Nassima Hablal

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Nassima Hablal
Nom de naissance Nassima Hablal
Naissance
Casbah d'Alger (Drapeau de l'Algérie Algérie)
Décès (à 85 ans)
Alger (Drapeau de l'Algérie Algérie)
Origine Drapeau : Algérie Algérie
Allégeance FLN
Comité de coordination et d'exécution
Années de service 1945-1962
Commandement Gouvernement provisoire de la République algérienne
Conflits Drapeau : AlgérieRévolution Algérienne Drapeau : France
Faits d'armes Dactylographie des premiers numéros d'El Moudjahid
Dactylographie de la Plateforme de la Soummam
Famille Mohamed Ben Mokkadem
Youcef Ben Mokkadem

Nassima Hablal, née le 15 septembre 1928 à la Casbah d'Alger et morte le 14 mai 2013 dans la même ville, est une militante nationaliste et moudjahida durant la guerre de Révolution algérienne[1]. Elle est l'une des 10 949 femmes moudjahidates à avoir participé à la Révolution Algérienne, selon les statistiques du ministère des Moudjahidine[2]. Elle est restée dans l'ombre malgré un long parcours au sein du Mouvement national algérien, au sein du Parti du peuple algérien (PPA), du Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques (MTLD), puis au Front de libération nationale (FLN)[3]. Elle est une figure de l'affrontement du système colonial[4].

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance[modifier | modifier le code]

Nassima Hablal est originaire de Mekla dans la wilaya de Tizi Ouzou, commune natale d'Idir Aïssat. Pour des raisons sociales, sa mère ayant perdu la rente sur une maison que l'administration coloniale lui avait confisquée dans une quartier algérois en démolition[5], Nassima a commencé à travailler très tôt[6]. En parallèle, elle a fréquenté de nombreux groupes d'étudiants et d'étudiantes de sa génération[7].

Mouvement national[modifier | modifier le code]

Le no 1 d'El Moudjahid

Son premier contact avec le militantisme se fit à la casbah d'Alger, dans une section du Parti du peuple algérien gérée par Fatima Zekkal, Mamia Chentouf, Salima Belhaffaf, Malika Mefti et tout un groupe de filles[8]. Elles récoltaient de l'argent auprès des familles algéroises fortunées en vendant des journaux[9]. Elle a commencé à milité à l'âge de 17 ans, en 1945, au sein de l'Association des femmes musulmanes algériennes (AFMA) sous l'égide du MTLD dans le cadre du Mouvement national algérien, présidée par Mamia Chentouf[10]. C'est le début de son engagement pour l'indépendance de l’Algérie.

Nassima Hablal commence à travailler comme secrétaire au Gouvernement général d'Alger, d'où elle collaborait avec les nationalistes algériens[11]., qu'elle a rencontré par l'entremise de sa voisine à Belouizdad, la militante Mimi Belhouel.

Organisation spéciale[modifier | modifier le code]

Lors de la création de l'Organisation spéciale par Messali Hadj en 1947, elle commence à travailler avec eux, dans un réseau clandestin exclusivement masculin. Elle hébergeait les militants chez elle lors de Congrès ou de réunions à Alger. Au lendemain de la création par Messali El Hadj de l'Organisation spéciale en 1947 sous la direction du coordinateur Mohamed Belouizdad, Nassima Hablal alors commencé à activer dans un réseau clandestin composé seulement d'hommes[3].

Crise du PPA-MTLD[modifier | modifier le code]

Elle assiste à la crise du PPA-MTLD, qui prend forme lors de la session extraordinaire du comité central, le 27 et 28 mars 1954[12]. Le conflit, opposant les partisans de Messali Hadj et ceux de son opposant, Benyoucef Benkhedda va créer des tensions dans la base des militants[13].

