Mont Saint-Quentin (Moselle)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir mont Saint-Quentin et Saint-Quentin (homonymie).

Mont Saint-Quentin
La ville du Ban-Saint-Martin et le mont Saint-Quentin.
La ville du Ban-Saint-Martin et le mont Saint-Quentin.
Géographie
Altitude 358 m
Massif Côtes de Moselle
Coordonnées 49° 07′ 17″ nord, 6° 07′ 38″ est
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Grand Est
Département Moselle

Géolocalisation sur la carte : Metz

(Voir situation sur carte : Metz)
Mont Saint-Quentin

Géolocalisation sur la carte : Moselle

(Voir situation sur carte : Moselle)
Mont Saint-Quentin

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Mont Saint-Quentin

Le mont Saint-Quentin est un sommet dominant la vallée de la Moselle à l’ouest de l’agglomération messine. De par son emplacement, il a joué un rôle stratégique d’observation, de protection et de communication pour la ville de Metz située en contrebas.

Géographie[modifier | modifier le code]

Le mont Saint-Quentin est un des sommets des Côtes de Moselle. Il s’étend sur le ban des communes de Scy-Chazelles, Le Ban-Saint-Martin, Longeville-lès-Metz, Plappeville et Lessy. Il culmine à 358 mètres d'altitude.

Histoire[modifier | modifier le code]

Vue du mont Saint-Quentin en arrière-plan, depuis les abords du plan d’eau.

En 835, Drogon, 40e évêque de Metz, rapporte de Saint-Quentin en Vermandois des reliques de saint Quentin. Il fait construire un oratoire au sommet de la montagne où sont déposés les reliques. Cet oratoire est remplacé par un sanctuaire qui sert de paroisse plusieurs siècles durant aux habitants de Plappeville, Scy, Chazelles, Lessy et Longeville. En 1143, l’église et ses dépendances passent sous l’autorité de l’abbaye de Gorze puis elle revient en 1212 à l’abbaye de Saint-Symphorien.

Elle passe au XIIIe siècle dans le domaine du chapitre de la cathédrale de Metz. On trouvait sur le mont le signe patibulaire, à quatre piliers, de la haute justice du chapitre cathédral, sur les bans Saint-Paul des villages de cette paroisse et sur les villages avoisinants. La paroisse est ensuite transportée à Scy. L’église est détruite[Quand ?] et remplacée par une chapelle accompagnée d’un ermitage, qui disparaissent également tous deux lors de la Révolution.

Le mont, appelé « côte », et l'ermitage sur la planche de l'atlas de Trudaine consacrée à Metz, XVIIIe siècle (Archives nationales).

Un poste de télégraphie optique Chappe est installé sur le mont en 1797[1]. Détruit par les troupes de la coalition en 1814 puis reconstruit, il cesse de fonctionner avec l'arrêt de la ligne Chappe en 1852[1].

XIXe siècle[modifier | modifier le code]

De 1867 à 1870, l’armée transforme le mont Saint-Quentin en un camp retranché afin d’éloigner la ligne de front et renforcer les fortifications militaires messines. Le groupe fortifié du Saint-Quentin s’étend sur 77 ha. C’est le plus vaste ensemble fortifiée de la première ceinture de fortification de Metz. Il comporte deux ouvrages principaux, les forts Diou et Girardin, reliés entre eux par deux branches de jonction bordés par un parapet d’artillerie. Le fort Diou, qui sera rebaptisé Ostfort par les Allemands, est construit à l’est du mont Saint-Quentin par les Français de 1866 à 1870. Il est de forme trapézoïdale, comprend quatre bastions, 38 pièces, et peut abriter un peu plus de 600 hommes.

Annexion allemande[modifier | modifier le code]

Vue du mont Saint-Quentin depuis Metz en 1904 par l’abbé Adam Pefferkorn.

Les Allemands en complètent la construction de 1872-1898, du côté ouest du mont Saint-Quentin, en édifiant un fort pentagonale pouvant accueillir 1 800 hommes. Baptisé fort Manstein, il sera rebaptisé fort Girardin par les Français[2]. Au nord se situe le fort de Plappeville, sur 46 ha. Il servait de défense pour le front ouest et était relié au groupe fortifié du Saint-Quentin par le col de Lessy. L’ouvrage a été conçu par le lieutenant-colonel Séré de Rivières.

Pendant l’annexion allemande, on y construira également la tour Bismarck de Metz, unique exemplaire en France d’une des 240 tours homonymes élevées à cette époque à travers le Reich à la mémoire d’Otto von Bismarck. Le Metzer Zeitung, journal de Metz fondé en octobre 1871 par les frères Lang, lance une souscription pour édifier ce monument commémoratif. Il propose aussi de renommer le mont Saint-Quentin en Bismarck Höhe, mais cette proposition est finalement rejetée[3]. La tour est aujourd’hui bien préservée, malgré quelques actes de vandalisme récents.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Durant la Seconde Guerre mondiale, au début de la bataille de Metz, un incendie se déclare la nuit du 31 août au 1er septembre 1944 dans deux des trois casemates du fort Saint-Quentin où les documents les plus précieux des collections des bibliothèques de Metz ont été entreposés : 588 manuscrits disparaissent sur un total de 1 475 inventoriés dans le Catalogue général de 1879 et son supplément de 1933, de même que 165 incunables sur 614 volumes d’incunables (représentant 781 unités bibliographiques)[4]. Le fort Diou a lourdement souffert des combats de 1944[2].

Le Saint-Quentin aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Vue panoramique de Metz depuis le haut du mont Saint-Quentin.

Le , le mont Saint Quentin et ses abords obtiennent le statut de site classé sur 1 375 hectares[5]. Près de la moitié du site (675 ha) est classée réserve Natura 2000.

Après une phase d’étude réalisée par l’Établissement public foncier de Lorraine portant sur la mise en sécurité du site et des anciens bâtiments militaires, la communauté d'agglomération de Metz-Métropole a décidé le 12 décembre 2005 d’aménager et de sécuriser les lieux pour en faire un lieu de promenade et de mise en valeur du patrimoine architectural militaire et de protection de l’environnement[6].

La société de réaménagement urbain Cardem démolitions (filiale d’Eurovia) et la société de déminage Géomines sont retenues par l’armée pour sécuriser le groupe fortifié du mont Saint-Quentin et le fort de Plappeville[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Abbé Pierre, Le calvaire du mont Saint-Quentin près de la ville de Metz, Rousseau-Pallez, Metz 1860, 45 p.
  • Charles Abel, « Le mont Saint-Quentin », dans L’Austrasie, Rousseau, Metz, 1861, 30 p.
  • R. Derche, « Saint-Quentin, apôtre du Vermandois, et son culte sur le mont Saint-Quentin dominant Metz » dans Les Cahiers lorrains, 1927, pp. 83-85.
  • « Fort Saint-Quentin von Metz », Illustrierte Zeitung, 58, pp. 27-30.
  • A. Schneider, Les forts du mont Saint-Quentin dans Les Échos, p. 16 à 19, bulletin municipal no 41, Scy-Chazelles, décembre 2008.

Lien externe[modifier | modifier le code]