Guerre d'Algérie

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Révolution algérienne)
Aller à : navigation, rechercher
 Ne doit pas être confondu avec Guerre civile algérienne.
Guerre d'Algérie
ثورة التحرير الجزائرية
Tagrawla Tadzayrit
Description de l'image Algerian_war_collage_wikipedia.jpg.
Informations générales
Date - [1]
7 ans, 8 mois et 4 jours
Lieu Algérie
France
Tunisie
Casus belli Guerre de décolonisation commencée le 1er novembre 1954
Issue

Victoire politique du FLN
Militairement indécise[2],[3],[4],[5]

Changements territoriaux Fin de l'Algérie française : perte par la France des départements d'Algérie et du Sahara
Belligérants
Drapeau d'Algérie FLN
Drapeau d'Algérie MNA
Drapeau du Parti communiste algérien PCA (1954-1956)
Drapeau de la France France
Drapeau de la France MPC (1961-1962)
Drapeau de la France Harkas (1952-62)
Flag of NATO.svg OTAN (soutien logistique, diplomatique et armement)
Drapeau de la France FAF (1960-1961)
Logo OAS OAS (1961-1962)
Commandants
Krim Belkacem
Mostefa Ben Boulaïd
Ferhat Abbas
Mohamed Khider
Larbi Ben M'Hidi
Hocine Aït Ahmed
Rabah Bitat
Mohamed Boudiaf
Lakhdar Bentobal
Saïd Mohammedi
Pierre Mendès France
Guy Mollet
René Coty
Jacques Massu
Maurice Challe
Charles de Gaulle
Jacques Dauer
Saïd Boualam
Pierre Lagaillarde
Raoul Salan
Edmond Jouhaud
Antoine Argoud
Jean-Jacques Susini
Roger Degueldre
Jacques Soustelle
Georges Bidault
Jean-Marie Bastien-Thiry
Forces en présence
30 000 (1954)
100 000 (1958)
200 000 (1960)
150 000 (1962)
50 000 (1954)
100 000 (1955)
300 000 (1956)
500 000 (1958)
750 000 (1960)
950 000 (1962)
3 000 (OAS)
Pertes
141 000-152 863 soldats du FLN tués[6],[7]
  • Incluant 12.000 purges internes[8]
  • Nombre inconnu de blessés[9]
23 635 soldats morts[10]
65 000 blessés
30 000 à 150 000 morts harkis[11],[12]
4 000 à 6 000 civils européens
100 morts (OAS)
2 000 prisonniers (OAS)

Notes

300 000 à 400 000 morts algériens

1 000 000 d'Européens forcés à fuir[13]

Batailles

Guerre d'Algérie

Du 1er novembre 1954 au 19 mars 1962
Toussaint Rouge — Opération Eckhmül — Opération Aloès — Opération Véronique — Opération Violette — Opération Timgad — Bataille d'El Djorf — Opération Massu — Embuscade de Palestro — Bataille d'Alger — Bataille de Bouzegza — Coup du 13 mai — Opération Résurrection — Opération Couronne — Opération Brumaire — Semaine des barricades — Manifestation de Décembre 1960 — Putsch des généraux — Combat du Fedj Zezoua — Plan Challe — Opération Oiseau bleu
Du 19 mars 1962 au 5 juillet 1962
Bataille de Bab el Oued — Fusillade de la rue d'Isly — Massacre d'Oran

La guerre d’Algérie ou Révolution algérienne (mais aussi guerre d'indépendance algérienne ou guerre de libération nationale)[14] est un conflit armé qui s'est déroulé de 1954 à 1962 en Algérie, colonie française depuis 1830 et divisée en départements depuis 1848, et dont l'aboutissement est la reconnaissance de l'indépendance du territoire le 3 juillet 1962[15].

En tant que guerre d'indépendance et de décolonisation, elle oppose des nationalistes algériens, principalement réunis sous la bannière du Front de libération nationale (FLN), à la France. Elle est à la fois un double conflit militaire et diplomatique et aussi une double guerre civile, entre les communautés d'une part et à l'intérieur des communautés d'autre part[16]. Elle a lieu principalement sur le territoire de l'Algérie française, avec également des répercussions en France métropolitaine.

Elle entraîne de graves crises politiques en France, avec pour conséquences le retour au pouvoir de Charles de Gaulle et la chute de la Quatrième République, remplacée par la Cinquième République. Après avoir donné du temps à l'armée française pour lutter contre l'ALN en utilisant tous les moyens à sa disposition, De Gaulle penche finalement pour l'autodétermination en tant que seule issue possible au conflit, ce qui conduit une fraction de l'armée française à se rebeller et entrer en opposition ouverte avec le pouvoir, rapidement matée. La guerre d'Algérie présente un bilan lourd et les méthodes employées durant la guerre par l'armée française (torture, répression de la population civile algérienne) furent controversées. Le conflit débouche, après les accords d'Évian du , sur l'indépendance de l'Algérie le 3 juillet suivant, et précipite l'exode des habitants d'origine européenne, dits Pieds-Noirs et des Juifs, ainsi que le massacre de plusieurs dizaines de milliers de harkis.

Sommaire

Dénominations[modifier | modifier le code]

Le terme officiellement employé à l'époque par la France était « événements d'Algérie », bien que l'expression « guerre d'Algérie » ait eu cours dans le langage courant. L'expression « guerre d'Algérie » a été officiellement adoptée en France le [17].

Contexte[modifier | modifier le code]

La guerre d'Algérie prend place dans le mouvement de décolonisation qui affecta les empires occidentaux après la Seconde Guerre mondiale. Elle s'inscrit dans le cadre du combat anti-impérialiste et conduira au terme d'une Histoire sociale de l'Algérie française parfois antagoniste.

Elle oppose principalement le FLN, à l'origine de l'insurrection, et sa branche armée l'ALN (constituée de moudjahidines, djoundis, moussebilines, etc.) à l'armée française (comptant troupes d'élite (parachutistes, légionnaires), goums marocains jusqu'en 1956, gardes mobiles, CRS, appelés du contingent ou supplétifs musulmans).

Entre 1952 et 1962, 1 343 000 appelés ou rappelés et 407 000 militaires d'active (soit 1 750 000 militaires) ont été envoyés en Algérie. Près de 180 000 musulmans algériens (réguliers et supplétifs) ont également combattu du côté français pendant la guerre d'Algérie[18] (d'autres chiffres, « gonflés », ont été lancés à des fins de propagande[19]).

Le conflit se double d'une guerre civile et idéologique à l'intérieur des deux communautés, donnant lieu à des vagues successives d'attentats, assassinats et massacres sur les deux rives de la Méditerranée. Côté algérien, elle se traduit par une lutte de pouvoir qui voit la victoire du FLN sur les partis algériens rivaux, notamment le Mouvement national algérien (MNA), et par une campagne de répression contre les Algériens pro-français soutenant le rattachement de l'Algérie à la République française. Par ailleurs, elle suscite côté français l'affrontement entre une minorité active hostile à sa poursuite (Libéraux d'Algérie, mouvement pacifiste), une seconde, favorable à l'indépendance (les « porteurs de valises » du Réseau Jeanson, le Parti communiste algérien), et une troisième, voulant le maintien de l'« Algérie française » (Front Algérie française, Jeune Nation, Organisation armée secrète (OAS)).

Selon Guy Pervillé, le nombre d'Algériens engagés dans l'un et l'autre camp (partisans de la présence française et FLN) serait du même ordre de grandeur[réf. nécessaire].

Cette guerre s'achève à la fois sur la reconnaissance de l'indépendance de l'Algérie le , lors d'une allocution télévisée du général de Gaulle faisant suite au référendum d'autodétermination du 1er juillet prévu par les accords d'Évian du , sur la naissance de la République algérienne démocratique et populaire, le 25 septembre, et sur l'exode d'une grande partie des Pieds-Noirs (au nombre d'un million).

Contexte socio-économique[modifier | modifier le code]

Société algérienne[modifier | modifier le code]

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

Contrairement à des colonies de peuplement telles les États-Unis (Amérindiens) ou l'Australie (Aborigènes d'Australie), la population indigène diminue sensiblement entre 1830 et 1868 puis croît fortement durant la colonisation française de l'Algérie entre 1880 (environ 3 millions de musulmans, pour environ 500 000 non-musulmans) et 1960. À cette date, l'Algérie compte environ 9,5 millions de musulmans et environ 1 millions d'Européens non-musulmans dont 130 000 juifs séfarades.

Les villes sont traditionnellement peuplées surtout d'Européens, juifs séfarades compris, mais la population musulmane urbaine progresse pendant toute la première moitié du XXe siècle. En 1954, certaines villes sont à majorité musulmane comme Sétif (85 %), Constantine (72 %) ou Mostaganem (67 %).

Pour la période 1950-1954, l'espérance de vie à la naissance de la population algérienne musulmane est la moitié de celle de la population européenne (respectivement 34 et 60 ans pour les hommes et 33 et 67 ans pour les femmes)[20]. Selon la Banque Mondiale, elle s’établit à 46 ans en 1960 pour la moyenne de l'ensemble des populations[21]. La mortalité infantile est très élevée en Algérie. Elle diminue fortement pour les populations européennes entre 1946 et 1954 (environ 50 pour 1000), mais reste très forte pour les musulmans (environ 85 pour 1000 en 1954)[22].

Statuts juridiques coloniaux[modifier | modifier le code]

Scènes de rue à Alger, quartiers européen et musulman (Bab El Oued et Casbah), avant les évènements de novembre 1954.

En 1954, la population algérienne est divisée en deux catégories distinctes, soumises à des statuts juridiques inégaux nés du sénatus-consulte du 14 juillet 1865 : d'une part, un million d'Européens, citoyens français de statut civil de droit commun (surnommés plus tard les « Pieds-Noirs ») qui étaient installés en Algérie souvent depuis plusieurs générations et auxquels étaient associés les juifs autochtones (excepté pour la période du statut des Juifs de 1940 à 1943 avec l'abrogation du décret Crémieux), et d'autre part, près de neuf millions d'Algériens, sujets français de statut personnel de droit local (appelés « Musulmans » ou « indigènes »).

Cependant, si les citoyens français jouissaient exactement des mêmes droits et devoirs que leurs compatriotes métropolitains, les sujets algériens qui étaient soumis aux mêmes devoirs (ils étaient notamment mobilisables par le contingent), étaient privés d'une partie de leurs droits civiques (ils votaient au Second collège électoral où il fallait neuf de leurs voix pour égaler la voix d'un seul votant du Premier collège).

L'arrivée au pouvoir de Charles de Gaulle en 1958 et la promulgation des ordonnances du 15 novembre 1958 uniformise le statut des populations d'Algérie par l'adoption du collège unique.

Économie algérienne[modifier | modifier le code]

En Algérie, depuis les années 1930, près d'un million de Pieds-Noirs y vivent dont quelques milliers possèdent les meilleures terres agricoles.

Population et répartition de la propriété en Algérie[23]
Musulmans Pieds-Noirs Total
Surface (ha) 9 196 000 1 136 000 10 332 000
 % des terres agricoles 75 25 100
 % de la population totale 89 11 100
 % de la population agricole 98 2 100

De nombreux agriculteurs européens sont des viticulteurs (400 000 ha consacrés à la vigne en Algérie) dont les productions sont exportées surtout vers la France métropolitaine qui l'achète assez cher (selon l'historien Daniel Lefeuvre) pour maintenir le niveau de vie des colons. L'agriculture n'occupe que 9 % de la population active française (contre 26 % en métropole) mais les paysans d'origine française occupent l'essentiel des meilleures terres cultivables.[citation nécessaire] Cependant certaines sources certifient que ne sont attribuées aux colons que des terres alors en friche[24][réf. à confirmer]. Le colon en réclame autant qu'il pense pouvoir en cultiver avec sa famille, mais doit dès la deuxième année acquitter l'impôt foncier proportionnel à la surface, ce qui dissuade les abus.

L'essentiel de la population musulmane est pauvre. Ce sont essentiellement de petits propriétaires terriens vivant sur les terres les moins fertiles, ou des journaliers. Dans les années 1950, les surfaces cultivables stagneraient autour de 7 millions d'hectares. La production agricole augmente peu entre 1871 et 1948, contrairement au nombre d'habitants. Selon Daniel Lefeuvre, la production annuelle de céréales passe de 3,88 quintaux/hab. à 2 q/hab. L'Algérie doit donc importer des produits alimentaires.

Le chômage est important, 1,5 millions de personnes sans emplois en 1955. La commune d'Alger aurait compté 120 bidonvilles avec 70 000 habitants en 1953.

Si la population musulmane est majoritairement pauvre, Daniel Lefeuvre rapporte qu'environ 600 000 Algériens musulmans « appartiennent aux groupes sociaux les plus favorisés » (grands propriétaires fonciers, professions libérales, membres de l'armée et de la fonction publique)[25].

D'une manière générale, l'Algérie loin de présenter une source économique avantageuse est un lourd fardeau pour la métropole et ses contribuables[26].

Après la fin de la Seconde Guerre mondiale, le plan Marshall prévoit une aide économique à la France et l'Algérie.

Contexte politique[modifier | modifier le code]

Côté français[modifier | modifier le code]

L’évolution vers un engagement européen, contradictoire avec le maintien de l’ancien Empire[modifier | modifier le code]

Le 18 avril 1951, la France signe le traité instituant la Communauté européenne du charbon et de l'acier (CECA). Le 27 mai 1952, le traité instituant la Communauté européenne de défense (CED) est adopté par le gouvernement français (mais ne sera pas ratifié par le Parlement). Le 1er juin 1955 se tient la conférence de Messine préparant le traité de Rome du 25 mars 1957 qui institue la Communauté économique européenne, prélude à l’Union européenne d’aujourd’hui, née le 7 février 1992.

À la suite de la Seconde Guerre mondiale, la France s'engage résolument dans une politique européenne qui dessine l'avenir de la nation. Au début de la guerre d'Algérie, des forces politiques encore puissantes essayent de maintenir ce qui reste de l'Empire colonial français.

La fin de la guerre d'Indochine et la décolonisation de l'Union française[modifier | modifier le code]

Le conflit s'inscrit dans le cadre du processus de décolonisation qui se déroule après la fin de la Seconde Guerre mondiale. Pour la France, cela concerne entre autres les colonies françaises d'Indochine (guerre d'Indochine de 1946-1954), la Guinée, Madagascar (insurrection malgache de 1947), l'Afrique-Équatoriale française et l'Afrique-Occidentale française, ainsi que les protectorats du Maroc qui obtient son indépendance le 2 mars 1956 et de la Tunisie le 20 mars 1956 .

L’impossibilité des réformes sous la IVe République[modifier | modifier le code]

La principale cause du déclenchement de cette guerre réside dans le blocage de toutes les réformes, dû au fragile équilibre du pouvoir sous la IVe République, et à l'opposition obstinée de la masse des Pieds-Noirs et de leurs représentants hostiles à toute réforme en faveur des musulmans, tout comme celle des Algériens : ainsi, la loi sur le nouveau statut de l'Algérie, proposée en 1947, n'est votée ni par les députés du colonat, ni par les quinze représentants des « Français musulmans » d'Algérie[27].

Alors que des dizaines de milliers d’habitants de l'Algérie française, estimés à 68 000 combattants, ont participé à la libération de la France et que plusieurs intellectuels revendiquent l’égalité des droits, les habitants musulmans de l'Algérie française sont à l'époque considérés comme des citoyens de second ordre, alors même que le régime de l'indigénat est abrogé en théorie en 1945.

En 1947, l'application du nouveau statut de l'Algérie fut presque ouvertement faussée par l'administration, qui fit arrêter les « mauvais » candidats et truqua les résultats en faveur des intransigeants, au point que certains furent élus çà et là par plus de 100 % des inscrits.

Pendant les douze mois qui précédèrent le déclenchement du 1er novembre, ce ne sont pas moins de 53 attentats (« anti français ») qui furent commis[28].

Les combattants européens d'Algérie dans l'armée française[modifier | modifier le code]

Les combattants musulmans d'Algérie dans l'Armée française[modifier | modifier le code]

En 1960, 85 000 musulmans (appelés, engagés, militaires d'active, appelés FSNA ou Français de souche nord-africaine) servaient dans l'Armée régulière plus environ 150 000 supplétifs (60 000 harkis, 62 000 GAD, 8 600 GMS et 19 000 Mokhaznis) soit au total près de 235 000 musulmans combattant aux côtés des soldats français.

Au total, un peu plus de 110 000 FSNA furent incorporés dans l'armée régulière de 1956 à 1961[29].

Le 19 mars 1962, jour du cessez-le-feu, selon le rapport à l'ONU du contrôleur général aux armées Christian de Saint-Salvy, on dénombrait en Algérie, 263 000 musulmans engagés du côté français (60 000 militaires (FSNA), 153 000 supplétifs dont 60 000 harkis et 50 000 notables francophiles) représentant, familles comprises, plus de 1 million de personnes menacées sur 8 millions de musulmans algériens[30].

L'Armée française recruta également environ 3 000 anciens éléments du FLN et de l'ALN dont certains formèrent le célèbre Commando Georges du lieutenant Georges Grillot. La plupart d'entre eux furent victimes de représailles à partir de 1962[31].

Selon Maurice Faivre, on comptait ainsi quatre fois plus de combattants musulmans dans le camp français que dans celui du FLN[32].

Côté algérien[modifier | modifier le code]

Naissance du mouvement national algérien[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Mouvement national algérien.
Messali Hadj (1898-1974), père du nationalisme algérien et président fondateur du Parti du peuple algérien

Au début du XXe siècle, plusieurs dirigeants algériens exigent de la France le droit à l'égalité ou à l'indépendance.

Plusieurs partis vont être créés et plusieurs pamphlets seront écrits pour défendre le droit pour les Algériens. Plusieurs penseurs algériens vont villipender les plus importantes personnalités du régime colonial français.

La plupart des figures du mouvement algérien vont être surveillées de près par les services policiers français, d'autres seront exilées vers d'autres pays comme l'a été l'émir Khaled El-Hassani Ben El-Hachemi en Égypte puis en Syrie.

Malek Bennabi[33], Mohamed Hamouda Bensai, Saleh Bensai, Messali Hadj[34], Ben Badis[35], Mohamed Bachir El Ibrahimi, Fodil El Ouartilani, Larbi Tébessi, Ferhat Abbas, Omar Ouzeggane, etc., tous vont diverger entre eux sur la question algérienne, cela provoquera l'émergence de plusieurs associations et partis algériens: Parti de la réforme ou mouvement pour l'égalité, Association des oulémas musulmans algériens, association de l'Étoile nord-africaine, le parti Parti du peuple algérien, Amis du Manifeste des Libertés, Parti communiste algérien, etc.

Le massacre du 8 mai 1945[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Massacres de Sétif et Guelma.

Le 8 mai 1945 ont lieu des manifestations d’Algériens dans plusieurs villes de l’Est du pays (Sétif, et le Constantinois), qui devaient permettre de rappeler leurs revendications nationalistes, de manière concomitante avec la liesse de la victoire. À Sétif, après qu'un policier eut tué un jeune scout ayant brandit le drapeau Algérien, la manifestation tourne à l’émeute et la colère des manifestants se retourne contre les « pieds noirs » : 27 Européens et juifs[réf. nécessaire] sont assassinés (103 trouveront la mort dans les jours suivants), ainsi que 700 musulmans. La répression de l’Armée française est brutale.

Officiellement, elle fait 1 500 morts parmi les musulmans, chiffre sous-estimé et probablement plus proche des 5 000 à 6 000 selon Charles-Robert Ageron[36], ou des 6 000 à 6 500 calculés par le Service Historique de la Défense[37] et Roger Vétillard[38], tout en précisant qu'il s'agit d'une estimation haute. Selon l’historien Benjamin Stora, il s'élève entre 20 000 et 30 000. Le Parti du peuple algérien (PPA) estime qu'il y a eu 45 000 morts[39]. Du fait de la radicalisation qu'ils ont engendrée dans les milieux nationalistes algériens, certains historiens considèrent ces massacres comme le véritable début de la guerre d'Algérie[40], opinion qui, pour Charles-Robert Ageron, « ne peut pas être acceptée comme un constat scientifique »[36].

Dans son rapport, le général Duval, maître d'œuvre de la répression, se montra prophétique : « je vous donne la paix pour dix ans, à vous de vous en servir pour réconcilier les deux communautés »[41],[42].

De 1945 à 1954[modifier | modifier le code]

À la suite de la mort de Ben Badis en 1940, de l'emprisonnement de Messali Hadj et de l'interdiction du Parti du peuple algérien, le parti Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques (MTLD) revendique après le statut de l'égalité l'indépendance de l'Algérie en 1948. L 'Association des oulémas musulmans algériens est alors interdite. L'Organisation spéciale apparait et a pour but de rassembler des armes pour le combat. Mohamed Belouizdad est le premier chef de l'organisation clandestine. Hocine Aït Ahmed prend ensuite la tête de l'Organisation et continue à œuvrer pour l'achat des armes. La poste d'Oran est attaquée par les membres de l'OS.

Ahmed Ben Bella prend la place de Hocine Aït Ahmed en 1949. Le plan de l'organisation est dévoilé et des arrestations en chaîne sont opérées par les autorités françaises en 1950. Le Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques nie tout relation avec l'Organisation spéciale afin d'éviter des arrestations.

Le CRUA, fondé en mars 1954, organise la lutte armée. Le parti du Mouvement national algérien (MNA) est fondé en juillet 1954 par les messalistes. Par la suite, le Front de libération nationale (Algérie) (FLN) est fondé en octobre 1954 par la branche du CRUA (Comité révolutionnaire d'unité et d'action).

Le Front de libération nationale (Algérie) (FLN) et le Mouvement national algérien (MNA) rivalisent non seulement pour prendre le contrôle de la révolution mais surtout pour la représentation du futur État. Messali Hadj sera libéré de prison en 1958 et sera assigné à résidence surveillée en France.

Les faits importants de la guerre[modifier | modifier le code]

Un vaste mouvement de révoltes naît au fil des ans. L'Algérien sujet, sans droit politique, de la France devient citoyen français par la loi du 20 septembre 1947[43] et peut désormais circuler librement entre l'Algérie et la métropole[44],[45]. Selon le journaliste et écrivain Yves Courrière : « Lors du XXe siècle, 75 % des Algériens n'étaient pas scolarisés. La majorité de la population était au chômage. Les colons faisaient leurs affaires. L'Algérien était sujet de la France et non un citoyen de la France »[46]. La majorité des Algériens vivaient dans les campagnes. Avec l'aide américaine du plan Marshall, 403 503 élèves sont scolarisés dans l'enseignement primaire en 1951 - 1952 à travers tout le territoire de l'Algérie. Cependant le programme pour agrandir les villes et diminuer la proportion de gens des campagnes n'a été réalisé que partiellement par le gouvernement français. En 1954, l'élimination des nationalistes algériens lors des élections de l'Assemblée algérienne marque le point de rupture politique et l'échec des nationalistes. Lors de la réunion des 22, le vote se prononce en faveur de la lutte armée. L'action armée va venir du CRUA. Le déclenchement de la révolution algérienne a été décidé à Alger lors de la réunion des 6 chefs du Comité révolutionnaire d'unité et d'action (CRUA)[47],[48]. Le CRUA se transformera en Front de libération nationale (FLN). Les six chefs du FLN qui ont fait le déclenchement des hostilités le 1er novembre 1954 sont Rabah Bitat, Mostefa Ben Boulaïd, Didouche Mourad, Mohamed Boudiaf, Krim Belkacem et Larbi Ben M'Hidi. La Déclaration du 1er novembre 1954 est émise par radio depuis Tunis. Dans la nuit du , la caserne de la ville de Batna est attaquée par les moudjahidines. Cette nuit sera appelée par les historiens français « Toussaint rouge ». Un caïd et deux enseignants français vont être abattus sur la route de Biskra et Arris. Il y aura deux versions différentes des faits. Des attentats sont enregistrés dans les trois districts de Batna, Biskra et Khenchela et le reste du pays.

Au cours d'un voyage en Algérie, François Mitterrand déclare « La présence française sera maintenue dans ce pays ». Les opérations sont déclenchées dans les Aurès. L'Armée de libération nationale (ALN) ne dispose alors que de 500 hommes qui seront, après quelques mois, plus de 15 000 à défier l'autorité française[49]. 100 000 soldats français sont affectés dans les Aurès et plus tard ils seront plus de 400 000 en Algérie. Le général Cherrière donne l'ordre de faire le ratissage des Aurès. Il croit gagner, mais va subir une grosse défaite[46].

Les massacres du Constantinois des 20 et 21 août 1955, notamment à Philippeville (Skikda) par leur cruauté du côté des insurgés comme par la terrible répression du côté français sont une étape supplémentaire dans la guerre[50]. La même année, l'affaire algérienne est inscrite à l'ordre du jour à l'Assemblée générale de l'ONU. À noter aussi la mort de Mostefa Ben Boulaïd, de Zighoud Youcef, etc. Plusieurs chefs sont emprisonnés[46].

Des intellectuels français vont aider le FLN[46]. Maurice Audin fut torturé et tué par les services français[51]. Frantz Fanon s'engage auprès de la résistance algérienne et a des contacts avec certains officiers de l'ALN (Armée de libération nationale) et avec la direction politique du FLN, Ramdane Abane et Benyoucef Benkhedda en particulier. Il donne sa démission de médecin-chef de l'hôpital psychiatrique de Blida-Joinville en novembre 1956 au gouverneur Robert Lacoste, puis est expulsé d'Algérie en janvier 1957. Albert Camus, natif d'Algérie, fut un défenseur des droits algériens[52], dans les années 1940, avant de refuser de prendre position pour l'indépendance par ces phrases prononcées à Stockholm en 1957 : « En ce moment, on lance des bombes dans les tramways d’Alger. Ma mère peut se trouver dans un de ces tramways. Si c’est cela la justice, je préfère ma mère. »[53]. Dès 1956, Jean-Paul Sartre et la revue Les Temps modernes prennent parti contre l'idée d'une Algérie française et soutiennent le désir d'indépendance du peuple algérien. Sartre s'élève contre la torture[54], revendique la liberté pour les peuples de décider de leur sort, analyse la violence comme une gangrène, produit du colonialisme[55]. En 1960, lors du procès des réseaux de soutien au FLN, il se déclare « porteur de valise »[56] du FLN[57]. Cette prise de position n'est pas sans danger, son appartement sera plastiqué deux fois par l'OAS et Les Temps modernes saisis cinq fois.

Après la condamnation de Larbi Ben M'Hidi et après le déroulement du Congrès de La Soummam, le FLN intègre les dirigeants du Mouvement national algérien (MNA). Plusieurs partis algériens adhèrent à la cause du FLN. Le Front de libération nationale et l'armée française tiennent le même langage : « Ceux qui ne sont pas avec nous, sont contre nous »[46].

La guerre éclate entre les chefs kabyles (Krim Belkacem, Ouamrane, etc) et les chefs chaouis et aussi entre les chefs chaouis des Aurès et les chefs chaouis de Nemencha[58]. Abdelhai et Abbès Leghrour seront condamnés à mort par les partisans du Congrès de la Soummam et le Comité de coordination et d'exécution (CCE). Il y a aura aussi un conflit entre les hommes du Sud algérien et les dirigeants kabyles[46]. La Tunisie va être le théâtre d'affrontement entre les différents chefs. Le président Bourguiba devait intervenir pour pacifier les choses. Les Aurès, le Constantinois, l'Ouest de l'Algérie, la Kabylie, seront les zones les plus stratégiques de la révolution. Le Maroc aussi va jouer un rôle important, notamment pour faire transiter les armes, organiser des réunions du FLN et héberger des troupes militaires algériennes. Le Maroc et la Tunisie, sous protectorat français jusqu'en 1956, hébergeront néanmoins les deux armées de l'ALN aux frontières ainsi que plusieurs chefs du FLN comme Ferhat Abbas

L'armée française fait construire le barrage de la mort, 320 km de long, 7 000 volts, un poste de contrôle chaque 15 km, des milliers de mine terrestre, etc., pour empêcher le passage des armes dans les Aurès et dans tout l'est de l'Algérie. Mais les éléments de l'ALN (Armée de libération nationale) vont déjouer toute la stratégie militaire française. Les villes (population algérienne) seront sous le contrôle de l'Armée de libération algérienne. La bataille d'Alger fera la une de la presse internationale et interne. Le conflit est porté jusqu'à L'ONU. Aussi, il y aura plusieurs grèves et manifestations dans les villes. Les protestations ont été organisées par le FLN.

Le colonel Amirouche Aït Hamouda fera un massacre dans les Aurès en voulant intervenir pour unifier des zones des Aurès et faire passer les armes en Kabylie[59]. L'Aurès fut le lieu de passage des armes vers l'intérieur du pays. Le colonel Amirouche Aït Hamouda réussira à faire passer les armes qui provenaient d'Égypte en passant par la frontière de Tunisie et de l'Algérie. Il franchira les Aurès pour rejoindre la Kabylie. Une vingtaine de chaouis vont être du voyage, mais à la fin, ils abandonneront les troupes du colonel Amirouche pour revenir aux Aurès. Krim Belkacem voulait contrôler la région des Aurès pour établir l'union des forces. Les hommes de Ben Bella et de Abdelhafid Boussouf désiraient aussi avoir un pied dans les Aurès. Au même moment, la France connaîtra sa crise interne jusqu'à l'arrivée au pouvoir du général Charles de Gaulle à cause de la situation en Algérie. Les ultras européens veulent garder l'Algérie française. L'Armée française décide de créer les zones interdites sous contrôle des SAS (sections administratives spécialisées) et entame une lutte contre les Djounoudes (maquisards) et la population locale, dans les villes, dans les villages, dans les douars et sur tous les territoires sensibles au FLN. Les bombardements massifs, les tueries, les massacres, la torture, les viols, etc., tous les actes de crime ont été employés dans cette guerre. Plusieurs attentats seront organisés par l'ALN dans les villes et les villages, dans les zones interdites et dans les zones montagneuses des Aurès. Le CCE (Comité de coordination et d'exécution) s'est agrandi et décide de garder le cap sur les objectifs militaires et ainsi que la primauté de l'intérieur par rapport à l'extérieur. Une grave crise apparaît entre les membres du Comité de coordination et d'exécution.

Selon Yves Courrière, Ramdane Abane s'opposera sévèrement aux militaires. Il choisira de prendre le maquis et désignera Hadj Ali, un homme de l'Aurès, pour renverser le CCE à Tunis mais sera condamné à la prison au Maroc par le CCE. Plus tard, il sera tué au Maroc, mais les sources de FLN diront qu'il aurait été tué lors d'un accrochage avec l'Armée française. Le général Charles de Gaulle chef de l'État français engage une lutte contre les éléments de l'armée de libération nationale algérienne et il apporte les réformes tant attendues pour donner tous les droits aux Algériens. L'Armée française élimine presque tous les réseaux de l'Armée de libération nationale en Kabylie et dans quelques régions sensibles dans l'Opération jumelles. Les colonels Amirouche Aït Hamouda et Si el haouès sont tués lors d'un accrochage avec les éléments de l'Armée française. Le FLN appelle les éléments de son armée à tenir jusqu'au bout.

La Délégation des principaux dirigeants du FLN (Mohamed Khider, Mostefa Lacheraf, Hocine Aït Ahmed, Mohamed Boudiaf et Ahmed Ben Bella) est arrêtée, à la suite du détournement, le 22 octobre 1956 par l'armée française, de leur avion civil marocain, entre Rabat et Tunis, en direction du Caire (Égypte)[60].

En 1959, Messali Hadj sort de prison, et est assigné à résidence surveillée en France[61]. Les Algériens en France organisent des attentats et des manifestations en France en faveur du FLN.

