Nathuram Godse

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Nathuram Godse
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Nathuram Godse

Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 39 ans)
AmbalaVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom dans la langue maternelle
नथूराम विनायक गोडसेVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Fratrie
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Condamné pour

Nathuram Vinayak Godse (19 mai 1910 à Baramati, district de Pune15 novembre 1949, Ambala), est un nationaliste hindou, auteur de l'assassinat du Mahatma Gandhi.

Biographie[modifier | modifier le code]

Godse appartient à une famille de brahmanes pauvres farouchement traditionalistes. Sa famille est imprégnée de l'idéologie nationaliste hindoue et tant Nathuram Godse que ses frères furent élevés au sein de la matrice idéologique hindoue que constitue le Rashtriya Swayamsevak Sangh (RSS). C'est au milieu des années 1940 qu'il commença à travailler activement pour une autre organisation hindoue, la Hindu Mahasabha, sans pour autant rompre les liens avec le RSS[1]. [réf. nécessaire]. Sous l'influence de Vinayak Damodar Savarkar, un politicien, philosophe et nationaliste hindou (créateur du terme hindutva), il devient rédacteur en chef de l'hebdomadaire prohindou Mahasabha.

Godse tenait Gandhi pour responsable de la partition de l'Inde et par là de son affaiblissement[2], et souhaitait la création d'un état hindou et non laïc et multiconfessionnel. En 1941, sa rencontre avec Narayan Apte[3], qui deviendra le cerveau de l'attentat, le fait basculer dans la clandestinité. Les deux hommes font de l'assassinat de Gandhi une priorité.

Contexte de l'assassinat[modifier | modifier le code]

À la suite de la partition de l'Inde et du Pakistan, en 1947, hindous et musulmans s'affrontent violemment. Gandhi tente de réconcilier les communautés. Le 1er septembre 1947, à Calcutta, de nouvelles émeutes éclatent. Gandhi loge alors dans le quartier musulman, ce qui exaspère les extrémistes hindous. Ils menacent Gandhi et lui demandent de quitter le quartier. Gandhi répond qu'il jeûnera jusqu'à ce que les violences cessent.

De nouveau, le 13 janvier 1948, à Delhi, cette fois, Gandhi entame un jeûne illimité « pour protéger la vie, les biens et la religion des musulmans ». Gandhi craint qu'une guerre civile éclate dans la nouvelle Inde indépendante entre musulmans et hindous. Il revendique également le paiement par l'Inde d'une dette à l'égard du Pakistan issue de l'accord sur la partition du pays. De nouveau, il obtient gain de cause auprès des leaders des communautés religieuses. Le 18 janvier, en présence de l'ambassadeur du Pakistan, le jeûne est rompu. Il a obtenu également le paiement des 550 millions de roupies dues au Pakistan.

Pour beaucoup d'hindous, c'en est trop : Gandhi est un traître. Ils n'acceptent pas, en particulier, qu'il ait accepté la partition, alors qu'il avait dit qu'il la refuserait jusqu'à la mort[4]. Ils ne supportent pas plus l'attitude d’apaisement de Gandhi vis à vis des musulmans, en particulier dans le contexte des conflits et violences inter-religieux qui déchirent l'Inde.

Trois coups de feu[modifier | modifier le code]

Plusieurs projets d'assassinats sont préparés par les fanatiques hindous. Une première tentative[3] est menée le 20 janvier 1948 par Gopal Godse, frère de Nathuram, mais il échoue, la bombe explosant à 50 m du Mahatma.

Le , Gandhi sort de Birla House, à New Delhi, où il est hébergé par un riche indien[5] , G. D. Birla, mécène régulier de Gandhi. Il tenait quotidiennement une séance de prière dans les jardins[6]. Entouré d'une foule de 500 personnes se pressant à son passage, le Mahatma, en jeûne, marchait péniblement en s'appuyant sur ses petites filles[5]. Au moment de la salutation rituelle à la foule présente, Godse s'avance, se prosterne devant lui, puis dégaine un pistolet et tire trois coups de feu à bout portant. D'après de nombreuses sources, Gandhi s'effondre en prononçant : "Hé Rām" (Oh Dieu) - ce qui est toutefois contesté par ses assassins, selon qui c'est une réécriture de l'histoire pour aider à donner à Gandhi un statut de Saint.[4] Il meurt peu après dans ses appartements privés.

C'est Nehru, premier ministre du pays, qui annoncera la nouvelle de la mort du Mahatma à la radio.

Procès et postérité[modifier | modifier le code]

Herbert Reiner Jr., jeune diplomate américain en poste a New Delhi et assistant à la scène, saisit Nathuram Godse par les épaules et le remet aux policiers indiens qui accourent sur place[7]. L'assassin expliquera ensuite ne pas avoir cherché à fuir en raison « de mon ardent désir d’exprimer devant un tribunal les motifs de mon acte. »[8]

Pendant le procès, il revendiqua pleinement son geste. Godse et son complice Narayan Apte sont jugés et condamnés à mort, puis exécutés par pendaison le 15 novembre 1949. Son frère est condamné à 18 ans de prison. Il continue, jusqu'à sa mort en 2005, à revendiquer la légitimité de ce crime et à en assumer le geste et les raisons, notamment à travers de nombreux ouvrages. Le témoignage de Nathuram Godse à son procès fait également l'objet d'une édition sous forme de livre[8].

Le mouvement politique hindou Shiv Sena continue également à soutenir cet assassinat.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « The BJP and Nathuram Godse », sur Frontline (consulté le 2 décembre 2015)
  2. (en) R. Gandhi, Patel: A Life, p. 472
  3. a et b « L'assassinat de Gandhi », Scribium, {{Article}} : paramètre « année » ou « date » manquant (lire en ligne)
  4. a et b « Rediff On The NeT: The Rediff Interview/ Gopal Godse in an exclusive interview on life after Gandhi's assassination », (consulté le 28 juillet 2017)
  5. a et b Le Devoir, « 30 janvier 1948 - Gandhi a été assassiné ce matin », Le Devoir,‎ (ISSN 0319-0722, lire en ligne)
  6. « Delhi, 30 janvier 1948 : l'assassinat de Gandhi », sur www.lhistoire.fr (consulté le 21 juillet 2017)
  7. (en) « Herbert Reiner Jr.; Captured Gandhi's Killer », Los Angeles Times,‎ (ISSN 0458-3035, lire en ligne)
  8. a et b Koenraad Elst, "Pourquoi j'ai tué Gandhi", Les Belles lettres, , 256 p. (ISBN 9782251720128)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Khosla, G.D., Murder of the Mahatma and Other Cases from a Judge's Notebook, Jaico Publishing House, 1968. (ISBN 0-88253-051-8)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]