Messi Martin

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Messi Me Nkonda Martin est un guitariste et chanteur camerounais né le et mort le (ou le 7-[1]) à Yaoundé. Il est présenté comme le père du bikutsi moderne.

Biographie[modifier | modifier le code]

À l'âge de 12 ans, il joue du banjo. Son père s'oppose alors fortement à son goût prononcé pour la musique. En décembre 1960, il quitte le foyer familial et rencontre le kaka de Batouri, Jean Gabary, qu'il rejoint dans le groupe Jazzy Garo. Il est remarqué par le Togolais Jean Bossou qui lui permet de se lancer en solo. Il lance alors le groupe Diamafoune[2].

Après une tournée discrète au Nigéria, il change de producteur (Joseph Tamla) et sort en 1964 son premier album, Bekono Nga Nkonda dédié à sa mère. Les morceaux Amu dzé, Mengala Maurice, Minyono, et Ovongo ane man Bella sont des hits nationaux[2]. À la fin des années 1960, alors qu'il évolue au cabaret Mango Bar, il crée le groupe Los Camaroes avec le guitariste Jean Gabari. Le groupe comprenait aussi Dodo Eitel (guitare solo), Sala Bekono, Johny Cosmos, Jean-Marie Ngouamba (chants), Ojuku (tumbas), Ringo (batterie) Bien que groupe phare du style Bakutsi moderne, l'ensemble musical s'adonne aussi au Makossa, au Soukous, au Merengue et à la Rumba. Suite au décès du guitariste-fondateur Jean Gabari, le groupe se démembre peu à peu[3].

Après un passage à vide dans les années 1980, "le grand maître" fera un retour au début des années 1990 successivement chez Ikom Kaporal (un album), brief Ossessa (deux albums dont une compilation de tous ses succès) et Angoula Production avec un album à succès "Zoa Mballa" (disque de l'année en 2000 de l'émission de télévision national CRTV-Tube vision). Sa technique du chant et son doigté guitariste ont eu une très grande influence sur le bikutsi moderne.

Il meurt le 10 mars 2005 (ou le 7-8 décembre 2005[1]) dans la pauvreté et la misère[4] dans le quartier Kondengui à Yaoundé[2].

Style[modifier | modifier le code]

Messi Martin a découvert comment transposer le son du balafon sur une guitare électrique, ce que l'on appelle aujourd'hui "Guitare-Balafon". Il a initié de nombreux artistes camerounais contemporains au bikutsi, dont Betti Joseph[5].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Messi Martin a eu 2 épouses et 9 enfants[2].

Discographie[modifier | modifier le code]

  • 1964 : Bekono Nga Nkonda (production Joseph Tamla)
  • 2000 : Zoa Mballa (disque de l'année 2000 par Tube Vision[3])

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Ndzana Seme, « La mort de Messi Martin ou le cri de rassemblement des Bétis contre la malédiction », sur www.africanindependent.com, (consulté le 15 novembre 2020)
  2. a b c et d « Messi Martin : La fin d'un titan du bikutsi », sur www.bonaberi.com (republication d'un article du magazine Mutations n145), (consulté le 15 novembre 2020)
  3. a et b steph, « Los Camaroes de Messi Martin : Le groupe laboratoire du Bikutsi », sur Agenda Culturel du Cameroun (consulté le 15 novembre 2020)
  4. (en) Dibussi Tande, Scribbles from the Den: Essays on Politics and Collective Memory in Cameroon, African Books Collective, (ISBN 978-9956-558-91-9, lire en ligne), p.143
  5. (en) « Messi Martin m’a initié au bikutsi », sur www.cameroon-tribune.cm (consulté le 15 novembre 2020)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Pages liées[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]