Meta Sudans

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Meta Sudans
Image illustrative de l'article Meta Sudans
Emplacement de la Meta Sudans, devant l'arc de Constantin, fouilles de 2004

Lieu de construction Voie triomphale
Date de construction vers 80
Ordonné par Titus
Type de bâtiment Fontaine
Le plan de Rome ci-dessous est intemporel.
Planrome2b.png
Meta Sudans
Localisation de la Meta Sudans dans la Rome Antique (en rouge)

Coordonnées 41° 53′ 24″ N 12° 29′ 26″ E / 41.890094, 12.49068341° 53′ 24″ Nord 12° 29′ 26″ Est / 41.890094, 12.490683  
Liste des monuments de la Rome antique
Discours de Mussolini à la jeunesse, devant la Meta Sudans, septembre 1931. Le monument fut rasé peu après.

La Meta Sudans (la « borne qui suinte », en latin) est une fontaine monumentale de la Rome antique, jadis située au pied du Colisée, devant l'arc de Constantin. Son nom de « Meta » (borne) lui vient de sa forme conique rappelant les bornes que les chars devaient contourner en bout de piste des cirques ; « Sudans » signifie « suintant » ou « transpirant », suggérant que l'eau coulait et non jaillissait depuis le sommet avant d'être recueillie dans un bassin circulaire.

Elle était située au point de rencontre des limites des régions II, III, IV, X et peut-être I de Rome et remplaçait une fontaine plus ancienne, datant d'Auguste et détruite durant le grand incendie de Rome en 64[1].

Historique[modifier | modifier le code]

Plusieurs monnaies de Titus attestent de son existence en 80-81[2],[3]. Elle semble donc contemporaine de l'achèvement du Colisée.

Selon la légende, les gladiateurs allaient se laver à cette fontaine après leurs combats[4].

On peut donc comprendre la Meta Sudans comme la fontaine du Colisée, implantée à proximité immédiate du grand édifice public, au point le plus bas de toute la zone, à l'intersection de deux routes importantes de Rome. La fontaine remplace un segment du Domus aurea, rasée après la damnatio memoriæ de Néron[5]. L'arc de Constantin, quant à lui, n'apparaît dans le paysage, à quelques mètres de la fontaine, que deux siècles et demi plus tard, Constantin voulant associer son règne à celui de la dynastie flavienne[6].

Elle cesse définitivement de fonctionner à partir du siège de Rome en 537 lorsque les Ostrogoths murent les aqueducs afin de briser l'approvisionnement en eau de Rome[7].

Les gravures, depuis la Renaissance, et les photographies anciennes la montrent réduite à son noyau central en brique, dépouillée de tout ornement.

Les vestiges du noyau de brique subsistant au XXe siècle furent détruits en 1933-1936 pour faciliter les défilés fascistes (son axialité avec l'arc de Constantin la condamne lors du tracé rectiligne de la Via dei Fori Imperiali qui passe par cet arc sous lequel les troupes de Mussolini doivent passer)[2], en même temps que les vestiges de la base de la statue colossale de Néron. Un pavage circulaire au sol marqua alors l'emplacement de la fontaine[8].

Les fondations restantes ont été récemment fouillées et mises en valeur autant qu'il était possible, dans un espace paysagé.

Description[modifier | modifier le code]

La Meta Sudans était une fontaine en forme de cône, de 9 m de haut et 5 m de diamètre. Reconstruite à plusieurs reprises, elle atteignait à l’époque des Flaviens 17 m de haut et 7 m de diamètre. L'eau coulait depuis le sommet, le long de la colonne, puis était recueillie dans un bassin circulaire de 16 m de diamètre orné de statues de bronze. Le cône était revêtu de marbre et l'ensemble étincelait[8].

On connaît une fontaine du même type, mais de taille beaucoup plus modeste, en excellent état de conservation, à Cuicul (Djémila, Algérie)[9] : fontaine publique en pierre à bassin de réception circulaire et colonne centrale conique, avec échancrure verticale propre à accueillir une colonne d'eau montante en plomb[10].

Iconographie, numismatique[modifier | modifier le code]

Le Colisée, la Meta Sudans et l'arc de Constantin, vus par Bernardo Bellotto, vers 1742
La Meta Sudans devant le Colisée, en 1858.

