Microhistoire

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L'historien Carlo Ginzburg est l'une des figures du courant de la microhistoire.

La microhistoire (ou microstoria en italien) est un courant de recherche historiographique né en Italie, spécialisé dans l'histoire moderne, regroupé autour de la revue Quaderni Storici et développé dans les années 1970.

Démarche[modifier | modifier le code]

Influencée par E. P. Thompson, la microhistoire propose aux historiens de délaisser l’étude des masses ou des classes pour s’intéresser aux individus. En suivant le fil du destin particulier d’un individu, on éclaire les caractéristiques du monde qui l’entoure. Les microhistoriens italiens prônent une réduction d’échelle, afin d’examiner les phénomènes à la loupe.

Giovanni Levi et Carlo Ginzburg ont dirigé entre 1981 et 1991 la collection Microstorie chez l'éditeur turinois Einaudi[1]. Parmi les ouvrages d'histoire contemporaine publiés, figurent deux études d'histoire ouvrière sur les villes de Biella et Terni dues respectivement à Franco Ramella et Alessandro Portelli.

Courants[modifier | modifier le code]

Deux courants traversent cette historiographie :

  • La microhistoire sociale, avec pour chef de file Giovanni Levi. Son objectif est de restituer la cohérence d’un univers restreint en faisant varier les angles de vue et les échelles d'observation.
  • La microhistoire culturelle est surtout représentée par Carlo Ginzburg et Carlo Poni, autour du « paradigme de l’indice » (1986).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (it) La Malfa, « La collana Einaudi Microstorie (1981-1991) », Storiografia, no XX,‎ , p. 1206–1208 (DOI 10.19272/201606601014, lire en ligne, consulté le ).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

À propos de la micro-histoire[modifier | modifier le code]

  • Jacques Revel, « Microstoria », dans Christian Delacroix, François Dosse, Patrick Garcia et Nicolas Offenstadt (dir.), Historiographies, concepts et débats, Paris, Gallimard, 2010, 2 tomes, Folio Histoire, t. 1, p. 529-534.
  • Edoardo Grendi, « Micro-analyse et histoire sociale », Écrire l’histoire, 3, 2009, p. 67-80
  • Carlo Ginzburg et Carlo Poni, « La micro-histoire », Le Débat, (1979).
  • Jacques Revel, « L'histoire au ras du sol », préface de l'édition française du Pouvoir au village de Giovanni Levi, 1989 (voir plus bas).
  • Jacques Revel (dir.), Jeux d'échelles. La micro-analyse à l'expérience, EHESS/Gallimard/Seuil, 1996.

Ouvrages de microhistoire[modifier | modifier le code]

  • Carlo Ginzburg, Le fromage et les vers. L’univers d’un meunier frioulan du XVIe siècle, Paris, Aubier, 1980 (édition originale en 1976).
  • Éric Humbertclaude, Federico Gualdi à Venise : fragments retrouvés (1660-1678). Recherches sur un exploitant minier alchimiste, Paris, L'Harmattan, 2010, 366 p., ill., (ISBN 978-2-296-13092-0)
  • Giovanni Levi, Le pouvoir au village. Histoire d'un exorciste dans le Piémont du XVIIe siècle, Paris, Gallimard, 1989 (édition originale en 1985).
  • Alain Corbin, Le Monde retrouvé de Louis-François Pinagot : sur les traces d'un inconnu, 1798-1876, Paris, Flammarion, 1998.
  • Jacques-Olivier Boudon, Le Plancher de Joachim : l'histoire retrouvée d'un village français, Belin, 2017.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]