Paul Queney

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Paul Queney
Naissance
Lyon (Drapeau de la France France)
Décès [1]
Boulogne-Billancourt (Drapeau de la France France)
Nationalité Français
Domaines Météorologie
Institutions Faculté des sciences de Paris
Diplôme Docteur ès sciences, (Université de Paris)
Renommé pour Ondes orographiques, rotors

Paul Queney (1905-1978) est un météorologue français de réputation internationale. Ce scientifique était un précurseur dans la modélisation numérique du temps à venir et il a fait avancer de manière décisive la météorologie en tant que science. Il fut un grand précurseur à la théorie sur les ondes de montagne et en particulier il fut le premier auteur à donner une explication claire à la formation des rotors. Ses travaux furent initialement assez peu cités mêmes s'ils furent reconnus sur le tard. Ainsi, il fut le premier scientifique à expliquer les ondes orographiques et ses résultats précédèrent de 13 ans les résultats désormais célèbres de Richard Scorer.

Biographie[modifier | modifier le code]

Paul Queney est né à Lyon en 1905. Il réussit le concours d'entrée à l'École Normale Supérieure à l'issue de laquelle il réussit le concours de l'agrégation. Il fut ensuite affecté en tant que météorologue adjoint à l'Institut de Météorologie et Physique du Globe de l'Algérie. Pendant ce temps, il préparait sa thèse sur l'influence du relief sur les éléments météorologiques qu'il soutint en 1936. Il fut ensuite nommé professeur à la Faculté des sciences de Paris, où il occupa la chaire de météorologie dynamique de l'atmosphère, et fonda en 1968 le Laboratoire de Météorologie Dynamique de l'École normale supérieure[2].

Recherches sur les ondes orographiques et autres effets similaires[modifier | modifier le code]

Les ondes orographiques sont particulièrement puissantes et ont provoqué de nombreux accidents aériens où les avions s'écrasaient contre les montagnes. À l'époque de Queney, les ondes orographiques n'étaient pas comprises par les pilotes et une légende voulait que l'altimètre et le variomètre étaient déréglés[3]. Cependant il a développé une théorie qui s'est avérée valable mais qui fut alors peu connue dans le monde anglo-saxon. Cette théorie montrait clairement que les instruments de bord fonctionnaient.

Paul Queney publia ses résultats dans la thèse d'État intitulée « Recherches relatives sur l'influence du relief sur les éléments météorologiques » en 1936, soit 13 ans avant les travaux de Richard Scorer. La théorie développée est toujours d'actualité et est citée dans l'ouvrage de Jean-Marie Clément[4] qui traite de l'exploitation des ondes orographiques en planeur pour effectuer de gigantesques vols (de l'ordre de 3 000 km). Ce livre donne accès à l'original de la thèse de Queney sous forme de document PDF. Queney a participé à la 5e conférence de l'organisation scientifique et technique du vol à voile en 1955 où il a présenté son papier précurseur sur la formation des rotors basé sur la théorie de l'œil de chat[5]. Ces rotors peuvent être plus violents que de gros cumulonimbus et ont déjà brisé plusieurs planeurs. Ce papier a eu un impact très limité et la communauté scientifique s'est totalement désintéressée du sujet jusqu'à ce que les recherches reprissent au début des années 2000 en utilisant des puissances de calcul considérables. En comparaison, l'explication de Queney est très simple et ne nécessite aucun ordinateur.

Grâce à un modèle très simplifié, Paul Queney démontra que par flux de nord-ouest, une dépression dynamique se forme sur le golfe de Gênes appelée dépression du golfe de Gênes (ou dépression ligure). Ainsi, par un vent de 40 nœuds, en supposant que l'épaisseur de la chaîne des Alpes est 200 km, alors, le déficit de pression sera 5,2 hPa ce qui correspond à peu près au creux barométrique mesuré par violent mistral en Basse Provence. En outre, le vent sera de secteur est sur la Côte d'azur[6].

Enseignement et recherche[modifier | modifier le code]

Paul Queney était titulaire d'une chaire prestigieuse à l'Université de Paris et n'a plus publié d'articles de recherche proprement dite. Cependant, il a participé à la rédaction d'un ouvrage de synthèse[7] concernant la météorologie des montagnes auprès de l'organisation météorologique mondiale. Cet ouvrage est aussi (partiellement) disponible surs le site TopFly, l'URL du document étant documentée dans l'ouvrage précédemment cité[8]. Il a aussi publié à la fin de sa vie (en 1974) un livre appelé « Éléments de météorologie »[9].

Il travailla sur d'autres sujets relatifs à la structure de l'atmosphère. Il fut le premier à reconnaître que la haute stratosphère est chaude à cause de l'absorption des rayons ultraviolets. Il nomma cette région « couche chaude »[10].