1960, la semaine des barricades à Alger fait 22 morts algériens et des centaines de prisonniers. Le général de Gaulle annonce la tenue du référendum pour l'indépendance de l'Algérie. Les Algériens sont tenus à se prononcer. Certains généraux français se rebellent contre l'autorité du général de Gaulle (le putsch d'Alger (1958) et putsch des généraux). Le général de Gaulle reprend en main le destin de la France. Il annonce la tenue de référendum et invite le FLN à faire la paix des braves. Au même moment, le Gouvernement provisoire de la République algérienne est proclamé. Ferhat Abbas décline l'invitation française. Le colonel Houari Boumédiène est alors le chef de Armée de libération nationale.

En 1960, l'ONU annonce le droit à l'autodétermination du peuple algérien. Le côté français organise des pourparlers avec le Gouvernement provisoire de la République algérienne. Plusieurs réunions à l'extérieur du pays vont aboutir aux accords d'Évian. Le colonel Houari Boumédiène refuse que les pieds-noirs restent en Algérie.

Le 17 octobre 1961, des Algériens sont tués lors d'une manifestation du FLN à Paris (Massacre du 17 octobre 1961). Il y aura aussi des milliers d'arrestations. Ce fait survient à la suite de l'instauration d'un couvre-feu à Paris et sa banlieue pour les seuls Algériens à la suite de l'assassinat de 21 policiers français par le FLN. À Alger. Le peuple algérien sort dans les rues pour manifester sa joie à l'indépendance. Il y aura plusieurs morts et blessés par la police française[46].

L'Organisation armée secrète (OAS) organise des attentats contre les Algériens malgré l'accord de cesser le feu et les résultats du référendum pour l'indépendance pour sanctionner les gens qui étaient pour. L'indépendance de l'Algérie est proclamée après les résultats[62]. La plus grande bibliothèque d'Alger a été complètement détruite par l'OAS (Organisation armée secrète)[62].

Des éléments de l'armée française restent en Algérie pour évacuer un million de Français (pieds-noirs, les Harkis, les Juifs, etc.). Un million de réfugiés algériens reviennent en Algérie.

Chronologie[modifier | modifier le code]

« Groupe des six », chefs du FLN. Photo prise à Alger, boulevard de la Marne, juste avant le déclenchement des hostilités le 1er novembre 1954. Debout, de gauche à droite : Rabah Bitat, Mostefa Ben Boulaïd, Didouche Mourad et Mohamed Boudiaf.Assis : Krim Belkacem à gauche, et Larbi Ben M'Hidi à droite.
Pierre Mendès France, président du Conseil depuis le 18 juin 1954.

La IVe République et la conduite des affaires algériennes (1954-1958)[modifier | modifier le code]

Déclenchement de l'insurrection le 1er novembre 1954 et État d'urgence[modifier | modifier le code]

Le 25 juillet 1954, dans une modeste villa du Clos Salambier, un misérable quartier musulman d'Alger, vingt-deux Algériens (les « Cinq » du début, Mostefa Ben Boulaïd, Mohamed Boudiaf, Larbi Ben M'Hidi, Didouche Mourad et Rabah Bitat, ont beaucoup recruté) se prononcent « pour la révolution illimitée jusqu'à l'indépendance totale ». C'est de ce jour-là que date véritablement la guerre d'Algérie. Les chefs de régions sont désignés: Aurès-Némentchas : Ben Boulaïd, Département Nord-Constantinois : Rabah Bitat, Kabylie : Krim Belkacem, Algérois-Orléansvillois : Didouche Mourad, Oranie : Larbi Ben M'Hidi. Fin octobre, ces cinq responsables décident de créer l’« ALN » (Armée de libération Nationale)[63].

Le 15 octobre 1954, le C.R.U.A. se transforme et devient le F.L.N. : « Front de libération Nationale ». Les revendications de l'organisation comportent : reconnaissance de la nationalité algérienne, ouverture de négociations, libération des détenus politiques. Les Français demeurant en Algérie pourront choisir leur nationalité, Français et Algériens obtenant des droits égaux[63]. Sont définis les cibles qui devaient être attaqués dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre. Ils avaient prévu, en accord avec la Délégation extérieure, d’en faire l’annonce à la radio du Caire le jour du déclenchement de la Révolution.

Jour « J », 1er novembre : la "Toussaint rouge"[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Toussaint rouge.

Plus de trente attentats ont lieu, dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre 1954, en différents points du territoire algérien. Bilan : huit tués, dont pour moitié des civils, et des dégâts matériels. L'opinion s'émeut surtout de l'attaque du car Biskra-Arris, dans les Aurès, principal foyer de l'insurrection : deux passagers, le caïd Hadj Sadok, ancien lieutenant de l'armée française, et l'instituteur Guy Monnerot sont abattus. Une proclamation diffusée dans la presse revendique ces actions au nom d'un mystérieux groupe : le FLN, Front de libération nationale. Son but: l'indépendance d'un « État algérien souverain démocratique et social dans le cadre des principes islamiques ». Et ce, « par tous les moyens »[64]. Personne, en France ou en Algérie, ne pense qu'une guerre vient de commencer.

Président du Conseil depuis le 18 juin 1954, Pierre Mendès France est surpris par la révolte algérienne. Il affirme aussitôt avec force que « l'on ne transige pas quand il s'agit de défendre la paix intérieure de la nation, l'unité et l'intégrité de la République » Son ministre de l'Intérieur, François Mitterrand, en visite en Algérie le 12 novembre 1954 réagit brutalement : « l’Algérie, c’est la France !, la négociation avec les rebelles c'est la guerre. » Des renforts sont acheminés, des milliers de nationalistes arrêtés. Mais 99 % d'entre eux n'ont aucun rapport avec le FLN. Car Mitterrand, à l'image de presque tous les responsables, se trompe : il croit que les attentats sont liés au MTLD (Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques), le parti du vieux nationaliste Messali Hadj, et que leur tête pensante est au Caire, autour de Ben Bella[réf. nécessaire].

Pierre Mendès France propose aussi un plan de réformes en faveur des musulmans, ce qui occasionne sa chute, le 6 février 1955. Son tombeur est René Mayer, député de Constantine, représentant de la ligne dure des pieds noirs : foin des réformes, d'abord la répression[63]. Alors que la chambre vote la défiance, un Mendès France écarté du pouvoir a ces mots : « en Afrique du Nord... soit il y aura une politique de réconciliation... soit une politique de force et de répression - avec toutes ses horribles conséquences »[65].

Premiers mois du conflit[modifier | modifier le code]

Dans les premiers temps, les hommes du FLN visent principalement les musulmans proches des Européens. De novembre 1954 à avril 1955, 414 attentats font 104 tués et 86 blessés par les musulmans. Le but de ces opérations est de terroriser la population indigène francophile et de séparer les deux populations[66]. Les Européens ne sont pas visés en tant que tels, mais en tant que représentants de l'ordre colonial comme les policiers, les élus et les fonctionnaires. Néanmoins, rapidement, des civils sont également victimes des embuscades[66].

Après quelques mois, les rebelles sont en difficulté cernés par des forces de police beaucoup plus nombreuses. En dehors du Nord-Constantinois, le calme règne[66].

Massacres du Constantinois (20-26 août 1955)[modifier | modifier le code]

Du 20 au 26 août 1955, la guerre change radicalement de visage avec les évènements sanglants qui secouent le Nord du département de Constantine et plus particulièrement la ville de Philippeville où surviennent de terribles massacres de civils.

Les massacres ont éclaté à l'initiative de Youcef Zighoud, responsable du Nord-Constantinois du FLN dans le but de relancer un mouvement qui s'essouffle et de contrecarrer les avances faites par Jacques Soustelle, délégué général du gouvernement français en Algérie, en creusant un infranchissable fossé de sang entre les Algériens et les Français par des massacres aveugles[67].

Dans la zone Collo-Philippeville-Constantine-Guelma, moins de 300 combattants de l’ALN s’attaquent sans grand succès à des gendarmeries et des postes de police. Ils encadrent plusieurs milliers de paysans mal armés mobilisés de gré ou de force qui se lancent à l’assaut d’une trentaine de villes et villages et assassinent à coup de haches et de pioches Européens ou indigènes favorables à la France. 117 Européens sont tués ainsi qu'une centaine de musulmans francophiles et 47 membres des forces de police. La presse est indignée par les exactions d'El Halia où 39 Européens ont été égorgés dont dix enfants et trois bébés de moins de deux ans[66].

La réponse des autorités françaises est démesurée et touche des innocents[66]. L'aviation bombarde les douars des environs, plus particulièrement le hameau du Béni Malek. Des civils armés font eux-mêmes acte de vengeance dans une répression aveugle. Le nombre de victimes atteint plusieurs milliers : entre trois et sept mille cinq cents morts[68],[69],[70].

L'indignation suscitée par ces massacres de civils a attiré l'attention de l'opinion internationale sur le combat algérien pour l'indépendance réalisant l'un des buts poursuivis par le FLN, qui voulait par ailleurs semer la peur dans les rangs de l'ennemi, des colons et de leurs auxiliaires musulmans[71] et réduit à néant tout espoir de paix[72].

Pour beaucoup d'historiens, ce sont les massacres d'août 1955 et non pas de ceux de Sétif (mai 1945) qui marquent le vrai passage de l'insurrection vers la guerre à outrance comme unique moyen de parvenir à se faire écouter des autorités coloniales françaises.

Journée des tomates (février 1956)[modifier | modifier le code]

Guy Mollet (1905-1975), président du Conseil (1956-1957).

Le , à la suite des élections législatives, l'Assemblée nationale investit le gouvernement Guy Mollet qui entre en fonction le . Le , le général Georges Catroux est nommé Résident Général en Algérie en remplacement de Jacques Soustelle, le départ de ce dernier provoque une forte mobilisation de soutien à Alger : la foule le suit jusqu'au quai d'embarquement et déborde le service d'ordre ; monsieur Soustelle est obligé d'emprunter une échelle volante pour se rendre à bord du bateau le ramenant en métropole[73].

Le , le voyage à Alger de Guy Mollet (Front Républicain), selon ses termes « pour étudier sur place la situation »[74], résulte sur un incident passé à la postérité sous le nom de « journée des tomates ». Lorsque le cortège officiel se rend au Monument aux Morts d'Alger, il est conspué et accueilli par une foule hostile menée par le Comité d'Entente des Anciens Combattants[75] qui lui lance, entre autres, tomates et quolibets en signe de mécontentement face à la nomination du général Catroux[76]. La voix des maires d'Alger est relayée dans la presse locale, c'est la célèbre formule de L'Écho d'Alger : « le maintien du général Catroux signifierait l'effondrement de l'Algérie »[77], ce à quoi le journal socialiste Le Populaire répond que « les pressions des ultras, les démonstrations de force et de violence seront sans efficacité »[78]. À la suite de la journée des tomates, Georges Catroux présente sa démission à René Coty pour éviter d'« entrer en conflit de conception et d'action sur un problème national capital avec ses anciens compagnons d'arme »[77]; le général Catroux est remplacé par Robert Lacoste.

Soustelle à Alger (15 février 1956)[modifier | modifier le code]

Pierre Mendès France nomme Jacques Soustelle gouverneur de l'Algérie. Gaulliste réputé de gauche, cet universitaire connu définit sa politique par le terme d'intégration : égalité des droits entre musulmans et Européens. Cette volonté de réformes n'empêche pas l'intensification des activités militaires. Constatant la faiblesse et la mauvaise volonté de l'administration, Soustelle invente les Sections administratives spécialisées (SAS), dirigées par des jeunes officiers, et qui ont pour but d'améliorer le sort matériel des musulmans. C'est le premier pas dans l'implication socio-politique[79].

Il lui faudra mettre en œuvre le plus rapidement possible des réformes, en particulier rendre effectif le statut de 1947, resté lettre morte. Il devra donc appliquer une politique d'intégration de la population musulmane, qui doit bénéficier des mêmes droits que la communauté européenne d'Algérie ou de la métropole. Cette politique va susciter l'opposition de nombreux pieds-noirs, d'autant que Soustelle se propose de réorganiser l'administration algéroise, d'où une autre levée de boucliers contre lui. Le nouveau gouverneur doit enfin surmonter un autre handicap : il a été nommé par Pierre Mendès-France, homme fort peu apprécié de la communauté européenne d'Algérie qui le soupçonne de pratiquer une politique d'abandon de l'Algérie, comme il lui est reproché de l'avoir fait pour l'Indochine, la Tunisie et le Maroc. Soustelle quittera en fin de compte l'Algérie caché dans le coffre arrière d'une voiture.

Le Maroc et la Tunisie indépendants (mars 1956)[modifier | modifier le code]

À la suite des accords de La Celle-Saint-Cloud, le gouvernement français reconnaît l'indépendance du Maroc le 12 mars 1956, puis, le 20 mars de la même année, celle de la Tunisie. Inévitables, ces deux événements n'en fournissent pas moins au FLN deux bases arrières « sanctuarisées »

Opération Oiseau bleu (1956)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Opération Oiseau bleu.

Deux années après l'insurrection de la Toussaint 1954, le commandement français s'inquiète de l'activité du FLN dans la région de la Kabylie et décide de monter des commandos qui débusqueraient les maquisards de Krim Belkacem. Dans le courant de 1955, Henry Paul Eydoux, conseiller technique au cabinet du gouverneur général Jacques Soustelle a l'idée de monter un « contre-maquis » en Kabylie maritime. L'opération K, dite habituellement par la suite Oiseau Bleu a pour but de recruter des hommes en Kabylie, de les équiper en armes (environ 300 seront livrées) et de monter une contre insurrection contre le FLN. Elle est confiée à la DST puis au Service de renseignement opérationnel (SRO)[80]. L'opération échoue complètement, l'argent et les armes sont détournées au profit du FLN[81].

L'opération Djenad, montée par la 27e DIA du 9 au 12 octobre 1956 dans la forêt d'Adrar, permet au 3e RPC du général Bigeard de mettre hors de combat 130 rebelles. Globalement, l'opération K est un grave échec notamment pour les services de renseignement. Ses conséquences sur le plan militaire le sont moins[80].

Après dix mois de calme, la Grande Kabylie s'embrase grâce en partie aux armes, aux équipements et à l'argent fournis par la France.

Massacre de Beni Oudjehane (mai 1956)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Massacre de Beni Oudjehane.

Le massacre est commis le , par une unité de l'armée française, le 4e bataillon de chasseurs à pied (4e BCP) au cours de la guerre d'Algérie, cette unité a massacré 79 villageois algériens du hameau du Beni Oudjehane qui comptait 300 habitants, situé dans la presqu’île de Collo non loin d'El Milia dans la wilaya de Jijel, (ex Département de Constantine).

Ce drame resurgit en 2013 avec une enquête, menée conjointement en France et en Algérie par une historienne Claire Mauss-Copeaux et deux blogueurs, André, un ancien militaire français appartenant au 4e BCP et Nour, un enseignant algérien de la région d'El Milia, ils se sont donné pour but de reconstituer ce qui s’est passé ce jour du 11 mai 1956[82].

Palestro (avril-mai 1956)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Embuscade de Palestro.

Près de Palestro, à 70 km à l'Est d'Alger, le 18 mai 1956, 19 soldats du contingent sont tués dans une embuscade. La presse se fait l'écho de cet accrochage sanglant. Les cadavres mutilés frappent l'opinion. « Palestro restera comme la plus célèbre embuscade de la guerre, le symbole de ce qui peut arriver de pire : l'attaque surprise, l'impossibilité de se défendre, la mutilation des cadavres. La hiérarchie militaire saura d'ailleurs utiliser ce traumatisme pour vaincre les réticences »[83]. Dans l'après-midi qui suit la découverte des cadavres français, « quarante-quatre Algériens sont liquidés sommairement » alors que « la majorité, de l'aveu même des autorités militaires, sont des fuyards qui cherchent à échapper à l'encerclement organisé par les troupes françaises au nord de l'embuscade »[84].

Au même moment Guy Mollet envoie de nombreux appelés en Algérie. L'émotion est intense en métropole. Le conflit apparaît sous un jour nouveau. L'Algérie n'est plus comme l'Indochine, un conflit lointain mené par des professionnels mais une affaire intérieure française à laquelle chacun participera, via un fils, un frère, un mari. Du coup, l'opinion métropolitaine devient potentiellement l'acteur principal du drame.

Wilayas et Congrès de la Soummam (août 1956)[modifier | modifier le code]

Découpage politico-militaire de l'ALN sur tout le territoire algérien, élaboré par les chefs du FLN lors du congrès de la Soummam en 1956. À la date du 1er octobre 1958, comprenant les six wilayas (ou provinces) du FLN-ALN. Les combattants algériens étaient regroupés essentiellement dans les régions montagneuses du pays.
Abane Ramdane (1920-1957), militant nationaliste, surnommé « l'architecte de la révolution »[85] Assassiné par la « bande à Boussouf » en 1956, il laisse derrière lui une vision authentique nationale d'une Algérie jacobine ayant su regrouper et unir au sein du FLN l’ensemble des courants politiques pour lutter contre la domination française

Dès le mois de , le dirigeant du FLN Ramdane Abane conduit des rencontres avec ceux qui désiraient participer à la guerre pour l'indépendance. Un accord entre le Parti communiste algérien (PCA) et le FLN est négocié par Bachir Hadj Ali et Sadek Hadjerès. Il n'admet l'adhésion de communistes au FLN qu'à titre individuel et non en tant que groupe[86]. La collaboration entre le PCA et le FLN est néanmoins loin d'être sans heurts. Différents combats ont opposé les rebelles communistes et ceux du FLN sur le terrain[87] ». Le PCA sera progressivement marginalisé par le FLN durant la guerre.

Les leaders FLN d'Alger et surtout parmi eux, Abane Ramdane, ont pensé, très tôt, à réunir une vaste assemblée de cadres qui permettrait au FLN d'affirmer sa cohésion, de préciser sa doctrine et de définir concrètement ses structures organisationnelles. À la fin du mois de mars 1956, Saad Dahlab a rencontré en grand secret, dans le Constantinois, le chef de la zone 2, Zighout Youssef, et son adjoint Lakhdar Bentobal et il leur a soumis cette idée, qui a été favorablement accueillie. Larbi Ben M'hidi, en mission au Caire à la même époque, a fait part du projet à la « délégation extérieure du FLN », qui a accepté le principe d'un grand rassemblement clandestin de responsables FLN sur le sol algérien, et qui a même remis à l'envoyé spécial d'Alger en prévision de cette réunion, un texte politique dit « rapport Khider ». Ce n'est cependant qu'à la fin du printemps de 1956 que la préparation du congrès de la Soummam entre dans une phase active. Abane Ramdane et Krim Belkacem envoient des messages à tous les chefs de zone pour leur demander d'envoyer des délégués à une « rencontre préliminaire » dans une forêt de la région montagneuse des Bibans, aux confins de la Kabylie. La discussion sur le « projet de plate-forme politique » permet à Abane d'insister fortement sur les principes fondamentaux qui inspirent son programme[88].

  • Le premier - primauté du politique sur le militaire - est d'autant plus facilement accepté par les « patrons » des zones que ceux-ci sont des chefs à la fois politiques et militaires, des militants du FLN et des combattants de l'ALN, et que, de ce fait, la directive « le parti commande aux fusils ».
  • Le second principe - primauté de l'intérieur sur l'extérieur - fait lui aussi à unanimité, car tous les chefs de maquis présents se plaignent de ne pas avoir reçu les armes et les fonds qui devaient être acheminés depuis l'Égypte et ils applaudissent au réquisitoire de Ben Tobbal contre l'insuffisance de l'aide apportée par l'équipe du Caire. Abane Ramdane, dans ces conditions, ne rencontre aucune objection lorsqu'il propose de réduire pratiquement le rôle de la délégation extérieure à celui d'une sorte d'ambassade représentant le · FLN à l'étranger. Le nouveau pouvoir, dirigeant sera celui que créera la résistance algérienne sur le sol national. Lui seul sera habilité à traiter avec la France[88].

Principal organisateur du congrès de la Soummam, Ramdane trace ainsi les grandes lignes du mouvement révolutionnaire consistant à créer un État dans lequel l'élément politique l'emporte sur l'élément militaire[88]

Expédition de Suez de 1956[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Protocoles de Sèvres et Crise du canal de Suez.

En 1956, la France qui soupçonne le colonel Nasser de soutenir le FLN en moyens et en armes s'engage dans l'expédition du canal de Suez, ce qui gèle ses relations avec les pays arabes et l'URSS[89][réf. incomplète].

Avec l'aide d'Israël et du Royaume-Uni, les parachutistes français battent les Égyptiens et reprennent le contrôle du canal de Suez mais le président de l'URSS Nikita Khrouchtchev menace de faire usage de l'arme nucléaire contre Londres et Paris si le corps expéditionnaire anglo-français ne se retire pas d'Égypte[89]. Les États-Unis font alors pression sur le premier ministre britannique Anthony Eden en le menaçant de dévaluer la monnaie de son pays si ses troupes ne se retirent pas d'Égypte, ce qu'elles feront ainsi que leurs alliés français (la flotte du corps expéditionnaire est placée sous haut commandement britannique)[89].

Détournement de l'avion du FLN (octobre 1956)[modifier | modifier le code]

Délégation des principaux dirigeants du FLN (de gauche à droite : Mohamed Khider, Mostefa Lacheraf, Hocine Aït Ahmed, Mohamed Boudiaf et Ahmed Ben Bella) après leur arrestation à la suite du détournement, le 22 octobre 1956 par l'Armée française, de leur avion civil marocain, entre Rabat et Tunis, en direction du Caire (Égypte).

Le à Rabat, cinq dirigeants du Front de libération nationale (FLN) prennent place à bord d'un DC-3 de la compagnie Air Atlas-Air Maroc. Ahmed Ben Bella, Hocine Aït Ahmed, Mostefa Lacheraf, Mohamed Khider et Mohamed Boudiaf, devaient initialement prendre place à bord de l'avion du sultan du Maroc, Mohammed V. Les cinq hommes doivent se rendre à Tunis pour un sommet organisé par Habib Bourguiba[90],[91].

Les services secrets français du SDECE ont eu connaissance de la date exacte du voyage et organisent son détournement[90],[91] qui peut avoir des conséquences diplomatiques, l'avion appartenant au sultan du Maroc[90],[91]. L'opération est réalisée sans prévenir Guy Mollet le président du conseil, ni apparemment Robert Lacoste, ministre résident en Algérie.

Avec les chefs du FLN, les autorités saisissent des documents apportant la preuve formelle de l'aide égyptienne au FLN. Mais la révélation de ce soutien ne suffit pas à calmer le jeu, bien au contraire. Au Maroc, de violentes émeutes anti-françaises font une soixantaine de morts, les victimes, toutes européennes, ayant été sauvagement massacrées. De son côté, le sultan durcit sa position en rappelant son ambassadeur en poste à Paris[90],[91]. Habib Bourguiba adopte une position analogue et, dans le monde arabe, la France est sévèrement jugée. La presse française de gauche est d'une extrême virulence, Alain Savary secrétaire d'État aux Affaires marocaines et tunisiennes démissionne. Bruno de Leusse, ambassadeur de France à Tunis, quitte lui aussi ses fonctions.

Pour le FLN, la capture de Ben Bella et de ses compagnons n'est pas une perte irrémédiable, car les cinq hommes sont des politiques qui peuvent être assez facilement remplacés. La rupture des relations avec la France est en revanche un coup dur pour les deux parties. Si en effet le FLN est désormais assuré de recevoir une aide puissante de l'Égypte, de la Tunisie et du Maroc, il n'a plus de dialogue direct avec la France. De son côté, Guy Mollet est furieux. L'opération s'est faite sans qu'il ait été informé et les négociations engagées secrètement à Rome avec le FLN sont rompues. La France est condamnée à une victoire militaire totale ou à l'abandon pur et simple de l'Algérie[réf. nécessaire].

Intensification des hostilités (1957-1958)[modifier | modifier le code]

L'année 1957 voit le déroulement de la bataille d'Alger. Sous les ordres du général Massu, la 10e division parachutiste fait du maintien de l'ordre dans la capitale. Les parachutistes (8 000 hommes) parviennent à anéantir les poseurs de bombes. Le FLN perd la bataille et sa structure dans la capitale est détruite.

Dans le même temps, le général Salan organise la contre-guérilla grâce à des techniques de quadrillage. Moins entrainés, les hommes du contingent ainsi que nombre de réservistes plus âgés sont le plus souvent cantonnés dans des casernes ou à établir des missions de surveillance tandis que les troupes mobiles organisent, sur le terrain, l'éradication des maquis[92]. Des ratissages et des opérations de recherche-destruction sont menés en permanence à l'aide d'hélicoptères. Des centaines de hameaux sont investis par les forces spéciales à la recherche de caches d'armes de la guérilla indépendantistes donnant lieu à un nombre élevé de dérapages.

Bataille d'Alger (7 janvier - 24 septembre 1957)[modifier | modifier le code]

Alger : Principaux attentats du FLN, les attentats terroristes des ultras européens partisans de l'Algérie française et opérations répressives par l'armée française sur la population musulmane avant et pendant la bataille d'Alger.

La Casbah, le maquis urbain[modifier | modifier le code]

Depuis 1954, accrochages et embuscades se succèdent dans le bled. L'attention se focalise sur les campagnes, notamment dans les Aurès et la Kabylie. Mais à partir de 1956, la direction du FLN s'oriente vers l'offensive urbaine et décide de faire de la capitale le théâtre d'une épreuve de force. Le but est de frapper au cœur de l'appareil colonial, de manière beaucoup plus spectaculaire. Il s'agit de démontrer la force du FLN aussi bien aux yeux de l'opinion publique française que de celle des pays étrangers. Les chefs nationalistes : Ramdane Abane, Krim Belkacem, Larbi Ben M'Hidi, Saad Dahlab et Benyoucef Benkhedda, s'installent donc clandestinement dans la Casbah d'Alger. Les cinq hommes ont créé la Zone autonome d'Alger (ZAA) et commencèrent par se répartir les tâches de la façon suivante : Ben Khedda se réserva les contacts avec les Européens et la direction de la nouvelle zone autonome d'Alger, détachée désormais de la wilaya IV, Dahlab, la propagande et la direction du journal El Moudjahid, Ben M'Hidi choisit d'être responsable de l'action armée à Alger (il était donc le supérieur direct de Yacef Saadi), Krim Belkacem s'attribua les liaisons avec toutes les wilayas, ce qui faisait de lui le chef d'état-major et le stratège de la lutte armée; Abane Ramdane enfin, devint le responsable politique et financier, c'est-à-dire, en fait, le no 1 en dépit de la collégialité voulue par les « cinq »[93].

Alger, capitale de l'Algérie, vaste agglomération de près de un million d'habitants, est en effet le symbole de la réussite française en Algérie. Centre nerveux de l'administration, elle est la principale place des affaires, le premier port, le plus grand aéroport. Surtout, elle abrite une partie importante des Français d'Algérie. Et c'est là que la presse française et internationale vient chercher ses informations. La ville symbolise aussi la situation du pays. Quoique française dans sa majorité Alger a toujours conservé un quartier « arabe », la célèbre Casbah. De plus, l'explosion démographique qui touche la population musulmane a entraîné l'installation, à la périphérie, de masses croissantes de prolétaires qui peuplent les bidonvilles.

Le dispositif du FLN repose sur un petit nombre de militants plus de 2000 à peu près qui ont su tisser, par la conviction ou la peur, un vaste réseau de soutiens et de complicités. Un groupe qu'on appelle « réseau bombes » chargé de la fabrication de bombes préréglées (dites « à retardement ») est mis sur pied. Pour les poser, on choisit des jeunes femmes, moins susceptibles d'éveiller les soupçons et ils dépendent tous d'un autre chef algérois nommé Yacef Saadi un fils de la Casbah. Les services de police enregistrent 26 515 attentats attribués au FLN durant l'année 1956[93].

Les attentats créent depuis mai 1956 une véritable psychose. Les engins meurtriers font blessés et morts dans toute la grande agglomération. Le FLN présente son action comme une riposte. C'est sa réponse aux premières exécutions de ses militants FLN condamnés à mort et guillotinés dans la fameuse prison Barberousse, ainsi à l'attentat meurtrier de la rue de Thebes dans la Casbah du 10 août qui a coûté la vie à entre 15 et 70 personnes et au moins 40 blessés[66], l'attentat perpétré par des « ultras - activistes » pieds noirs de l'Organisation de la résistance de l'Algérie française (ORAF) de la La Main rouge. Le but du FLN de faire régner une atmosphère d'insécurité générale, en multipliant attentats individuels et poses de bombes destinées à tuer des civils européens[93].

Au total, dans le grand Alger, le bilan officiel des attaques du FLN en quatorze mois est de 751 attentats, 314 morts et 917 blessés[66].

Les paras dans la ville[modifier | modifier le code]

Le gouvernement français décide de réagir et donne pour mission au général Massu de rétablir l'ordre. Il est fait appel à la 10e division parachutiste. Ses quatre régiments s'ajoutent aux éléments déjà sur place, notamment la police, la gendarmerie et les fantassins du 9e régiment de zouaves qui surveillent la Casbah. En tout, ils sont près de 10 000 hommes. Bien entraînés et très bien encadrés, les 4 000 paras sont spécialisés dans la lutte contre la guérilla. Leurs officiers se sentent profondément impliqués dans le conflit, très sensibles à sa dimension tant politique que militaire. Et beaucoup d'entre eux ont réfléchi aux techniques de la guerre subversive, notamment à partir de l'expérience indochinoise[94].

La riposte[modifier | modifier le code]

Le 7 janvier 1957, les paras entrent dans Alger, c'est le début de la bataille d'Alger. Chaque régiment s'attribue le contrôle d'un quartier, sous l'autorité du général parachutiste Jacques Massu qui a reçu tous les pouvoirs de police sur l'ensemble de l'agglomération algéroise. Grâce au fichier des renseignements généraux, les hommes de Massu établissent des listes de « suspects » en relation avec l'organisation clandestine. Ils sont interrogés, sommés de donner le nom du collecteur de fonds du FLN auquel ils versent leur cotisation. Grâce à ces informations, les militaires remonteront ensuite vers des chefs plus importants. Par la suite, les militaires vont interpeller de plus en plus d'Algériens, du militant qui peuvent détenir des informations très importantes au simple sympathisant[94]. Les énormes opérations de contrôle effectuées quartier par quartier vont se révéler très efficace.

En riposte, les responsables du FLN préparent une grève générale fixée au 28 janvier 1957. La date coïncide avec l'ouverture, à l'assemblée générale de l'Onu, d'un débat sur la question algérienne. C'est le moment idéal pour attirer l'attention de l'opinion publique internationale. Cette grève pourrait constituer le début, ou au moins la répétition générale, d'un vaste mouvement insurrectionnel fatal à la cause française.

Pour obtenir les renseignements, l'armée française utilise interrogatoires musclés, pressions morales, menaces sur les familles. Mais, la menace des bombes pousse à exiger des réponses rapides pour prévenir de prochains attentats. Elle incite à recourir à des méthodes brutales, d'autant plus facilement que certaines officines de la police et des services de renseignements de l'armée les utilisent déjà. Simples bousculades, violences aussi actes de torture devant la famille de la personne impliquée font partie du quotidien. Et les erreurs sur les personnes, parfois dues à de simples homonymie, ne sont pas rares[94]. Le recours à la torture est très rapidement dénoncé en métropole par les plus grands organes de presse[95] et par les activites du Parti communiste français comme Henri Alleg.

Dans le même temps, les officiers s'efforcent de prendre en main la population musulmane pour l'arracher au contrôle du FLN. La Casbah est devisée en groupes d'immeubles ou « îlots » (d'où « l'ilotage » donné au système). À chacun d'eux est affecté un habitant responsable, désigné par l'autorité, et chargé de servir à la fois de relais et d'informateur[94]. Le quadrillage de la ville a permis également de stopper le contre-terrorisme européen[66].

La défaite du FLN[modifier | modifier le code]

Les succès obtenus sont indéniables. Le 28 janvier, la tentative de grève générale dite : « Grève de huit jours » est brisée par des méthodes expéditives : les ouvriers et les employés sont conduits au travail sous la contrainte. Les volets des magasins demeurés fermés sont arrachés et leur contenu livré au pillage[réf. nécessaire].

