Michel Crespin (metteur en scène)

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Michel Crespin
Michel Crespin (cropped).jpg
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 73 ans)
Nationalité
Activité

Michel Crespin est un concepteur, metteur en scène et scénographe urbain français surnommé «le pape des arts de la rue»[1], né le à Paris et mort le à Château-Chalon[2],[3].

À côté de son travail d'écriture et de mise en scène de spectacles dans l'espace public[4], il est un extraordinaire rassembleur et fédérateur[5], en étant à l'origine de festivals et de lieux de création. Il est ainsi le créateur de la Falaise des Fous au lac de Chalain (Jura), événement qui restera dans les mémoires comme l’un des manifestes fondateurs des arts de rue[6], le fondateur de Lieux publics (centre national de création des arts de la rue à Marseille) en 1982, du festival international des arts de la rue d'Aurillac en 1986, qu'il a dirigé jusqu'en 1993, et l'initiateur de la Cité des arts de la rue à Marseille ainsi que de la FAI-AR (Formation avancée et itinérante des Arts de la Rue)[7].

Il était chevalier dans l'Ordre du Mérite[7].

Biographie[modifier | modifier le code]

Professeur de physique, Michel Crespin quitte en 1971 l'Éducation nationale pour fonder la compagnie «Théâtracide», avec son frère Claude Crespin, Bernard Maître et Jean-Marie Binoche[8],[5].

En 1980, avec sa nouvelle compagnie de théâtre forain «Les Charmeurs réunis», Michel Crespin crée la Falaise des fous, un événement éphémère rassemblant 70 troupes de jongleurs, bateleurs, équilibristes et autres «performers»[8] sous la bannière des «Saltinbanks réunis» et 7000 spectateurs[9]. La prolongation de cet événement deviendra par la suite le festival international des arts de la rue d'Aurillac dès 1986[10].

Avec Fabien Jannelle, directeur du centre d’action culturelle de Marne-la-Vallée, Michel Crespin fonde, en 1982, Lieux publics, premier centre national de création dédié aux arts de rue. Michel Crespin dirige Lieux Publics pendant 18 ans, au cours desquels il implante le centre à Marseille[11].

Avec Pierre Berthelot (co-fondateur de la Cie Générik Vapeur), il inaugure en 2013, après 18 ans de gestation, la Cité des Arts de la rue, dans le quartier des Aygalades à Marseille. Cet immense complexe réunit dans un même lieu le travail de 7 compagnies ainsi que le centre d'enseignement de la FAI-AR, la Formation avancée et itinérante des Arts de la Rue[12].

Il avait le projet de publier une somme sur son travail, Le Grand Livre de la rue, sur lequel il a travaillé 10 ans[5],[13].

La « foranité »[modifier | modifier le code]

Dans le Cahier Forain des Magnifiques de mai 2010, Michel Crespin évoque la « foranité[14] » comme étant cette nouvelle forme d’urbanité, une manière de vivre et d’envisager la ville comme champ poétique et politique de l’interdisciplinarité.

L’espace public, de par sa nature est mouvant : il ne peut contenir qu’une seule représentation et qu’une seule lecture. C’est le temps social qui dicte le rapport que nous avons avec cet espace et qui fait qu’il s’anime ou se ferme de temps à autre. Depuis les années 1960, le libre usage de l’espace a évolué. Il est devenu plus contrôlé, touchant ainsi aux enjeux de la création mais néanmoins, depuis les premiers essais situationnistes et militants, les arts de la rue ne cessent d’émouvoir et de toucher car l’œuvre est souvent pensée par et pour le lieu.

En 30 ans, l’espace public, de forme d’espace revendicatif d’opposition au pouvoir est devenu une forme d’espace d’expression du champ pluridisciplinaire, où artistes et acteurs divers œuvrent pour la cité (urbanistes, sociologues, etc.). Dans ses multiples aspects, Michel Crespin parle de cette « foranité », de cet espace qui se doit d’être remis sans cesse en question, de sorte à pouvoir y inscrire de nouvelles pratiques d’usages.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Michel Crespin, le pape des arts de la rue, passionné d'espace ouvert », sur www.arcinfo.ch (consulté le 16 janvier 2019)
  2. « Décès de Michel Crespin, père des arts de la rue » (consulté le 9 septembre 2014)
  3. « Michel Crespin, père des arts de la rue », sur LaProvence.com, (consulté le 16 janvier 2019)
  4. « En scènes : le spectacle vivant en vidéo - Entretien avec Michel Crespin, directeur de Lieux Publics - Ina.fr », sur En scènes : le spectacle vivant en vidéo (consulté le 16 janvier 2019)
  5. a b et c « Michel Crespin, les arts de la rue sur le pavé », sur Libération.fr, (consulté le 16 janvier 2019)
  6. « Hommage de Fleur Pellerin à Michel Crespin - Ministère de la Culture », sur www.culture.gouv.fr (consulté le 1er août 2018)
  7. a et b Géraldine Kornblum, « Les arts de la rue en deuil », L'Humanité,‎ (lire en ligne)
  8. a et b Encyclopædia Universalis, « MICHEL CRESPIN », sur Encyclopædia Universalis (consulté le 16 janvier 2019)
  9. « Michel Crespin et Michèle Guigon ne joueront plus aux quilles », sur L'Obs (consulté le 16 janvier 2019)
  10. « En scènes : le spectacle vivant en vidéo - Eclat, festival de théâtre de rue d'Aurillac - Ina.fr », sur En scènes : le spectacle vivant en vidéo (consulté le 26 février 2019)
  11. « Mort de Michel Crespin, fondateur de la Cité des arts de la rue à Marseille », sur France 3 Provence-Alpes-Côte d'Azur (consulté le 16 janvier 2019)
  12. « Une méga cité pour les Arts de la rue », sur France 3 Provence-Alpes-Côte d'Azur (consulté le 16 janvier 2019)
  13. Marcel Freydefont, « Le grand Livre de la Rue », Études théâtrales,‎ 2008/1-2 (n° 41-42), p. 35 à 46 (ISSN 0778-8738, lire en ligne)
  14. Michel Crespin, in Alix de Morant, Cahier Forain des Magnifiques, Lansman éditeur, , 37-42 p.


Articles connexes[modifier | modifier le code]