Oberammergau

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Oberammergau
Image illustrative de l'article Oberammergau
Blason de Oberammergau
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Land Drapeau de Bavière Bavière
District
(Regierungsbezirk)
Haute-Bavière
Arrondissement
(Landkreis)
Garmisch-Partenkirchen
Nombre de quartiers
(Ortsteile)
2
Bourgmestre
(Bürgermeister)
Arno Nunn
Code postal 82487
Code communal
(Gemeindeschlüssel)
09 1 80 125
Indicatif téléphonique 08822
Immatriculation GAP
Démographie
Population 5 228 hab. (31 décembre 2010)
Densité 174 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 35′ 48″ nord, 11° 03′ 52″ est
Altitude 874 m
Superficie 3 006 ha = 30,06 km2
Localisation

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Oberammergau
Liens
Site web www.oberammergau.de

Oberammergau est une commune de l'arrondissement de Garmisch-Partenkirchen, en Haute-Bavière. Elle se situe dans l'Ammertal, au bord de la rivière Ammer. La montagne Kofel surplombe le village. Oberammergau est célèbre aujourd'hui pour son Jeu de la Passion, représenté tous les dix ans depuis 1634 (la dernière fois en 2010).

Une caractéristique du village d'Oberammergau est le « Lüftlmalerei », c'est-à-dire des façades peintes. Au XVIIIe siècle, des citoyens et agriculteurs aisés ont fait décorer leurs façades avec des motifs religieux. Des exemples de cette peinture baroque sont entre autres les façades de la « Kölblhaus » et de la « Pilatus-Haus ».

Cette commune abrite également une école de l'OTAN.

Le Jeu de la Passion[1][modifier | modifier le code]

En 1633, en pleine guerre de Trente Ans, la peste ravage, des mois durant, la ville d'Oberammergau, faisant 84 morts parmi les habitants. Les édiles font alors le serment d'effectuer tous les dix ans un « Jeu de la souffrance, la mort et la résurrection de Notre Seigneur Jésus-Christ », si le « Tout-Puissant » détourne le mal de la cité. L'appel entendu, à la Pentecôte 1634, ils remplissent leur engagement pour la première fois, jouant la Passion du Christ sur une scène qu'ils installent dans le cimetière au-dessus des tombes des victimes de la peste, car l'église du village est trop exigüe pour accueillir l'ensemble des personnes présentes.

Au XVIIIe siècle, le cimetière devenant trop petit, la scène est alors transférée dans un champ situé à proximité. Vers 1830, une construction permanente est édifiée sur le site du théâtre actuel qui, lui-même, le remplace en 1890. Ce bâtiment est agrandi et modernisé une première fois au début dans les années 1930, puis une seconde fois dans les années 1990. De nos jours, le théâtre de la Passion peut accueillir plus de 4 700 spectateurs.

Depuis les années 1960, le texte et la musique ont été fondamentalement revus, de même que la scénographie et les costumes car ils étaient profondément imprégnés de l’antijudaïsme originel chrétien. De plus, durant le troisième Reich, leurs organisateurs s'étaient rendus coupables de compromissions avec le parti nazi. Objet de très sévères critiques de la part des principales organisations juives américaines, puis d’organisations judéo-chrétiennes et d’autorités catholiques du monde entier, l’épuration de son antisémitisme a dû attendre Vatican II et la repentance de l’église catholique en 2000[2].

Plus de 2000 habitants de la ville, acteurs, chanteurs, instrumentistes et techniciens de scène participent au « Jeu de la Passion » six heures durant.

Polémique du philosophe français Maurice Blondel sur le Jeu de la Passion avec le curé de l'époque[modifier | modifier le code]

Le philosophe français Maurice Blondel, voit[3] dans cette représentation théâtrale une illustration concrète de ce qu'il appelle la Tradition, concept que dans le contexte de la Crise moderniste, il opposa tant aux théologiens classiques, assez ignorants des questions exégétiques et hostiles au travail de certains exégètes, qu'à Alfred Loisy, considéré comme l'exégète le plus hétérodoxe, au contraire partisan d'une lecture critique des textes.

Cette crise divisa profondément les intellectuels catholiques. Blondel, ouvert aux interpellations de Loisy, très critique face à la théologie catholique classique, chercha une voie d'accord entre les deux parties, ce qui le mit lui-même au bord de la condamnation par Rome.

L'historien du modernisme Émile Poulat cite ce passage de Blondel dans l'avant-propos de son opuscule : « L'histoire vivante ne se mesure point uniquement aux textes, là surtout où la vérité spirituelle dépasse tous les moyens positifs d'information chez les témoins eux-mêmes, eussent-ils été des professionnels de l'érudition et de la critique.[4]

Blondel dans le même opuscule sur le Jeu de la Passion reprend les critiques qu'il fait tant au modernisme d'Alfred Loisy (l'allusion à la « critique savante ») qu'à la théologie officielle de l'Église (l'allusion à la « théologie abstraite ») à l'époque . Et dans cette perspective, il s'en prend aussi aux reproches tant théologiques que fondés sur les règles théâtrales faits aux acteurs de la Passion par le curé de l'époque d'Oberammergau, Mgr Schrœder : « Les braves gens ! Qu'ils continuent à nous préserver de la « critique moderne et savante », et qu'ils le fassent, non avec défiance et résignation, mais avec foi et allégresse. Et qu'ils nous préservent aussi de la théologie abstraite, plus préjudiciable encore aux intérêts suprêmes de la vie chrétienne, que « la science des règles » ne peut l'être à la fécondité de l'art[5]

Le jeu de la Passion en 2010[modifier | modifier le code]

2010 voit la 41e édition de cette manifestation qui attire des spectateurs du monde entier (480 000 en 2000)[6].

Environ la moitié des habitants d'Oberammergau prennent part aux festivités. Cela signifie que plus de deux mille villageois y participent à divers titres. Le jeu commence avec Jésus entrant à Jérusalem, se poursuit avec son chemin au calvaire, puis sa mort sur la croix et se termine avec la Résurrection.

Une nouvelle production voit le jour en 2010. Elle est dirigée par Christian Stückl, directeur du Volkstheater de Munich. Il est appuyé par l'équipe artistique qui, avec lui, avait réalisé la mise en scène en l'an 2000 : Otto Huber, directeur adjoint et conseiller dramatique, Stefan Hageneier, scénographe, Marxus Zwink, directeur musical et Michael Bocklet, chef d'orchestre. La pièce commence à 14h30 et se termine à 22h30. Les 120 représentations ont eu lieu entre le 15 mai et le 3 octobre 2010.

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le drame d’Oberammergau par Léonie de Bazelaire- P. Lethielleux, 1893
  2. Jeanne Favret-Saada et Josée Contreras, Le christianisme et ses juifs : 1800-2000, Paris, Editions le Seuil, , 500 p.
  3. Il le montre dans un opuscule : La Psychologie dramatique de la Passion à Oberammergau , Paris, Bloud, 1910
  4. La Psychologie dramatique de la Passion...,op. cit., p.6, cité par Émile Poulat Histoire, dogme et critique dans la crise moderniste, Albin-Michel, Paris, 1997, p. 619.
  5. M.Blondel, op. cit., p. 60-61.
  6. passionsspiele-oberammergau.de