Nombre de responsables FLN sont arrêtés : Larbi Ben M'Hidi le 23 février. Le 27 février 1957, la direction du FLN (Zone autonome d'Alger), menacée elle aussi d'arrestation, doit quitter Alger pour l'étranger, avec son leader, Ramdane Abane et les autres trois nationalistes Krim Belkacem, Saad Dahlab et Benyoucef Benkhedda.

Le « réseau bombes » est aussi démantelé. De 112 en janvier, le nombre d'attentats passe à 29 en mars : le commandement français pense avoir remporté la victoire. Ce n'est pourtant qu'un répit. Le 3 juin, une bombe explose près d'un arrêt de bus. Le 9 juin, un attentat vise un dancing au Casino de la Corniche. Mais des opérations de « retournement » d'anciens militants du FLN sont mises en place [94].

Le 24 septembre, Yacef Saadi le chef du « réseau bombes » et de la guérilla urbaine est arrêté et ses derniers compagnons ont péri dans leur cache de la Casbah dynamitée par la 10e division parachutiste. Ce fait d'armes marqua la fin de la bataille d'Alger.

Au total, la « guerre urbaine » du FLN se solde par un cuisant échec. Une partie des réseaux de la Zone autonome d'Alger est démantelée. L'autre partie est forcée à rentrer dans l'ombre et pour longtemps. En octobre 1957, l'armée française a éliminé 1 827 combattants du FLN dont plus de 200 ont été tués, 253 arrêtés, ainsi que 322 collecteurs de fonds, 985 propagandistes, 267 membres des cellules. 812 armes ont été saisies, ainsi que 88 bombes et 200 kilos d'explosif[66].

Massacre de Melouza (mai 1957)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Massacre de Melouza.

La rivalité entre le Front de libération nationale (FLN) et le Mouvement national algérien (MNA) donne lieu au massacre de Melouza.

C'est en 1956 que le douar de Melouza, un bourg situé sur les hauts plateaux au nord de la ville de M'Sila, à la charnière du Constantinois et de la Kabylie, passa au FLN (Front de libération nationale)[96]. Néanmoins, l'importante population des Beni-Illemane suit le MNA (Mouvement national algérien) du « général » Mohammed Bellounis partisan de Messali Hadj, rival du FLN. Ces troupes du MNA bénéficient de la neutralité, voire d'un soutien discret de l'armée française qui trouve là un moyen de contrer le FLN. Celui-ci, pour lequel la région de Melouza revêt une grande importance stratégique, s'en voit peu à peu éliminé[96],[97]. Certains émissaires sont abattus. Les clivages culturels enveniment le conflit, une grande partie de la population étant arabophone et supportant mal les exigences des maquisards kabyles.

À l'aube du 28 mai 1957, 400 hommes de l'ALN encerclent le village. À midi, la résistance bellouniste cesse, faute de munitions. les djounouds de l'ALN font sortir les hommes du village et, à coups de crosse, au milieu des gémissements des femmes et des enfants, les font avancer, vers Mechta-Kasbah, petit hameau situé au-dessus du village. Tous les prisonniers sont abattus au fusil, au couteau, à coups de pioche[98],[96],[97].

Dans les maisons et les ruelles transformées en abattoir, l'armée française, à son arrivée sur les lieux deux jours plus tard, dénombrera 315 cadavres[98].

L'« engagement » de l'Algérie (septembre 1957)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Ligne Morice.
Barrage électrifié Est « Ligne Morice » sur la frontière algéro-tunisienne
L'« encagement » de l'Algérie par les barrages électrifiés, la surveillance maritime et aérienne.
Barrage électrifié ouest sur la frontière algéro-marocaine :
Obstacle continu :
(réseau de barbelés électrifiés et minés).
Obstacle discontinu :
(canons à tir automatique déclenché par radar).
Les katibas de l'ALN sont représentées en petits cercles verts.
Schéma d'un type de mines antipersonnel « mine bondissante », la plus répandue sur les barrages électrifiés Est-Ouest.
Démonstration de l'explosion :
* 1-Petite charge explosive de propulsion, l'envoi de la mine dans l'air de 3 à 5 mètres.
* 2-charge explosive principale.
* 3-Éclats de métal pulvérisent les environs à l’horizontal et à plusieurs mètres.

Pour les combattants de l'Armée de libération nationale (ALN), l'approvisionnement en armes et en munitions est une question vitale. En décembre 1954, ils ne disposent que de 400 fusils de chasse.

En 1955, la situation n'évolue guère, car les troupes françaises présentes au Maroc et en Tunisie assurent la surveillance des frontières. Tout change en mars 1956 avec la proclamation de l'indépendance de ces deux pays. L'ALN en profite pour y installer des bases où arrivent les armes achetées à l'étranger.

Le plus difficile est de leur faire franchir la frontière, car la Marine nationale surveille étroitement la côte algérienne et le Sud saharien, très inhospitalier, est régulièrement survolé par l'aviation. Restent les frontières terrestres de l'est et de l'ouest. Le relief montagneux y est plutôt favorable à l'ALN et des bandes s'installent à cheval sur la frontière tunisienne.

En juillet 1956, elles compteront jusqu'à 1 200 hommes dont la majorité en Tunisie. En octobre 1956, le 2e bureau d'Alger estime que quatre bases sont constituées à l'est, deux à l'ouest et trois au sud du Maroc. Ce sont à la fois des centres de transit et des camps d'entraînement, des unités de guérilla et même des troupes régulières. À l'époque, les frontières sont assez perméables puisque, entre 1956 et 1957, 15 000 armes de guerre rejoignent l'Algérie à partir du Maroc et de la Tunisie.

Le commandement français comprend que pour vaincre l'Armée de libération nationale (ALN), il faut stopper les renforts venus de l'extérieur.

Le problème est que ces frontières sont très difficiles à surveiller : d'une part, elles sont très étendues et, d'autre part, elles traversent des régions montagneuses et des plateaux désertiques. De plus, il faut éviter de consacrer trop d'hommes à cette mission car, à l'intérieur de l'Algérie, l'armée doit consacrer de nombreux effectifs au quadrillage du terrain et à la pacification.

À l'origine, il n'est pas question d'établir un barrage continu, mais simplement d'affecter des détachements très mobiles à la surveillance des points de passage habituels de l'ALN. Mais cette tactique trouve rapidement ses limites et, en 1956, un réseau de barbelés de 4 m de large est établi sur la frontière marocaine. On s'aperçoit alors qu'il est impossible d'empêcher les combattants de l'ALN de passer sans tirer sur eux alors qu'ils n'ont pas encore franchi la frontière, eux-mêmes ne se gênant pas pour ouvrir le feu contre les troupes françaises depuis le territoire marocain.

Pour éviter la multiplication des incidents, le barrage est reporté de quelques kilomètres à l'intérieur. En même temps que l'on isole la frontière, on assure une meilleure protection de la voie ferrée Oran-Méchria, Aïn Sefra-Colomb Béchar, qui est l'objet de nombreux sabotages.

Le barrage lui-même est renforcé par de nombreux postes de surveillance fortifiés. Des mines ancrées au sol par des plaques de béton sont mises en place. Il est impossible à l'adversaire de les relever pour les réutiliser comme l'avait fait le Việt Minh pendant la guerre d'Indochine.

Dans la région de Maghnia à la frontière marocaine, un officier du Génie, le colonel Durr, expérimente un barrage électrifié sur une dizaine de kilomètres. Le résultat si concluant que ce type d'obstacle va devenir la norme. On aura donc un réseau trapézoïdal de barbelés à l'intérieur duquel passe un courant électrique de 2 500 volts. En arrière de ce premier obstacle, une seconde ligne électrifiée à 5 000 volts précède un fouillis de barbelés, lui-même suivi d'un champ de mines et de piquets métalliques « tapis de fakir ». C'est du moins ce qu'on montre aux journalistes car, en 1956, le barrage est loin d'être terminé, Il faudra attendre le 15 septembre 1957 pour que les 900 km de la frontière ouest soient efficacement protégés[99].

À l'est, la défense a longtemps reposé sur les groupes d'intervention de l'armée de terre, mais le développement de l'activité de l'ALN en Tunisie va bientôt imposer la construction d'un barrage similaire. La Tunisie est en effet dans une situation géographique encore plus favorable que le Maroc, puisque les armes que l'ALN achète à l'étranger transitent librement par la Libye. Comme à l'ouest, le barrage permettra de protéger la voie ferrée Bône-Tébessa-Negrine.

Par une directive du 26 juin 1957, André Morice, ministre de la Défense, accorde la priorité à ce barrage en y affectant crédits et effectifs, d'importants moyens de génies venus de métropole . Le barrage électrifié jusqu'à Tébessa doit être impérativement terminé en octobre 1957 puis, le 14, la décision est prise de le prolonger jusqu'à Negrine, d'abord par un réseau non électrifié mais couplé avec une surveillance par canons assistés de radars, ce que le terrain plat et dégagé au sud rend possible.

Commencée en août 1957, la « Ligne Morice » à la frontière algéro-tunisienne, le réseau de la ligne est formé de 2 haies centrales de 2,40 m de hauteur en haute tension de 5 000 volts, sera déclarée opérationnelle le 15 septembre 1957, en même temps que la Ligne Pedron, nom qui a été donné au barrage ouest à la frontière marocaine. Il ne s'agit pas d'un obstacle infranchissable, mais les militaires l'apprécient car il représente pour eux une alarme signalant et localisant un franchissement. Les troupes interviennent alors avec éventuellement l'appui des blindés et de l'aviation. En arrière de la piste technique permettant aux électromécaniciens d'entretenir et de réparer la haie électrifiée, court une piste tactique destinée à la circulation rapide des blindés de surveillance. Les hommes surnommeront rapidement ce dispositif la « herse ». Et comme l'importance de la Ligne Morice est vitale, un second barrage est établi à la frontière marocaine à partir de la fin 1958. Il renforce la « Ligne Morice » en avant de laquelle il est installé[99].

Champs de mines des barrages électrifiés[modifier | modifier le code]

De 1958 à 1962,pour une longueur totale de 1 200 km plus de 3 300 000 mines sont posées sur les barrages orientaux (« Ligne Morice » à la frontière algéro-tunisienne) soit plus du double que pour le barrage occidental. Le total cumulé pour la guerre d'Algérie, selon le colonel Jacques Vernet, est de 6 200 000 mines (antipersonnel, 400 000 « mines bondissantes » et 230 000 « mines éclairantes »). Résultat: l'ALN perd 3 000 hommes sur le barrage Est et 600 sur le barrage Ouest, les troupes françaises déplorent 146 et 109 tués, Le barrage, ce sont donc aussi ces débris humains et animaux, projetés par l'explosion de mines sur les barbelés[100].

Sur les hauteurs d'Alger, le monument mémorial des Martyrs propose depuis le 1er novembre 1984, dans une salle dédiée aux « Lignes Challe et Morice », un échantillonnage de tous ces engins sournois. Les mines qui se confondent avec le sol lessivées par les pluies, entraînées par les glissements de terrain, continuent de frapper hommes et bêtes sur les frontières occidentale et orientale de l'Algérie après l'indépendance.

En novembre 2007, lors de sa visite d'État en Algérie, le président Nicolas Sarkozy offre à son homologue algérien les plans des zones minées sur les barrages Est-Ouest.

Assassinat d'Abane Ramdane, premier crime politique entre dirigeants FLN (décembre 1957)[modifier | modifier le code]

Fin février 1957, laminé lors de la bataille d'Alger, le Front de libération nationale (FLN) connait une passe difficile. Pour Krim Belkacem, le dernier de ses fondateurs encore vivant, il en va même de la survie de l'organisation. L'« historique » sonne donc le ralliement des chefs de l'Armée de libération nationale (ALN) contre les « politiques » , rangés derrière Ramdane Abane, étoile montante de la révolution. Une coalition hétéroclite se forme autour de Krim Belkacem dont Lakhdar Bentobal et Abdelhafid Boussouf, habitué des pratiques policières qui sèment la terreur dans la population immigrée comme parmi les combattants[101] Fort du principe de la prééminence du politique sur le militaire, Abane dénonce brutalement Boussouf une fois de plus lors de la réunion du Comité de coordination et d'exécution (CCE) en juillet 1957. C'est une fois de trop aux yeux de certains de ses opposants. La session du Conseil national de la révolution algérienne (CNRA) d'août 1957 voit le triomphe de Krim Belkacem et la première résolution adoptée stipule: « Il n'y a pas de primauté du politique sur le militaire ni de différence entre l'intérieur et l'extérieur. » Désormais, la militarisation du FLN est totale : il n'aura aucune existence propre en dehors de l'ALN. Ainsi, note l'historien Mohammed Harbi, commence l'ère des seigneurs de la guerre. « À la direction, écrit-il, il n y a plus de tendances politiques, mais des clans. les liens d'intérêts personnels prennent la place des affinités politiques. Personne n'a de stratégie cohérente pour le présent et pour l'avenir. le problème est de durer. Chacun se méfie de chacun et se préoccupe surtout de réagir à toute initiative pour pouvoir éventuellement la neutraliser. »[101],[102].

Vaincu, Ramdane Abane continue de gêner, car il s'obstine à dénoncer les dangers que font courir les « féodaux» à la révolution, menaçant de retourner bientôt dans le maquis pour reprendre en main la résistance intérieure. Le 27 décembre 1957, ses adversaires à leur tête Abdelhafid Boussouf l'attirent dans un guet-apens au Maroc et l'étranglent avec un fil de fer dans une ferme près de Oujda. Maquillé par ses responsables en glorieuse mort au combat, cet assassinat inaugure une florissante tradition de meurtres entre dirigeants après l'indépendance[103],[102].

L'ALN malade de la « Bleuite » (1958)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Bleuite.

La « Bleuite », appelée parfois le « complot bleu », est une opération d'infiltration et d'intoxication à grande échelle, montée par le SDECE (services secrets français) à partir de 1957. Cette opération consista à dresser des listes de prétendus collaborateurs algériens de l'armée française et à les faire parvenir jusqu’aux chefs de l’Armée de libération nationale (ALN), le bras armé du FLN, pour y susciter des purges internes.

Fin 1957, après la bataille d'Alger, le FLN de la capitale est exsangue, et ses chefs morts ou en prison. Le colonel Amirouche le chef ALN de la wilaya III en (Kabylie), entre en contact avec le dernier survivant des militants FLN de la Zone autonome d'Alger, Ghandriche, dit Safy « le Pur ». Il le charge de reconstituer son réseau aux côtés de deux autres hommes, Rani Mohamed à Alger et Kamal dans le maquis. Mais Safy et Hani sont des « retournés », de l'équipe des « bleus de chauffe » manipulés par un officier parachutiste Paul-Alain Léger des services du Groupe de renseignements et d'exploitation une branche du SDECE auprès de l'état-major Alger-Sahel qui a joué un grand rôle dans le démantèlement de la Zone autonome d'Alger durant la bataille d'Alger[104].

Cette opération d'intoxication entraînera d'importantes pertes humaines parmi les katibas des wilaya III et wilaya IV en particulier[105], chef de la zone de la wilaya III. Ahcène Mahiouz, chef de la zone 1 de la wilaya III et adjoint du colonel Amirouche, s'étant fait ainsi intoxiquer fait torturer et liquider des centaines d'hommes et de femmes voyant des traîtres et des espions partout, notamment les jeunes intellectuels, étudiants, médecins qui avaient rejoint le maquis. Il réussit à convaincre le colonel Amirouche que la trahison règne partout et qu'il faut épurer massivement, ce dernier écrit aux chefs des autres wilayas, le 3 août 1958 pour les avertir[106],[107].

La « bleuite » fera plusieurs milliers de victimes. Des katibas de l’Armée de libération nationale (ALN) en sortent très affaiblies et hors d'état d'entreprendre des opérations pendant de longs mois. Quelques voix, telle celle de Mohand Oulhadj, futur chef de la wilaya III, essayèrent de faire entendre raison au colonel Amirouche[réf. nécessaire]. Les estimations des pertes sont de 3 000 personnes dans la wilaya III (Kabylie), 2 000 en wilaya I (Aurès), 1 500 en wilaya IV (Algérois) et 500 en wilaya V (Oranais)[107]. Une conséquence plus lointaine des purges menées dans les différentes wilayas sera la perte de ces jeunes intellectuels pour l'Algérie indépendante[107].

Décimés et découragés, les maquis de l'ALN ne purent qu’attendre le coup de grâce. Il leur fut donné, lorsque le commandement français décida de déclencher les grandes opérations prévues par le plan Challe.

Bataille des frontières (21 janvier au 28 mai 1958)[modifier | modifier le code]

Surveillance de la ligne Morice par des soldats français à Souk Ahras

Depuis janvier 1958 l'Armée de libération nationale (ALN) trop éprouvé par le choc frontal avec les barrages électrifiés de la Ligne Morice et les unités parachutistes de l'armée française cherche par tous les moyens à faire rentrer en Algérie le maximum possible d'unités de combat et des armes destinés aux chefs de l'ALN qui commandent les combats contre l’armée française à l'intérieur du pays. Confronté à une situation toujours plus délicate, l'armée française cherche des parades efficaces aux infiltrations des frontiere algéro-tunisienne plus nombreuses depuis l'indépendance de la Tunisie en 1956. En automne 1957, plus de 2 000 armes par mois passent la frontière et sont distribuées dans les willayas I, II et III. Le gouvernement français exerce de fortes pressions sur la Tunisie, la menaçant même de représailles si les franchissements continuent. En vain. La solution ne peut être que militaire. La mission principale des forces françaises devient l'interception et la destruction des bandes armées qui traversent le barrage de la ligne Morice, s'étendant sur 460 kilomètres de la Méditerranée aux confins sahariens[108].

Conscients du danger d'asphyxie que représentent pour eux le barrage électrifié et miné de la « Ligne Morice » aux frontières, particulièrement celui qui les isole de la Tunisie, les chefs de l'ALN s'efforcent de trouver la parade. Dès la fin de l'année 1957, ils ont multiplié les sabotages de la haie électrifiée, creusé des tunnels pour passer sous l'obstacle et tenté de déborder le barrage par le sud.

La bataille des Frontières qui débute en janvier 1958 et dure jusqu'en mai va porter un coup fatal aux katibas de l'ALN. Cette défaite va déboucher sur une crise politique sans précédent au sein du FLN. Elle fut la plus grande bataille de toute la guerre d'Algérie qui a marqué néanmoins un tournant en faveur de l'armée française.

Les pertes françaises sont élevées : 273 tués et 800 blessés. Celles de l'ALN sont encore plus lourdes : près de 4 000 morts, 590 prisonniers. Une énorme quantité d'armes individuelles et collectives a été saisie. Surtout, l'Algérie est hermétiquement « encagée ». Ayant perdu la bataille des frontières, l'Armée de libération nationale (ALN) ne peut plus être ravitaillée de l'extérieur. Militairement, la France a pratiquement gagné la bataille des frontières[109].

Putsch d'Alger et Comité de salut public (mai 1958)[modifier | modifier le code]

À la suite du départ de Félix Gaillard qui laisse vacant le poste de chef du gouvernement, une grave crise ministérielle s'installe le 15 avril. L'armée prend alors le pouvoir le 13 mai 1958, à Alger.

À 18 heures, Pierre Lagaillarde, leader étudiant de la rébellion contre la république française et commandant de réserve, lance ses miliciens du Groupe des 7 à l'assaut de l'immeuble du Gouvernement Général d'Alger, symbole de l'autorité nationale et de la République française. À 18 h 30 le « GG » présidé par le gouverneur Lacoste (SFIO) tombe aux mains des rebelles. À Paris, en réaction au « putsch d'Alger », le Gouvernement Pierre Pflimlin (MRP) est créé, il durera jusqu'au 28 mai 1958. L'image de la France dans le monde, et plus particulièrement en Europe occidentale en est fortement dégradée.

Pendant ce temps à Alger, le général Massu, commandant la 10e division parachutiste de la bataille d'Alger, prend la tête du comité de Salut Public et fait savoir au président René Coty de l'Union républicaine (UR) qu'il attend la formation d'un « gouvernement de Salut Public ».

Le 16 mai, des manifestations de « fraternisation » entre Européens et musulmans ont lieu sur la place du Forum à Alger. À propos de ces événements, le Président du Conseil de Gaulle déclare lors de son premier voyage en Algérie, le 6 juin 1958 à Mostaganem, département d'Oran :

« Il est parti de cette terre magnifique d'Algérie un mouvement exemplaire de rénovation et de fraternité. Il s'est élevé de cette terre éprouvée et meurtrie un souffle admirable qui, par-dessus la mer, est venu passer sur la France entière pour lui rappeler quelle était sa vocation ici et ailleurs… Il n'y a plus ici, je le proclame en son nom et je vous en donne ma parole, que des Français à part entière, des compatriotes, des concitoyens, des frères qui marchent désormais dans la vie en se tenant par la main »

— Discours de Mostaganem, 6 juin 1958

Le 1er juin, à la suite de l'Opération Résurrection en Corse qui annonce l'imminence d'un putsch à Paris, le président annonce qu'il délègue ses pouvoirs au « plus illustre des Français », le général de Gaulle. Celui-ci forme un gouvernement de salut public et dans la foulée annonce la création d'une nouvelle constitution. C'est la fin de la Quatrième République.

De Gaulle et la conduite des affaires algériennes (1958-1962)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Je vous ai compris.

Retour aux affaires et Ve République (septembre 1958-1959)[modifier | modifier le code]

Proposé sous la présidence de la République de René Coty et du gouvernement dirigé par Charles de Gaulle, le Référendum du 28 septembre 1958 demandait aux Français de ratifier le texte de la nouvelle constitution qui posait les fondements de la Cinquième République. Confortée par plus des quatre cinquièmes des voix, la constitution fut promulguée le 4 octobre 1958 et la Ve République proclamée le jour suivant. Dans les colonies françaises le référendum vise également à la création de la Communauté française.

Concernant la signification du référendum en l'Algérie, le général de Gaulle déclare le 30 août 1958:

« Par leur vote, les habitants de l’Algérie vont fournir une réponse à la question de leur propre destin. Les bulletins qu’ils mettront dans l’urne auront, sur un point capital, une claire signification. Pour chacun, répondre « oui » dans les circonstances présentes, cela voudra dire, tout au moins, que l’on veut se comporter comme un Français à part entière et que l’on croit que l’évolution nécessaire de l’Algérie doit s’accomplir dans le cadre français[110] »

96 % des Algériens, Européens et musulmans, soit 75 % des 4 412 171 électeurs inscrits, disent « oui » à la nouvelle Constitution malgré les appels en faveur du boycottage lancé par le FLN. Il s'agit du premier scrutin auquel les femmes algériennes participent[111],[112]. Après les résultats du référendum en Algérie, de Gaulle déclare le 3 octobre à Constantine :

« Trois millions et demi d'hommes et de femmes d'Algérie, sans distinction de communauté et dans l'égalité totale, sont venus des villages de toutes les régions et des quartiers de toutes les villes apporter à la France et à moi-même le bulletin de leur confiance. Ils l'ont fait tout simplement sans que quiconque les y contraigne et en dépit des menaces que des fanatiques font peser sur eux, sur leurs familles et sur leurs biens. Il y a là un fait aussi clair que l'éclatante lumière du ciel. Et ce fait est capital […] pour cette raison qu'il engage l'une envers l'autre et pour toujours l'Algérie et la France[113]. »

Il annonce également un vaste plan d'investissement en Algérie, le Plan de Constantine, laissant entendre un engagement durable de la France en Algérie. Cependant la toute nouvelle constitution prévoit dans son article 53 qu'une partie du territoire français puisse être cédée avec l'accord des populations concernées en vertu d'une simple loi[114],[115].

Le 16 septembre 1959, De Gaulle ouvre dans un discours la voie à l'autodétermination. Il annonce que l'ensemble des Algériens auront à se prononcer sur leur avenir. Trois options se dessinent[116] :

  • ou bien la sécession conduisant de fait à l'indépendance.
  • ou bien la francisation conduisant, en raison de l'égalité des droits, à un unique État de Dunkerque à Tamanrasset.
  • ou bien un gouvernement autonome en Algérie, en association avec la France qui garderait ses prérogatives sur l'économie, l'enseignement, la défense et les affaires étrangères.

De Gaulle ne cache pas son hostilité aux deux premières solutions. Selon lui, la première risque de conduire à la misère et à une dictature communiste. En ce qui concerne la seconde, il avait expliqué à Alain Peyrefitte, en mars 1959 : « [...] Les musulmans, vous êtes allés les voir ? Vous les avez regardés avec leurs turbans et leurs djellabas, vous voyez bien que ce ne sont pas des Français ! Ceux qui prônent l'intégration ont une cervelle de colibri, même s'ils sont très intelligents. Essayez d'intégrer de l'huile et du vinaigre. Agitez la bouteille. Au bout d'un moment, ils se séparent de nouveau. Les Arabes sont des Arabes, les Français sont des Français. Vous croyez que le corps français peut absorber 10 millions de musulmans qui demain seront 20 millions, et après demain 40 ? Si nous faisons l'intégration, si tous les Arabes et Berbères d'Algérie étaient considérés comme Français, comment les empêcherait-on de venir s'installer en métropole, alors que le niveau de vie y est tellement plus élevé ? Mon village ne s'appellerait plus Colombey-les-Deux-Églises, mais Colombey-les-Deux-Mosquées ! [...][117]. »

La possibilité d'une sécession, ouverte par ce discours du 16 septembre et l'utilisation du suffrage universel, inquiète les partisans de l'Algérie Française.

Extension de la guerre à la métropole (août 1958) et guerre civile FLN - MNA[modifier | modifier le code]

En août 1958, les Français de la métropole découvrent que la guerre a franchi la Méditerranée. Dans la nuit du 26, une quinzaine d'attentats ont été commis dans plusieurs régions ayant pour cibles militaires, postes de police, voies ferrées, dépôts d'essence et raffineries. Les attentats du mois d'août font 17 morts parmi les policiers, 6 parmi les militaires[66].

Ces attentats ont pour but de démontrer à l'opinion publique française que le FLN est toujours actif. Néanmoins, l'essentiel de l'effort militaire de l'organisation algérienne se porte contre le Mouvement national algérien (MNA) beaucoup mieux implanté en France. Cette guerre civile entre les deux organisations indépendantistes sera extrêmement sanglante. Elle est à l'origine de 4 300 morts dont 4 055 morts algériens pour seulement 152 victimes civiles françaises, 16 militaires, 53 policiers et 24 supplétifs musulmans[66],[118],[119].

La Fédération de France du FLN est ainsi parvenue à prendre le contrôle de la communauté algérienne établie en France et des importantes collectes de fonds venant de la métropole en éliminant les partisans de Messali Hadj.

Mort du colonel Amirouche lors de la bataille de Djebel Tsameur (mars 1959)[modifier | modifier le code]

Carte de la bataille de Djebel Tsameur au sud de Boussada, le colonel Amirouche y trouvera la mort en mars 1959.

Le colonel Amirouche qui voulait se présenter à Tunis pour rencontrer le Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA), le 6 mars 1959, se met en route accompagnés par 40 combattants. Son itinéraire fut vraisemblablement communiqué au commandement français par un opérateur radio du MLAG aux ordres d'Abdelhafid Boussouf, qui désirait se débarrasser de deux « contestataires » trop encombrants[120],[121].

Pris dans une embuscade, le groupe se fait encercler par des éléments importants de l'armée française. Après un combat, violent et inégal, on dénombre cinq prisonniers et trente-cinq tués algériens. Parmi les cadavres, le colonel Amirouche et Si El Haouès.

Plan Challe (1959-1961)[modifier | modifier le code]

La pertinence de cette section est remise en cause, considérez son contenu avec précaution. En discuter ?
Article détaillé : Plan Challe.
La carte des grandes opérations militaires du « plan Challe » menées sur tout le territoire algérien, de 1959 à 1961

Jusqu'à la fin de 1958, l'initiative appartient aux maquisards de Armée de libération nationale (ALN). Le général Challe nommé en décembre commandant en chef des forces armées en Algérie, est chargé d'inverser la tendance. Avec ses collaborateurs il présente le plan qui portera son nom. Il doit permettre aux Français de profiter à plein de l'avantage que leur donne la puissance de leur armée, supérieurement équipée et ravitaillée, et composée de 475 000 hommes contre 50 000 maquisards dans l'ALN. Même s'il apparaît essentiellement comme un homme d'état-major, le général Challe va très vite donner confiance aux cadres de l'armée qui ont longtemps eu l'impression de manquer de perspectives d'ensemble[122].

Jusque-là, l'armée française privilégiait le « quadrillage » : des unités fixes étaient chargées de tenir les points sensibles du pays. Tandis que les unités mobiles de « réserve générale » comprenant en particulier les régiments parachutistes se trouvaient trop souvent réduites à des missions ponctuelles. Le « plan Challe » consiste à dégager le maximum de ces troupes de réserve et à les engager de manière systématique, en concentrant successivement leurs efforts sur une série de zones données. Le but est : d'affaiblir et de désorganiser les unes après les autres les unités de l'ALN. Elles seront en effet incapables de se reconstituer puisque, depuis 1958, des barrages électrifiés solidement gardés verrouillent l'accès aux frontières marocaine et tunisienne, et la Marine assure une surveillance à peu près totale des côtes. Cette phase de démantèlement achevée, les troupes de quadrillage seront ensuite assez fortes pour affronter seules ce qui subsistera des groupes armés, au moyen de petites unités légères et mobiles, les « commandos de chasse ».

La mise en œuvre du plan repose sur deux éléments essentiels : le renseignement et la mobilité des troupes. Le renseignement est placé sous la responsabilité du CCI (centre de coordination interarmées), représenté, aux échelons régionaux, par les DOP (Dispositif opérationnel de protection, qui travaillent avec les officiers de renseignements (OR) des unités. Les informations obtenues lors des interrogatoires de prisonniers permettent d'étudier minutieusement les zones de déplacement et de refuge des unités de l'ALN. Les troupes d'intervention seront alors envoyées dans les délais les plus rapides, notamment par hélicoptère. Tandis que les « commandos de chasse » constitués par les harkis - Algériens musulmans engagés aux côtés de l'armée française régulière - pourront traquer l'adversaire dans les terrains les plus difficiles.

Le général Challe compte beaucoup sur ces supplétifs, volontaires pour un service court de six ou douze mois renouvelables. « Nous ne pacifierons pas l'Algérie sans les Algériens », écrit-il en 1959. En plus des 60 000 harkis (chiffre de 1960), il veut parler des 20 000 moghaznis et des 9 000 hommes des Groupes mobiles de sécurité (GMS), nouveau nom des GMPR (groupes mobiles de protection rurale). Ou encore des petites milices dites « groupes d'autodéfense » (GAD), organisées, plus ou moins spontanément, dans des villages hostiles aux combattants de l'ALN. Leur effectif se monterait à une soixantaine de milliers d'hommes, dont une trentaine de milliers armés par la France.

Les soldats français vont chercher les maquisards de l'ALN sur leur terrain. Entre février 1959 et septembre 1960, les opérations militaires prévues par le « plan Challe » balaient le nord de l'Algérie d'Ouest en Est. Du plus facile, l'Oranais, au plus difficile, le Nord Constantinois, largement dominé par l'ALN. Après le départ de Challe en avril 1960, le général Crépin prend le relais et complète le dispositif avec les opérations « Cigale », « Prométhée », « Flammèches » et « Trident » qui s'étalent jusqu'en avril 1961. Les chefs de l'armée française créent des zones interdites qu'ils vident de leur population. Ils veulent ainsi isoler les combattants de l'ALN des civils qui les nourrissent, les soignent et les cachent. les habitants sont regroupés dans des villages près des postes militaires. En 1960, plus de deux millions de personnes sont concernées. Pauvreté accrue, perte des valeurs, les conséquences humaines, économiques et sociales sont dramatiques pour ces civils coupés de leurs terres.

