Muzafer Şerif

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Muzafer Şerif
Portrait de Muzafer Şerif
Biographie
Naissance Voir et modifier les données sur Wikidata
à IzmirVoir et modifier les données sur Wikidata
Décès Voir et modifier les données sur Wikidata (à 82 ans)
à FairbanksVoir et modifier les données sur Wikidata
Pays de nationalité TurquieVoir et modifier les données sur Wikidata
Thématique
Formation Université Harvard et université ColumbiaVoir et modifier les données sur Wikidata
Profession PsychologueVoir et modifier les données sur Wikidata
Distinctions Bourse Guggenheim et prix APA pour une contribution scientifique remarquable à la psychologie (en) ()Voir et modifier les données sur Wikidata

Muzafer Şerif (1906 - 1988) était un psychologue social turc. Il est l'un des fondateurs de la psychologie sociale et est connu notamment pour son travail sur les processus de normalisation et pour son expérience de la « caverne des voleurs » sur les relations intergroupes.

Biographie[modifier | modifier le code]

Muzafer Serif Basoglu (il changera son nom en Muzafer Serif plus tard) est né dans une famille plutôt aisée le 29 juillet 1906 à Izmir, en Turquie. Il a 4 frères et sœurs.

Il a étudié au Izmir American College et à l'Université d'Istanbul, d'où il sort diplômé en 1928. Peu de temps après, il s'envole pour les États-Unis où il étudie à l'Université d'Harvard. Il y obtient un second diplôme en 1932. Il s'inscrivit ensuite à l'Université Columbia, où il obtint un doctorat en 1935, aux côtés de Gardner Murphy. Sa thèse s'intitulait "Some Social Factors In Perception".

Il rentra ensuite en Turquie, où il fut envoyé en prison car il s'opposait aux Nazi. Il retourna aux États-Unis en 1944. En 1945, il se maria avec la psychologue sociale Carolyn Wood, avec qui il collabora en de nombreuses occasions. Ils eurent 3 enfants : Anne, Sue et Joan.

Il décéda le 16 octobre 1988 d'un arrêt cardiaque à Fairbanks à l'âge de 82 ans.

Normalisation[modifier | modifier le code]

La normalisation est le processus qui permet à un groupe de converger vers une norme commune. Pour pouvoir étudier ce processus expérimentalement, Sherif utilise l'effet autocinétique, une illusion par laquelle un point lumineux de faible intensité semble se mouvoir de façon erratique.Cette illusion a lieu surtout si le sujet ignore la distance qu'il y a entre lui et la lumière et même s'il sait que la lumière ne se déplace pas.

Résultats :

  • Pour les participants seuls, les estimations sont d'abord assez différentes les unes des autres puis cette variabilité diminue progressivement. Le sujet tend à situer ses estimations à l'intérieur d'une fourchette personnelle. Chaque personne a sa propre norme individuelle.
  • Dans la condition seuls puis en groupe, les normes et les variations des sujets tendent à converger vers une norme et variation commune autrement dit, les individus modifient leur système de référence initial pour parvenir finalement à un système commun. Chaque groupe a sa propre norme.
  • Dans les groupes, on observe l'établissement d'une norme sociale. On constate qu'un individu peut avoir plus d'influence que les autres, c'est l'individu leader ; autour de ses positions se bâtit la norme collective, mais s'il se met à dévier de cette norme, il ne sera généralement pas suivi par les autres.
  • Dans la condition en groupe puis seuls, les individus utilisent la norme du groupe. Ils ne construisent pas de système de référence personnel mais utilisent plutôt le modèle construit collectivement.

Dans cette situation expérimentale, aucun sujet n'est plus compétent qu'un autre, on pourrait donc s'attendre à ce que la norme collective soit la moyenne des normes individuelles or ce n'est pas toujours le cas. Le leader lui-même modifie sensiblement ses estimations pour qu'elles convergent avec celles des autres.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Asliturk, E., & Cherry, F. (2003). Muzafer Sherif: his pology Quarterly, 53 (4), décembre 1990, p. 283-291.