Névasse

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Névasse dans une rue de Toronto

Névasse est un terme canadien et un régionalisme français[1] désignant une neige gorgée d'eau liquide, souvent sale et produisant des éclaboussures.

Appellations[modifier | modifier le code]

Le terme connaît plusieurs équivalents régionaux dans la francophonie, tous désignant de la neige fondante et mouillée, le plus souvent boueuse :

  • tiaffe (ou tchaffe) dans les cantons de Vaud et du Valais[3], où le terme désigne aussi une forte chaleur;
  • sloche (ou slush) au Québec[3]. En Suisse, on parle également de pétchi (ou petchi)[2], désignant au figuré un grand désordre ou des ennuis, voire de papotche. À cette notion correspond le terme de soupe dans la langue standard[5], par analogie avec le potage éponyme. Le lexique de la boue est de même souvent utilisé pour nommer ce mélange de neige et d'eau, boueuse ou non. L'Office Québécois de la Langue Française (OQLF) propose d'ailleurs le terme « gadoue » en tant qu'équivalent dans la langue standard.

Description[modifier | modifier le code]

Accumulation de névasse au bord d'une fenêtre. Lysekil, Suède, février 2017.

Pour parler de névasse, il faut qu’on soit en présence de neige fondante souillée par les saletés et le calcium[6], impuretés qui abaissent le point de fusion de la neige et qui forment le mélange semi-aqueux constituant la névasse; sa densité est de 0,5 à 0,8[7].

La névasse d'ergol, aussi appelée ergol en bouillie, est un ergol généralement cryotechnique dont une partie se trouve à l’état solide et l’autre à l’état liquide, les deux parties étant fortement mélangées[8].

Étymologie[modifier | modifier le code]

Selon le Grand Robert[9], névasse /ne.vas/ est un mot formé du mot latin nix, nivis « neige », altéré d'après névé, et du suffixe à nuance péjorative -asse.

Risques[modifier | modifier le code]

La névasse peut constituer un danger sur les pistes d'aviation, car l'excès de neige fondante sur les roues d'un avion peut le freiner lors du décollage, causant des accidents tels que la catastrophe aérienne de Munich. On peut aussi assister à des phénomènes d'aquaplanage avec dévulcanisation si une roue bloquée patine sur une piste très glissante recouverte d'eau ou de névasse à une vitesse supérieure à 20 nœuds, alors que la chaleur générée par la friction produit de la vapeur qui commence à dévulcaniser en partie le pneu[10].

De même, la névasse sur les routes augmente les distances de freinage des voitures et des camions ce qui augmente la possibilité qu'un véhicule entre en collision avec le véhicule qui le précède.

La recongélation de la névasse pendant la nuit peut créer du verglas, dangereux.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Dictionnaire des canadianismes, Gaston Dulong, Septentrion, 1999, article névasse, p. 349
  2. a, b et c Henry Suter, « Termes régionaux de Suisse romande et de Savoie », sur henrysuter.ch (consulté le 10 avril 2018)
  3. a, b et c « Base de données lexicographiques panfrancophone - Fiche », sur www.bdlp.org (consulté le 10 avril 2018)
  4. Pierre Rézeau, Dictionnaire des régionalismes de France, Géographie et histoire d'un patrimoine linguistique, Bruxelles, De Boeck-Duculot (Larcier),
  5. « SOUPE : Définition de SOUPE », sur www.cnrtl.fr (consulté le 10 avril 2018)
  6. Radio-Canada
  7. Termium, Comité d'uniformisation de la terminologie aéronautique (CUTA)
  8. Bulletin officiel Vocabulaire des sciences et techniques spatiales, 2001
  9. Le Grand Robert électronique, entrée névasse, consulté le 7 septembre 2010
  10. Rapport d'enquête sur événement aéronautique, Bureau de la sécurité des transports du Canada, 1998