Mémorial de Tannenberg

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Mémorial de Tannenberg
Bundesarchiv Bild 146-2004-0008, Tannenberg-Denkmal.jpg

Mémorial de Tannenberg

Présentation
Architecte
Construction
1924-1927
Destination actuelle
Détruit en plusieurs fois
Géographie
Pays
Région
Commune
Olsztynek (à l'origine, Hohenstein)
Localisation
Coordonnées
Localisation sur la carte de Pologne
voir sur la carte de Pologne
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Le mémorial de Tannenberg est un monument grandiose construit par l'Allemagne de la République de Weimar, entre 1924 et 1927, en Prusse-Orientale, pour commémorer la bataille de Tannenberg (1914) où l'Empire allemand a vaincu la Russie tsariste. À la suite de la défaite allemande de la Seconde Guerre mondiale, et en raison de son caractère imposant, il a été détruit en plusieurs fois, entre 1945 et les années 1980, d’abord par les Allemands eux-mêmes au moment de leur retraite puis par les Polonais, occupants de la région à l'issue de la guerre.

Histoire[modifier | modifier le code]

Funérailles du maréchal Hindenburg, août 1934.
Un avion de la Luftwaffe survole le mémorial, 1944.

Le mémorial de Tannenberg est érigé près de Hohenstein en Prusse-Orientale[N 1] entre 1924 et 1927, grâce à une souscription d’associations d’anciens combattants très marquées à droite[1],[2], pour commémorer la bataille de Tannenberg (1914) et la victoire allemande sur l'armée russe tsariste lors de son offensive pour prendre Koenigsberg au début de la Première Guerre mondiale.

Le plan de ce qui fut le plus grand monument de guerre allemand est l’œuvre d‘architectes berlinois, les frères Walter et Johannes Krüger. L'architecture rappelle fortement Stonehenge, qui date du néolithique, et la forteresse médiévale de Castel del Monte, de plan octogonal, construite pour l'empereur du Saint-Empire romain germanique, Frédéric II de Hohenstaufen, en Italie du sud. Au centre de chacun des côtés de l‘octogone, se dressait une tour de vingt mètres de haut en pierres rouges. On avait utilisé du granit de couleur pour les 14 pierres portant les blasons des villes de Prusse-Orientale qui avaient souffert au cours de la Première Guerre mondiale. Entre le mémorial et la localité de Hohenstein, on avait planté un parc de 7,5 hectares.

Entre 1934 et 1935, sur ordre de Hitler, le mémorial est transformé, notamment par le creusement d’une cour intérieure, et il est ensuite rebaptisé « monument aux morts du Reich » (Reichsehrenmal).

À l'intérieur du mémorial proprement dit, une crypte abritait les restes de vingt soldats inconnus qui sont déplacés dans des chapelles latérales quand, le , le président du Reich Paul von Hindenburg y est à son tour enterré[N 2].

En août 1944, on y inhume également le corps de deux généraux tués à la suite de l’attentat du 20 juillet 1944, notamment le Generaloberst (à titre posthume) Günther Korten ; la cérémonie est présidée par le Reichsmarschall Hermann Göring.

Au moment de la retraite des troupes allemandes en janvier 1945, on le fait sauter partiellement sur ordre de Hitler, pour éviter qu'il ne soit profané par l'Armée rouge. Le cercueil de Hindenburg et celui de sa femme sont extraits de la crypte et transférés à Marbourg dans l’église Sainte-Élisabeth. Le cercueil de Korten est également transféré, dans un cimetière de Berlin.

La destruction du monument a été achevée dans les années 1952-1953 par les services du génie polonais. Mais le déblaiement total n'a été effectif que dans les années 1980. Encore aujourd’hui, un monticule atteste de la présence de l’ancien monument.

Restes visibles du site, 1998.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Aujourd'hui Olsztynek, en Pologne.
  2. Le président Hindenburg, mort le , avait été enterré une première fois dans la cour centrale le à l'occasion d’une cérémonie grandiose présidée par le chancelier Hitler, en passe de devenir le Führer de la nation en cumulant les fonctions de Feu le président Hindenburg et les siennes de chancelier.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Voir l'interview dans Le Monde du 10 juin 2014, de Arndt Weinrich, auteur de 1914-1918. Une guerre des images, France-Allemagne.
  2. Les nazis feront tout pour écarter le souvenir de 1918] paru dans Le Monde du 10 juin 2014.

Annexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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