Il est aussi un précurseur de la prévision numérique du temps. Carl-Gustaf Rossby assembla une équipe de météorologistes (terme employé à l'époque) et de mathématiciens pour numériser les prévisions météorologiques. Ces recherches furent effectuées sous l'égide du Weather Bureau et de l'armée américaine. Rossby embaucha son ami Paul Queney qui était à l'époque directeur de l'Institut du globe de l'Université d'Alger. Cependant, Paul Queney quitta le projet en septembre 1947 en partie à cause de ses relations distantes avec John von Neumann et de sa maîtrise limitée de la langue anglaise. De plus, il fut reproché à Queney de développer des modèles peu réalistes[11].

Activités au sein d'organisations internationales[modifier | modifier le code]

Paul Queney fut élu vice président de l'Association Internationale de Météorologie et des Sciences de l'Atmosphère qui est une des branches de l'Union géodésique et géophysique internationale au cours de la IXe assemblée générale de cette dernière. Cette élection eut lieu en août 1951[12]. Nominalement, l'Académie des sciences est le représentant de la France au sein de cette organisation. Queney fut ensuite élu Président de la section 5 (météorologie) du Comité national français de géodésie de géophysique (qui dépend de l'UGGI) pendant la période 1964-1967. Le siège de ce comité est sis à l'Académie des sciences[13].

Ainsi, Paul Queney était un acteur influent de l'UGGI. Il fut noté au cours de la XIIe assemblée générale de l'Association Internationale de Météorologie et de Physique de l'Atmosphère, qu'il effectua une « communication sur le mécanisme de l'entretien de la circulation de la troposphère qui semble avoir suscité de l'intérêt »[14]. Pour des raisons inconnues, Paul Queney n'a pas eu de relation particulière avec la Société météorologique de France.

Il participa aussi au comité consultatif de recherche sur la zone aride de l'UNESCO en tant que représentant de la France et qu'expert[15],[16].

Rédaction d'ouvrages grand public[modifier | modifier le code]

Paul Queney a participé à la rédaction de l'Encyclopédie de la Pléiade concernant le volume relatif à la géographie physique[17].

Notoriété et prix[modifier | modifier le code]

Il est maintenant reconnu que Paul Queney est le précurseur de la théorie des ondes orographiques. Des ouvrages faisant autorité, comme l'ouvrage de Cotton Storm and Cloud Dynamics[18], reconnaissent clairement la paternité de la théorie à Paul Queney et non à Richard Scorer.

Paul Queney reçut plusieurs prix de la part de l'Académie des sciences. En particulier, il reçut le prix Gay en 1965[19] et le grand prix Jaffé en 1975, « Pour l’ensemble de ses travaux météorologiques, en particulier sur les ondes de relief. »[20].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Notice d'autorité personne »
  2. « Création du Laboratoire de Météorologie Dynamique » (consulté le 11 novembre 2015)
  3. (en) Robert Whelan, Exploring the Monster Mountain Lee Waves: the Aerial Elevator, Wind Canyon Books, , 170 p. (ISBN 978-1-891118-32-6), p. 64
  4. TopFly, p. 96
  5. (en)Paul Queney, « Rotor Phenomena in the Lee of Mountains », Tellus, vol. VII, no 3,‎ (lire en ligne)
  6. Paul Queney, « Recherches relatives à l'influence du relief sur les éléments météorologiques (suite) », La météorologie,‎ , p. 458
  7. (en) Corby et al., The airflow over mountains Technical note 34, vol. 98, Organisation météorologique mondiale,
  8. TopFly, p. 97
  9. Éléments
  10. Grand Larousse encyclopédique, Larousse, (lire en ligne), p. 1272
  11. (en) Kriste C. Harper, Weather by numbers, MIT Press, 308 p. (ISBN 978-0-262-08378-2), p. 102-113
  12. Louis Dufour, La IX-ième Assemblée Générale de l'Union Géodésique et Géophysique Internationale, 28 p. (lire en ligne), p. 18
  13. Gérard Grau et Jean-Pierre Legrand, « Histoire du CNFGG » (consulté le 12 novembre 2015)
  14. R. Arléry, « Douzième assemblée générale de l'Association Internationale de Météorologie et de Physique de l'Atmosphère. Helsinki 1960 », Annales de géographie, vol. 70, no 377,‎ , p. 99 (lire en ligne)
  15. « Compte-rendu de la cinquième session du comité consultatif de recherche sur la zone aride », (consulté le 12 novembre 2015)
  16. « Compte-rendu de la dixième session du comité consultatif de recherche sur la zone aride », (consulté le 12 novembre 2015)
  17. collectif, Géophysique. (La planète Terre, le globe solide, le magnétisme terrestre, les enveloppes gazeuses, l'hydrosphère, la géophysique appliquée), Gallimard, , 1305 p., chap. 8
  18. (en) William Cotton et Richard Anthes, Storm and Cloud Dynamics, vol. 44, Academic Press, coll. « International geophysics series », , 880 p. (ISBN 0-12-192530-7), p. 792-795
  19. « Comptes rendus hebdomadaires de l'Académie des sciences »,
  20. « Prix Jaffé » (consulté le 12 novembre 2015)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • [Élements] Paul Queney, Éléments de météorologie, Masson, (ISBN 2-225-39182-3)