Photo-carte de visite

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Photo-carte de visite de Napoléon III réalisée par Disdéri en 1859.

La photo-carte de visite est un format de photographie d'une personne, qui apparaît en 1854 en France et qui rencontre un succès massif jusqu'aux premières années du XXe siècle.

Histoire[modifier | modifier le code]

La copie (vers 1912) de l'original disparu de la célèbre photo de Rimbaud par Carjat, succession Paul Claudel (Bibliothèque nationale). On aperçoit en bas les mentions de Carjat et son adresse, portées sur le carton qui a été découpé.

C'est l'évolution des techniques de photographie qui permet l'apparition de la photo-carte de visite. Le processus du négatif sur plaque de verre au collodion humide avec un report sur papier albuminé inventé par Louis Désiré Blanquart-Evrard en 1850 supplante le daguerréotype, il est plus souple et plus économique. Louis Dodéro, est le premier qui produit à Marseille des portraits photographiques au format dit carte-de-visite[1], mais c'est André Adolphe Eugène Disdéri, un photographe parisien, qui dépose en 1854 un brevet permettant la réalisation de huit clichés sur la même plaque de verre.

Les petites photos, au format 5,2 cm sur 8,7 cm, sont ensuite collées sur un carton qui adopte le format d'une carte de visite, 6,2 cm sur 10,3 cm. Le nom du photographe apparaît imprimé sous la photo. Les dos, d'abord vierges, sont ensuite utilisés pour la publicité du studio. Une vingtaine de cartonniers en France fournissent les photographes en cartons imprimés[2], souvent très décorés, faisant mention de médailles reçues, de recommandations officielles.

Disdéri popularise intelligemment son procédé, utilisant la caution de personnalités qu'il a photographiées, notamment l'empereur Napoléon III. Très vite le phénomène se développe, d'abord dans les milieux bourgeois, puis dans toutes les familles voulant acquérir une certaine reconnaissance sociale. D'autres photographes adoptent le format et l'engouement est tel que la production de photos-cartes de visite atteint des volumes industriels. Dans les années 1860, des centaines d'ateliers photographiques s'ouvrent à Paris et dans les grandes villes de province, l’essor de la photo-carte de visite est une des principales raisons de ce développement fulgurant des ateliers de photographes, en France et à l'étranger.

Le nombre de photographes enregistrés par l'annuaire professionnel Bottin passe de 400 à 800 entre 1860 et 1870, en 1872, il sort des ateliers de Disderi 2 400 photos-cartes par jour[3]. Une base de données, réalisée par François Boisjoly propose plus de 22 000 photographies et présente plus de 16 000 noms et adresses d'hommes ayant vécu pour et par la photographie à cette époque[4].

Développement dans le monde[modifier | modifier le code]

Le phénomène ne se limite pas à la France, très tôt la mode se répand dans tous les pays européens, puis aux États-Unis où durant la guerre de Sécession l'échange de portraits se répand.

Collection[modifier | modifier le code]

Presque chaque famille possède, dans les années 1880, un album de photographies adapté à la collection de photos-cartes de visite. Des échanges sont réalisés entre les différentes branches de la famille, chacun pouvant fournir plusieurs exemplaires de son portrait du fait du faible coût de la photo. Parallèlement, des photographes éditent en grand nombre des photos-cartes de visite de personnalités célèbres, artistes, hommes politiques, famille régnante, etc. que les gens achètent pour en faire collection.

Un format encore plus petit, appelé mignonnette (carton 4 cm sur 8 cm), existe aussi mais ne connaîtra pas le même engouement. Un format plus grand, sur carton de 10,5 x 16,5 cm est appelé carte cabinet.

La célèbre photo de Rimbaud par Étienne Carjat, réalisée en 1871, est une photo-carte de visite.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • François Boisjoly (préf. Evelyne Rogniat), La Photo-carte en France au XIXe siècle, Lyon, Lieux-Dits, , 159 p. (ISBN 291452823X)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean Sagne, L'Atelier du photographe (1840-1940), Paris, Presses de la Renaissance, coll. « Histoire des hommes », , 337 p. (ISBN 2856162886), p. 57 et 164.
  2. François Boisjoly, Répertoire des photographes parisiens, Paris, éditions de l'Amateur, , 295 p. (ISBN 9782859174972).
  3. Manuel Charpy, La bourgeoisie en portrait. Albums familiaux de photographies des années 1860-1914 Revue d'histoire du XIXe siècle sur le site Rh19.revues.org.
  4. Le site Photo-carte.com.

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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