Il existe de nombreuses vues anciennes de la Meta Sudans : son noyau de brique a été, depuis la Renaissance, un sujet habituel des peintres et graveurs, non que les vestiges subsistants fussent vraiment beaux, mais le cône de brique à la silhouette incertaine ponctuait l'espace vide entre l'arc de Constantin et le Colisée.

Les photographes anciens l'immortalisèrent sous tous les angles[11],[12].

Ce qu'on connaît moins bien, c'est son aspect du temps de sa splendeur : les monnaies de Titus où elle est représentée ne sont pas des plus explicites. Des esquisses, des maquettes, des reconstitutions informatiques, assez divergentes, ont été proposées à maintes reprises.

Littérature[modifier | modifier le code]

Dans son roman de 1858, Fabiola, ou l'Église des catacombes[13], le cardinal Nicholas Wiseman évoque en note la splendeur de la Meta Sudans :

« Meta sudans : "La borne qui sue". C'était un obélisque de briques qui existe encore, revêtu de marbre. De son sommet jaillissait une eau limpide qui l'environnait comme d'un voile de cristal, puis allait se déverser, dans un bassin situé à la base de la colonne[14]. »

ou, dans une autre version :

« Meta sudans : "La borne qui sue". C'était un obélisque de briques revêtu de marbre qui existe encore ; du sommet, l'eau s'écoulait, en ruisselant alentour, dans le bassin inférieur, et semblait l'envelopper d'une couche de glace.[15] »

B.D.[modifier | modifier le code]

La Meta Sudans a été retenue par Gilles Chaillet et Jacques Martin pour figurer, restituée en très gros plan, sur la couverture de leur album Les Voyages d'Alix : Rome, tome 1 : La Cité impériale (ISBN 2203329106)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Suétone, Augustus, 30, 1
  2. a et b F. Coarelli, Guide archéologique de Rome, p. 131
  3. La monnaie de Titus, avec photographie, site de numismatique antique
  4. (it) Tina Squadrilli, Vicende e monumenti di Roma, Staderini Editore,‎ 1961, p. 164
  5. (en) Elizabeth Marlowe, « The Mutability of All Things’: The Rise, Fall and Rise of the Meta Sudans Fountain in Rome », in D. Arnold and A. Ballantyne, Architecture as Experience: Radical Change in Spatial Practice, Routledge, 2004, p. 40
  6. (en) Elizabeth Marlowe, « The Mutability of All Things’: The Rise, Fall and Rise of the Meta Sudans Fountain in Rome », in D. Arnold and A. Ballantyne, Architecture as Experience: Radical Change in Spatial Practice, Routledge, 2004, p. 45
  7. (en) Elizabeth Marlowe, « The Mutability of All Things’: The Rise, Fall and Rise of the Meta Sudans Fountain in Rome », in D. Arnold and A. Ballantyne, Architecture as Experience: Radical Change in Spatial Practice, Routledge, 2004, p. 46
  8. a et b (en) Elizabeth Marlowe, « The Mutability of All Things’: The Rise, Fall and Rise of the Meta Sudans Fountain in Rome », in D. Arnold and A. Ballantyne, Architecture as Experience: Radical Change in Spatial Practice, Routledge, 2004, chap.2
  9. Images de la ville romaine de Cuicul (Djémila, Algérie)
  10. Dictionnaire des antiquités grecques et romaines, de Daremberg et Saglio, article « fons »
  11. Bonne photo ancienne de la Meta Sudans devant l'arc de Constantin
  12. Photos anciennes de la Meta Sudans, devant le Colisée, vers 1870-1880
  13. texte en ligne, BNF
  14. Fabiola du cardinal Wiseman I, 9, p. 70 (1854), BNF Gallica
  15. Fabiola, du cardinal Wiseman (1854), avec reproduction d'une monnaie, Méditerranées

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (it) A. Gabrielli, La Meta Sudans : la più antica fontana di Roma, Librerie Dedalo, 2000
  • (it) Istituto Poligrafico e Zecca dello Stato, Meta Sudans : la più antica fontana di Roma, Libreria dello Stato, 1996
  • Alain Malissard, Les Romains et l'eau : fontaines, salles de bains, thermes, égouts, aqueducs, Les Belles Lettres, 1994

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]