Les opérations du « plan Challe[modifier | modifier le code]

Que ce soit par la route, par les airs ou encore par voie maritime vingt-cinq mille hommes venus renforcer les quinze mille militaires du « plan Challe », il commence par la wilaya V, la plus avancée dans la voie de la pacification, du 6 février au 6 avril 1959, puis il continue en wilaya IV par l'opération « Courroie », couronne montagneuse de l'Algérois et Ouarsenis, du 18 avril au 19 juin, et, avec une moindre intensité, dans le Sud Département d'Oranais, du 15 mai au 15 octobre. Pour éviter un repli vers l'est des unités kabyles, l'opération « Étincelle » traite le monts du Hodna, reliant la wilaya III à la wilaya I, du 8 au 20 juillet, puis l'opération « Jumelles » s'appesantit sur la wilaya III, du 22 juillet 1959 à la fin de mars 1960. Peu après, les opérations « Pierres précieuses» (« Rubis », « Saphir», « Turquoise », « Émeraude » et « Topaze ») s'abattent sur la wilaya II, entre le 6 septembre et le 9 novembre 1959, jusqu'en avril 1960; puis une deuxième série d'opérations « Pierres précieuses » revient sur les mêmes régions pendant plusieurs mois, jusqu'en septembre 1960[122].

Après le départ du général Challe en avril, son successeur, le général Crépin, revient encore sur l'Ouarsenis (« Cigale », du 24 juillet au 24 septembre 1960) et sur l'Atlas saharien (opérations « Prométhée », d'avril à novembre 1960), mais il porte son principal effort sur la wilaya I : opération « Flammèches » dans les monts du Hodna, du 21 au 31 mai, puis opérations «Trident » d'octobre 1960 jusqu'en avril 1961. Dans toutes ces régions, les commandos de chasse prennent la relève des réserves générales. En même temps, l'armée continue à démanteler par tous les moyens l'OPA qui encadre la population. C'est la tâche des officiers de renseignement et d'organismes spécialisés en marge de la hiérarchie militaire ordinaire : les DOP créés en 1957 dans le cadre du Centre de coordination interarmées (CCI), et les centres de renseignement d'action (CRA), créés en 1959.

Victoire militaire et défaite politique ?[modifier | modifier le code]

Le « plan Challe » a permis à l'armée française de reprendre assez largement l'initiative des opérations. Il a infligé à l'Armée de libération nationale (ALN) de grosses pertes, sans doute la moitié de son potentiel estimé, soit 25 000 hommes. Les survivants ont été contraints de se disperser et de se cacher. Leur moral s'est trouvé d'autant plus atteint qu'ils ont eu le sentiment de ne pas avoir été soutenus par la direction de leur mouvement, installée en Tunisie et au Maroc. Un nombre non négligeable de combattants sont passés dans le camp français. Certains responsables ont même accepté d'entrer en contact avec les autorités françaises pour mettre fin aux combats. Le chef de la wilaya IV, Si Salah, a été ainsi reçu secrètement à l'Élysée le 10 juin 1960. Mais certains militaires iront jusqu'à accuser ouvertement l'entourage du général de Gaulle d'avoir refusé d'exploiter ces ouvertures et d' avoir contribué à faire disparaître Si Salah (tué en juillet 1961 dans une embuscade) pour supprimer un témoin gênant.

Cette victoire militaire est-elle totale? La manière dont les services de propagande de l'armée ont présenté le « bilan » en termes de « hors-la-loi abattus », « armes saisies », ou « populations ralliées » comme s'il s' agissait d'autant de coups décisifs portés à l'ennemi, est sans doute exagérément optimiste. Les réalités sont moins satisfaisantes. Ainsi, le colonel Bigeard, recevant le général de Gaulle à Saïda en août 1959, déclare, après avoir présenté un ensemble de très brillants résultats : la « pacification semble se dérober comme un mirage, en dépit de progrès indiscutables, à mesure que le temps passe. [...] Le mal est profond, le cancer bien accroché.» La dissolution des katibas de l'ALN, éclatés en petits groupes de quelques hommes, moins vulnérables, pose notamment problème[122].

Par ailleurs, si l'efficacité militaire des « bandes » est devenue à peu près nulle, les capacités d'actions dites « terroristes » demeurent. Le général De Gaulle avait déclaré, le 16 septembre 1959, qu'on pourrait considérer comme acquis le retour à la paix lorsque le nombre « d'embuscades et attentats mortels » serait inférieur à 200 en un an. Or, à la fin de 1960, le nombre d'attentats contre les civils se monte à environ 300 par mois. Le nombre de morts du seul côté français s'élève à 3 700. La moitié sont des civils. Surtout, la guerre est loin d'être gagnée sur le plan politique. En Algérie, le réseau des militants FLN, capable de continuer l'action de propagande et d'encadrement, a réussi à survivre. Les manifestations musulmanes d'Alger, en décembre 1960, soulignent la popularité de l'idée d'indépendance. En France, la guerre divise de plus en plus l'opinion, et la participation des appelés du contingent aux opérations est de plus en plus mal acceptée. À l'étranger, le GPRA (Gouvernement provisoire de la République algérienne) bénéficie d'une audience croissante non seulement dans le monde arabe et les pays de l'Est (l'URSS et les États satellites, la Chine), mais aussi dans le Tiers-Monde, et même chez les alliés de la France, (comme les États-Unis et jusqu'à la République fédérale allemande). En octobre 1959, le général Challe déclare devant son état-major : « Leur propagande est meilleure que la nôtre. »[122]

La semaine des barricades[modifier | modifier le code]

L'année 1960 débute dans une atmosphère tendue. De nombreux pieds-noirs n'acceptent pas que le général de Gaulle ait évoqué le droit à l'autodétermination du peuple algérien. Le rappel à Paris du général Massu va servir de détonateur à des journées insurrectionnelles appelées "semaine des barricades". Les ultra de l'Algérie française, avec à leur tête Pierre Lagaillarde, Jean-Jacques Susini et Joseph Ortiz, organisent une grande manifestation de protestation au cours de laquelle des incidents éclatent. Lagaillarde occupe avec ses partisans le quartier des facultés tandis que Joseph Ortiz investit le bâtiment de la Compagnie algérienne. Sur le plateau des Glières, là où se tient la manifestation, la foule n'a pas l'ampleur celle du 13 mai mais des barricades sont dressées. Alors que les gendarmes interviennent pour dégager les rues, des coups de feu éclatent: 14 gendarmes sont tués et une centaine sont blessés alors que les manifestants comptent 6 morts et 24 blessés. Lagaillarde reste retranché dans le quartier des facultés, appuyé par plusieurs unités de territoriaux en armes. Challe demande à Michel Debré d'intervenir auprès de de Gaulle pour qu'il retire son projet d'autodétermination[réf. souhaitée]. Celui-ci refuse et ordonne à Delouvrier d'employer la force si nécessaire pour mettre fin aux émeutes d'Alger. De leur côté, les musulmans ne suivent pas et, sans que l'armée soit obligée d'ouvrir le feu, les pieds-noirs rentrent progressivement chez eux. Restent Lagaillarde et son dernier carré de fidèles. Le 30 janvier 1960, le colonel de parachutistes Dufour négocie avec les « rebelles » une sortie honorable. Lagaillarde et ses hommes défileront en silence avant de se rendre aux mains des forces de l'ordre. Les meneurs sont arrêtés et jugés par un tribunal militaire en métropole. Le procès dit « des Barricades » se tient à Paris au mois de novembre 1960. Les accusés Pierre Lagaillarde et Joseph Ortiz, mis en liberté provisoire pour la durée du procès, s'enfuiront à Madrid où ils fonderont l'OAS.

Affaire Si Salah (juin 1960)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Affaire Si Salah.

Dans un contexte où les maquis de l'intérieur ont été durement éprouvés, Si Salah responsable par intérim de la wilaya IV, depuis mai 1959, décide, en tant que responsable d'ouvrir des négociations directes avec les autorités françaises. Les dernières opérations ont fait perdre à la wilaya IV plus 50 % de son armement et 45 % de ses effectifs. Elle compte encore 2 500 hommes environ. Si Salah, a fait un voyage en Tunisie d'où il est revenu « écœuré des intrigues qu'ils occupent les dirigeants du GPRA (Gouvernement provisoire de la République algérienne) à Tunis beaucoup plus que le sort des maquisards ». En juillet 1959, il souligne la « désaffection des populations pour la cause ». Dans ce contexte, l'offre de la « Paix des Braves » présentée le 21 octobre 1958 par le chef de l'État, le général De Gaulle, puis le discours du 16 septembre 1959, qui ouvre la voie à l'autodétermination de l'Algérie, recueillent un écho favorable parmi les maquisards.

Le 10 juin 1960, il se rend secrètement à l'Élysée et négocie directement avec le général de Gaulle un possible cessez-le-feu. Selon Bernard Tricot, témoin direct de la scène « Le général résume ses propositions publiques sur l'autodétermination. Mais, dit-il, il faut d'abord mettre fin aux combats. Le cessez-le-feu peut être conclu dans des conditions honorables pour chacun. Les combattants rappellent qu'ils ne veulent pas apparaître comme des faux-frères ; ils se rendent bien compte qu'ils ne pourront pas entraîner d'un seul coup toute l'ALN d'Algérie, mais ils voudraient du moins que le cessez-feu partiel soit aussi large que possible. À cette fin, ils désirent pouvoir prendre contact avec la wilaya III en Kabylie ; ils demandent en outre qu'on leur facilite le voyage à Tunis, afin qu'ils puissent mettre le GPRA en face de ses responsabilités. »

Un an plus tard, Si Salah, connvoqué par le GPRA, se rendait en Tunisie, avec une faible escorte. Il sera tué le 20 juillet 1961 sur le chemin dans une embuscade tendue par un commando de chasse de l'armée française à Maillot dans la région de Bouira (Kabylie). Ses derniers mots seront : « De Gaulle nous a trahis. C'est lui le responsable de mon sort[123],[124].

Certains officiers français en vaudront beaucoup au général de Gaulle de n'avoir pas su utiliser cette occasion avec Si Salah pour engager des négociations avec les combattants de l'ALN de l'intérieur (et qui s'opposaient au GPRA basé en Tunisie). Cette « affaire Si Salah » sera l'une des causes du putsch contre de Gaulle en avril 1961[124].

Manifestation de décembre 1960[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Manifestations de décembre 1960.

Putsch des généraux (avril 1961)[modifier | modifier le code]

La pertinence de cette section est remise en cause, considérez son contenu avec précaution. En discuter ?
Article détaillé : Putsch des généraux.

Avec le putsch des généraux, l'armée française va connaitre sa plus forte crise de conscience. Après l'opération avortée du 10 décembre 1960 qui visait à faire basculer l'armée dans un anti-gaullisme intransigeant, l'insurrection d'avril 1961 de quatre généraux (Maurice Challe, Edmond Jouhaud, Raoul Salan et André Zeller) a tenu le monde en haleine pendant quatorze jours.

Le , par un référendum sur l'autodétermination en Algérie organisé en métropole et en Algérie, les électeurs s'étaient prononcés à près de 75 % en faveur de l'autodétermination. C'est alors que des négociations secrètes avaient été ouvertes entre le gouvernement français de Michel Debré et le Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA) lié au FLN (Front de libération nationale). Une partie des cadres de l'armée, qui avaient mené sept années de durs combats sous la direction de plusieurs gouvernements depuis le début de la guerre d'Algérie, se sentit trahie par le général de Gaulle, et voulut s'opposer par un coup de force aux projets d'indépendance de l'Algérie. Le pouvoir gaulliste était bien informé depuis plusieurs mois par la police judiciaire d'Alger et les services de renseignements des intentions de certains militaires. L'année précédente, le 25 janvier 1960, pendant la semaine des barricades, le colonel Antoine Argoud s'était même entretenu avec Michel Debré pour demander un changement de politique, faute de quoi « une junte de colonels » renverserait le gouvernement pour maintenir l'Algérie comme territoire français. La tension étant montée tout au long de l'année 1960, une possibilité de coup d'État est alors dans tous les esprits en particulier au printemps 1961.

Le putsch

Dans la nuit du 21 au 22 avril 1961, des unités de parachutistes, dirigés par les généraux Challe, Jouhaud, Salan et Zeller, A leurs côtés se trouve une équipe de colonels baroudeurs, pour la plupart anciens d'Indochine s'emparent des centres stratégiques d'Alger. Par ce coup de force, ils entendent tenir le serment fait par l'armée de garder l'Algérie à la France.

Grâce à l'effet de surprise, le putsch semble, avoir parfaitement réussi à Alger. La radio, rebaptisée Radio France, diffuse des communiqués de victoire et des appels au ralliement. Cependant, les directeurs de service de la délégation générale, représentants de l'autorité officielle en Algérie, ne sont pas ralliés et les soutiens attendus des forces armées du Constantinois, de la Kabylie et de Oranais ne sont pas au rendez-vous.

En métropole, c'est le désarroi. Le renom des chefs des insurgés, la qualité des unités putschistes, la réussite apparente de l'opération témoignent de la gravité des événements. Le régime issu du coup d'État du 13 mai 1958 va-t-il être chassé par un coup d'État militaire?. Le gouvernement est surpris par le déclenchement de l'opération. Certes, dès le 22 avril au matin, la branche parisienne du putsch est écrasée par une dizaine d'arrestations. Lors d'un Conseil des ministres extraordinaire, de Gaulle fait preuve de détermination. L'état d'urgence est proclamé.

Mais, au cours de la journée du dimanche , 23 avril, l'inquiétude s'accroît. L'attentisme est de rigueur. Le refus d'affrontement risque de tourner à l'avantage des putschistes.

De Gaulle décide d'intervenir à la télévision le soir même, à 20 heures. Il est en uniforme, il stigmatise un « quarteron de généraux en retraite », qu'il rend par avance responsables d'un éventuel drame national. Il délie les soldats de leur serment d'obéissance et annonce le recours à l'article 16. Solennellement, le Général demande leur aide aux Français. « Au nom de la France, j'ordonne que tous les moyens, je dis tous les moyens, soient employés pour barrer partout la route à ces hommes-là, en attendant de les réduire. J'interdis à tout Français et, d'abord, à tous les soldats, d'exécuter aucun de leurs.»

À 23 heures 45, c'est le Premier ministre, Michel Debré, qui appelle les Français à résister dans l'éventualité d'une opération aéroportée en métropole.

Le mouvement s'effrite. Le trouble est profond chez les officiers. Les putschistes sont accusés de diviser l'armée. Surtout, le contingent affirme son opposition. La résistance, passive et spontanée, constitue un sérieux revers. Malgré une manifestation de masse dans le centre d'Alger où le général Salan répète son serment de garder « l'Algérie à la France », le vent a tourné. Challe, convaincu de l'échec, est soucieux de mettre fin à l'affaire, d'autres sont tentés par la radicalisation et poussent le général Salan à prendre les commandes.

Mardi 25 avril au matin. La situation s'est encore aggravée pour les insurgés. Les défections se sont multipliées et le pouvoir central a repris l'offensive. Challe veut se rendre. Jouhaud et Salan veulent continuer. À 20 heures, les quatre généraux lancent un appel à la population d'Algérie.

Dans la soirée, la dramatisation est à son comble. Plusieurs milliers d'Algérois convergent au Forum aux cris d'« Algérie française ». À minuit et demi, Challe apparait pour la dernière fois au balcon du gouvernement général et veut parler : le micro ne fonctionne pas. Vers 1 h 50, les quatre généraux s'égaillent : Zeller disparaît dans la foule. Salan, Jouhaud et Challe rejoignent le PC du 1er REP. Jouhaud et Salan décident de fuir, Challe est conduit à Paris le mercredi 26 l'insurrection a pris fin.

La révolte d'avril 1961 est bien un putsch. : à la fois coup de force et entreprise militaire. Cette insurrection d'une partie de l'armée a constitué l'une des rares tentatives d'intervention de l'armée dans la politique que la France ait connues. La rupture entre une armée de plus en plus éloignée et ignorante des réalités de la France, en raison de son engagement dans les guerres de décolonisation, et la nation en pleine évolution se manifeste à cette occasion.

La partition de l'Algérie en question (1961)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Partition de l'Algérie.

Le 28 juin 1961, le Premier ministre Michel Debré fait officiellement part d'un ultime recours, la partition de l'Algérie, en s'appuyant sur l'expérience d'une même sécession dans plusieurs autres pays à cette époque (Afrique du Sud, Allemagne, Corée, Viêt Nam). L'idée est étudiée par le député Alain Peyrefitte à la demande de de Gaulle, le député gaulliste propose de regrouper entre Alger et Oran tous les Français de souche et les musulmans pro-français, de transférer dans le reste de l'Algérie tous les musulmans préférant vivre dans une Algérie dirigée par le FLN et de mettre en place une ligne de démarcation dans Alger, à l'instar de Berlin et Jérusalem, qui séparerait le quartier européen du quartier musulman. La proposition est rejetée par de Gaulle en novembre 1961. Pour Maurice Allais, si la solution de la partition, dont on a souvent dressé des « images caricaturales », a rencontré peu de faveur c'est pour la seule raison qu'elle a été farouchement rejetée par les extrémistes des deux camps. Selon lui, cette partition était « cependant la seule solution raisonnable »[125].

Nouvelle affaire tunisienne (juillet 1961)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Crise de Bizerte.

En juillet, à la suite de nouvelles tensions entre la Tunisie indépendante et Paris à propos de la base navale stratégique française de Bizerte, une guerre brève mais meurtrière (1 000 à 2 000 morts[126]) éclate entre la France et la Tunisie, alliée du FLN, dont le territoire sert de sanctuaire à l'ALN.

Manifestations en soutien du FLN (1961)[modifier | modifier le code]

L'importante communauté immigrée venue d'Algérie qui penchait majoritairement pour le MNA a été prise en main par le FLN en éliminant la plupart des cadres et des soutiens du Parti du chef nationaliste Messali Hadj. Pendant l'été 1961, la guerre d'Algérie entre dans une phase critique. Les négociations entre le gouvernement français et le gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA), émanation du FLN, en vue de la prochaine indépendance algérienne, provoquent des dissensions dans chaque camp. Au sein du FLN se joue une lutte entre les différents courants internes pour l'accès au pouvoir du futur État algérien. Fin août, le FLN reprend plus intensément ses attaques contre les policiers, amplifiant la frustration de ces derniers qui désapprouvent la « lenteur » et l'« indulgence » de la justice à l'égard des commandos appréhendés précédemment.

Pour lutter contre ce regain de violence, décision est prise en conseil interministériel le 5 octobre, d'instituer un couvre-feu envers les seuls Algériens. Ce couvre-feu entrave considérablement le FLN dans ses activités vespérales et nocturnes de réunions, de prélèvement des « cotisations », de préparation d'opérations, d'application de « sanctions » et d'exécutions sommaires qui se réduisent fortement. La Fédération de France menace d'étouffer.

Les manifestations du 17 octobre 1961.

En riposte, elle décide d'organiser une manifestation pacifique contre le couvre-feu imposé par le préfet de police de Paris Maurice Papon au soir du 17 octobre 1961 tout en sachant que celle-ci est « vouée, d'emblée à être durement réprimée »[127]. La manifestation qui rassemble 20 000 Algériens retentit des cris et slogans de « Vive l'Algérie algérienne »[128].

Les policiers, répondant aux ordres, pénètrent et disloquent le cortège. La manifestation est violemment matée par les forces de police : des blessés gisent sur la chaussée. Plus de 11 500 personnes sont arrêté dans la nuit[129], 7 800 sont parqués au Palais des Sports, 2 800 au Stade Pierre-de-Coubertin et 860 au Centre d'identification de Vincennes. Enfin 500 musulmans, classés comme meneurs ou dangereux, sont refoulés, le jeudi 19, par avion vers l'Algérie.

Le bilan officiel de la préfecture de police est de 3 morts et 64 blessés. Le bilan réél est très discuté : de 30 à 50 morts pour le 17 octobre et les journées suivantes selon Jean-Paul Brunet, 98 pour Benjamin Stora et Linda Amiri[130], 120 pour House et MacMaster qui incluent un « cycle de deux mois connaissant son pic le plus visible dans la nuit du 17 octobre »[131].

Le 28 octobre, lorsque les émissaires français et algériens se rencontrent à nouveau à Bâle, les dirigeants français comme ceux du FLN reconnaissent implicitement qu'il est dans leur intérêt mutuel d'oublier les événements sanglants du 17 pour pouvoir passer à autre chose. Le GPRA est parvenu le 17 octobre à faire accroître la pression sur le gouvernement français au moment même où il s'apprête à négocier avec lui[132].

Organisation armée secrète (1961-1962)[modifier | modifier le code]

Alger, 1er janvier 1962 : Explosion d'une bombe de l'OAS dans le quartier Bab El Oued

L'OAS est une organisation politico-militaire clandestine française, créée le pour la défense de la présence française en Algérie par tous les moyens, y compris le terrorisme à grande échelle. Un an après l'échec de la semaine des barricades, alors que le gouvernement français souhaite manifestement se désengager en Algérie, elle est créée à Madrid, lors d'une rencontre entre deux activistes importants, Jean-Jacques Susini et Pierre Lagaillarde, ralliant par la suite des militaires de haut rang, notamment le général Raoul Salan. Sur le plan pratique, l'organisation ne sera ni centralisée ni unifiée. Elle est divisée en trois branches plus ou moins indépendantes, parfois rivales : l'« OAS Madrid », l'« OAS Alger » et l'« OAS Métro ».

On estime que l'OAS a compté environ 1 000 à 1 500 membres actifs, dont 500 dans l'Ouest algérien, 200 en métropole et une vingtaine en Espagne. Les civils représentaient environ 2/3 des effectifs, l'autre tiers étant constitué de militaires, pour la plupart engagés, sous-officiers et officiers.

Les attentats de l'OAS viseront des personnalités politiques et administratives du gouvernement légal français, des intellectuels ou des organes de presse favorables à une négociation avec le FLN, en Algérie comme en métropole, ainsi que la population musulmane, soupçonnée de soutenir le FLN. Ses commandos prendront également pour cible les policiers, les enseignants, les fonctionnaires de l'administration fiscale, les commerçants musulmans. Les membres de l'OAS sont eux-mêmes pourchassés sans répit par les forces gaullistes. L'OAS sera largement soutenue par la population française d'Algérie, mais ses nombreux attentats aveugles la feront rejeter par l'opinion publique métropolitaine.

Rejetant le cessez-le feu proclamé le 13 mars 1962 par de Gaulle, les activistes de l'OAS se retranchent dans leur bastion de Bab El Oued, dit « quartier européen » d'Alger. La bataille qui s'ensuit donne lieu à une lutte entre les extrémistes du commando Delta et les gardes mobiles français. Bientôt l'aviation de l'aéronavale pilonne les bâtiments occupés par l'OAS, tandis que les chars de l'armée française prennent position dans le quartier en état de siège.

La vague des attentats commis par l'OAS culmine le 2 mai 1962, avec l'explosion d'un camion piégé au port d'Alger qui fait 110 morts et 150 blessés, en majorité des dockers et des demandeurs d'emploi. Au vaste élan de solidarité déclenché à partir des différents quartiers de la capitale par toute la population, européens et musulmans confondus, répondent les tirs des ultras de l’OAS à partir d'immeubles avoisinants, lesquels ont pris pour cibles les blessés, les ambulances et les personnes venues nombreuses participer aux opérations de secours, provoquant ainsi un véritable carnage[réf. nécessaire].

Les différents attentats et attaques de l'OAS feront entre 1 700 et 2 000 victimes[133].,[134],[135],[136],[137].

Officiellement 119 membres de l'OAS ont été tués. En 1962, 635 membres de l'OAS sont arrêtés. 224 sont ensuite jugés, dont 117 acquittés, cinquante-trois condamnés à une peine de prison avec sursis, trente-huit à une peine de prison ferme, trois sont condamnés à mort et fusillés (Roger Degueldre, Claude Piegts et Albert Dovecar)

Cessez-le-feu et référendum en métropole (mars 1962)[modifier | modifier le code]

Bulletin de vote du référendum.

Au 18 mars 1962, à la suite des accords d'Évian, Charles de Gaulle annonce à l'RTF (alors l'autorité en matière de radio et télévision) le cessez-le-feu et la tenue prochaine d'un référendum en métropole concernant l'autodétermination de l'Algérie. Ce référendum eut lieu le 8 avril 1962 et recueillit 90 % de oui. Il sera suivi d'un second référendum portant sur le collège unique en Algérie.

Fusillade de la rue d'Isly (mars 1962)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Fusillade de la rue d'Isly.

Le a lieu à Alger une manifestation de citoyens français, civils non armés, partisans du maintien du statu quo de l’Algérie française, décidée à forcer les barrages des forces de l'ordre qui fouillaient le quartier de Bab El Oued en état de siège à la suite du meurtre de six appelés du contingent par l'OAS, se heurta à un barrage tenu par l'armée française qui mitrailla la foule. Le dernier bilan officiel de la fusillade sera de 46 morts et 150 blessés.

Cessez-le-feu du 19 mars 1962[modifier | modifier le code]

Suite aux accords d'Évian, le cessez-le-feu entre en vigueur le 19 mars 1962.

Exode des Pieds-Noirs (été 1962)[modifier | modifier le code]

Après la répression d'Isly et l'anarchie créée par les attentats conjugués et croisés de l'OAS et du FLN, une fraction de la population européenne d'Algérie qui a adhéré aux visions de l'OAS refuse de vivre dans un territoire non français et commence un exode massif. Ce n'est que plus tard, en juin 1962, et dans la hâte, que se décideront les autres Français d'Algérie (Européens et israélites) - d'abord indécis car attachés à ce pays - à se faire "rapatrier" en France, sous la pression, tandis qu'une infime partie d'entre eux (les plus extrémistes), se sentant trahis par le gouvernement français, émigre à l'étranger, en particulier à Alicante[138] sur la côte espagnole (foyer historique de nombreuses familles du département d'Oran) ou en Argentine[139],[140].

Les pieds-noirs du département de Constantine rentreront presque tous en France où, malgré les mauvaises conditions d'accueil, ils continueront à vivre.

Accord OAS-FLN de juin 1962[modifier | modifier le code]

En juin 1962, Jacques Chevallier sert d'intermédiaire à des contacts secrets[141] entre Jean-Jacques Susini, théoricien de l'OAS, et Abderrahmane Farès, président de l'Exécutif provisoire, en vue d'un accord pour l'arrêt des violences commises par l'OAS en contrepartie d'une amnestie de ces membres[142],[143]. Cependant les accords sont dénoncés par des dirigeants du FLN, tandis que parallèlement des chefs de l'OAS refusent les principes d'un tel accord, accusant Susini de haute trahison. Il est menacé de mort par ses pairs. Finalement, l'accord tourne court et l'OAS poursuivra sa politique de la terre brûlée (sabotage du port d'Oran, incendie de la bibliothèque d'Alger, plastiquages, assassinats, etc.).

Reconnaissance de l'indépendance de l'Algérie (3 juillet 1962)[modifier | modifier le code]

Le 3 juillet 1962, trois mois après les accords d'Évian et deux jours après le référendum d'autodétermination du 1er juillet en Algérie, le président de Gaulle annonce officiellement la reconnaissance par la France de l'indépendance de l'Algérie, et un échange de lettres entre lui et le président de l'Exécutif Provisoire constate le transfert de souveraineté[144],[145]. L'Exécutif Provisoire était un organisme mis en place par les accords d'Évian et chargé d'assurer la direction du pays pendant la période de transition entre le cessez-le-feu et le transfert de souveraineté puis jusqu'à l'élection d'une assemblée constituante en Algérie[146].

Le départ des pieds noirs[modifier | modifier le code]

L'arrivée au pouvoir du général de Gaulle après le 13 mai 1958 avait renforcé la croyance en un avenir possible pour l'Algérie française. Mais les annonces successives rapides de l'évolution de la politique algérienne du général de Gaulle[147] instillent le doute, puis la révolte et enfin une forme de désespoir chez les partisans de l'Algérie française[148]. Les temps forts de la période sont le Référendum sur l'autodétermination en Algérie (janvier 1961)[149], l'échec du putsch d'Alger (avril 1961), le cessez-le-feu (mars 1962), étapes conduisant l'Algérie dans une spirale de violences réciproques. L'OAS (Organisation armée secrète), organisation clandestine anti-indépendantiste composée de militaires et de civils (d'Algérie et de métropole), est refondée début mai 1961 à Alger, et se lance dans l'action « payante et spectaculaire » (Raoul Salan), c'est-à-dire des hold-up, vols d'armes, attaques de policiers, de barbouzes, de gendarmes mobiles[150]. Puis, après le 19 mars 1962, l'OAS utilise en Algérie des méthodes terroristes[151] en organisant aussi des attentats contre les Algériens et Européens qui étaient pour l'indépendance. Parallèlement, le FLN intensifie les attentats aveugles (pendant la trêve unilatérale de mai à août 1961) et décide de cibler davantage l'OAS à partir de novembre 1961[152]. Le début de 1962 voit une escalade sans précédent du terrorisme, le nombre des attentats de l'OAS dépassant à la mi-janvier ceux du FLN[152] dont les attentats s'arrêtent quelque temps autour du 19 mars 1962, pour reprendre sélectivement contre des membres de l'OAS, puis rapidement contre tout Européen, quel qu'il soit, notamment sous la forme d'enlèvements[153], le FLN n'appliquant pas les accords d'Evian, la France laissant faire.

Mais la violence prend aussi un aspect de guerre civile franco-française. Le quartier européen de Bab el Oued entre en insurrection le 23 mars 1962 et il s'ensuit une bataille entre pieds noirs européens anti-indépendantistes et métropolitains appelés du contingent. Afin de briser le blocus de Bab el Oued, des tracts de l'OAS appellent les civils à venir manifester sans armes et en arborant le drapeau français. Un barrage est forcé et le 4e régiment de tirailleurs mitraille le cortège et fait 80 morts et 200 blessés civils. Car des blessés décèderont les jours suivants à l'hôpital Mustapha.

À l'approche du référendum d'autodétermination, des commandos de l'OAS lancent l'« opération 1830 », avant de quitter l'Algérie, en juin ; cela consiste à redonner à l'Algérie son état pré-colonial en pratiquant la politique de la terre brûlée pour supprimer toutes traces de la présence française, à cet effet le port d'Oran est incendié et la bibliothèque de l'Université d'Alger est détruite par le feu[62].

C'est ce contexte qui conduit un million de Français (Pieds-Noirs, les Harkis, les Juifs, etc.) à quitter l'Algérie en quelques mois, principalement d'avril à juin 1962. Un million de réfugiés algériens reviennent en Algérie[154]. L'historien JJ Jordi n'hésitant pas à parler d'épuration ethnique.

L'indépendance de l'Algérie est proclamée après les résultats du référendum d'auto-détermination, mené cette fois dans les départements d'Algérie[62].

Quant aux colons stricto-sensu (c'est-à-dire dans le sens d'usage courant en Algérie de l'époque, de propriétaires-exploitants agricoles), leur départ est plus échelonné que celui de la masse des Pieds-Noirs[155]. Il y aurait eu en septembre 1962 encore 15 000 colons exploitant leurs terres en Algérie, sur un total estimé de 22 000[156]. Toutes les terres propriétés des Européens étant nationalisées en octobre 1963, le départ définitif des colons et de leurs familles est terminé en 1964.

Massacre d'Européens et Harkis[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Massacre du 5 juillet 1962.

