Maurice Maréchal (violoncelliste)

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Maurice Maréchal
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Maurice Maréchal à Tokyo
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Naissance
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Voir et modifier les données sur Wikidata (à 71 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
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Conservatoire national supérieur de musique et de danse (d) (-)Voir et modifier les données sur Wikidata
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Instrument
Distinctions

Maurice Maréchal, né à Dijon le et mort à Paris le , est un violoncelliste français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et formation[modifier | modifier le code]

Maurice Maréchal est né à Dijon le . Il est le fils de Jules Jacques Maréchal employé aux Postes et Télégraphes et de Marthe Justine Morier son épouse.

Après avoir étudié au conservatoire de sa ville natale, il entre en 1905 au Conservatoire de Paris où il remporte son premier prix de violoncelle en 1911.

Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Trois ans plus tard, la France entre en guerre ; Maurice Maréchal était depuis incorporé au 74e régiment d'infanterie de Rouen dans le cadre de la Loi des Trois ans. Âgé de 22 ans, il est mobilisé (matricule 4684, classe 12, soldat de 2e classe, brancardier et agent de liaison cycliste)[1] au 274e régiment d'infanterie. Il raconte son quotidien d'août 1914 à février 1919 dans ses carnets intimes. Quelques-unes de ses lettres sont édités dans le livre Paroles de Poilus[1].

Deux camarades menuisiers, Antoine Neyen et Albert Plicque, lui taillent un violoncelle rudimentaire dans le bois d'une caisse à munitions - « le Poilu »[2],[3],[4],[5] - grâce auquel il joue pour les offices religieux et pour les officiers ; il est dans la 5e division d'infanterie de Mangin, mélomane qui encourage la musique. Il fait la connaissance sur le front d'autres musiciens comme Gustave Cloëz ou le pianiste Henri Magne et forme avec Lucien Durosoir au premier violon, Henri Lemoine au second violon et André Caplet à l'alto, un quatuor qui se produit devant l'état-major[6],[7].

Il a obtenu la Croix de Guerre en 1916[8].

Carrière musicale[modifier | modifier le code]

Maurice Maréchal et Arthur Honegger à Lyon en 1931.
Maurice Maréchal au violoncelle.

Après la guerre, Maurice Maréchal intègre en 1919 les Concerts Lamoureux pour un an. On le retrouve en 1926 dans l'Orchestre de New York. Il entame alors une carrière de soliste qui le mène sur tous les continents. Son ami Émile Poillot l'accompagne au piano lors de plusieurs tournées en Espagne (1925 et 1926), en France (1928), à Singapour (lundi )[9] et aux Indes néerlandaises (août et ).

En 1942, il est nommé professeur au Conservatoire de Paris, poste qu'il quitte un an avant sa mort qui survient en 1964, alors qu'il est âgé de 72 ans. Parmi ses élèves figurent Christine Walevska, Alain Lambert, Jean Deplace et Alain Meunier.

Il a créé notamment la Sonate pour violon et violoncelle de Maurice Ravel, l'Épiphanie d'André Caplet, les concertos d'Arthur Honegger et de Darius Milhaud.

Ses neuf carnets intimes, rassemblés avec des lettres de Lucien Durosoir, sont parus en 2005 dans un ouvrage intitulé Deux musiciens dans la Grande Guerre[10]. Son élève Alain Lambert lui a consacré un livre, Maurice Maréchal, la voix du violoncelle[11].

« Le 19 avril 1964 disparaissait Maurice Maréchal. Quarante ans après ma mémoire garde l'émotion de la première rencontre en 1960, et de son regard extraordinaire mon admiration a été immédiate pour ce maître auprès duquel chaque cours était un moment hors du temps. Je n'en aurais manqué un seul sous aucun prétexte, quitte à faire plusieurs km à pied, le violoncelle au bout du bras, un jour de grève des transports. [...] Avant ou après les cours, il me parlait de ses concerts, de ses tournées, de ses élèves durant la guerre, ou de ceux qui commençaient leur carrière et dont il était fier, Quand il prenait mon violoncelle, comme mon instrument sonnait ! Et dans l'émotion, je me surpassais, mais à la maison, mon violoncelle avait oublié, et je devais chercher. Puis il y a eu la maladie, l'hôpital américain et ensuite les cours dans la chambre monacale, mais toujours cette générosité et cette attention. J'ai toujours parlé de Maréchal à mes élèves[12]. »

Maurice Maréchal est décédé le à son domicile 6, rue Freycinet à Paris (XVIe arrondissement) des suites d'une opération du rein. Ses obsèques ont eu lieu en la cathédrale Saint-Bénigne de Dijon le  ; il est inhumé au cimetière des Péjoces à Dijon.

Décorations[modifier | modifier le code]

Maurice Maréchal était officier de la Légion d'Honneur[13] et titulaire de la Croix de Guerre.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Son épouse, Loïs Perkins-Maréchal, évoque longuement leur vie commune et l'activité artistique de son époux dans L'Amérique avant les gratte-ciel, paru aux éditions France-Empire en 1979.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Paroles de poilus, lettres de la Grande Guerre, Paris, Tallandier Historia, , 160 p. (ISBN 2-235-02197-2), lettre 9 - page 42
  2. Conservé au musée des instruments de la Cité de la musique.
  3. « Violoncelle, dit « le Poilu » », sur pad.philharmoniedeparis.fr
  4. Son instrument porte les signatures de Ferdinand Foch, Henri Gouraud, Charles Mangin et Philippe Pétain.
  5. Brigitte François-Sappey, Bruits de guerre 1914-1918, article de Diapason n°629 de novembre 2014 p. 24
  6. « Centenaire 14/18 : Concert Hommage à Lucien Durosoir », sur bibliothequeboucau.fr
  7. Pierre Gervasoni, « L’archet à la place du fusil chez les « poilus » », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  8. son dossier sur LEONORE.
  9. (en) « Maurice Maréchal And His Art. An Evening With A Master Cellist », The Straits Times,‎ , p. 12 (lire en ligne).
  10. Éditions Tallandier, Paris, 2005.
  11. Éditions Papillon, Genève, 2003.
  12. Jocelyne Reydy, violoncelliste, dans la revue Le Violoncelle, n° 11, mai 2004.
  13. « Cote 19800035/598/67689 », base Léonore, ministère français de la Culture

Liens externes[modifier | modifier le code]