Révolution algérienne[modifier | modifier le code]

Au déclenchement de la révolution algérienne, elle cherche à rejoindre le Front de libération nationale (FLN)., une nouvelle dynamique révolutionnaire s'étant enclenchée à Alger après la libération de Ramdane Abane au début du mois de janvier 1955[14]. Il viendra s'installer au domicile des parents de Nassima Hablal jusqu'à l'arrestation de cette dernière en octobre 1955. Krim Belkacem lui a alors confié l'organisation de la révolution à Alger, et Abane est venu s'installer pour un an ou plus dans le domicile des parents de Nassima Hablal jusqu'à l'arrestation de cette dernière en [15]. Il y tenait ses réunions, y tapait les tracts du parti dont l'« Appel au intellectuels » que Nassima a aidé à taper[16].

Début octobre 1955 par les autorités françaises, en même temps que Rachid Amara et Mohamed Lounis. Elle sera interrogée pendant trois jours au commissariat central par les troupes coloniales. Elle a été envoyée en détention préventive mais son avocat intervint pour la faire libérer[17]. Izza Bouzekri, deuxième secrétaire du CEE, qui n'avait pas été arrêté, retourna chez Hablal déchirer tous les documents compromettants par mesure de précaution[18]. Après cela, Bouzekri quitta le Comité de coordination et d'exécution, étant filée matin et soirs par les troupes coloniales[19].

Elle est désignée comme secrétaire de l'Union générale des travailleurs algériens (UGTA) en février 1956[2], qui était une couverture pour ses activités militantes[20]. Elle fournissait de fausses cartes d'identités, acheminait les militants au maquis, tapait les tracts du CEE et du journal du FLN, El Moudjahid[21].

Nassima Hablal faisait partie du comité qui prépara la grève des huit jours, du 28 janvier au 4 février 1957. Le FLN voulait se faire remarquer à la veille du débat sur la question algérienne à l'Organisation des Nations unies (ONU). Lors de la grève, 8.000 militaires français investissent Alger, déclenchant la Bataille d'Alger. Ele finit par être arrêtée le 21 février par les parachutistes français. Dans ses témoignages ultérieurs, elle a raconté les tortures subies par les troupes coloniales pendant plusieurs semaines jusqu'en avril 1957[22]. Elle n'a pas dévoilé le nom de Ramdane mais finit par parler de Rachid Amara, qu'elle savait mort au maquis quelques mois auparavant[23]. Elle restée plusieurs mois en prison, malgré une absence de procès[24].

Lors de son jugement, elle est condamnée à cinq ans de prison, qu'elle passera à la Prison de Serkadji et à la prison d'prison d'El Harrach (ar) avant d'être envoyée en France, à la prison de la Roquette puis à la Maison centrale de Rennes[2]. Alors qu'elle est transférée à la maison d'arrêt de Pau, l'ethnologue et résistante française Germaine Tillion obtient sa libération conditionnelle ainsi que celle de plusieurs autres détenues[25].

A sa sortie de prison, elle prend contact avec la Fédération de France du FLN qui l'envoie en Tunisie, à la frontière algérienne où elle découvre les troubles entre les leaders de la révolution[26]. Elle rentre en Algérie au lendemain des accords d'Évian.

Après l'indépendance[modifier | modifier le code]