Le texte des accords d'Evian précise : « Aucun Algérien ne pourra être contraint de quitter le territoire algérien ni empêché d'en sortir »[157]. De nombreux Harkis[Combien ?] ne sont pas cependant autorisés à être rapatriés au même titre que les Européens ou les Juifs par le gouvernement français[réf. nécessaire], ou en sont empêchés par des Algériens sans que le FLN y fasse obstacle[réf. souhaitée]. Des réfugiés ayant clandestinement rejoint la métropole sont rembarqués à destination de l'Algérie, tandis que les officiers français les ayant aidés (en désobéissant aux directives officielles) sont sanctionnés. Les clauses des accords d'Evian portant sur l'amnistie générale des crimes commis pendant la guerre et les garanties concédées aux Européens ne sont pas respectées par les indépendantistes. De nombreux Harkis et leurs familles [réf. nécessaire]sont torturés et massacrés par des pro FLN dès la proclamation du cessez-le-feu, le 19 mars 1962, sans que le FLN y fasse obstacle, en dépit des accords signés.

Lors de la proclamation de l'indépendance le 5 juillet 1962, des exécutions sommaires[158], des lynchages (place d'Armes, boulevard de Sébastopol, place Karguentah, boulevard de l'Industrie, rue d'Arzew et ailleurs[159]), des actes de torture (pendaison[160], pendaison à des crocs de boucher[161]) sont commis contre la minorité européenne lors du massacre d'Oran. L'armée française présente sur place assiste à la scène sans intervenir, De Gaulle ne voulant pas recommencer une guerre. Le bilan est de 700 morts pour les Pieds-Noirs[162].

Guerre vécue par les communautés d'Algérie (1954-1962)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Pieds-Noirs.

Durant la période de la guerre d'Algérie, trois communautés principales cohabitent dans les départements français d'Algérie. La communauté majoritaire est celle dite « musulmane » formée d'Arabes (dont les descendants des Maures d'Espagne), de Kabyles, d'autres Berbères et des descendants des Ottomans. Elle cohabite avec deux minorités. La plus nombreuse des deux est la communauté dite de l'ensemble des populations d'origine « européenne » (principalement Alsace-Lorraine, Languedoc, Suisse) et « méditerranéenne » (Corse, Malte, les Pouilles, la Sardaigne, les Baléares, l'Andalousie) dénommés Pieds-Noirs (désignation à l'origine incertaine), tandis que la plus ancienne est celle dite des « israélites », autochtones au pays (la présence juive en Algérie est très ancienne et remonte à 3 000 ans) et qui n'a cessé de recevoir des apports au fil des siècles, notamment d'Espagne après la reconquista et de Livourne et dont les origines précèdent la débarquement français de 1830.

La diversité individuelle de chaque communauté se retrouve aussi dans la diversité et la contradiction des engagements politiques au sein de chacune d'elles ; en ce sens cette guerre, du moins telle qu'elle est vécue en Algérie, peut être perçue comme une guerre civile. Chaque communauté devient l'enjeu des différents belligérants qui tentent de susciter l'intérêt pour sa lutte et le ralliement de la population à sa cause.

Communauté musulmane durant la guerre[modifier | modifier le code]

, Pour empêcher les populations d'aider le FLN, l'armée concentre, selon le rapport Rocard de 1959, un million de civils (dont la moitié d'enfants) des zones rurales dans des « camps de regroupement »[163]. En février 1959, Michel Rocard, élève à l'ENA et en stage en Algérie, adresse un rapport sur les camps de regroupement à un proche de Paul Delouvrier, délégué général en Algérie. Le 31 mars, ce dernier donne l'ordre aux autorités militaires de suspendre les regroupements, et de concentrer les moyens sur l'amélioration des camps existants. Cet ordre sera assez mollement suivi. L'existence des camps de regroupement et leur état est en général ignoré de la population métropolitaine, jusqu'au 22 juillet 1959, où Le Figaro fait la une avec un reportage de Pierre Macaigne qui scandalise les lecteurs. Une campagne d'opinion se lance. La comparaison avec les camps de concentration est évoquée.

L'armée bombarde massivement au napalm et aux bombes incendiaires des villages et des hameaux dans les Aurès afin de mater la rébellion Chaouis[164],[165].

De son côté, le FLN a recours aux attentats ciblés, aux assassinats et aux massacres de rivaux notamment du MNA[166],[167].

Après l'indépendance, l'Armée française refuse d'intervenir pour assurer la sécurité de ses supplétifs musulmans, tout comme elle n'intervient pas le 5 juillet 1962 à Oran pour protéger les Européens[168],[169].

Entre 15 000 et 150 000 harkis auraient été massacrés par le FLN[170],[171] et 30 000 harkis se réfugient en France où ils sont parqués dans des camps d'internement sur ordre du gouvernement. En suivant les travaux d'autres historiens, le chiffre varie entre 15 000 et 50 000 sans toutefois parvenir à une estimation réelle, vu que le problème a pris une tournure idéologique partisane marquée par les passions, notamment en France.

« […] Il est possible que le général de Gaulle, dans une vue panoramique du monde, ait estimé qu'il était superflu de ramener en France plus de trois mille harkis. Le Conseil des ministres avait en effet déclaré : on en ramènera trente mille. Et au Conseil des ministres suivant on s'est aperçu que trente mille harkis ou maghaznis, cela faisait trois cent mille personnes, parce qu'il fallait compter avec la femme, la mère et les enfants! A peu près dix personnes par harki ou par moghazni. Alors M. Louis Joxe a tranché, et avec son air toujours un peu excédé, et sa courtoisie lassée, il a dit: « Réduisons à trois mille. » Il en est revenu quatre mille cing cents, parce que la marine présente cette particularité exceptionnelle d'avoir des bateaux pour transporter et des traditions à respecter[172]. »

Communauté européenne durant la guerre[modifier | modifier le code]

Communauté juive durant la guerre[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire des Juifs en Algérie.
Question book-4.svg
Cette section ne cite pas suffisamment ses sources (juillet 2009)
Pour l'améliorer, ajoutez des références vérifiables [comment faire ?] ou le modèle {{Référence nécessaire}} sur les passages nécessitant une source.

Pendant la guerre d'Algérie, la communauté juive, profondément algérienne[173] s'est orientée d'une manière générale vers une attitude neutraliste. Les organisations communautaires font preuve d'une extrême modération et refusent de prendre politiquement position, car elles considèrent que ce n'est pas de leur ressort, pourtant - malgré les nombreux attentats - certains embrassent la cause du FLN et d'autres, s'engagent dans l'OAS.

Certains intellectuels juifs, comme Henri Alleg, ont pris fait et cause pour les nationalistes algériens du FLN (Front de libération nationale).

À l'inverse, des Juifs sympathisent avec l'OAS, à Alger et à Oran essentiellement (ils sont particulièrement actifs à Oran). Regroupés au sein des « Commandos Colline » Ces groupes sont liés aux réseaux « France Insurrection » et conduits par Elie Azoulai et Ben Attar, tuent certains élus musulmans, essaient de mettre le feu à une prison où sont détenus des hommes du FLN et abattent des officiers français (dont le lieutenant-colonel Rançon).

Des Juifs d'Algérie furent également victimes de l'OAS (en novembre 1961 à Alger : William Lévy, en décembre 1961 : Moïse Choukroun…).

Guerre vécue de la métropole (1954-1962)[modifier | modifier le code]

Contrôle de l'information par l'État (1954-1962)[modifier | modifier le code]

La Radiodiffusion-télévision française (RTF), unique organisme audiovisuel français, est composée de cinq chaînes de radio et deux chaînes de télévision. Elle est placée sous le contrôle direct de l'État, conformément à l'ordonnance de 1945 sur le monopole d'État sur les ondes nationales. En conséquence l'Élysée contrôle entièrement l'information et s'arroge le droit de censure, la métropole ne perçoit les évènements d'Algérie que par le prisme de l'État.

En Algérie, la presse écrite, aux mains du capital des grands propriétaires terriens, publie chaque jour tout le long du conflit des unes dans lesquelles l'information s'apparente plus aux communiqués de la victoire en usage dans les dictatures totalitaires [réf. nécessaire] et où les victimes civiles musulmanes étaient systématiquement assimilées, d'abord, à des hors-la-loi, puis à des combattants rebelles. Les bilans des tués parmi ces derniers, fournis par les services du renseignement étaient toujours importants.[réf. nécessaire]

La guerre d'Algérie est le principal épisode de censure et de contrôle de l'information de l'après guerre. Les gouvernements des 4e et 5e Républiques l'emploient non seulement pour des raisons de sécurité militaire, mais aussi pour préserver le moral et empêcher la constitution d'une opposition organisée à la guerre. Répression et intimidation sont également employées, avec arrestations des journalistes et accusation des rédactions d'être des traitres à la patrie. Les saisies de journaux sont courantes, certains titres comme France Observateur ou L'Humanité sont régulièrement retirés des ventes en France, en Algérie c'est L'Express, Libération et l'Humanité qui sont complètement interdits. Les saisies ont un impact économique sur la presse vu qu'elles ont lieu après l'impression, ce qui multiplie les coûts de production. Le plus grand scandale dû à la censure au cours de cette période est lié au livre La Question qui raconte l'interdiction du journal Alger républicain en Algérie, l'arrestation de son directeur et sa torture par des militaires. Les articles qui traitent du livre sont saisis de même que le livre lui-même, ce qui constitue en France la première saisie d'un livre pour motifs politiques depuis le XVIIIe siècle selon son éditeur[174]. C'est lors de la guerre d'Algérie que Le Canard enchaîné devient le journal d'investigation que l'on connaît aujourd'hui, dévoilant dans une chronique intitulée Carnets de route de l'ami Bidasse le quotidien des soldats appelés du contingents, mais aussi des informations militaires confidentielles. L'armée française cherche activement les informateurs du Palmipède, classant les suspects en tant que « BE » (« bidasse éventuel »), ou « BP » (« bidasse probable »). Cette nouvelle orientation accompagnée d'une liberté de ton originale permet au Canard d'atteindre les 300 000 exemplaires diffusés en 1962[175].

Camps d'assignation à résidence (1957-1962)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Camp d'internement français.

Durant la guerre d'Algérie, le ministère de l'Intérieur français obtint en 1957 la possibilité de recourir à nouveau à l'internement administratif collectif. Plusieurs centres d'assignation à résidence surveillée furent créés en métropole sur des sites militaires : Larzac (Aveyron), Rivesaltes (Pyrénées-Orientales), Saint-Maurice-l'Ardoise (Gard), Thol (Ain), Vadenay (Marne). Près de 14 000 Algériens suspectés d'être membres du Front de libération nationale (FLN) y furent internés.

Manifestations en soutien de l'armée française en Algérie (1957, 1958)[modifier | modifier le code]

En réaction à un article de L'Express condamnant la pratique de la torture par l'armée française en Algérie, une manifestation accusant la torture pratiquée par le FLN est organisée. Le 22 juillet 1956, le capitaine Moureau, chargé des affaires indigènes, est enlevé à Bouizakarne, Maroc et remis au FLN qui le torture pendant un an. Un commando français le retrouve, mutilé, et abrège ses souffrances à sa demande[176].

La manifestation en hommage au capitaine Moureau, captif du FLN, a lieu à la Place de l'Étoile le 3 avril 1957 et dégénère en affrontement avec la police parisienne sur les Champs-Élysées[177].

Le 13 mai 1958 a lieu aux Champs-Élysées une manifestation en mémoire des trois militaires français faits prisonniers par le FLN qui les a exécutés le 9 mai[178].

Manifestations pacifistes (1960-1962)[modifier | modifier le code]

Articles connexes : Objection de conscience et Pacifisme.

Les Trente ou Action civique non violente (ACNV) est un groupe hétéroclite, composé de déserteurs refusant de remplir leur obligation de servir en Algérie, d'hommes d'église et de musulmans, qui s'est livré à des manifestations pacifistes en métropole[179].

Réseau Jeanson (1960)[modifier | modifier le code]

Articles connexes : Porteurs de valises et Manifeste des 121.

À la suite du procès des « porteurs de valises » du réseau Jeanson, des intellectuels et artistes lancent le manifeste des 121 le . En réaction, le maréchal Alphonse Juin lance le « contre-manifeste des 340 »[180].

Assassinats et attentats de l'OAS (1961-1962)[modifier | modifier le code]

Le maire d'Évian, M. Camille Blanc est assassiné par l'OAS le 31 mars 1961 pour avoir officiellement accueilli dans sa ville des délégués du FLN venus négocier avec une délégation française.

Au début de l'année 1962, sous l'impulsion d'André Canal, la Mission III (branche métropolitaine de l'OAS) multiplie les attentats en région parisienne. Le 4 janvier, un commando en voiture mitraille l'immeuble du Parti communiste, place Kossuth, blessant grièvement un militant au balcon du 2e étage.

Dans la nuit du 6 au 7 janvier, c'est le domicile de Jean-Paul Sartre qui est l'objet d'un plasticage. Le 24 janvier, on compte 21 explosions dans le département de la Seine, visant des personnalités ou des organisations supposées hostiles à l'idéologie de l'OAS[181].

Un quadrillage policier est mis en place dans Paris, ce qui n'empêche que, dans l'après-midi du 7 février, dix charges plastiques explosent au domicile de diverses personnalités : deux professeurs de droit, Roger Pinto et Georges Vedel, deux journalistes, Pierre Bromberger, du Figaro, et Vladimir Pozner, blessé grièvement, deux officiers, le sénateur communiste Raymond Guyot dont la femme est blessée. Un dernier attentat qui vise André Malraux blesse au visage une fillette de 4 ans, Delphine Renard[181].

Affaire de la station de métro Charonne (février 1962)[modifier | modifier le code]

Affaire Bastien-Thiry (août 1962)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Opération Charlotte Corday.

Bilan[modifier | modifier le code]

Bilan humain[modifier | modifier le code]

Le bilan humain a longtemps été difficile à établir étant données les divergences de l'histoire officielle reconnue par les deux pays[182].

Les pertes algériennes[modifier | modifier le code]

Bourokba (Algérie) : cimetière des combattants algériens morts pour la patrie (1954-1962)
Monument des martyrs de la guerre d'Algérie à Alger

Les sources divergent beaucoup sur la question des pertes algériennes, qui sont difficiles à évaluer avec précision, faute d'une enquête réalisée dans toutes les localités d'Algérie[183]. Benjamin Stora évoque la difficulté de décompter le nombre des victimes civiles: tués dans les zones éloignées, victimes des opérations armées ou de bombardements de l'armée française, exécutées par l'ALN et ceux pris entre deux feux[184].

Le général de Gaulle parlait de 78 000 victimes en octobre 1958, et de 145 000 en novembre 1959[185].

Selon Djamila Amrane (archives algériennes), sur un total cumulé de 336 748 moudjahidines (132 290 maquisards du FLN et 204 458 civils du FLN) 152 863 ont été tués[186],[187], valeur qui correspond sensiblement à l’évaluation du 2e Bureau.

Les civils forment la majeure partie des pertes humaines des populations musulmanes. Les chiffres de un million (journal El Moudjahid, dès 1959), puis de un million et demi de morts, ont été avancés en Algérie, sans base historique sérieuse[184].

Des historiens et des démographes se sont penchés sur la question : selon Guy Pervillé « Contrairement au mythe accrédité en Algérie [...] la guerre n'a pas causé 1 million ni 1 million et demi de morts algériens [...] même si la comparaison des recensements d'avant et d'après 1962 ne permet pas d'établir en toute certitude un bilan inférieur à 300 000, voire à 250 000 morts »[188],[189]. Xavier Yacono, dans une étude parue en 1982, estime, toujours à partir des recensements, les pertes algériennes à un peu moins de 300 000 morts[190], bilan proche d'une estimation de Krim Belkacem[191]. Exploitant les travaux de chercheurs ayant utilisé la même méthode scientifique classique de comparaison des recensements de population et d'analyse de la pyramide des âges pour calculer « la surmortalité de la guerre », Benjamin Stora situe le déficit entre 350 000 et 400 000 morts, soit 3 % de la population algérienne[184].

La guerre fratricide entre le FLN et le MNA, mouvement de Messali Hadj fait 4 300 tués et 9 000 blessés en France et environ 6 000 tués et 4 000 blessés en Algérie[192].

Le FLN a été responsable, entre 1954 et le 19 mars 1962, de la mort de 16 378 civils algériens et de 13 296 disparus, selon Guy Pervillé[192].

Quant au nombre de harkis massacrés après le cessez-le-feu, en violation des accords d'Evian selon lesquels il n'y aurait de représailles ou d'épuration ni du côté algérien, ni du côté français, les estimations varient entre 15 000 et 100 000 personnes[193]. Les chiffres des morts sont encore contestés car basés sur des témoignages locaux extrapolés à l’ensemble du pays, ce qui est peu probable. Toutefois selon Jean-Charles Jauffret : « Il semble qu'un consensus rassemble peu à peu les historiens français à propos de cette question et qu'une évaluation entre 60 à 80 000 victimes soit retenue »[194]. Les massacres de supplétifs ont commencé dès mars 1962 et ont culminé à l’automne. Ils sont dus à des règlements de compte entre clans rivaux, des vengeances mais aussi au zèle des « marsiens », ralliés FLN de la 25e heure, voulant montrer leur patriotisme de façade.

Par ailleurs, la torture pendant la guerre d'Algérie a été pratiquée aussi bien par l'armée française que par les insurgés algériens. Le nombre de torturés n'est pas connu avec certitude mais il devrait concerner des centaines de milliers d'indigènes et des centaines de prisonniers français[195].

Le nombre de disparus n'a jamais été connu. Certains ayant été exécutés et ensevelis dans des fosses communes clandestines ou dans des stades municipaux.

Les pertes françaises[modifier | modifier le code]

Les chiffres concernant les Français de métropole et d’Algérie, les « Français musulmans » et les légionnaires sont les mieux connus (JO des 4 et 7 août 1986) : 24 614 militaires décédés dont 371 marins, 1 047 de l'Armée de l'air et 487 gendarmes. Après le cessez-le-feu, 360 autres militaires sont morts, sans compter les disparus. Sur ces près de 25 000 militaires décédés, on dénombre environ 5 000 « Français musulmans » tués dont les deux tiers étaient des appelés et 1500 Légionnaires[196]. En outre, on compte 65 000 blessés militaires[192].

Pour les civils français, le total est de 2 788 tués[192],[197]. Il faut y ajouter, après le cessez-le-feu, 3 018 enlèvements dont 1 282 retrouvés (déclaration de Broglie du 24 novembre 1964, confirmée par lettre Santini du 9 novembre 1994), chiffres proches de ceux de Pervillé qui évoque 2 000 tués sur 3 000 enlevés[192],[198]

Après le 2 juillet 1962, il est à déplorer plus de 500 militaires « morts pour la France » en Algérie, dont plus de la moitié ont été tués ou enlevés par l'ALN[199].

D'après le Service historique du ministère de la Défense, il est constaté :

  • En 1962 : 1 039 militaires morts (540 appelés et 209 engagés).
  • En 1963 : 122 militaires morts (74 appelés et 18 engagés).
  • En 1964 : 46 militaires morts (15 appelés et 17 engagés)[200].

La torture et la violence dans la guerre d'Algérie[modifier | modifier le code]

La pratique de la torture par l'armée française est une réalité avérée notamment par les nombreux témoignages et des rapports furent adressés aux responsables politiques comme Pierre Mendès France ou Charles de Gaulle. Cependant on ne sait pas dans quelle mesure les responsables politiques étaient au courant de ces pratiques. Selon Raphaëlle Branche, l'origine de la pratique de la torture pendant la guerre d'Algérie a au moins deux origines. D'une part, durant la colonisation, elle constituait un outil policier pour le maintien de l'ordre et, d'autre part, elle est issue des crispations de l'armée française qui ne voulait pas connaitre une deuxième décolonisation après la guerre d'Indochine[201].

Mais la torture ne peut être séparée du contexte de la guerre violente qui a lieu tant du côté français que du côté algérien. En effet, surpris par les attentats du FLN et sa progression dans l'opinion algérienne, l'État Français mettra en place des mesures spéciales, renforçant notamment l'usage à la justice militaire et la limitation de certaines libertés, comme la liberté de réunion. Dès le mois de mai 1955, commence à se répandre le concept de « responsabilité collective ». Elle est appliquée dans les Aurès en premier lieu, où le général Pallange décrète que le douar le plus proche d'un lieu de sabotage ou d'un attentat est collectivement responsable de l’événement. Les mesures prises peuvent aller d'une corvée collective pour réparer les dégâts le plus souvent, à une « prise d'otage » ou un bombardement du douar en question. Le principe de punition collective devient donc rapidement le corollaire de la responsabilité collective[202].

En 1955, Maurice Bourgès-Maunoury et le général Koenig, respectivement ministre de l'intérieur et de la défense, rédigent une « instruction concernant l'attitude à adopter vis-à-vis des rebelles en Algérie », prônant une réaction militaire « plus brutale, plus rapide, plus complète ». Ce texte confirme l'extension de la guerre non seulement aux rebelles armés mais aussi à la population algérienne susceptible de soutenir les rebelles. Max Lejeune, devenu secrétaire d'État aux forces armées, dira à propos du soulèvement populaire dans le Constantinois du 20 août 1955 réprimé qu'il n'est pas faux de parler de « répression aveugle »[201]. Le FLN, en grand partie dans la clandestinité, exerce son contrôle sur la population algérienne, y compris par des assassinats. Le plus connu est le massacre de Melouza, village qui aurait été acquis au messalistes (rivaux du FLN). Cependant, le général Salan constate que la population des douars environnants accuse l'armée française d'être responsable du massacre. Le FLN mène un guérilla intense contre les troupes françaises et des attentats qui touchent les infrastructures, mais aussi la population civile européenne. Le bilan des pertes occasionnées par le FLN est cependant plus lourd pour les militaires que les civils[203].

Amnisties françaises[modifier | modifier le code]

Des lois d'amnistie ont été promulguées durant et après la guerre.

Durant la guerre[modifier | modifier le code]

La première loi d'amnistie a concerné les membres du FLN et a été instaurée en Conseil des Ministres, le , par le premier président de la Ve République prenant fonction, Charles de Gaulle[204], dans le cadre de la paix des braves ; il s'agit du premier conseil des ministres du président de Gaulle.

Après la guerre[modifier | modifier le code]

Les Accords d'Évian ont stipulé la garantie de non poursuite pour tous les actes commis par les parties en conflit en Algérie avant le 19 mars 1962[205]. Cette politique a perduré après la guerre (lois ou décrets de 1962[206],[207], 1966[208], de 1968[209], de 1974, de 1982 et de 1987)[210]. Une loi spécifique est votée le 17 juin 1966 pour amnistier les responsables de l'affaire Audin[207]. Après les doubles lois de 1962, les seuls actes pouvant être poursuivis sont ceux de torture commis par les forces françaises contre des membres de l'OAS[207].

Dans son arrêt du 17 juin 2003[211], la Cour de cassation considère qu'il n'y a pas eu de crime contre l'humanité pendant la guerre d'Algérie. Elle écarte ainsi la possibilité de poursuites contre le général Paul Aussaresses. Sans nier les faits de torture, ni leur qualification de crime contre l'humanité au sens du code pénal actuel (entré en vigueur le 1er mars 1994), la jurisprudence actuelle écarte la qualification de crime contre l'humanité au sens du code pénal de l'époque : dès lors que les événements sont antérieurs au 1er mars 1994, seuls les faits commis par les puissances de l'Axe sont susceptibles de revêtir la qualification de crime contre l'humanité.

Des associations de défense des droits de l'homme comme la FIDH demandent un revirement[212].

En 1982, sous le gouvernement Mauroy, dans la continuité des amnisties antérieures, intervient l’« ultime normalisation administrative »[213], la « révision de carrière »[214] et la réhabilitation des généraux putschistes[215].

La loi du 23 février 2005 (dont seul l'article 4 a été retiré) accorde une « indemnité forfaitaire » et non imposable aux « personnes […] ayant fait l’objet, en relation directe avec les événements d’Algérie […], de condamnations ou de sanctions amnistiées » (art.13)[216], et ne figurant pas parmi les bénéficiaires mentionnés dans la loi (no 82-1021[217]) du 3 décembre 1982[218]. Athanase Georgopoulos, ancien de l'OAS réfugié en Espagne avant de revenir en France, a été nommé à la Commission chargée d'implémenter ces indemnisations (arrêté du 29 décembre 2005)[216].

Le général de Bollardière, sanctionné de soixante jours d'arrêts de forteresse pour avoir dénoncé la torture, n'a par contre pas été réhabilité. Il fut à l'époque le seul officier supérieur français à condamner la torture[219].

Amnisties algériennes[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Crise de l’été 1962.

Les accords signés à Évian le contenaient une clause dans laquelle le FLN, cosignataire des accords, (et non[220] le Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA), garant de l'autorité dans l'Algérie indépendante, mais qui n'en est pas officiellement signataire.), s'engageait à observer une amnistie générale garantissant formellement la non poursuite des militaires français ayant commis des crimes de sang [205].

La visée de cet accord était, pour le président de Gaulle, d'obtenir des garanties concernant l'Armée française et certains segments de la population européenne qui, en théorie, devait choisir de rester ou non en Algérie ainsi que la fraction de la partie musulmane ayant combattu avec l'armée française pour le maintien de l'Algérie au sein du territorial national français. Ainsi, les dispositions communes du Chapitre II De l'indépendance et de la coopération / A) DE L'INDÉPENDANCE DE L'ALGÉRIE / II - Des droits et libertés des personnes et de leurs garanties stipulent que [205]:

« Nul ne pourra faire l'objet de mesures de police ou de justice, de sanctions disciplinaires ou d'une discrimination quelconque en raison : * d'opinions émises à l'occasion des événements survenus en Algérie avant le jour du scrutin d'autodétermination ; * d'actes commis à l'occasion des mêmes événements avant le jour de la proclamation du cessez-le-feu ; * Aucun Algérien ne pourra être contraint de quitter le territoire algérien ni empêché d'en sortir. »

— Accords d'Évian [205]

Des violations des accords d'Évian ont débouché, d'une part, sur des incidents isolés tel le massacre d'Oran (communauté européenne) consécutif à la proclamation d'indépendance le et, d'autre part, au début des représailles et règlements de comptes contre des Harkis ainsi que ces derniers entre eux. (communauté musulmane). Globalement, aucun criminel de guerre, appartenant à l'un ou l'autre des belligérants n'a été poursuivi après la guerre.

La guerre d'Algérie au niveau international[modifier | modifier le code]

Les soutiens étrangers au FLN[modifier | modifier le code]

Articles connexes : Panarabisme, Nassérisme et Crise de Suez.

Le FLN bénéficie de plusieurs soutiens étrangers, d'abord de la part des « pays frères », le royaume du Maroc et la république de Tunisie, qui échappant au statut de protectorats français en 1956 et dont les territoires de leurs confins frontaliers respectifs avec l'Algérie jouent le rôle de sanctuaires et de bases arrières. Cette complicité conduira à la bataille des frontières, qui amènera les Français à édifier sur la frontière algéro-tunisienne la fameuse Ligne Morice ainsi que la Ligne Challe. Autres conséquences, l'arraisonnement de l'avion de Ben Bella et l'affaire de Sakiet qui, elle, débouche sur le coup d'État du 13 mai 1958 à Alger et la chute de la Quatrième République.

La Libye joue un rôle clé dans l'organisation des convois d'armes à destination des maquis algériens.

L'Égypte est également active dans le soutien du FLN, où le lieutenant-colonel Nasser qui prône une politique de panarabisme (nassérisme) et qui bénéficie de l'appui soviétique, fournit des armes au FLN. Les services secrets français (SDECE) qui surveillent le raïs, parviennent à démontrer l'aide militaire fournie au FLN par l'Égypte. Ainsi est arraisonné le cargo Athos transportant plus de 70 tonnes d'armes tchèques le [221]. Faisant valoir le soutien apporté par l'Égypte au FLN, la France planifie avec ses alliés israéliens et britanniques la campagne de Suez.

Globalement, la plupart des pays membres de la Ligue arabe, ceux du bloc afro-asiatique et les pays communistes d'Europe de l'Est ont soutenu l'indépendance de l'Algérie. Des pays d'Europe de l'Est comme la Yougoslavie (le maréchal Tito soutient dès le début l'insurrection algérienne), la Tchécoslovaquie et la Hongrie soutiendront activement le FLN de 1957 à 1962 en fournissant la plupart des armes à destination des maquis internes de l'ALN.

Les principaux soutiens diplomatiques du FLN puis du GPRA (gouvernement provisoire de la république algérienne) sont l'Union soviétique, la République populaire de Chine, l'Inde, l'Indonésie et le Viêt Nam.

Aux Nations unies[modifier | modifier le code]

Le 13 juin 1956, les 13 pays afro-asiatiques ont demandé la tenue d'une session extraordinaire consacrée à la situation en Algérie. Cependant, l'Alliance Atlantique dont les pays membres soutenaient la position de la France avait poussé le Conseil de sécurité à rejeter la demande.

Le 1er octobre 1956, les délégations des pays africains, arabes et asiatiques introduisent une nouvelle demande pour inscrire la question algérienne à l'ordre du jour des travaux de la 11e session de l'ONU.

En décembre 1957, le FLN parvient à faire inscrire « la question algérienne » à l'ordre du jour de la commission politique des Nations unies[222],[223].

Le 16 juillet 1957, lors de la tenue de la 12e session, le groupe de pays afro-asiatiques présenta de nouveau une demande d'inscription de la question algérienne à l'ordre du jour.

Au cours de la session tenue en 1958, le principe du droit du peuple algérien à l'autodétermination fut évoqué. Cet évènement a coïncidé avec la constitution, le 19 septembre 1959, du gouvernement provisoire algérien.

Le 16 juin 1959, le comité d'orientation des Nations unies a recommandé l'inscription officielle de la question algérienne à l'ordre du jour des travaux de l'assemblée générale et ce en dépit de l'opposition du délégué de la France, M. Hermann Bernard.

Le 22 août 1960, le Gouvernement provisoire algérien demande à l'ONU l'organisation d'un référendum populaire sous son contrôle.

Le 20 décembre 1961, l'Assemblée générale des Nations unies rend public un communiqué demandant aux deux parties de poursuivre les négociations. La résolution fut adoptée par 62 voix contre 32.

Aux États-Unis[modifier | modifier le code]

Dans un rapport de mission en Afrique remis au président Eisenhower au début de l'année 1957, Richard Nixon émettra de très sérieuses critiques à l'égard de la politique de la France en Algérie et se montrera favorable à l'indépendance de l'Algérie.

Le 2 juillet 1957, le sénateur John Fitzgerald Kennedy prononce un discours à la chambre haute (Sénat) des États-Unis sur le thème de la guerre d'Algérie dans lequel il souligne que cette guerre atroce a cessé de représenter un problème interne purement français et que les Américains sont directement concernés par ce conflit lequel a « dépouillé jusqu'à l'os les forces continentales de l'OTAN »[224].

À l'issue de ce discours, le sénateur Kennedy exhorte son pays à s'engager en faveur de l'indépendance de l'Algérie. Un projet de résolution est adressé à cet effet à l'administration US du président Dwight Eisenhower mais n'aboutira pas pour cause de procédures.

Sur le plan stratégique, le Pentagone s'inquiétait de voir les moyens de l'OTAN de plus en plus détournés au profit du soutien logistique des armées françaises en Algérie au détriment de l'équilibre des forces en Europe face au bloc de l'est.

En Suisse[modifier | modifier le code]

Depuis mai 1958, le Comité International de la Croix Rouge sollicite le GPRA d'adhérer à l'article 3 des quatre conventions de Genève, possibilité offerte aux acteurs non internationaux d'un conflit armé de s'engager à respecter un minimum d'obligations humanitaires. Le GPRA dépose finalement le 20 juin 1960 ses instruments d'adhésion auprès du gouvernement suisse qui est dépositaire de ces accords, en exploitant habilement l'enregistrement de sa candidature par la Suisse comme reconnaissant internationalement un État algérien. La Suisse doit rappeler par une note du 20 juillet, que cette adhésion est sans portée juridique pour les États qui n'ont pas reconnu le GPRA, qu'elle comporte tout au plus un engagement pris par le GPRA de respecter les Conventions de Genève[225]. Toutefois, succédant au GPRA, l'État algérien est réputé aujourd'hui avoir adhéré aux Conventions de Genève le 20 juin 1960[226].

