Dartigoeyte est rappelé à la Convention en vendémiaire an III. Après le 9 thermidor, le député du Gers Joachim Pérez l'accuse de dilapidation. Il est mis en accusation officiellement en juin 1795 et emprisonné jusqu'en octobre. Mais il est amnistié le 15 vendémiaire an IV (7 octobre 1795). Le révolutionnaire épouse l'aristocrate Jeanne-Sophie de Foix-Candalle-Doazit, héritière d'une illustre famille, et cherche à faire oublier son passé. Retiré de la politique, il finit ses jours chez lui, à Lahosse, dans les Landes.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Jean-François Bladé, dans la préface de ses Contes de Gascogne, évoque les démêlés de sa grand-mère, Marie de Lacaze, avec le représentant.
  2. Ce Rascat, né en 1759, fut le dernier bourreau de la ville de Lectoure Voir Tour du Bourreau (Lectoure). Jean-François Bladé (Contes de Gascogne), dit que le nom de rascat était devenu courant dans les campagnes pour désigner un bourreau.

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

  • « Pierre-Arnaud Dartigoeyte », dans Adolphe Robert et Gaston Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, Edgar Bourloton, 1889-1891 [détail de l’édition]
  • Bulletin de la Société archéologique du Gers
  • Gilbert Sourbadère, Daniel Hourquebie, Histoires de la Révolution en Gascogne, Loubatières, 1989
  • Gilbert Brégail, Le Gers pendant la Révolution, Auch, Cocharaux, 1934
  • G. Cabannes, Dartigoeyte, J. Lacoste, Mont-de-Marsan, 1936
  • Hubert Delpont, Nouvelle approche de Dartigoeyte, le Landais maudit par l'Histoire, Bulletin de la Société de Borda, 1-2014, p. 35-50.

Voir aussi[modifier | modifier le code]