Villa Sésini

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Villa Sésini
Villa susini ext.jpg
La villa Sésini vue de l'extérieur
Présentation
Type
Destination initiale
Villa privée
Destination actuelle
Style
Commanditaire
Alexandre Sésini
Propriétaire
Ville d'Alger
Localisation
Pays
Commune
Coordonnées

La villa Sésini – souvent appelée à tort « villa Susini » – est une bâtisse néo-mauresque construite à la fin du XIXe siècle sur les hauteurs d'Alger.

Historique[modifier | modifier le code]

La villa a été construite par Me Alexandre Sésini, notaire à la rue Bab Azzoun à Alger. En 1926, la ville d'Alger l'a classée comme monument naturel[1]. En 1927, le consulat d'Allemagne s'y installe[2]. Elle abrita après l'indépendance durant un temps le siège du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés.

Par arrêté du ministre algérien de la Culture en date du 28 avril 2016, la villa est classée sur la liste des biens culturels protégés.

Centre de torture[modifier | modifier le code]

Pendant la guerre d'Algérie, c'était un centre de détention et de torture de membres présumés du Front de libération national. C'était le QG des légionnaires du 1er REP[3] lors de la bataille d'Alger.

L'historienne R. Branche[modifier | modifier le code]

Analysant une lettre du procureur Jean Reliquet, envoyé au ministre de la Justice François Mitterrand, l'historienne R. Branche écrit :

« Certains signes montrent que Paris a peut-être davantage l’oreille ouverte aux violations des droits de l’homme que par le passé. Dans cette lettre, par conséquent, Jean Reliquet revient avec insistance à la question des tortures [...] Autrement dit, il ne connaît que la partie émergée de l’iceberg car il ne dispose que des informations qui lui parviennent en sa qualité de procureur général [...]. Pourtant, à cette époque, la torture est massivement pratiquée à Alger et pas uniquement en vue d’obtenir des renseignements, comme on l’a souvent dit, mais bien pour terroriser la population [...] elle touche désormais tout le monde, « sans distinction de race, ni de sexe ». Autrement dit, des Européens aussi sont torturés par l’armée française. Et l’ampleur prise par la pratique de la torture « pour tous » dans ces mois-là est bel et bien une nouveauté. Des communistes, des progressistes, des membres des centres sociaux ont été arrêtés, détenus au secret, torturés à Alger dans les premiers mois de l’année 1957, par le 1er RCP[4] mais aussi par d’autres. Un régiment en particulier semble d’ailleurs s’être « spécialisé » dans les Européens : le 1er REP, des légionnaires basés à la villa Sesini [...]. Aucune distinction de sexe n’est opérée : les femmes aussi sont détenues puis torturées, ce qui constitue là encore une nouveauté[5]. »

Témoignages[modifier | modifier le code]

Aussaresses et Jean-Marie Le Pen[modifier | modifier le code]

Paul Aussaresses, officier parachutiste, qui a témoigné avoir torturé dans son livre Services spéciaux, Algérie 1955-1957 : Mon témoignage sur la torture[6] affirme avoir croisé l'officier de renseignement Jean-Marie Le Pen à la villa Sésini[7].

L'ancien appelé Henri Pouillot[modifier | modifier le code]

Villa Sésini à Alger.

L'appelé Henri Pouillot a été affecté dans cette villa pour effectuer la fin de son service militaire, pendant la guerre d'Algérie, de juin 1961 à mars 1962. Il décrit son expérience dans un livre intitulé La Villa Sésini[8], et dans un autre intitulé Mon combat contre la torture[9].

Le témoignage de Louisette Ighilahriz[modifier | modifier le code]

Louisette Ighilahriz est une combattante indépendantiste algérienne arrêtée pour avoir posé des bombes sur des civils, puis torturée par les forces françaises. Elle témoigna avec Henri Pouillot contre la torture[10],[11].

Le témoignage de Nassima Hablal[modifier | modifier le code]

Nassima Hablal est une combattante indépendantiste algérienne arrêtée pour avoir été secrétaire du Comité de coordination et d'exécution, puis torturée par les forces françaises. Elle témoigna avec Nassima Guessoum contre la torture[12][réf. insuffisante].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Bulletin municipal officiel de la ville d'Alger n°639 page 422 - séance du 26 novembre 1926 - http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32731184v
  2. L'Écho d'Alger, n°6366, du 15 mars 1927
  3. Robin-Escadrons, chap. XIII, p.  180
  4. 1er régiment de chasseurs parachutistes
  5. Raphaëlle Branche et Sylvie Thénault, « Justice et torture à Alger en 1957 : apports et limites d’un document » in Enseigner la guerre d'Algérie et le Maghreb contemporain, actes de la DESCO Université d'été octobre 2001, p. 44-57
  6. Édité chez Perrin en 2001
  7. « Paul Aussaresses : “J'ai croisé Le Pen à la villa Sésini” », Le Monde, 4 juin 2002.
  8. Henri Pouillot, La Villa Sésini, Tirésias, Paris, 2001 (ISBN 290852788X)
  9. Henri Pouillot, (préf. Georges Doussin, postface Mouloud Aounit), Mon combat contre la torture, éd. Bouchène, coll. Escales, (ISBN 2-912946-90-5) [présentation en ligne]
  10. Voir France 2, Envoyé spécial, 7 février 2002.
  11. nouvelobs.com, « Justice, Guerre d'Algérie : un viol en appel » Consulté le 1er juillet 2008
  12. https://www.djazairess.com/fr/elwatan/479204

Sources bibliographiques[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]