En Italie[modifier | modifier le code]

La guerre d'Algérie offre une occasion inespérée à l'Italie de reprendre son rôle en Méditerranée sur fond d'anciennes rivalités avec la France. Tandis que la France s'oppose totalement à toute tentative d'internationalisation du conflit, l'Italie oscille, en fonction d'intérêts géopolitiques et de politique interne, entre une bienveillance manifeste à l'égard des indépendantistes algériens et une solidarité envers la France.

Cependant, c'est la gauche italienne qui se montre la plus intransigeante contre ce qu'elle appelle l’« impérialisme français » en Afrique du Nord. De nombreux activistes italiens soutiendront les réseaux du FLN en Europe.

Dès 1957, alors qu'il était à la tête de la compagnie pétrolière ENI, l'industriel italien Enrico Mattei tente de transformer l'Italie en base arrière du FLN en lui fournissant secrètement des financements et des facilités avant de disparaître dans un accident aérien suspect en octobre 1962[227].

Aspects militaires de la guerre d'Algérie[modifier | modifier le code]

Formations et unités : nomenclature[modifier | modifier le code]

Forces françaises[modifier | modifier le code]

  • SLNA : Service des liaisons nord-africaines
  • DST - Direction de surveillance du territoire

Forces supplétives de l'armée française[modifier | modifier le code]

  • GMPR (groupes mobiles de la police rurale), unité supplétive créée en janvier 1955.
  • Les Moghazni, unités supplétives créées en 1955.
  • Les Harkis, constitués en avril 1956.
  • Les unités territoriales, créées en mai 1956 et devenues Unités de réserve (UR) en 1960.
  • Les groupes d'autodéfense ou GAD : 287 groupes en 1957 ; 2030 groupes en 1960.
  • Les forces K (Kobus) : forces musulmanes spéciales constituées de 1 400 hommes créées en 1957 par Djilali Belhadj en vue d'imiter un maquis de l'ALN dans le but de combattre cette dernière. En Kabylie la force K était en fait une cellule du FLN chargée de la collecte d'armes, l'armée française sera trompée par cette stratégie kabyle pendant de nombreux mois[228].
  • Commandos sud-algériens, comptabilisés plus tard dans les effectifs des Harkis.
  • FAFM (Force auxiliaire franco-musulmane) ou Djich Sidi Chérif, force encadrée par des officiers français.

Après le cessez-le-feu du 19 mars 1962[modifier | modifier le code]

114 unités de la force locale de l'ordre algérienne ont été créés dans toute l'Algérie. Elles étaient constitués de 10 % de militaires français de métropole et 90 % de militaires algériens, qui pendant la période transitoire étaient être au service de l'Exécutif provisoire algérien, jusqu'à l'indépendance du pays.

Armée de libération nationale (ALN), bras armé du FLN[modifier | modifier le code]

Combattants de l'ALN
1-Djoundi de l'armée des frontières (1958)
2-Commando zonal (1957-58)
3-Soldat mitrailleur en tenue d'hiver (1957-59)

Les forces de l'ordre opérant en Algérie qualifièrent les groupes armés de l'ALN de « fellagas », en référence aux « coupeurs de têtes » ou « bandits » de grand chemin et aux « hors-la-loi », à partir de 1956, cette sémantique ne reflétait plus la réalité du terrain. En effet dans chacune des six zones géographiques (wilayas) créées deux ans après l'insurrection, les maquis s'étaient peu à peu structurés en véritables unités militaires avec leur règlement, leur état major et leur réseau logistique et leur service de renseignement, le MALG. Les combattants de la Wilaya III sous le commandement du colonel Amirouche en Kabylie par exemple portaient des insignes de grades comme une armée conventionnelle. Le congrès de la Soummam décida de réorganiser et surtout d'harmoniser l'existant et d'orienter l'ALN vers un fonctionnement centralisé, sinon bureaucratique désigné par les militaires français sous le nom de : OPA (Organisation politico-administrative du FLN).

Effectifs[modifier | modifier le code]

Les historiens ont toujours buté sur la difficulté d'avancer un chiffre qui corresponde à la réalité. Pour des raisons de propagande mais aussi à cause du double mouvement du reflux à la suite des « pertes nombreuses » et de flux du fait du « recrutement incessant », il serait aléatoire de donner un chiffre précis.

Les estimations approximatives établies par des sources algériennes, notamment Mohamed Téguia, indiquent que l'ALN s'est engagée dans la lutte armée le 1er novembre 1954 avec un millier d'hommes et qu'elle avait atteint son apogée en 1958 avec un maximum de 90 000 hommes (de 60 à 70 000 à l'intérieur et de 15 à 20 000 sur l'ensemble des frontières au-delà des barrages) avant de subir de sérieux revers lors des opérations meurtrières du Plan Challe durant les années 1959-1961 et de connaître une régression pouvant aller jusqu'à 50 % des effectifs, soit quelque 30 à 35 000 hommes à la fin de la guerre.

D'après des sources françaises et A. Clayton, l'ALN compte entre 15 000 et 20 000 combattants réguliers, tous dotés d'armes de guerre, et 25 000 auxiliaires pourvus d'armes de complément[229]. Pierre Clostermann devant l'Assemblée nationale : « En décembre 1955, l'effectif total des bandes armées ne dépassait pas 5 000 hommes et les civils apportant leur soutien ne dépassaient pas un dixième de la population. En mai 1958, le FLN aligne 40 000 combattants de première ligne qui disposent de l'aide de presque toute la population. »

Selon le général Maurice Faivre, il y avait trois à quatre fois plus de musulmans en armes du côté français que du côté de l'armée de libération. Face aux 210 000 combattants musulmans de l'Armée française (réguliers et supplétifs), l'ALN n'a jamais dépassé 50 000 hommes armés, dont 32 000 en Tunisie et au Maroc ; à l'intérieur, il reste en janvier 1962 3 400 réguliers et 12 000 auxiliaires, disposant de 6 000 armes de guerre et de 5 000 fusils de chasse[230]. Selon le ministère algérien des Anciens combattants, 132 290 Algériens ont servi dans l'ALN, dont 71 392 ont été tués[231].

L'ALN connaît un reflux dans les dernières années de la guerre, réduisant les effectifs de 50 %, soit entre 30 000 et 35 000 hommes[232].

D'après les statistiques du 2e Bureau (renseignements militaires), le nombre de combattants de l'ALN-FLN en 1960 était de l'ordre de 28 000 répartis en petits groupes de 10 ou 12 hommes pouvant parfois se regrouper en des unités de 200 hommes.

  • Les fidaïyines ou fidaïs (commandos affectés à des tâches spéciales)
  • Les djounouds (éléments réguliers formant les Katibas)
  • Les mousseblines (agent de liaison à la population)

Armement[modifier | modifier le code]

Les armes utilisées durant les premiers mois de l'insurrection n'étaient que des armes de chasse et des poignards et quelques-unes de ces armes dataient de la Deuxième Guerre mondiale voire de la Première. L'armement a commencé à se développer et à se diversifier au fur et à mesure de l'évolution du combat. Ainsi les responsables de l'ALN ont pu obtenir des armes plus performantes en les récupérant d'abord auprès de l'ennemi en organisant des embuscades ainsi qu'en les faisant acheminer clandestinement à travers les frontières : mitrailleuses, mortiers, bazooka, pistolets mitrailleurs, fusils semi-automatiques, fusil militaire simple à recul et une variété de grenades, d'explosifs et de mines.

D'un autre cote, le FLN a pu avoir des armes des autorités françaises comme lors de l'Opération Oiseau bleu où les services secret français SEDCE voulaient créer des contre maquis en Kabylie à Azzazga où les hommes de Krim Belkacem Mehlal Said et Zaidet Ahmed jouant double jeu ont pu tromper l'ennemi et récupérer 300 armes modernes que les moudjahidines n'avaient pas.[réf. souhaitée].

Les armes utilisées autant par les militaires français que par les guérilleros algériens étaient principalement de fabrication française, allemande et américaine. Cette guerre fut l'occasion pour l'armée française d'utiliser à grande échelle des hélicoptères dans le cadre de la lutte anti-insurrectionnelle et des armes dites de troisième dimension dans l'un des engagements militaires les plus intensifs de l'histoire militaire de la France.

Les combattants européens d'Algérie dans l'ALN[modifier | modifier le code]

Une grande partie des combattants européens d'Algérie sont des militants du Parti communiste qui donne alors pour mot d'ordre « de concourir à la défaite de l'armée française partout où elle se trouve »[66].

Daniel Timsit, est un étudiant en médecine[233] et militant du Parti communiste algérien, qui, en désaccord avec ce dernier[234] rejoint clandestinement le FLN afin d'y constituer « une « branche européenne » regroupant des militants pieds-noirs, chrétiens et juifs »[234]. Les membres du réseau Timsit prennent part à la mise en place de laboratoires d'explosifs[235] (élaboration de bombes à retardement) et à la lutte armée[234]. Timsit est incarcéré en 1956.

L'aspirant du Train Henri Maillot, militant du Parti communiste algérien (PCA) et secrétaire général de l'Union de la Jeunesse Démocratique algérienne, déserte son unité le 4 avril 1956 en emportant avec lui un camion d'armes et de munitions pour rejoindre un groupe de maquisards communistes qui s'était constitué dans la région d'Orléansville sous la responsabilité d'un membre du bureau clandestin du PCA, Abdelkader Babou. Le , le groupe de huit maquisards du « maquis rouge » que commande Henri Maillot est surpris par les troupes françaises près de Lamartine[236] dans la région d'Orléansville. Trois membres du groupe sont tués au combat : Belkacem, Hammi et un Européen, Maurice Laban, membre du Parti communiste algérien. Henri Maillot, pris vivant, sera sommairement exécuté.

Raymonde Peschard (1927-1957), membre du Parti communiste algérien (PCA) et militante de la cause algérienne. Expulsée de Constantine en 1955. Interdite de séjour dans le Constantinois et l'Oranie. Recherchée par l'armée française, elle passe dans la clandestinité et elle s'engage dans l'(ALN), elle trouve la mort le 26 novembre 1957 dans l'Est-Constantinois au cours d'un accrochage entre l'A.L.N. et l'armée française.

Danièle Minne, membre du Parti communiste algérien (PCA), poseuse de bombe à l'Otomatic (26 janvier 1957) pour le compte du FLN, et complice de l'attentat à la bombe contre le Milk Bar, militante active de la cause algérienne, amnistiée en 1962.

Armée française engagée en Algérie[modifier | modifier le code]

L'engagement militaire de la France durant la guerre d'Algérie fut massif et total. Tout ce qui restait de l'armée coloniale fut ramené en Algérie. Jusqu'à l'été 1955, les opérations militaires sont relativement réduites et mobilisent des effectifs peu nombreux, pour une part composés des forces stationnées au Maghreb et pour une autre part de renforts acheminés de métropole, il en va autrement à partir du mois d'août 1955 qui marque un tournant dans la guerre. Le cabinet Edgar Faure croit pouvoir maîtriser la situation grâce au dispositif en place. À la veille de l'insurrection de novembre 1954, la 10e région militaire qui couvre tout le territoire de l'Algérie, compte moins de 50 000 hommes. Les généraux français Cherrière et Larillot, commandants successifs en Algérie, réclament avec insistance des renforts. Une année après, c'est le rappel des disponibles[237].

L'appel au contingent (1956-1957)[modifier | modifier le code]

Un soldat français du contingent muni d'un pistolet mitrailleur modèle MAT 49

Guy Mollet décide de faire appel au contingent pour ce que l'on appelle la pacification en Algérie. Entre mai et août 1955, 40 000 hommes supplémentaires débarquent en Algérie. Le général Salan prend le commandement de la région militaire que constitue l'Algérie, ce sont plus de 450 000 militaires qui quadrillent le territoire algérien . Les attentats se multiplient dans tout le territoire et la guérilla commence à se signaler dans les montagnes, les légionnaires et les parachutistes doivent intervenir régulièrement dans les Aurès, en Kabylie et ailleurs. L'armée française est sur la défensive. Chaque mois, des milliers d'attentats ont lieu, augmentant la violence de la répression, ainsi, rien que durant le mois de janvier 1957, le FLN a conduit plus de 100 attentats à Alger et près de 4 000 dans le reste du pays[238]. La guerre a mobilisé plus de 1,5 million de jeunes appelés entre 1954 et 1962 avec l'allongement de la durée du service militaire[239].

À ces effectifs, il faudrait ajouter le personnel de l'armée de l'Air, celui de la marine et celui de la gendarmerie, soit 56 000 hommes à la fin de 1959. Ce qui donne le chiffre, hors supplétifs, de 464 000 hommes en 1959 et qui estime les forces militaires françaises engagées en Algérie entre 735 000 et 805 000 hommes, il s'agit de la « plus formidable armada jamais vue en opération sur un territoire colonial ». Ces troupes sont encadrées par un nombre considérable d'officiers : 60 généraux, 600 à 700 colonels et lieutenants-colonels, 1 300 à 1 500 commandants. Face à cette armée d'officiers, dans le meilleur des cas, il n'y avait que six colonels de Armée de libération nationale (ALN) dirigeant les six wilayas et à peine 18 commandants, tous formés sur le tas[237].

Harkis[modifier | modifier le code]

Un jeune harki, en 1961.

« Harki », terme désignant les auxiliaires algériens de l'armée française servant d'éclaireurs, d'interprètes, se déplaçant sans cesse dans le pays ou pour combattre tout simplement aux côtés des soldats français. Leur destin fut un des aspect douloureux de la guerre d'Algérie. Dès novembre 1954, le préfet Vaujour, directeur de la Sûreté nationale à Alger, obtient du gouverneur Roger Léonard et du ministre de l'Intérieur François Mitterrand l'autorisation de créer un corps spécial principalement composé de musulmans. En 1955, ce corps comprend 35 Groupes mobiles de protection rurale (GMPR). En 1957, ils seront 70 et deviendront l'année suivante les Groupes mobiles de sécurité (GMS). Les Sections administratives spécialisées (SAS) créées par Jacques Soustelle le 5 septembre 1955 sont dirigées par de jeunes officiers d'active ou de réserve. Elles sont protégées par un maghzen, groupe de 20 à 50 guerriers. Les harkas « troupes mobiles » sont officiellement reconnues le 8 février 1956 par le général Lorillot et leurs effectifs ne cessent d'augmenter. Dans son rapport sur le moral de l'armée, le général Salan indique que les harkis sont passés de 4 000 à 17 000 au cours de l'année 1957. Initialement pourvus d'armes de chasse[240].

Le 13 mars 1962, un rapport transmis à l'ONU évalue le nombre de musulmans pro-français à 263 000 hommes : 20 000 militaires de carrière, 40 000 militaires du contingent, 58 000 harkis, unités supplétives formées à partir de groupes civils d'autodéfense, parfois promus « commandos de chasse » ces unités, prévues à raison d'une par secteur militaire, sont constituées en Kabylie, dans les Aurès et l'Ouarsenis, 20 000 moghaznis, éléments de police constitués à l'échelon des localités, et placés sous les ordres des chefs des sections administratives spéciales (SAS), 15 000 membres des GMPR (groupes mobiles de protection rurale), dénommés plus tard groupes mobiles de sécurité, assimilés aux CRS, 60 000 membres de groupes civils d'autodéfense, 50 000 élus, anciens combattants, fonctionnaires[240].

Armement[modifier | modifier le code]

Si l'armée française disposait d'un armement désuet en Indochine, en Algérie, elle sera dotée des armes modernes et puisera dans les stocks de l'OTAN de la Seconde Guerre mondiale dans le cadre de la guerre froide. Le matériel fourni par l'OTAN est largement utilisé. Les équipements et les armements sont surtout américains durant les premières années de la guerre.

Moyens aéronautiques[modifier | modifier le code]

Pour les fantassins français opérant au sol dans un pays immense et par des conditions climatiques extrêmes, l'appui de l'aviation s'est vite révélé indispensable. La flotte aérienne est impressionnante : plus de 1 600 avions (800 spéciaux et 600 légers) seront affectés à la Xe région militaire, soit plus de la moitié de la flottille aérienne française totale, ainsi que de 250 hélicoptères. Durant les huit ans de guerre, les pilotes et les équipages se sont efforcés d'épauler leurs frères d'armes arpentant les djebels, leur conférant ainsi une supériorité qui compensait l'avantage du terrain dont bénéficiaient parfois les combattants de Front de libération Nationale (ALN)[241]. Avions à réaction ou de vétérans de la Seconde Guerre mondiale comme le Republic P-47 Thunderbolt ou North American T-6 Texan de l'Armée de l'Air, le Corsair bleu de l'Aéronavale ou les Piper d'observation de l'Armée de terre qui n'hésitaient pas à piquer pour baliser les objectifs, les aviateurs français ont été engagés dans tous les combats, les zones d'opérations : la Kabylie, le Constantinois, l'Ouarsenis ou le sud Oranie au cours desquels les mitrailleuses des combattants algériens ne les ont pas ménagés[242].

Opérations héliportées[modifier | modifier le code]

À bord d'hélicoptères dont l'opération aéroportée est née durant la Guerre d'Algérie, entre toutes les armes, l'hélicoptère sera l'arme anti-guérilla par excellence, le plus connu est le Sikorsky H-34, armé d'un canon automatique MG 151/20 et de deux mitrailleuses M 2 de 12,7 mm[241], qui participera à toute la guerre d'Algérie dans la lutte contre-guérilla. Cette guérilla va se développer dans les maquis dès 1955, surtout durant les grandes opérations du plan Challe, avant d'être finalement battue sur son propre terrain. La carrière de cet hélicoptère, au cours de ce conflit, est d'autant plus chargée de difficultés que ce terrain est en majorité montagneux et que les combattants algériens de l'ALN sont de redoutables coureurs de djebels. Ils ont parfaitement assimilé les principes mêmes de leur combat : harceler, disparaître, refuser le combat inégal. Pour les dénicher, il fallut des hélicoptères, et le Sikorsky H-34 était devenu l'outil indispensable par excellence.

Les bases[modifier | modifier le code]

Parmi les bases les plus importantes, on peut citer Oran-La Senia, qui couvre la frontière algéro-marocaine et qui est équipée d'avions de chasse, de bombardiers et d'hélicoptères, Bône-Les Salines chargée de la surveillance de la frontière algéro-tunisienne et spécialisée dans l'interception avec avions de chasse et bombardiers, Alger-Maison Blanche, Blida et Boufarik, Hassi Messaoud et Ouargla, pour le transport des troupes.

Surveillance maritime[modifier | modifier le code]

La Marine française joua également dans les opérations d'arraisonnement des cargaisons suspectées de trafic d'armes à destination du FLN et dans les opérations terrestres, sur les côtes ou en bombardant à l'artillerie navale gros calibres les zones contrôlées par les combattants de l'Armée de libération nationale (ALN). Les ports d'Alger, d'Oran-Mers el Kébir , de Bône, de Bejaïa et de Skikda ont joué un rôle important dans une guerre qui se déroule sur tous les fronts.

Appelée « Surmar Algérie » dès sa création tout au début des hostilités, puis rapidement simplement « Surmar », la surveillance maritime du littoral algérien est une organisation calquée sur celle que la Marine nationale a mise en œuvre pendant la guerre d'Indochine. Les choses sont toutefois un peu différentes puisque le Việt Minh recevait ses armes par la frontière de Chine, la voie maritime n'étant utilisée que pour des trafics complémentaires. De son côté, l'ALN est entièrement dépendante de l'étranger pour son approvisionnement en armes et en munitions. Avant l'indépendance du Maroc et de la Tunisie, la présence de troupes françaises dans ces deux pays rendait difficile l'établissement de bases relais où seraient stockées les armes avant de passer la frontière. L'ALN voit la situation s'améliorer en 1956, grâce à l'indépendance de la Tunisie et du Maroc, mais 1'établissement des barrages aux frontière le ramène a une situation encore plus difficile que précédemment[243].

L'Armée de libération nationale (ALN) ne peut se contenter d'aussi modeste livraisons. Il fait venir des cargaisons importantes par des bâtiments de fort tonnage naviguant sous divers pavillons. Ces navires ne peuvent utiliser les ports d'Algérie. trop étroitement surveillés par la marine, aussi leurs capitaines préfèrent-ils rejoindre les ports du Maroc et de la Tunisie en évitant de pénétrer dans les eaux territoriales algériennes. Il est alors nécessaire de les intercepter en haute mer, ce qui aurait d'ailleurs pu poser un problème lors de la capture de l'Athos.

Dès le 31 mai 1955, une « instruction provisoire sur la surveillance des frontières maritimes » est publiée. Elle est suivie d'un arrêté interdisant la navigation et la pêche dans certaines zones côtières propices à la contrebande. Le 17 mars 1956 enfin, un décret étend la zone de visite douanière à 50 km de la côte. Sont également définies les mesures pouvant être prises par les bâtiments ou les aéronefs de la « Surmar » à l'encontre d'un navire suspect. Elles sont au nombre de cinq[243] :

  • 1. Observation du pavillon, du nom et du port d'attache figurants à l'arrière.
  • 2. Demande par porte-voix, ou plus fréquemment par signaux optiques, de la nationalité, de l'identité, de la provenance et de la destination du navire. En cas de refus, le bâtiment suspect peut faire l'objet d'une enquête de pavillon mais cette mesure n'est autorisée pour les navires étrangers que s'ils se trouvent dans les eaux territoriales.
  • 3. Enquête de pavillon dans laquelle une équipe est envoyée à bord du navire suspect pour examiner ses documents réglementaires (acte de nationalité, rôle d'équipage, liste des passagers, journaux de bord, manifeste de la cargaison...).
  • 4. Visite du navire et de sa cargaison à l'issue de l'enquête de pavillon.
  • 5. Poursuite en haute mer si le navire suspect tente de se dérober alors qu'il se trouvait dans les eaux territoriales algériennes au moment du contrôle.

Selon les règles du droit international, la poursuite ne doit pas être interrompue mais elle peut être menée par plusieurs bâtiments et aéronefs se relayant.

Les intellectuels et la guerre d'Algérie[modifier | modifier le code]

Devant la guerre d'Algérie, les intellectuels français sont partagés.

Albert Camus, prix Nobel, lance à Alger, le 22 janvier 1956, L'Appel pour une Trêve Civile, tandis que dehors sont proférées à son encontre des menaces de mort. Son plaidoyer pacifique pour une solution équitable du conflit est alors très mal compris, ce qui lui vaudra de rester méconnu de son vivant par ses compatriotes pieds-noirs en Algérie puis, après l'indépendance, par les Algériens qui lui ont reproché de ne pas avoir milité pour cette indépendance. Haï par les défenseurs du colonialisme français, il sera forcé de partir d'Alger sous protection[244]. Il s'efforça toujours de rester entre deux extrêmes dénonçant l'injustice faite aux musulmans d'un côté, tout en déniant la caricature du « pied noir exploiteur » de l'autre.

L'histoire retient cette déclaration faite au lendemain de son obtention du prix Nobel de Littérature : « J'ai toujours condamné la terreur, je dois aussi condamner un terrorisme qui s'exerce aveuglement dans les rues d'Alger et qui peut un jour frapper ma mère ou ma famille. Je crois à la justice, mais je défendrai ma mère avant la justice »[245] Camus proclame sa fidélité à l'« Algérie française » et doute de l’Algérie algérienne[246].

Jean-Paul Sartre milita clairement pour l'indépendance de l'Algérie[247].

En septembre 1960 le Manifeste des 121, titré « Déclaration sur le droit à l’insoumission dans la guerre d’Algérie », est signé par des intellectuels, universitaires et artistes et publié dans le magazine Vérité-Liberté. Il est né dans le sillage du groupe de la rue Saint-Benoît. Il a été pensé puis rédigé par Dionys Mascolo et Maurice Blanchot. Ce traité a permis de regrouper des personnalités de divers horizons dans un esprit libertaire et orienté à gauche.

Jean-Paul Sartre, signataires du Manifeste des 121, est également un soutien de poids des membres du Réseau Jeanson lors de leur procès en septembre 1960. Il rédigea la préface de l'essai Les Damnés de la Terre » de Frantz Fanon et se prononça clairement pour l'indépendance de l'Algérie. Dans cette célèbre préface, il va jusqu'à écrire : « il faut tuer : abattre un Européen c'est faire d'une pierre deux coups, supprimer en même temps un oppresseur et un opprimé : restent un homme mort et un homme libre ; le survivant... »[248]. Son appartement sera plastiqué deux fois par l'OAS

Ce texte provoqua rapidement un contre-manifeste, le Manifeste des intellectuels français pour la résistance à l'abandon, paru en octobre 1960 dans l'hebdomadaire Carrefour, dénonçant l'appui apporté au FLN par les signataires du Manifeste des 121 - ces « professeurs de trahison » - et défendant l'Algérie française. Il soutient l'action de la France et de l'armée en Algérie (« L'action de la France consiste, en fait comme en principe, à sauvegarder en Algérie les libertés (...) contre l'installation par la terreur d'un régime de dictature »), taxe le FLN de « minorité de rebelles fanatiques, terroristes et racistes » et dénie « aux apologistes de la désertion le droit de se poser en représentants de l'intelligence française ». Ce contre-manifeste bénéficie de soutiens plus nombreux[249].

Certains intellectuels, tels Francis Jeanson, mettent en pratique leurs idéaux anticolonialistes en transportant des fonds à destination du FLN. Reconnu coupable de haute trahison, celui-ci sera condamné en octobre 1960 à dix ans de réclusion.

Pour Edgar Morin, qui anima un comité contre la guerre d'Algérie et défendit Messali Hadj, une partie de la gauche française pensait avec Les Temps modernes « que le FLN était l'avant-garde de la révolution mondiale. Il y avait bel et bien une mythologie du FLN et celle-ci écartait tous les éléments gênants qui pouvaient la contredire »[250]

Frantz Fanon, un psychiatre né à la Martinique, s'engage auprès des indépendantistes algériens dès le début de la guerre d'Algérie, en 1954, et noue des contacts avec certains officiers de l'ALN (Armée de libération nationale) ainsi qu'avec la direction politique du FLN, Ramdane Abane et Benyoucef Benkhedda en particulier. Il théorisa la terreur comme tactique révolutionnaire à travers son livre, Les damnés de la terre publié en 1961 et qui deviendra plus tard la bible de tous les mouvements révolutionnaires[251]. En hommage à son soutien à la cause algérienne, deux hôpitaux en Algérie, l'hôpital psychiatrique de Blida, où il a travaillé, et l'hôpital de Béjaïa, portent son nom.

Divergences de qualification juridique et enjeux politiques[modifier | modifier le code]

Remarque historiographique[modifier | modifier le code]

Les archives officielles de la guerre d'Algérie ne sont encore que partiellement disponibles et accessibles aux chercheurs en France[252], et inaccessibles en Algérie[253]. La loi française du 15 juillet 2008 relative aux archives[254] a raccourci les délais de communication des archives publiques, y compris pour certaines archives classifiées « secret défense » communicables après un délai de 50 ans[255]. En 2008, au cours de la discussion de ce texte au Parlement, un amendement adopté par le Sénat français visait à prescrire un délai de 75 ans concernant les pièces « susceptibles de porter atteinte à la vie privée »[256]. Cette disposition, vivement critiquée par des historiens car elle aurait accru les délais de communicabilité des archives relatives à la guerre d'Algérie[257], a finalement été retirée du texte au cours de son examen à l'Assemblée nationale.

Terminologie[modifier | modifier le code]

En Algérie, cette guerre est appelée « Révolution algérienne » par analogie avec les révolutions américaine, française et russe[réf. nécessaire]. Elle se nommera très peu de temps après son déclenchement « guerre de libération nationale » ou « guerre d'indépendance ». Le terme « révolution » est massivement adopté par le FLN à partir de 1956, année de son congrès de La Soummam, en Kabylie. Le terme prendra des connotations résolument socialistes dans les premières années d'indépendance. Pour les populations algériennes dans leur ensemble, ce fut « La Guerre ».

Pour des raisons assez complexes[Lesquelles ?], la France a reconnu qu'il s'agissait d'une guerre en 1999, sous la présidence de Jacques Chirac. Toutefois, dans les textes législatifs notamment, l'expression officielle consacrée continue d'être « les événements d'Algérie ». Ce fait demeure unique dans l'époque contemporaine et constitue une exception française.

Refus français de la qualification de « guerre »[modifier | modifier le code]

Le l'ONU ne reconnaît pas le droit de l'Algérie à l'indépendance à la suite du seul vote d'opposition de la France qui considère que le problème algérien est un problème interne[258],[259].

La qualification des accords d'Évian relève de la même problématique. Ces accords sont considérés comme un instrument juridique bilatéral de première importance dans les relations entre les deux pays[travail inédit ?].

Avec la reconnaissance officielle de la guerre par la représentation nationale française[260], la première position est en passe de disparaître, d'autant plus que l'expression « guerre d'Algérie » était déjà utilisée par les historiens et les journalistes français et étrangers depuis le déclenchement du conflit et que le grand public reconnaît également cette expression.

Conséquences du statut[modifier | modifier le code]

À l'époque même des faits, le gouvernement français, et un bonne partie de l'opinion publique (qui évolua d'ailleurs au cours de la guerre) considéraient qu'il ne s'agissait pas d'une guerre mais de troubles à l'ordre public et plus substantiellement des troubles contre l'ordre établi. Ces mots avaient des conséquences pratiques importantes : les insurgés ne pouvaient bénéficier du statut de prisonnier de guerre, et ce n'est que bien après la guerre que les pensions versées aux soldats français ou leurs veuves furent alignées sur celles versées dans le cas de guerres officielles[261].

Concernant les prisonniers français du FLN, des recherches récentes[262] ont montré que la prise de prisonniers par le FLN était liée à sa stratégie visant à se poser en belligérant légitime, du fait de la non-reconnaissance de la guerre par le pouvoir français.

Reconnaissance des crimes[modifier | modifier le code]

Si la France a reconnu la guerre, seuls ont été également reconnus officiellement des actes individuels commis par les militaires sans pour autant les condamner. Le caractère organisé, systématique, massif et scientifique de la répression des Algériens suspectés d'appartenance ou de sympathie vis-à-vis du FLN (tortures, exécutions sommaires, massacres, etc.) par les militaires au nom de l'État français[réf. nécessaire] n'a, lui, jamais été reconnu, tout comme celui de l'abandon d'un certain nombre de harkis par la France, lors des derniers jours de la guerre.

Côté algérien, à l'occasion du cinquantième anniversaire du congrès de la Soummam et des massacres de Philippeville (actuellement Skikda), le président Abdelaziz Bouteflika a reconnu dans un message du 20 août 2006 que « Notre guerre de libération nationale a été menée par des hommes et des femmes, que l'élan libérateur portait le plus souvent à un haut niveau d'élévation morale, mais elle comporte des zones d'ombre à l'instar de tous les processus de transformation violente et rapide des sociétés humaines »[263]. L’État algérien reconnaissait alors l'existence de faits jusque-là tabous et occultés comme la vérité sur la mort et le testament du colonel Amirouche[264] ou même sur la personne qui a vendu Ali la Pointe… En 2009, il affirme que la Révolution a respecté les « Conventions internationales, dont celles de Genève[265] ». À noter que la convention de Genève[266], dans sa version de 1949, interdit les attaques sans discrimination contre les populations civiles ce qui inclut et les bombardements d'objectifs civils et les attentats terroristes.

Guerre des mémoires et relations franco-algériennes[modifier | modifier le code]

Article connexe : Concurrence des mémoires.

La guerre d'Algérie est devenu l'enjeu d'une bataille mémorielle entre la France et l'Algérie, chaque nation essayant d'imposer à l'autre sa version nationale/nationaliste des faits. De cette « guerre des mémoires »[267] naîssent, côté français, en 2005 des polémiques concernant ce que les médias locaux ont appelé, le projet de loi sur « le rôle positif de la colonisation » ainsi que sur le choix de la date du 19 mars pour commémorer la fin de la guerre.

