Manuel Garcia

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir García.
Page d'aide sur l'homonymie Ne doit pas être confondu avec Manuel García Prieto.

Manuel Garcia

Description de l'image  Manuel Garcia as Otello in Paris from Gallica.jpg.
Nom de naissance Manuel del Pópulo Vicente Rodriguez
Naissance
Séville, Drapeau de l'Espagne Espagne
Décès (à 57 ans)
Paris, Drapeau de la France France
Activité principale artiste lyrique, compositeur, chef d'orchestre,
ténor, baryton
Style Opéra
Descendants Manuel Garcia junior
Maria Malibran
Pauline Garcia-Viardot
Louise Héritte-Viardot

Manuel Garcia de son vrai nom Manuel del Pópulo Vicente Rodriguez est un chanteur d'opéra, compositeur, chef d'orchestre et directeur de troupe, né à Séville le et mort à Paris le .

Il est le père de Maria Malibran et de Pauline Viardot.

Biographie[modifier | modifier le code]

Son père meurt alors qu'il a quelques mois. Sa mère se remarie et il adopte le nom de son beau-père sur scène. Il épouse une chanteuse-danseuse, Manuela de Moralès. Très éclectique, il réalise des adaptations, monte ses propres opérettes et fonde sa compagnie. Il interprète des rôles aussi bien de ténor que de baryton aux côtés de Maria Joaquina Sitches dite Briones, dont il s'éprend. Elle lui donne trois enfants qui seront célèbres : Manuel Garcia junior, Maria Felicia (dite la Malibran) et Pauline Garcia-Viardot.

En 1806, quelques difficultés financières comme directeur de théâtre lui valent une brève incarcération. Il décide de se rendre à Paris où il joue au Théâtre-Italien, puis se fixe à NaplesMurat le nomme Premier ténor de sa chapelle et de sa chambre. Il monte ses propres œuvres, mais chante aussi les opéras de Gluck, Mozart, Mayr, Generali, Carafa, Hérold. En 1816, il est Almaviva dans la création du Barbier de Séville de Rossini à Rome[1]. Il marque le rôle de son empreinte.

De 1816 à 1824 il fait les beaux jours du Théâtre-Italien à Paris dans les opéras de Rossini et de Mozart, et fonde une Académie de chant. En 1825, il part en tournée en Amérique avec toute sa famille où il impose l'opéra italien en langue originale, pratique ignorée jusqu'alors. Le 23 mai 1826 à New-York, à la demande de Lorenzo da Ponte qui a émigré aux États-Unis, il donne la première américaine de Don Giovanni avec sa fille Maria dans le rôle de Zerlina. Il poursuit sa tournée au Mexique, mais sans Maria qui a épousé à New York M. Malibran pour échapper à la férule de son père. La troupe gagne beaucoup d'argent, mais est dépouillée dans une embuscade non loin de Veracruz[2]. De retour en France, il se consacre de plus en plus à l'enseignement.

Manuel Garcia fut un artiste complet. Prolixe en tant que compositeur (une quarantaine d'opéras ou opérettes en espagnol, italien ou français), il manquait quelque peu d'inspiration et ses œuvres sont oubliées, à l'exception de quelques chansons espagnoles dont le fameux air « Yo que soy contrabandista ». Il fut en revanche un grand pédagogue: outre ses deux filles, Nourrit, Rimbault et Favelli furent ses élèves.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Une première très chahutée selon Castil-Blaze : on avait oublié d'accorder la guitare avec laquelle Altaviva s'accompagne pour chanter sous les fenêtres de Rosine. Manuel Garcia doit l'accorder en présence du public. Une corde casse et le chanteur fut obligé de la remettre. Les cris, rires et sifflets allèrent bon train, et redoublèrent lorsque Figaro fit son entrée avec une autre guitare, couvrant totalement la célèbre cavatine. Après cet échec tragi-comique, la seconde représentation fut un triomphe. Cf. Jacques Gheusi, « La Première du Barbier de Séville », L'Avant-scène opéra no 37, éd. Premières loges, 1981.
  2. Mémoires et Aventures par Louise Héritte-Viardot, petite-fille de Manuel Garcia