Après l'Indépendance de l’Algérie, elle choisit de retourner vivre dans l'ombre[27]. Elle s'est mariée en 1962 avec Mohamed ben Makkadem, ancien militant du PPA avec qui elle a eu un fils, Youcef Ben Mokkadem. Elle décède à Birkhadem, dans la Wilaya d'Alger le 15 mai 2013 à l'âge de 85 ans[25].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « L’hommage de Said Sadi à Izza Bouzekri, la veuve de Abane, décédée mercredi — TSA », TSA,‎ (lire en ligne)
  2. a, b et c « Décès de Nassima Hablal, ancienne secrétaire de Abane Ramdane », Djazairess,‎ (lire en ligne)
  3. a et b « « J'étais la secrétaire de Abane Ramdane » », Djazairess,‎ (lire en ligne)
  4. « Nassima Hablal, l'héroïne de l'ombre... », Djazairess,‎ (lire en ligne)
  5. Djamila Amrane, Des femmes dans la guerre d'Algérie: entretiens, KARTHALA Editions, (ISBN 9782865375103, lire en ligne)
  6. Bilel Messoudi, « Décès de Nassima Hablal, ancienne secrètaire d'AbbaneRamdane », ALG24,‎ (lire en ligne)
  7. « Décès de Nassima Hablal, ancienne secrétaire de Abbane Ramdane », Aps-Est-Infos,‎ (lire en ligne)
  8. « Mamia Chentouf, le combat d'une femme... », Djazairess,‎ (lire en ligne)
  9. Nour, « Très beau témoignage d’une reine pendant la guerre d’Algérie Izza Bouzekri Madame veuve Abbane Ramdane aujourd'hui Mme DEHILES - Réseau des Démocrates », Réseau des Démocrates,‎ (lire en ligne)
  10. « « Je me sens toujours engagée » », Djazairess,‎ (lire en ligne)
  11. https://www.memoria.dz/juin-2017/memoire/hommage-une-grande-dame
  12. Algeria-Watch, « L’histoire coloniale du dévoilement des Algériennes : paternalisme et révisionnisme », sur www.algeria-watch.de (consulté le 2 mai 2018)
  13. « Recherche d'informations sur l'Algérie », sur Toutes les nouvelles de l'algérie (consulté le 2 mai 2018)
  14. « Décès de Nassima Hablal, ancienne secrétaire de Abbane Ramdane », LE QUOTIDIEN D'ALGERIE,‎ (lire en ligne)
  15. « Le 1er novembre 2011 de Nassima Hablal », Djazairess,‎ (lire en ligne)
  16. http://www.abaneramdane.com/index.php/temoignages/77-nassima-hablal-j-etais-la-secretaire-de-abane-ramdane
  17. « Début des 13es rencontres cinématographiques de Béjaïa : Nocturnes émotions à Bordj moussa », Djazairess,‎ (lire en ligne)
  18. Algeria-Watch, « La veuve de Abane sort de sa réserve », sur www.algeria-watch.de (consulté le 2 mai 2018)
  19. « Dans les yeux de l'une des 10949 moudjahidates », L'Humanité,‎ (lire en ligne)
  20. (ar) « Abane, Aïssat, Bourouiba, Habla et les autres », fibladi,‎ (lire en ligne)
  21. « L’ancienne secrétaire d’Abane Ramdane s’en est allée », La Dépêche de Kabylie,‎ (lire en ligne)
  22. « D-Fiction » De Nassima Hablal à Nassima Guessoum », sur d-fiction.fr (consulté le 2 mai 2018)
  23. « Nassima Hablal: cette héroïne de l'indépendance algérienne a été oubliée, le film "10949 femmes" lui rend hommage », Le Huffington Post,‎ (lire en ligne)
  24. « "10949 femmes" : de Nassima Hablal à Nassima Guessoum, une histoire de l'Algérie », TV5MONDE,‎ (lire en ligne)
  25. a et b « Décès de Nassima Hablal, elle était la secrétaire d'Abane Ramdane », Le Matin d'Algérie,‎ (lire en ligne)
  26. (en-US) « L'Expression - Le Quotidien - De l'Algérie belle et démystifiée », sur www.lexpressiondz.com (consulté le 2 mai 2018)
  27. « Décès de Nassima Hablal, la secrétaire d'Abane Ramdane », vitaminedz.org,‎ (lire en ligne)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Adnan Sebti, « La grande énigme : Le meurtre du « Ben Barka » algérien », Zamane, nos 22-23,‎ , p. 34-37

Liens externes[modifier | modifier le code]

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