Massacre de Damour

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Massacre de Damour
Date 20 janvier 1976
Lieu Damour Drapeau du Liban Liban
Victimes Chrétiens libanais
Morts 582, pour la plupart civils
Auteurs Organisation de libération de la Palestine et Mouvement national libanais
Guerre Guerre du Liban

Le massacre de Damour a eu lieu, dans sa phase finale, le 20 janvier 1976 pendant la guerre civile libanaise de 1975-1990, et constitue l'un des plus graves crimes perpétrés par les milices " palestino-progressistes " durant le conflit. Ce massacre a été commis principalement par des milices palestiniennes contre les habitants chrétiens de Damour, en réaction au massacre de plusieurs centaines (1000 à 1500 morts) d'habitants de Karantina, quartier de Beyrouth majoritairement peuplé de réfugiés palestiniens, par des milices Kataeb deux jours plus tôt, tuerie qui elle-même répondait à un premier massacre de chrétiens commis moins d'une semaine auparavant (du 13 au 15 janvier) dans la même ville de Damour, et qui avait fait plus de 300 victimes civiles[1].

Damour[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Damour (Liban).

Damour s'étend de part et d'autre de la route de Sidon à Beyrouth, à environ 20 kilomètres au sud de la capitale, sur les pentes de la chaîne du Liban. C'était une ville d'environ 25 000 habitants, comprenant cinq églises, trois chapelles, sept hôpitaux, plusieurs écoles privées et publiques, et dont la population était entièrement chrétienne.

Le massacre[modifier | modifier le code]

Le 9 janvier 1976, les Palestiniens assiègent Damour en coupant l'eau, l'approvisionnement et l'électricité, et interdisent à la Croix-Rouge dans la ville pour évacuer les blessés. La cité est soumise à un intense bombardement à partir du 13 janvier et pendant les deux jours qui suivent. Le ministre de la Défense Camille Chamoun, piégé dans la région, demanda à l'aviation de soutenir la ville. Le 16 janvier au matin, des chasseurs Mirage III et Hawker Hunter de l'armée de l'air libanaise font une descente sur les positions des militants palestiniens et musulmans, mais l'opération est annulée par le Premier ministre Rachid Karamé. Ce fut la dernière mission des Mirage III libanais de la guerre civile.

Selon les sources les plus sûres, 582 personnes ont été tuées dans les assauts et le massacre final de Damour (13-15 janvier et 20 janvier), dont une vingtaine de miliciens Kataeb et plusieurs membres de la famille du politicien et chef de guerre Elie Hobeika[2]. Beaucoup de corps avaient été démembrés, de sorte que les têtes ont dû être comptées pour dénombrer les morts. Le vieux cimetière chrétien avait été détruit, les tombes profanées. Après le massacre, un grand nombre de familles quittent Damour et vont s'installer soit dans des villes ou villages libanais tel que Jounieh ou El Nabaa, ou bien émigrent vers d'autres continents ou pays tels que l'Afrique, l'Europe, le Canada ou encore l'Australie.

Auteurs du massacre[modifier | modifier le code]

Il existe un certain nombre de revendications contradictoires quant à savoir exactement quelles milices ont participé au massacre. Il est clair qu'il s'agissait d'une attaque dirigée par les milices palestiniennes, mais certaines sources indiquent une participation forte des factions palestiniennes soutenues par Damas. Une chose est néanmoins claire : l'attaque et le massacre ont été effectués par des miliciens palestiniens aligné avec le Mouvement national libanais.

Selon Robert Fisk, l'attaque a été conduite par le colonel Abou Moussa, un haut-commandant de l'OLP et le Fatah. Toutefois Cedarland.org, cite les noms de Zouheir Mohsen, chef de file de l'As-Saiqa, une faction palestinienne basée à Damas, agissant directement sur les ordres syriens, et affirme qu'il a été appelé au Liban comme le "boucher de Damour".

Le gros des forces d'agression semble avoir été composé par les brigades de l'Armée de libération de la Palestine[3] et As-Saiqa, ainsi que d'autres milices, y compris le Fatah. Certaines sources mentionnent également le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), le Front démocratique pour la libération de la Palestine (FDLP) et la milice musulmane libanaise Al-Mourabitoun parmi les agresseurs. Il existe également des rapports que les mercenaires ou les miliciens de Syrie, de Jordanie, de Libye, d'Iran, du Pakistan et d'Afghanistan ont fait partie de l'assaut, et même des commandos japonais qui s'entrainaient au Liban.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Mordechai Nisan, The Conscience of Lebanon : A Political Biography of Etienne Sakr (Abu-Arz), Londres & Portland (Oregon), 2003, Appendix, p. 158.
  2. Mordechai Nisan, The Conscience of Lebanon : A Political Biography of Etienne Sakr (Abu-Arz). Londres, Routledge, 2003.
  3. Des sources citent la PLA's Ayn Jalout, brigade armée par l'Égypte et la brigade Qadisiyah d'Irak. This page also mentions the Yarmouk brigade, set up by Syria.

Voir aussi[modifier | modifier le code]