Pour l'historien Guy Pervillé, en dépit de tous les apports de l'histoire récente, « la perception de la guerre d'Algérie par les militants et par les journalistes engagés [...] est restée très proche de ce qu’elle était en 1962 ». Loin de se pacifier et de voir les passions s'estomper, en France comme en Algérie, « la mémoire de la guerre d’Algérie a pris le dessus sur l’histoire »[268].

Relations franco-algériennes[modifier | modifier le code]

La guerre mémorielle a été un facteur constant des relations franco-algériennes depuis l'indépendance, relancée à chaque fois par le pouvoir algérien quand celui-ci souhaitait faire pression sur la France[268]. Elle ressuscite lors de la crise déclenchée par la nationalisation des hydrocarbures sahariens en 1971, et particulièrement lors de la période de froid diplomatique entre les deux pays voulue par Houari Boumédiène en réponse au soutien accordé par Giscard d'Estaing au Maroc dans la répression du Front Polisario, soutenu par Alger dans le cadre du conflit du Sahara ex-espagnol (1975-1978)[268].

Accusations réciproques de « crimes contre l'humanité »[modifier | modifier le code]
La pertinence de cette section est remise en cause, considérez son contenu avec précaution. En discuter ?

La querelle franco-française liée à la date 19 mars se prolonge, le , avec la proposition de loi de Thierry Mariani (UMP) « visant à établir la reconnaissance par la France des souffrances subies par les citoyens français d'Algérie, victimes de crimes contre l'humanité du fait de leur appartenance ethnique, religieuse ou politique »[269].

La question de la repentance est une des constantes des relations franco-algériennes. Dès 1964, des voix se sont élevées pour condamner l'amnistie totale et générale accordée à tous les criminels de guerre et auteurs de crimes contre l'humanité durant le conflit. Cette amnistie est prévue par le texte même des accords d'Évian (deux fois : titre II, chapitre 1 §K pour les personnes déjà jugées et emprisonnées à l'époque et chapitre 2 §A, « Dispositions communes » pour tous les faits jusqu'à la date des accords)[205], et aurait été confirmée en France par la loi du 31 juillet 1968[270] et en Algérie par son intégration dans le Code pénal[271] bien que cela soit contesté par quelques avocats du côté algérien et FLN[272] et du côté de certains Français d'Algérie[273].

Au niveau des manuels scolaires en usage en Algérie, les crimes colonialistes français en Algérie sont qualifiés de génocide et de crimes contre l'humanité depuis 1979. Un manuel d'histoire datant de 1985, retiré depuis une dizaine d'années, va encore plus loin en qualifiant la colonisation de vaste processus de destruction de la vie et de la culture de l'homme sur terre.

En 1999, 2004 et en 2007, le président algérien Abdelaziz Bouteflika a, en différentes occasions, qualifié la colonisation française de génocide culturel et a appelé la France à assumer son histoire en présentant des excuses formelles[274].

Le , le député FLN Moussa Abdi, l'un des deux cents députés de la chambre basse du parlement algérien, dans une proposition de loi au parlement algérien, déclare : « nous envisageons de créer des tribunaux spéciaux pour juger les responsables de crimes coloniaux ou de les poursuivre devant les tribunaux internationaux »[275].

En février 2010, cent vingt-cinq députés de différents partis politiques algériens, dont le FLN au pouvoir, signent une proposition de loi criminalisant le colonialisme français en Algérie[276].

Qualification des combattants[modifier | modifier le code]

Le conflit armé qui débute le 1er novembre 1954 est qualifié de « Glorieuse Révolution » dans les discours officiels de la Présidence algérienne[277],[278]. Les agents du FLN se définissent comme des « résistants », alors que les autorités politiques françaises les qualifient de « rebelles ».

Parallèlement, en France, les manifestations d'hommage aux anti-indépendantistes, désignés dans la presse de l'époque comme des « activistes »[279] mais qualifiés par l'ADIMAD (association proche de l'OAS) de « partisans patriotes de l’Algérie française », crée des controverses notamment en 2005 lors de l'affaire de la stèle de Marignane et 2006 lors de l'affaire de la flamme du soldat inconnu.

En Algérie[modifier | modifier le code]

Algérie a eu depuis l'indépendance une politique mémorielle très active, politique qui s'inscrit dans continuité de « la propagande du PPA-MTLD et du FLN, et orchestrée par l’Etat »[268]. Dès 1966; l'usage de la torture par l'Armée française contre le FLN et les communistes est dénoncé dans le film produit par Yacef Saâdi, membre du FLN (La Bataille d'Alger).

Selon Guy Pervillé, « l'histoire officielle algérienne, qui est en réalité une mémoire officielle, n'a pas cessé de conditionner l’opinion publique »[268]. Il estime qu'au-delà du crédit que les Algériens ont pu accorder à cette présentation officielle de l'histoire, « il faut néanmoins constater que la répétition d’une même propagande durant plusieurs générations finit par laisser des traces en effaçant la frontière entre le vrai et le faux »[268]. Mohammed Harbi souligne également le rapport « très problématique » du pays avec son histoire. Selon lui, dans peu de pays autant qu'en Algérie, « l'Histoire est instrumentalisée pour traiter des problèmes actuels. »[280].

La modification du régime en 1989, l'instauration du multipartisme et de liberté de la presse, ne met pas un terme à l’existence d'une mémoire officielle, « qui rappelle ses principes fondamentaux dans son préambule et dans plusieurs de ses articles »[281]. Durant longtemps, les historiens algériens bénéficient d'une liberté très limitée chez eux et publient en dehors de l'Algérie ce qu'il ne leur est pas permis de publier dans leur propre pays[281]. La guerre civile algérienne ravive encore cette politique mémorielle avec la réutilisation par les deux camps d'un vocabulaire hérité de la guerre d'Algérie[281].

Cette difficulté à sortir de l'histoire officielle se manifeste notamment lors de l’interdiction du film de Jean-Pierre Lledo, Algérie, histoires à ne pas dire (2007)[282],[283].

En France[modifier | modifier le code]

En France, la mémoire de la guerre se caractérise longtemps par ce que Guy Pervillé décrit comme « une politique de l'oubli », l'incapacité devant un conflit qui avait profondément déchiré les Français entre eux « de reconstituer une mémoire nationale consensuelle »[281]. Pour cette raison, la guerre d’Algérie est demeurée durant des années une guerre sans nom et sans commémoration officielle[281].

Commémoration du 19 mars[modifier | modifier le code]

En France, une bataille mémorielle et politique divise en deux camps les anciens combattants d'Algérie, mais aussi en partie l'échiquier politique[268]. L'enjeu en est la commémoration - ou pas - de la date du qui est celle du cessez-le-feu bilatéral en Algérie[284] et donc de la fin formelle de la guerre d'Algérie. Ceux qui dénoncent cette date arguent du fait qu'il s'agit en réalité d'un arrêt formel des hostilités mais pas des violences, puisque d'une part l'OAS a poursuivi sa lutte anti-indépendantiste (bataille de Bab El Oued) en ignorant le cessez-le-feu entre la France et le FLN (termes des accords d'Évian du ) et que, de l'autre, les massacres ont continué telle la fusillade de la rue d'Isly le ou le massacre d'Oran le )[285]. Le sénateur Paul Girod (UMP), en quête d'un « consensus », estime à 155 000 le nombre des morts de l'après cessez-le-feu dans la Question écrite no 35405 publiée dans le journal officiel du Sénat le [286].

Les partisans de la commémoration du 19 mars soutiennent la proposition pendant une décennie, comme en atteste le dossier de 2005 portant sur la « journée nationale du souvenir de la guerre d'Algérie »[287]. Initialement, le Bernard Charles (Radical-citoyen-vert) dépose une proposition de loi « tendant à instituer une journée nationale du souvenir des victimes civiles et militaires de la guerre d'Algérie et des combats du Maroc et de Tunisie. » fixée par l'Article 2 au 19 mars[288], entre 2000 et 2001. Cette proposition est redéposée par Jean-Pierre Soisson (UMP)[289], Alain Bocquet (Parti communiste français)[290], Jean-Pierre Michel (Radical-citoyen-vert)[291], Alain Néri (Parti Socialiste)[292] et Didier Julia (UMP)[293]. Le texte no 762 dit « petite loi » est adopté par l'Assemblée nationale en première lecture le [294].

En 2003, le maire de Paris, Bertrand Delanoë (Parti socialiste), commémore le cessez-le-feu en baptisant une voie « place du Dix-Neuf-Mars-1962 ». De même, il existe des « rue du 19-mars-1962 » et « avenue du 19-mars-1962 » en France.

Depuis une loi française du 6 décembre 2012, le 19 mars, « jour anniversaire du cessez-le-feu en Algérie », est déclaré « journée nationale du souvenir et de recueillement à la mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d'Algérie et des combats en Tunisie et au Maroc »[295].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie indicative[modifier | modifier le code]

Généralités[modifier | modifier le code]

  • (en) Gearge Armstrong Kelly, Lost Soldiers: The French Army and Empire in Crisis, 1947-1962, MIT Press, 1965
  • (en) Alistair Horne, A Savage War of Peace: Algeria 1954-1962, Penguin Books, 1977
  • Mohammed Harbi, Les Archives de la Révolution algérienne, 1981
  • Jean-Pierre Rioux (dir), La Guerre d'Algérie et les Français, Fayard, 1990
  • Pierre Miquel, La Guerre d'Algérie, Paris, Fayard, 1993
  • Benjamin Stora, Histoire de la guerre d'Algérie, 1954-1962, la Découverte, 1993
  • Bernard Droz, Évelyne Lever, Histoire de la guerre d'Algérie, Seuil, 1982 (réimpr. 2002)
  • Claire Mauss-Copeaux, Appelés en Algérie : La Parole confisquée, Paris, Hachette-Littératures, 1999
    Rééd. en poche dans la collection « Pluriel ».
  • Hartmut Elsenhans (préf. Gilbert Meynier), La Guerre d’Algérie 1954-1962 : La Transition d’une France à une autre : Le Passage de la IVe à la Ve République, Paris, Publisud, coll. « La France au fil des siècles », , 1072 p. (ISBN 2866007131 et 9782866007133, OCLC 407144042)
    Trad. de l'allemand par Vincent Goupy revue et corrigée par Gilbert Meynier.
  • Yves Courrière, La Guerre d'Algérie 1954-1957 Tome 1 Éditions Fayard, Paris, 2001 (ISBN 2-21361-118-1)
    Grandes enquêtes journalistiques publiées entre 1968 et 1971.
  • Yves Courrière, La Guerre d'Algérie 1957-1962 Tome 2 Éditions Fayard, Paris, 2001 (ISBN 2-21361-121-1)
  • Bernard Michal (dir.), Histoire du drame algérien 1954-1962, éd. Omnibus, 2012
  • Gilbert Meynier, Histoire intérieure du FLN, Paris, Fayard, 2002
  • Guy Pervillé, Pour une histoire de la guerre d'Algérie, Paris, Picard, , 356 p. (ISBN 270840637X)
  • Claire Mauss-Copeaux, À travers le viseur. Algérie 1955-1962, Lyon, éd. Aedelsa, 2003
  • Georges-Marc Benamou, Un mensonge français : Retours sur la guerre d'Algérie, Robert Laffont, 2003
  • Raphaël Delpard, Les Oubliés de la Guerre d'Algérie, Michel Lafont, 2003
  • Yves Michaud (direction), La Guerre d'Algérie (1954-1962), Université de tous les savoirs, Odile Jacob, 2004
  • Linda Amiri, La Bataille de France : La Guerre d'Algérie en métropole, Robert Laffont, 2004
  • Mohammed Harbi et Benjamin Stora, La Guerre d'Algérie (1954-1994). La fin de l'amnésie, Robert Laffont, 2004
  • Mohammed Harbi et Gilbert Meynier, Le FLN, documents et histoire 1954-1962, Paris, Fayard, 2004
  • Daniel Lefeuvre, Chère Algérie: La France et sa colonie (1930-1962), Flammarion, 2005
  • Sylvie Thénault, Histoire de la guerre d'indépendance algérienne, Flammarion, 2005
  • Raphaëlle Branche, La Guerre d’Algérie : Une histoire apaisée ?, Paris, Seuil, coll. « L’Histoire en débats », , 445 p. (ISBN 2020589516 et 9782020589512, OCLC 300498662)
  • René Galissot, Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier, Maghreb. 2 Algérie : engagements sociaux et question nationale, de la colonisation à l'indépendance de 1830 à 1962, l’Atelier, 2007
  • Guy Pervillé, La Guerre d’Algérie, Paris, PUF, coll. « Que sais-je ? » (no 3765), , 127 p. (OCLC 266971139, présentation en ligne) 2e éd. mise à jour en 2012 (OCLC 793887319)
  • Dalila Aït-El-Djoudi, La Guerre d’Algérie vue par l'ALN, 1954-1962 : L’Armée française sous le regard des combattants algériens, Paris, Autrement, coll. « Mémoires/Histoire » (no 128), , 243 p. (ISBN 9782746709195 et 2746709198, OCLC 237972369)
  • Isabelle Bournier et Jacques Ferrandez, Des hommes dans la Guerre d'Algérie, Casterman, 2010
  • Jean-Jacques Jordi, Un silence d’État : Les Disparus civils européens de la guerre d’Algérie, Paris, Soteca-Belin, 2011
  • Todd Shepard, 1962 : comment l'indépendance algérienne a transformé la France, Payot, 2012
  • Sylvie Thénault, Algérie, des « événements » à la guerre : Idées reçues sur la guerre d’indépendance algérienne, Paris, Le Cavalier bleu, coll. « Idées reçues [Grand angle] », , 204 p. (ISBN 9782846703949 et 2846703949, OCLC 826533620, notice BnF no FRBNF42647961, présentation en ligne)
  • Jean Balazuc, Guerre d'Algérie - Une chronologie mensuelle - Mai 1954-décembre 1962, L'Harmattan, , 556 p. (ISBN 9782343066851, lire en ligne)(inscription nécessaire) – via L'Harmattan.

Articles et documents annexes[modifier | modifier le code]

  • Serge Adour, « En Algérie : de l’utopie au totalitarisme », Le Monde 31/10-5/11/1957 –document historique sur la « pacification » par un sous-lieutenant du contingent, « l’un des meilleurs articles contre la guerre que nous imposait son pays », selon Mohammed Harbi « Une vie debout » (La Découverte, 2001) – consultable au Centre d’Histoire de Sciences-Po, fonds Bélorgey et sur « www. ecritures-et-societe.com ».
  • Raphaëlle Branche, La Torture et l’armée pendant la guerre d’Algérie, 1954-1962, Paris, Gallimard, 2001.
  • Hartmut Elsenhans, La Guerre d’Algérie 1954-1962. La transition d’une France à une autre. Le passage de la IVe à la Ve République (1974), Publisud, 1999. Préface en ligne.
  • Jean-Charles Jauffret :
    • Soldats en Algérie, 1954-1962. Expériences contrastées des hommes du contingent, Paris, Autrement, 2000.
    • Des hommes et des femmes en guerre d'Algérie, Paris, Autrement, 2003.
  • Sylvie Thénault :
    • Une drôle de justice : les magistrats dans la guerre d’Algérie, La Découverte, Paris, 2001.
    • « France-algérie pour un traitement commun du passé de la guerre d'indépendance », in Vingtième Siècle. Revue d'histoire, no 85, janvier-mars 2005, Paris, Presses de Sciences Po, p. 119-128, [lire en ligne].
    • « Travailler sur la guerre d'indépendance algérienne : Bilan d'une expérience historienne », in Afrique & histoire, vol. 2, 2004, p. 193-209, [lire en ligne].
  • Irwin M. Wall, Les États-Unis et la Guerre d'Algérie, Soleb, 2006
  • W. K. Rice (chef du JICAME Branch AFN, services de renseignements américains en Afrique du Nord), The national archives-E.Records Administration, Washington D. C., Military Reference Branch.

Témoignages[modifier | modifier le code]

  • Si Azzedine, On nous appelait Fellaghas, Stock, 1976
  • Lakhdar Belaïd, Mon père, ce terroriste : MNA contre FLN en France, Seuil, 2008
  • Robert Barrat, Un Journaliste au cœur de la guerre d'Algérie, éditions Témoignage chrétien, 1987 ; Éditions de l’Aube, 2001
  • Armand Bénésis de Rotrou, Commando Georges et l'Algérie d'après, Dualpha, 2009
  • Lucien Bitterlin, Nous étions tous des terroristes : l'histoire des barbouzes contre l'O.A.S. en Algérie, Éditions du Témoignage chrétien, 1983
  • Mehdi Charef, À bras-le-cœur, Mercure de France, 2006.
  • Mohand-Amokrane Kheffache, Une enfance kabyle pendant la guerre d'Algérie de 1955 à 1958. L'Harmattan, 2005. La guerre d'Algérie vue de l'intérieur, par les yeux d'un enfant.
  • M-A Kheffache, Une adolescence à Alger (2e partie, 1958-1962), L'Harmattan, 2006.
  • Gérard Lorne, Du rouge au noir. Mémoire vive d'un porteur de valise, éditions du Monde Libertaire, 1998.
  • Abdelmadjid Maâlem, Les Témoignages de Bézouiche, tomes 1, 2 et 3, Éditions ANEP, Algérie, 2004.
  • Paul René Machin, Djebel 56, Lettres Du Monde, 1978.
  • Étienne Maignen, Treillis au djebel - Les Piliers de Tiahmaïne Yellow Concept, 2004
  • Benoist Rey, Les Égorgeurs, Éditions de Minuit, 1961
  • Arnaud de Vial, Ceux de Cherchell, éditions I.J.A. le Puy en Velay (ISBN 2-911794-83-4)
  • Arnaud de Vial, Le Courage des morts, éditions I.J.A. le Puy en Velay (ISBN 978-2-911794-84-1)
  • Arnaud de Vial, De Cherchell aux djebels, éditions I.J.A. le Puy en Velay, 2012, (ISBN 978-2362620102)
  • Claude Vinci, Les Portes de Fer. « Ma guerre d’Algérie » et « ma » désertion, Le Temps des cerises, 2003
  • Madeleine Chaumat, L'Algérie, le soleil et l'obscur, éditions La rumeur libre, 2015. Récit sur la torture subie par l'auteur pendant la bataille d'Alger, également porté à la scène en 2015 par la compagnie La Poursuite.

Sources primaires[modifier | modifier le code]

  • Tracts publiés par le Bureau psychologique de la 10e région militaire : BNF, cote Rés. Fol Lk8 3172
  • Tracts du FLN : BNF, cote Rés. Fol Lk8 3173
  • Tracts et affiches sur la guerre d'Algérie : BNF, cote 4 Lk8 3537

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Il existe une catégorie consacrée à ce sujet : Guerre d'Algérie.

Sur les autres projets Wikimedia :

Histoire de l'Algérie[modifier | modifier le code]

Protagonistes[modifier | modifier le code]

Modèle de guerre[modifier | modifier le code]

Guerre secrète[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Films[modifier | modifier le code]

Documentaires[modifier | modifier le code]

Romans et œuvres littéraires sur la guerre d'Algérie[modifier | modifier le code]

Revues[modifier | modifier le code]

Liens et documents externes[modifier | modifier le code]

