Miyako (cheval)

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Miyako
Image illustrative de l'article Miyako (cheval)
Région d’origine
Région Drapeau du Japon Japon
Caractéristiques
Taille 1,20 m environ
Robe Généralement baie
Statut FAO (conservation) Critique mais maintenueVoir et modifier les données sur Wikidata

Le Miyako (宮古馬, Miyako-uma?, « cheval de Miyako ») est une race de petit cheval japonaise native de l'île Miyako-jima dans la préfecture d'Okinawa. Il est extrêmement rare, une trentaine d'individus étant recensés en 2008. Plusieurs programmes de sauvegarde ont vu le jour pour ce petit équidé, qui a été beaucoup croisé au XXe siècle. Il représente désormais une attraction touristique.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'élevage du cheval est vraisemblablement pratiqué depuis des siècles sur les îles Miyako[1], mais l'origine de la race est sujette à controverses. La théorie populaire a longtemps voulu que ces chevaux proviennent de poneys de montagne du sud-ouest de la Chine, mais rien ne l'a jamais démontré[2]. Une autre théorie serait que des chevaux mongols soient arrivés dans la préfecture d'Okinawa entre le XIIe siècle et le XVe siècle depuis la Corée, ou que le Miyako soit une variété naines des chevaux plus grands présents sur les îles principales du Japon[2]. En 1958, l'étude de Hayashida le rapproche des autres petits chevaux insulaires du Sud-Ouest du Japon[3].

Originellement, il toise environ 1,22 m[4]. Après la Seconde Guerre mondiale, la race est croisée[4] avec des chevaux importés, de plus grande taille, pour le travail agricole. Le Miyako atteint 1,42 m de haut[1],[4] mais conserve le type du cheval mongol[4]. En 1955, le recensement du cheptel donne un pic de 10 000 têtes[1]. La motorisation a rendu la race rare[1], en particulier à cause de la propagation d'appareils de culture de la canne à sucre[5]. Le Miyako est reconnu comme monument naturel national de la préfecture d'Okinawa le [5].

Les programmes d'élevage tentent de redonner au Miyako sa taille initiale. Un programme de sauvegarde est mis sur pieds en 1975[1]. En 1986, le Miyako est considéré comme l'une des deux races réellement natives du Japon à subsister, avec le Tokara[6]. En décembre 1988, la population restante atteint un seuil critique, seuls 11 individus étant recensés[1]. Cet effectif remonte à 19 en 1991[7]. Notamment, des chevaux de l'île voisine d'Aguni sont amenés sur Miyako-jima pour apporter de la diversité génétique et prévenir le risque d'extinction[2]. Un programme de conservation est créé en 2006[4].

Description[modifier | modifier le code]

Tête d'un Miyako.

Le Miyako appartient aux huit races de chevaux indigènes du japon[8]. Il est assez petit, proche extérieurement du cheval mongol[1],[9]. Les données de référence pour la taille ont été collectées en 1991 pour la FAO. Les mâles mesurent en moyenne 1,22 m, les femelles 1,20 m[8], ce qui l'inclut au groupe des chevaux japonais de plus petite taille, avec le Tokara, le Taishuh et le Yonaguni dont il est génétiquement proche[2],[10].

La robe est généralement baie ou avec gène dun[1],[4].

En 2001, la publication d'une étude sur la présence de la bactérie Rhodococcus equi a permis de constater l'absence de la souche virulente de cette bactérie chez les chevaux Miyako[11].

Utilisation[modifier | modifier le code]

La race est désormais considérée comme une attraction touristique[8].

Diffusion de l'élevage[modifier | modifier le code]

Les effectifs sont extrêmement réduits. L'étude de CAB International considère le Miyako comme très proche de l'extinction, le cheptel étant largement sous le seuil critique des 100 individus[4]. Le Miyako est considéré par l'étude de l'université d'Uppsala menée pour la FAO (2010) comme une race locale en danger critique d'extinction, faisant l'objet de mesures de protection[12].

Recensement des Miyako

Année 1991[8] 1998[8] 2006[8] 2007[8] 2008[8]
Nombre d'individus recensés 19 20 23 31 31

La race est propre à l'île de Miyako-jima[13]. Un élevage spécialisé dans la race se trouve à l'Ouest de Yukishio[14].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g et h Hendricks 2007, p. 286.
  2. a, b, c et d (en) Ken Nozawa, Takayoshi Shotake, Shin'ichi Ito et Yoshi Kawamoto, « Phylogenetic Relationships among Japanese Native and Alien Horses Estimated by Protein Polymorphisms », Journal of Equine Science, vol. 9, no 2,‎ , p. 53–69 (DOI 10.1294/jes.9.53, lire en ligne)
  3. (en) T. Tozaki, « Microsatellite Variation in Japanese and Asian Horses and Their Phylogenetic Relationship Using a European Horse Outgroup », Journal of Heredity, vol. 94, no 5,‎ , p. 374–380 (ISSN 0022-1503, DOI 10.1093/jhered/esg079, lire en ligne).
  4. a, b, c, d, e, f et g Porter et al. 2016, p. 486.
  5. a et b (ja) 宮古島市役所, « 県関係|観光・イベント情報|宮古島市 », sur www.city.miyakojima.lg.jp (consulté le 29 janvier 2017)
  6. (en) Historia medicinae veterinariae, vol. 11, Amici Historia Medicinae Veterinariae, , p. 4.
  7. (en) Beate Scherf, World Watch List for Domestic Animal Diversity, Food and Agriculture Organization of the United Nations, , p. 113.
  8. a, b, c, d, e, f, g et h DAD-IS.
  9. Walker 2014, p. 469.
  10. Hendricks 2007, p. 447.
  11. (en) S Takai, K Ogawa, N Fukunaga et Y Sasaki, « Isolation of virulent Rhodococcus equi from native Japanese horses », Comparative Immunology, Microbiology and Infectious Diseases, vol. 24, no 2,‎ , p. 123–133 (DOI 10.1016/S0147-9571(00)00022-9, lire en ligne).
  12. (en) Rupak Khadka, « Global Horse Population with respect to Breeds and Risk Status », Uppsala, Faculty of Veterinary Medicine and Animal Science - Department of Animal Breeding and Genetics, , p. 58 ; 64.
  13. (en) Elwyn Hartley Edwards, The Horse Encyclopedia, Dorling Kindersley Ltd, , 360 p. (ISBN 0241281423 et 9780241281420), p. 259.
  14. (en) Robert Walker, Okinawa and the Ryukyu Islands: The First Comprehensive Guide to the Entire Ryukyu Island Chain, Tuttle Publishing, , 288 p. (ISBN 1462914314 et 9781462914319, lire en ligne), p. 469.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • [Hendricks 2007] (en) Bonnie Lou Hendricks (préf. Anthony Austen Dent), International Encyclopedia of Horse Breeds, Norman, University of Oklahoma Press, , 2e éd., 486  p. (ISBN 0-8061-3884-X, OCLC 154690199), « Miyako », p. 286. Voir et modifier les données sur Wikidata
  • [Porter et al. 2016] (en) Valerie Porter, Lawrence Alderson, Stephen J.G. Hall et Dan Phillip Sponenberg, Mason's World Encyclopedia of Livestock Breeds and Breeding, CAB International, , 6e éd., 1 107  p. (ISBN 1-84593-466-0, OCLC 948839453)Voir et modifier les données sur Wikidata