Archives média[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Un cessez-le-feu est proclamé officiellement le 19 mars 1962, mais selon Benjamin Stora, la Guerre d'Algérie s'achève « En Algérie, le 11 septembre avec la victoire de Ben Bella et de Boumediene après les luttes internes compliquées entre maquis de l'intérieur et armée des frontières, GPRA, groupes de Tlemcen et de Tizi-Ouzou. En France, la guerre d'Algérie se termine le 22 août 1962 avec l'ultime attentat de l'OAS, manqué de peu, contre le général de Gaulle au Petit-Clamart. » - Benjamin Stora, entretien avec Christophe Lucet Algérie, derniers feux, Sud Ouest, samedi 17 mars 2012, p.4
  2. The Algerian War 1954–62, By Martin Windrow, Mike Chappell, page 11
  3. Introduction to Comparative Politics, By Mark Kesselman, Joel Krieger, William Joseph, page 108
  4. Contracting States: Sovereign Transfers in International Relations, By Alexander Cooley, Hendrik Spruyt, page 63
  5. Christian A. Herter: The American Secretaries of State and Their Diplomacy By George Bernard Noble, page 155
  6. [1] Page 6 "The Algerian Ministry of War Veterans gives the figure of 152,863 FLN killed"
  7. [2] "The Algerian Ministry of War Veterans calculates 152,863 Front de Libération Nationale (FLN) deaths, and although the death toll among Algerian civilians may never be accurately known estimate of 1500000 to 2000000 were killed Page 576
  8. A Savage War of Peace: Algeria 1954-1962 - Alistair Horne - P358 (4,300 Algerian from the FLN and MNA killed in metropolitan France)
  9. Encyclopedia of Middle East Wars, The: The United States in the Persian Gulf - by Spencer C. Tucker p 83 [3]
  10. Libération Africa4 : Cartographier les pertes militaires françaises en Afrique et ailleurs, par Vincent Hiribarren.
  11. Encyclopedia of Violence, Peace and Conflict: Po - Z, index. 3, Academic Press, (ISBN 9780122270109, lire en ligne), p. 86
  12. (en) Crandall, R., America's Dirty Wars: Irregular Warfare from 1776 to the War on Terror, Cambridge University Press, (ISBN 9781139915823, lire en ligne), p. 184
  13. Cutts, M. et Office of the United Nations High Commissioner for Refugees, The State of the World's Refugees, 2000: Fifty Years of Humanitarian Action, Oxford University Press, (ISBN 9780199241040, lire en ligne), p. 38
  14. La formulation "Révolution de Novembre" est également employée, préférentiellement du côté algérien in femmes rurales, héroïnes anonymes sur www.elmoudjahid.com
  15. Reconnaissance solennelle de l'indépendance de l'Algérie par la France (J.O.R.F. du 4 juillet 1962, p. 6483) ; transfert de souveraineté entre la France (J.O. de l'état algérien du 6 juillet 1962, p. 4) et l'exécutif provisoire de l'état algérien (J.O. de l'état algérien du 6 juillet 1962, p. 5). Le GPRA, qui a refusé le 3 juillet la démission de l'exécutif provisoire, fixe la fête de l'indépendance au 5 juillet, jour du 132e anniversaire de la signature de la convention entre le Dey d'Alger et le Comte de Bourmont
  16. Pervillé 2002, p. 132-139 (chap. « Une double guerre civile »).
  17. (fr) « Loi relative à la substitution, à l'expression “aux opérations effectuées en Afrique du Nord”, de l'expression “à la guerre d'Algérie ou aux combats en Tunisie et au Maroc” », sur www.senat.fr (consulté le 11 juin 2010)
  18. Jacques Frémaux, La France et l'Algérie en guerre : 1830-1870 – 1954-1962, Institut de stratégie comparée (Sorbonne)-Économica, (ISBN 2717845666), p. 139-140.
  19. Charles-Robert Ageron, « Les supplétifs algériens dans l'armée française pendant la guerre d'Algérie », dans Raphaëlle Branche, La guerre d'indépendance des Algériens : 1954-1962, Perrin, , p. 198-199.
  20. Kamel Kateb, Européens, "indigènes" et juifs en Algérie (1830-1962), Pans, Ined, 2001, p. 296.
  21. (en) « Espérance de vie à la naissance, total (années) | Data », sur donnees.banquemondiale.org (consulté le 28 février 2017)
  22. D'après un article de Daniel Lefeuvre dans le hors-série de Guerre & Histoire, Algérie 1954-1962, la dernière guerre des Français, mars 2012
  23. R. Aron et al., Les Origines de la guerre d'Algérie, Paris, Fayard, 1962
  24. Almanach Hachette, 1895, page « Pour coloniser en Algérie ».
  25. D'après un article de Daniel Lefeuvre dans le hors-série de Guerre & Histoire, Algérie 1954-1962, la dernière guerre des Français, mars 2012, p. 45
  26. Jacques Marseille, Empire colonial et capitalisme français. Histoire d’un divorce, 1984
  27. Vote du statut de 1947, opposition des colons et abstention des parlementaires musulmans.
  28. Jean-Charles Jauffret (dir.) La Guerre d'Algérie par les documents, t. 2, Les Portes de la guerre 1946-1954, Service historique de l'Armée de terre, Vincennes, 1998, in 4°, 1023 p. 
  29. Charles-Robert Ageron, Le drame des Harkis en 1962, Vingtième Siècle. Revue d’histoire, année 1994, volume 42, numéro 42, p. 3-6 [lire en ligne]
  30. Philippe Denoix, Article Harkis in Encyclopædia Universalis, 2010
  31. [PDF]Pascal Le Pautremat, Le commando Georges. De la contre-guérilla à la tragédie (1959-1962), Guerres mondiales et conflits contemporains 2004/1, no 213, p.  95-103
  32. Harkis : un devoir de mémoire par général Faivre in Mémoire et vérité des combattants d'Afrique du Nord, Collectif, éd. L'Harmattan, 2001, p.  151
  33. Le dictionnaire des livres de la guerre d'Algérie: romans, nouvelles, poésie, photos, histoire, essais, récits historiques, témoignages, biographies, mémoires, autobiographies : 1955-1995. Par Benjamin Stora. Publié par Éditions L'Harmattan, 1996 (ISBN 978-2-7384-4863-7), page 45 [lire en ligne]
  34. Messali Hadj: pionnier du nationalisme algérien, 1898-1974, Par Benjamin Stora, Messali Hadj. Publié par RAHMA, 1991
  35. Histoire de l'Afrique contemporaine: de la Deuxième Guerre mondiale à nos jours. Par Marianne Cornevin. Édition: 2. Publié par Payot, 1978. page 37,40
  36. a et b Mai 1945 en Algérie. Enjeu de mémoire et histoire, Charles-Robert Ageron, Matériaux pour l'histoire de notre temps, Année 1995, Volume 39, Numéro 39-40, p. 52-56
  37. SHD (Service Historique de la Défense), (1990) La guerre d’Algérie par les documents. Tome I, L’avertissement 1943-1946. Vincennes.
  38. Roger Vétillard, Sétif, mai 1945. Massacres en Algérie, Paris, 2008
  39. Pierre Mannoni, Les Français d'Algérie : vie, mœurs, mentalité de la conquête des Territoires du Sud à l'indépendance, Paris, Editions L'Harmattan, , 272-273 p. (ISBN 978-2-738-41377-2)
  40. « La guerre d’Algérie a commencé à Sétif », Mohammed Harbi, Le Monde diplomatique, mai 2005.
  41. La Guerre d'Algérie de Mohammed Harbi, Benjamin Stora, Collectif Hachette Littérature Collection Pluriel, p. 185.
  42. « La guerre d'Algérie a commencé à Sétif », Le Monde diplomatique, mai 2005, p. 21.
  43. Voir page 232 in Européens, « indigènes » et juifs en Algérie (1830-1962), Kamel Kateb, PUF, 2001
  44. Joseph Leriche, « Les Algériens en France. Étude démographique et sociale », Population, 1955, Volume 10, Numéro 1, p. 100
  45. Valérie Morin, Qu’est-ce qu’être français en Algérie ? L’ambiguïté coloniale
  46. a, b, c, d, e, f et g Yves Courrière, La Guerre d'Algérie
  47. Le MTLD le Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques, 1947-1954, De Jacques Simon
  48. Jacques Simon, Le MLDT
  49. Yves Courrière, La guerre d'Algérie
  50. Roger Vétillard, 20 août 1955 dans le Nord-Constantinois — Un tournant dans la guerre d’Algérie ?, Riveneuve, 2012 (préface de Guy Pervillé)
  51. Monique Lafon, Le Parti communiste français dans la lutte contre le colonialisme, Éditions sociales, 1962, p. 140
  52. Fragments d'un combat: 1938-1940, Alger. Républicain, le Soir Républicain : articles par Albert Camus, Jacqueline Lévi-Valensi, André Abbou. Publié par Gallimard, 1978 Notes sur l'article: v. 1-2. page 565
  53. Voir les étapes de déformation de cette phrase ayant conduit à cette signification toute autre : « Si j'avais à choisir entre la justice et ma mère, je choisirais encore ma mère », dans Philippe Lançon, Camus cet étrange ami, Libération.fr, 2 janvier 2010 lire en ligne.
  54. Anne Mathieu, Jean-Paul Sartre et la guerre d'Algérie, Monde diplomatique, novembre 2004
  55. Arno Münster, Sartre et la praxis, p. 257
  56. Sympathisant du FLN chargé du transport de fonds et de documents confidentiels à l'intérieur de la métropole
  57. (fr) « Exposition Bnf sur Sartre : Sartre et le Parti communiste français », sur expositions.bnf.fr (consulté le 11 juin 2010)
  58. Yves Courrière, La Guerre d'Algérie, page 78
  59. Yves Courrière, La Guerre d'Algérie, page 92, 93
  60. (fr)[PDF]« Le 22 octobre 1956 était détourné l’avion du FLN », sur www.al-djazair.com (consulté le 11 juin 2010)
  61. La Fédération de France de l'union syndicale des travailleurs algériens, USTA: son journal. Par Jacques Simon, Union syndicale des travailleurs algériens. Fédération de France. Publié par L'Harmattan, 2002 (ISBN 978-2-7475-3083-5). page 134
  62. a, b, c et d ALGÉRIE 1962 - La grande dérive: la grande dérive. Par M-Ali Haroun. Publié par L'Harmattan, 2005. (ISBN 978-2-7475-8865-2).Page 53
  63. a, b et c 1954 : la Toussaint rouge Historia Guerre d'Algérie Magazine, 22 septembre 1972.
  64. Appel au peuple algérien, Texte intégral du premier appel adressé par le Secrétariat général du FLN le 1er novembre 1954
  65. Alistair Horne, avertissement de Mendes France février 56 (p. 95).
  66. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k et l Roger Vétillard, « Le terrorisme, l'arme du FLN », Nouvelle Revue d'Histoire, Hors-Série, n°13H, Automne-Hiver 2016, p. 32-37
  67. Guy Pervillé, article cité, se référant à Yves Courrière, Les fils de la Toussaint, Fayard, 1998, pp. 176-182
  68. Roger Vétillard, « 20 août 1955 : le jour où l'Algérie a basculé », La Nouvelle Revue d'Histoire, no 9H, Automne-Hiver 2014, p. 22-24
  69. « L’insurrection du Constantinois, 20 août 1955, par Claire Mauss-Copeaux », LDH de Toulon, 5 avril 2007. Voir aussi Claire Mauss-Copeaux, Algérie, 20 août 1955 – Insurrection, répression, massacres, Paris, Payot, 2011
  70. Guy Pervillé, « Roger Vétillard, 20 août 1955 dans le Nord-Constantinois : un tournant dans la guerre d’Algérie ? (2012) », .
  71. Mohammed Harbi et Gilbert Meynier, Le FLN, documents et histoire : 1954-1962. Lire en ligne.
  72. « ROGER VETILLARD : ALGERIE 20 AOUT 1955 », sur babelouedstory.com (consulté le 2 février 2017)
  73. MONSIEUR SOUSTELLE QUITTE ALGER JT 20H - 03/02/1956
  74. Allocution télévisée de Guy Mollet suivant les élections législatives.
  75. Clément Steuer, Susini et l'OAS, Éditions L'Harmattan, 2004, p. 29
  76. Voyage de Guy Mollet à Alger, JT 20H - 08/02/1956
  77. a et b Henri Alleg, La Guerre d'Algérie: Des promesses de paix à la guerre ouverte, Temps actuels, 1981, p. 22-23
  78. Patrick Kessel, Guerre d'Algérie: écrits censurés, saisis, refusés 1956-1960-1961, Éditions L'Harmattan, 2003, p. 106
  79. Un nouveau gouverneur Soustelle, in Historia Guerre d'Algérie Magazine, octobre 1971, pp : 97
  80. a et b Le montage de l'affaire K, dite Oiseau Bleu, Maurice Faivre, études coloniales, 27 décembre 2010
  81. Yves Courrière, Guerre d'Algérie Tome I : Les fils de la Toussaint, Fayard 1970
  82. « La source : mémoires d'un massacre : Oudjehane, 11 mai 1956 », de de Claire Mauss-Copeaux. Édition : Payot 2013.
  83. Benjamin Stora, Les Mots de la guerre d'Algérie, Presses Universitaires du Mirail, 2005, p. 93.
  84. « Palestro, Algérie : histoires d'une embuscade », sur le site de la Ligue des droits de l'homme, section de Toulon, (consulté le 21 septembre 2013)
  85. Gilbert Meynier, Histoire intérieure du FLN (1954-1962), Fayard, 2002, page 349. (ISBN 2-213-61377-X)
  86. Jacques Charby L'Humanité 7 janvier 2006
  87. Omar Carlier, « Violence(s) », dans Mohamed Harbi et Benjamin Stora (dir.), La Guerre d'Algérie, éd. Hachette, 2005, p. 511
  88. a, b et c 31 juillet 1965 : le rendez vous avec la Soummam in Historia Guerre d'Algérie Magazine, mars 1972, pp : 769.
  89. a, b et c Documentaire L'Affaire de Suez, Peter Hercombe, 2006
  90. a, b, c et d Et Ben Bella fut capturé in Histotia Magazine Guerre d'Algérie, pp : 801, no 219, mars 1972
  91. a, b, c et d L'affaire Ben Bella, par Alain Decaux in Historia, pp : 16, novembre 1990
  92. Voir pages 13-14 in France and the Algerian War, 1954-62: Strategy, Operations and Diplomacy, Martin Alexander & John Keiger, Frank Cass Publishers, 2002
  93. a, b et c Yacef Saadi, La bataille d'Alger, éditions Casbah/Publisud, 1997
  94. a, b, c, d et e Yves Courrière, Le temps des léopards , La guerre d'Algérie Tome II, no 3749. Édition 1976
  95. Pierre-Henri Simon publie Contre la torture au début de 1957. Hubert Beuve-Méry publie en mars 1957 un éditorial contre la torture dans Le Monde (Sommes-nous les « vaincus de Hitler » ?...). Le 27 mars 1957, L’Express publie une lettre du général Jacques Pâris de Bollardière
  96. a, b et c Les circonstances du massacre de Melouza par Yves Courrière in Historia Magazine Guerre d'Algérie pp : 137. no 227, mai 1972.
  97. a et b Patrick Pesnot, « Le massacre de Melouza : manipulations et mensonges », émission Rendez-vous avec X sur France Inter, 23 mars 2013
  98. a et b Les années algériennes, de Benjamin Stora, série documentaire sur la guerre d'Algérie Ina/France 2 - Nouvel Observateur - 1991
  99. a et b Institut-strategie.fr : Une technologie nouvelle pendant la guerre d'Algérie
  100. Jean Charles Jauffret : Les barrages pendant la guerre d'Algérie, Éd : Autrement, p. 264 et 266
  101. a et b Mohammed Harbi, « Le Système Boussouf », dans Le Drame algérien. Un peuple en otage, Paris, La Découverte, 1995, p. 88-90 (ISBN 978-2-7071-2472-2)
  102. a et b Yves Courrière, La guerre d'Algérie Tome III : L'heure des colonels. « L'épisode de l'assassinat de Abane Ramdane », Collection : Le Livre de poche n° 3 750, Librairie Générale Française, 1982 (ISBN 2-2530-0091-4)
  103. Mohammed Harbi,« Le Système Boussouf », dans Le Drame algérien. Un peuple en otage, Paris, La Découverte, 1995, p. 88-89 (ISBN 978-2-7071-2472-2)
  104. Document audio : « La bleuite : le virus anti-FLN avec le témoignage du capitaine Léger ». Vrai du faux : La chronique de Franck Cognard (4’34"). France Info, 15 juillet 2010.
  105. Yves Courrière, La guerre d’Algérie Tome III : L’heure des colonels Collection : Le Livre de poche no 3750, Librairie Générale Française, 1982. (ISBN 2253000914)
  106. L'ALN malade de la « Bleuite » in Historia Magazine Guerre d'Algérie, no 269 pp : 1785-1792, paru en décembre 1972.
  107. a, b et c Guerre d'Algérie : le poison de la "bleuite, Jean-Paul Mari, nouvelobs.com, 5 juillet 2012
  108. Historia Magazine Guerre d'Algérie, no 235 - 1972, La batailles des frontières, pages : 1245
  109. Pierre Dufour, La bataille des frontières : Guerre d'Algérie, Paris, Trésor du Patrimoine, coll. « Reportage de Guerre », (ISBN 2-915118-17-5 et 2-912511-30-5), p. 10.
  110. Charles de Gaulle, Discours et messages: Avec le renouveau, mai 1958-juillet 1962, Éditions Édito-Service, 1970, v5, p.  40
  111. Pascal Le Pautremat, La politique musulmane de la France au XXe siècle; de l'hexagone aux terres d'Islam. Espoirs, réussites et échecs, 2003, Éditions Maisonneuve et Larose, p. 438-439
  112. Lucien Neuwirth, Référendum du 28 septembre 1958, vidéo sur Ina.fr
  113. Maurice Allais, Les accords d'Évian, 1962, p. 120
  114. Benjamin Stora, Le mystère de Gaulle, son choix pour l'Algérie, Robert Laffont (2009)
  115. article 53 de la constitution de 1958
  116. Benjamin Stora, Le mystère De Gaulle, son choix pour l'Algérie, Robert Laffont (2009)
  117. Propos en date du 5 mars 1959 in C'était de Gaulle, Alain Peyrefitte, Gallimard, 2000
  118. Un tournant de la " Bataille de Paris ", Rémy Valat, Revue d'Histoire : Outre-Mers, 1er semestre 2004, no 342-343
  119. Omar Carlier, « Violence(s) », dans Mohamed Harbi et Benjamin Stora (dir.), La Guerre d'Algérie, éd. Hachette, 2005, p.  511
  120. Le fils d'Amirouche accuse Boussouf d'avoir assassiné son père, Algérie Patriotique, édition du 12 juillet 2012
  121. André-Roger Voisin, INTOX et coups fourrés pendant la guerre d'Algérie - Voir chapitre : le dernier voyage d'Amirouche, pp : 161 et 162. Éd. Cheminements, 2008
  122. a, b, c et d Challe : bilan d'une mission in Historia Magazine Guerre d'Algérie, no 309, avril 1973
  123. Michèle Cointet, Portrait, Nouvelle Revue d'Histoire, no 57, novembre-décembre 2011, p. 10.
  124. a et b Pierre Montagnon, L'affaire Si Salah - Secret d'État, pages : 118 - 1920, Pygmalion Éditions, 1987, (ISBN 978-2-85704-226-6)
  125. Maurice Allais, L'Algérie d'Evian (1962), Jeune Pied-Noir, 1999, p.  104
  126. « Patrick Pesnot, Rendez-vous Avec X: Bizerte, France Inter, 25 décembre 2004. », sur France Inter (consulté le 9 mai 2010)
  127. Linda Amiri, Les fantômes du 17 octobre, compte rendu, Lefeuvre Daniel, Outre-mers, Année 2002, Volume 89 Numéro 334, p. 680-681
  128. Le sang coule à Paris, in Historia Guerre d'Algérie Magazine, no 349, page : 289.
  129. Rémy Valat, La force police auxiliaire. Une historiographie sous influence ?, 2009
  130. 1961 : "Les fantômes du 17 octobre", revue Grands Reporters, janvier 2003.
  131. « Guerre des chiffres : combien de morts le 17 octobre 1961 ? », Rue 89, octobre 2012.
  132. Rheda Malek, L'Algérie à Évian, Histoire des négociations secrètes 1956-1962, Seuil, p. 177.
  133. Rémi Kauffer, OAS, la guerre franco-française d'Algérie, in La guerre d'Algérie, 1954-2004, la fin de l'amnésie, sous la direction de Mohammed Harbi et Benjamin Stora, éd. Robert Laffont (2004)
  134. OAS. Histoire d'une guerre franco-française, éd. du Seuil, 2002
  135. Anne-Marie Duranton-Cabrol, L'OAS, la peur et la violence, André Versailles éditeur, (2012), p.155
  136. « La guerre d'Algérie : combien de victimes ? », in Harbi et Stora, op. cit., p. 704
  137. Jean-Louis Planche, « Français d'Algérie, Français en Algérie (1962-1965) », Les Accords d'Evian en conjoncture et en longue durée,‎ , p. 91-106
  138. Alicante des pieds noirs, Panorama - 18/12/1969]
  139. Un bateau pour l'Argentine, Cinq colonnes à la une, 03/01/1964
  140. Les pieds noirs d'Argentine, Cinq colonnes à la une, 04/12/1964
  141. « Le 17 juin 1962, la vraie fin de la guerre d'Algérie », Slate.fr,‎ (lire en ligne)
  142. Patrick Pesnot, Rendez-vous avec X: Les accords FLN-OAS, France Inter, samedi 8 février 2003
  143. Historia Thématique no 76 mars-avril 2002: L'OAS, Les Secrets d'une Organisation Clandestine, Les adversaires: Incroyable, mais vrai : le pacte OAS-FLN, Gilbert Meynier
  144. Reconnaissance solennelle de l'indépendance de l'Algérie par la France (J.O.R.F. du 4 juillet 1962, p. 6483) ; transfert de souveraineté entre la France (J.O. de l'état algérien du 6 juillet 1962, p. 4) et l'exécutif provisoire de l'état algérien (J.O. de l'état algérien du 6 juillet 1962, p. 5)
  145. Le GPRA, qui a refusé le 3 juillet la démission de l'exécutif provisoire, fixe la fête de l'indépendance au 5 juillet, jour du 132e anniversaire de la signature de la convention entre le Dey d'Alger et le Comte de Bourmont
  146. Déclaration du général de Gaulle, JT20h, RTF, 18 mars 1962 (INA)
  147. 23/10/1958 « Paix des braves » ; 16/09/1959 Droit à l'autodétermination; 05/03/1960 « Algérie algérienne » ; 02/10/1961 « État algérien souverain et indépendant »
  148. Claude Martin - L'agonie d'Oran- p. 23
  149. Guy Pervillé -OAS, le terrorisme du désespoir- 2004 Article en ligne « Le référendum du 8 janvier 1961 avait manifesté l'importance des “non”, exprimant tous la volonté de garder l'Algérie française : 781.989 « non », soit 18 % des inscrits. C'était un pourcentage voisin de celui des Européens dans le corps électoral, mais la majorité absolue des suffrages exprimés dans les départements et les arrondissements où ceux-ci étaient le plus concentrés (départements d'Alger et d'Oran, arrondissements de Bône et de Philippeville). ». Il s'agit des résultats en Algérie, et non du résultat global.
  150. Guy Pervillé -OAS, le terrorisme du désespoir- 2004 - article cité
  151. Guy Pervillé -OAS, le terrorisme du désespoir- 2004, article cité « (l'OAS) souffrit d'une contradiction majeure entre le refus moral 'accepter la victoire du terrorisme du FLN et la tentation d'imiter ses méthodes pour leur efficacité »
  152. a et b Guy Pervillé - Le terrorisme urbain dans la guerre d'Algérie - 2000 Lire en ligne
  153. Cf . lettre de démission de membres du FLN adressé au GPRA le 27 juin 1962 in Guy Pervillé - Les conditions du départ d'Algérie (1995) Lire en ligne
  154. Adieu Colomb Béchard, www.edifree.fr (ISBN 9782812158452, lire en ligne)
  155. On estime qu'au 31 juillet 1962, 740 000 personnes sur une population « pied-noire » d'environ un million avaient quitté l'Algérie (dont 540 000 depuis le 1er janvier), soit les 3/4
  156. En septembre 1962 « 7000 des 22 000 agriculteurs n'étaient pas rentrés, bien qu'en accord avec le gouvernement français, j'avais indiqué dans mes discours que ceux qui abandonnaient leur terre ne seraient pas indemnisés. » (Mémoires de Ben Bella) Les domaines agricoles nationalisés en 1963 ne seront pas non plus indemnisés.
  157. http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/afrique/algerie-accords_d'Evian.htm
  158. Georges-marc Benamou, Un mensonge français, p. 256.
  159. Jean Monneret, La Tragédie…, p. 124.
  160. Gérard Israël, Le dernier jour de I'Algérie Française, p. 277.
  161. « À un croc de boucherie, près du cinéma Rex, on peut voir, pendue, une des victimes de ce massacre. » Benjamin Stora, Histoire de la guerre d'Algérie (1954-1962), La Découverte & Syros, 2004, p. 85. « Près du cinéma Rex, une femme venait d'être pendue à un croc de boucher. » Georges-Marc Benamou, ibid.
  162. Jean-Jacques Jordi, Un silence d'État : les disparus civils européens de la guerre d'Algérie, Soteca, 2011, p. 96.
  163. Michel Rocard, Rapport sur les camps de regroupement et autres textes sur la guerre d'Algérie, éd. Mille et une nuits, 2003, introduction, p.  14
  164. Au forgeron de Batna, Jean-Pierre Marin
  165. Algérie: le passé, l'Algérie française, la révolution, 1954-1958 De Jacques Simon
  166. Voir page 136 in The wars of French decolonization, Anthony Clayton, Longman, 1994
  167. Voir aussi Chapitre 6 « Visions of Reconciliation, Visions of Rupture: Violence, Propaganda, and Representations of Difference » pages 165-213 in Uncivil war: intellectuals and identity politics during the decolonization of Algeria, James D. Le Sueur (avec la collaboration de Pierre Bourdieu), University of Pennsylvania Press, 2001
  168. Voir page 238 in Wars of the Cold War: Campaigns and Conflicts, 1945-1990, David Stone, Brassey's Edition, 2004
  169. Voir page 105 in Algeria, 1830-2000: A Short History, Benjamin Stora, Jane Marie Todd (traduction), Cornell University Press, 2004
  170. (fr) « Voir page 32 in France since 1945, Robert Gildea, Oxford University Press, 2002 », sur books.google.fr (consulté le 11 juin 2010)
  171. Voir page 45 in The invention of decolonization: the Algerian War and the remaking of France, Todd Shepard, Cornell University, 2006
  172. J'ai choisi la défense, Jean-Louis Tixier-Vignancour, éd. Éditions de la Table ronde, 1964, chap. Le procès de l'attentat du Petit-Clamart, p.  254.
  173. Gérard Nahon, Le judaïsme algérien, de l'antiquité au décret Crémieux, dans les Nouveaux Cahiers, no 29, 1972
  174. The Media in France, Raymond Kuhn, Routledge, 1994, p. 57-59
  175. Laurent Martin, Le Canard enchaîné : histoire d'un journal satirique (1915-2005), Nouveau Monde Editions,
  176. CAPITAINE MOUREAU
  177. MANIFESTATIONS A L'ÉTOILE POUR LE CAPITAINE MOUREAU ET BAGARRES SUR LES CHAMPS ÉLYSEES
  178. MANIFESTATIONS DU SOUVENIR AUX CHAMPS ÉLYSEES
  179. Réfractaires à la guerre d’Algérie
  180. État des lieux: La France isolée à l'extérieur, divisée à l'intérieur, Frédéric Guelton, Historia no 76, 01/03/2002
  181. a et b Brunet, Charonne, p. 117-126
  182. LDH-Toulon combien de morts ?
  183. Xavier Yacono, « Les pertes algériennes de 1954 à 1962 », Revue de l'Occident musulman et de la Méditerranée, no 34,‎ , p. 129 note 37 (lire en ligne)
  184. a, b et c Benjamin Stora, Les mots de la guerre d'Algérie, Presses Universitaires du Mirail 2005; (ISBN 2-85816-777-X), p. 23-25
  185. Voir page 147 in Aux vents des puissances, Jean-Claude Allain & Jean-Marc Delaunay, Presses Sorbonne Nouvelle, 2009
  186. Voir reprise de ces chiffres, de provenance ministérielle algérienne, dans "Guerre d'Algérie Les derniers secrets" 53,9 % des maquisards, et 39,8 % des civils combattants auraient été tués
  187. voir page 65 in L'ère des décolonisations : sélection de textes du Colloque « Décolonisations comparées », Aix-en-Provence, 30 septembre-3 octobre 1993, Charles-Robert Ageron & Marc Michel, Ed. Karthala, 1995 [lire en ligne]
  188. Guy Pervillé, La Guerre d'Algérie, PUF, 2007, p. 115
  189. Voir « Mémoire et histoire de la guerre d’Algérie, de part et d’autre de la Méditerranée », Guy Pervillé, page 157-68 in Confluences Méditerranée (no 19), automne 1996
  190. (Xavier Yacono 1982, p. 128-129)
  191. (Xavier Yacono 1982, p. 121)
  192. a, b, c, d et e Guy Pervillé, « La guerre d'Algérie en face », L'Histoire, no 331, mai 2008, p. 96
  193. D’après Jean-Jacques Jordi. op. cit. p. 48 « SORTIES DE GUERRE »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?) (consulté le 20 mars 2014) [PDF]
  194. Jean-Charles Jauffret, Historiens et géographes, Numéros 373-374, Association des professeurs d'histoire et géographie, 2001, p. 490
  195. [4] Anissa Barrak, Bénédicte Muller et al., FEMMES ET GUERRES, L'Harmattan, , 222 p. (ISBN 2-738-44181-5), p. 91
  196. Chiffres du service du ministère des Armées, Benjamin Stora, Les mots de la guerre d'Algérie, Presses Univ. du Mirail, 2005, p.  24
  197. Jean-Jacques Jordi, Un silence d'État. Les disparus civils européens de la guerre d’Algérie, Paris, Éditions SOTECA, 2011, [compte rendu en ligne]
  198. (en) Mark Cutts et Office of the United Nations High Commissioner for Refugees, The State of the World's Refugees, 2000: Fifty Years of Humanitarian Action, Oxford University Press, (ISBN 9780199241040, lire en ligne)
  199. La voix du combattant no 1733 de mars 2008
  200. http://www.alger26mars1962.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=211:3-1-union-nationale-des-combattants&catid=82&Itemid=178
  201. a et b Yves Michaud, La Guerre d'Algérie (1954-1962), Odile Jacob, 20 oct. 2005 - 160 pages, p. 87-92
  202. Raphaëlle Branche et Sylvie Thénault, « Justice et torture à Alger en 1957 : apports et limites d’un document » in Enseigner la guerre d'Algérie et le Maghreb contemporain - actes de la DESCO Université d'été octobre 2001, p. 44-57
  203. Georgette Elgey, Histoire de la IVe République Volume V: La République des tourmentes, Volume 3, p. 85-89
  204. L'Algérie au parlement, 1958-1962 (Volume 14 de Bibliothèque historique Privat), p.  82, Michèle Salinas, Privat, 1987
  205. a, b, c, d et e Nul ne pourra faire l'objet de mesures (…) de justice (…) en raison: d'opinions émises à l'occasion des évènements survenus en Algérie (…) d'actes commis à l'occasion des mêmes évènements avant le jour de proclamation du cessez-le-feu. - Déclarations gouvernementales ("Accords d'Evian") du 19 mars 1962, aux "dispositions communes" - §1 du chapitre II - Journal Officiel de la République française du 20 mars 1962 sur le site Legifrance
  206. Deux décrets du 22 mars 1962 : 1 et 2 sur Legifrance
  207. a, b et c La torture pendant la guerre d'Algérie, entretien avec Pierre Vidal-Naquet sur le site de la Ligue des droits de l'homme, juillet 2003
  208. Jean-Pierre Delannoy, Les Religions au parlement français : du général de Gaulle (1958) à Valéry Giscard d'Estaing (1975), Éditions du CERF, 2005, p. 422.
  209. Loi d'amnistie du 31 juillet 1968 - Gérard Chaliand, Jean Lacouture, André Versaille, Voyage dans le demi-siècle : entretiens croisés avec André Versaille, Éditions Complexe, 2001, p. 160.
  210. Benjamin Stora, Les mots de la guerre d'Algérie, Presses universitaires du Mirail, 2005, p. 13
  211. Cass. crim. no 02-80719 du 17 juin 2003 [lire en ligne]
  212. « Aussaresses : La Cour de cassation rejette la poursuite des crimes contre l’humanité commis pendant la guerre d’Algérie »
  213. Section de Toulon de la LDH, juillet 2002 [lire en ligne]
  214. Loi no 82-1021 du 3 décembre 1982 relative au règlement de certaines situations résultant des évènements d'Afrique du Nord, de la guerre d'Indochine ou de la seconde guerre mondiale [lire en ligne]
  215. Jean Guisnel, Les généraux : enquête sur le pouvoir militaire en France, La Découverte, 1990, p. 66-78
  216. a et b Olivier Le Cour Grandmaison, Sarkozy, mythologie coloniale et anciens de l’OAS, L'Humanité, 8 avril 2009.
  217. Loi de 1982 sur Legifrance
  218. Loi de 2005 en ligne sur Legifrance
  219. LDH-Toulon il y a cinquante ans, le général Jacques de Bollardière condamnait la pratique de la torture
  220. Accords d'Evian texte complet avec mention des écarts entre les versions publiées par Le Monde et El Moujahid.
  221. LE YACHT PIRATE EGYPTIEN " ATHOS", Les Actualités Françaises - 24/10/1956
  222. LA QUESTION ALGERIENNE DEVANT LA COMMISSION POLITIQUE DE L'ONU, Les Actualités Françaises - 11 décembre 1957.
  223. DECLARATION DE GUY MOLLET, JT 20H - 9 janvier 1957.
  224. (en) « John F. Kennedy Speeches, Remarks of Senator John F. Kennedy in the Senate, Washington, D.C., July 2, 1957 »
  225. Maurice Flory - Algérie algérienne et droit international - 1960 -Lire en ligne - page 988
  226. Liste des pays adhérents et date d'adhésion
  227. Patrick Lafond, Le tiers-mondisme italien de Mattei, Mélanges de l’École française de Rome - Italie et Méditerranée modernes et contemporaines, 122-1, 2010, p. , 161-195, mis en ligne le 17 septembre 2013, consulté le 18 décembre 2016
  228. Djoudi Attoumi, Le Colonel Amirouche entre légende et histoire, édition à compte d'auteur, Alger, 2004.
  229. A. Clayton, The wars of french decolonization), New York 1994, sourcé par James R. Rogers, Tactical success is not enough…, Naval war college de Newport, 2004, p. 1 ; Lire en ligne
  230. Maximum de 60 000 hommes au début de 1958, dont 10 000 stationnés en Tunisie. Donné par Guy Pervillé, La Guerre d'Algérie, PUF 2007, p. 65 ; (ISBN 978-2-13-054172-1)
  231. Maurice Faivre, Les combattants musulmans de la Guerre d'Algérie, L'Harmattan, 1995, p. 125
  232. Achour Cheurfi, Dictionnaire de la révolution algérienne, p. 41
  233. Histoire du F.L.N., Jacques C. Duchemin, Ordre du jour, Table ronde, 1962, p.  217
  234. a, b et c Archives juives, Volumes 29-30, Commission française des archives juives, 1966, p. 65 & 68
  235. Récits de la longue patience: journal de prison, 1956-1962, Daniel Timsit, Flammarion/Bouchène, 2002, p.  16
  236. Aujourd'hui El Karimia.
  237. a et b 1955 : Les renforts arrivent in Historia Magazine, no 201, novembre 1971, p. 239
  238. Voir p.  125 in A Diplomatic Revolution: Algeria's Fight for Independence and the Origins of the Post-cold War Era, Matthew James Connelly, Oxford University Press, 2002
  239. Jacques de Saint Victor, « Algérie : une guerre d'appelés », sur Le Figaro, (consulté le 25 juillet 2015)
  240. a et b La tragédie des harkis. Récits des témoins et des commentaire de Guy Pervillé, in L'Histoire de janvier 1991, pp : 120
  241. a et b Jean Huon, Les Armes françaises en Algérie, Chaumont, Crépin-Leblond éd., , 56 p., 23 cm (ISBN 978-2-7030-0339-7, notice BnF no FRBNF42314084)
  242. Jean Huon, Les Armes françaises en Algérie, Chaumont, Crépin-Leblond éd., , 23 cm (ISBN 978-2-7030-0339-7, notice BnF no FRBNF42314084)
  243. a et b Surveillance maritime, in Historia Guerre d'Algérie Magazine, no 320
  244. « Albert Camus en Algérie : la trêve civile de janvier 1956 », sur LDH-Toulon (consulté le 8 mars 2010)
  245. In Le Monde, du 17 décembre 1957.
  246. « Camus l'Algérien | L'Histoire », sur 89.31.148.189 (consulté le 2 février 2017)
  247. Camus :Histoire d'une passion in Historia Magazine La Guerre d'Algérie, no 210
  248. Frantz Fanon, 1925-1961, psychiatre, intellectuel antillais et militant de l'indépendance algérienne dans le FLN, Collection « Les auteur(e)s classiques. UQAC. »
  249. "Le Monde", 7/10/1960. Cf. l'analyse de ses signataires dans Jean-François Sirinelli, "Guerre d'Algérie, guerre des pétitions ?" in J-F. Sirinelli, Jean-Pierre Rioux, "La guerre d'Algérie et les intellectuels français", Complexe, 1991, p. 290-295
  250. Edgar Morin, Retour sur la guerre d'Algérie, Ed. de l'Aube, p.7
  251. Michael Prazan : Une histoire du terrorisme. Flammarion Enquête - 2012.
  252. Conditions de communicabilité sur le site du Service Historique de la Défense française
  253. Mohammed Harbi: «Les Algériens se passionnent pour le rapatriement de leurs archives qui sont encore en France et à quelques voix près, on omet de dire que les archives disponibles en Algérie sont sous scellés» -Algerie360.com
  254. Loi du 15 juillet 2008 au JORF
  255. Loi no 2008-696 du 15 juillet 2008 relative aux archives (dossier du site de l'Assemblée nationale).
  256. Chloé Leprince, Archives: Vichy et la guerre d'Algérie bientôt inaccessibles?, in Rue89, 17 avril 2008, article en ligne
  257. Mohamed Salah Boureni, Un nouveau projet de loi : Les archives algériennes reviennent à l'Assemblée française, in Le Quotidien d'Oran, 4 mai 2008, article en ligne
  258. Marie-Claude Smouts, « Décolonisation et sécession : double morale à l'ONU ? », Revue française de science politique, 22e année, no 4, 1972, p. 832-846 (Lire en ligne, p. 839)
  259. Chronologie des événements en Algérie (1954-1962), CVCE.eu (Anciennement: Navigateur européen ENA.)
  260. Reconnaissance du 19 mars (loi) – Journée nationale du souvenir et de recueillement à la mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d'Algérie et des combats du Maroc et de la Tunisie.
  261. « Troisième Partie : Les Articles Rattachés I. Article 73 : La Majoration Des Pensions Des Veuves », sur Sénat.fr (consulté le 9 mai 2010)
  262. « Prisonniers du FLN, par l'historienne Raphaëlle Branche »
  263. Voir « Le message d'Abdelaziz Bouteflika », Le Nouvel Observateur, 21 août 2006.
  264. cf. le livre de Said Sadi, Amirouche : une vie, deux morts, un testament. Une histoire algérienne, éd. L'Harmattan, 2010
  265. Abdelaziz Bouteflika, le 20 août 2009 : « Si, par le passé, l'occupant a bafoué les valeurs humaines en commettant des génocides collectifs parmi les populations et en perpétrant des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité par la spoliation de la terre et de la mémoire, la Révolution a, elle, respecté les lois régissant les situations de guerre et les clauses des conventions internationales dont celle de Genève » — Message pour la journée nationale du Moudjahid sur le site de la Présidence algérienne, 43e alinéa.
  266. Convention de Genève 1949 article 51 alinéa 4 p. 43 du pdf.
  267. « Que l'État français reconnaisse ses fautes !. Mardi 9 février, toutes les rédactions, à Alger comme à Paris, ne parlent plus que de cela : « Une loi algérienne va criminaliser la colonisation. » Dans les milieux politiques des deux pays, les déclarations incendiaires se répondent d'une rive à l'autre.» in France-Algérie, la guerre des mémoires, Le Monde, Article publié le 14 février 2010, Georges Morin, Le Monde
  268. a, b, c, d, e, f et g De la glorification à la repentance : la mémoire et l’histoire de la guerre d’Algérie dans le cadre de la nouvelle politique mémorielle française (2009), Guy Pervillé, "L’histoire nationale en débats. Regards croisés sur la France et le Québec" (voir pp. 103-113), Editions Riveneuve, 25 septembre 2010
  269. no 2477 - Proposition de loi de M. Thierry Mariani visant à établir la reconnaissance par la France des souffrances subies par les citoyens français d'Algérie, victimes de crimes contre l'humanité du fait de leur appartenance ethnique, religieuse ou politique
  270. Loi 68-697 du 31 juillet 1968, Titre 1er
  271. Algeria Watch, interview de Mohamed Bentoumi.
  272. Guerre d'Algérie : juger l’État français pour « crimes contre l'humanité » , bakchich.info, 2 avril 2012
  273. Cinquante-deux ans après avoir fui l’Algérie, un couple attaque la France pour « transfert forcé de population » , alger26mars1962.fr, 15 janvier 2014
  274. Bouteflika assimile la colonisation française à un « génocide » culturel, la-croix.com, 18 avril 2006
  275. Simon Benichou, « Nouvelles crispations entre Paris et Alger », Le Figaro avec AFP, 9 février 2010
  276. « Colonialisme/Algérie : Chatel tempère », article du Figaro via dépêche AFP, 10 février 2010.
  277. Message du Président de la République à l'occasion du 11e Congrès de l’Organisation Nationale des Moudjahidine, el-mouradia.dz, 17 mars 2012
  278. PROJET DE CHARTE POUR LA PAIX ET LA RÉCONCILIATION NATIONALE, 14 août 2005
  279. Historia Thématique no 76 mars-avril 2002 : La Face cachée de la guerre d'Algérie - L'OAS, Les Secrets d'une organisation clandestine, Rémi Kauffer, Jean Monneret, et alii, chapitre « Les adversaires : Barbouzes-FLN, une alliance inavouée » par Jean Monneret.
  280. Mohammed Harbi : « L’Histoire est instrumentalisée » en Algérie, jeuneafrique.com, 5 juillet 2012
  281. a, b, c, d et e Une politique de l’oubli. La mémoire de la guerre en France et en Algérie, Le sociographe, numéro 46, juin 2014, pp. 85-95
  282. A propos du film de Jean-Pierre Lledo, Mohamed Benchicou, lematindz.net, 14 janvier 2008
  283. "Algérie, histoires à ne pas dire" : un film de souvenirs, pas d'histoire, lemonde.fr, 26 février 2008
  284. Cérémonies du 19 mars : la FNACA ne désarme pas…, H., La Voix du Nord, 19 mars 2010
  285. Guerre d'Algérie, bataille mémorielle, lemonde.fr, 16 mars 2012
  286. Journée officielle de commémoration de la fin de la guerre d'Algérie 11e législature
  287. Dossier: Journée nationale du souvenir de la guerre d'Algérie
  288. Proposition de loi no 2147
  289. Proposition de loi no 2202
  290. Proposition de loi no 2286
  291. Proposition de loi no 2290
  292. Proposition de loi no 3064
  293. Proposition de loi no 3273
  294. TEXTE ADOPTÉ no 762 « Petite loi »
  295. Loi no 2012-1361 du 6 décembre 2012 relative à la reconnaissance du 19 mars comme journée nationale du souvenir et de recueillement à la mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d'Algérie et des combats en Tunisie et au Maroc
  296. archive.org
  297. Le Destin d'un capitaine, documentaire par Alain de Sédouy – Eliane Cochi en partenariat avec MCA - 2008 ADS PRODUCTIONS, 2008