Pauline Viardot

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Pauline Garcia-Viardot)
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir García et Viardot.
Pauline Viardot
Description de cette image, également commentée ci-après
Pauline Viardot
Nom de naissance Pauline Michelle Ferdinande García
Naissance
Paris, France
Décès (à 88 ans)
Paris, France
Activité principale cantatrice, compositrice
mezzo-soprano
Activités annexes pianiste
Maîtres Manuel Garcia et Joaquína Sitchez (dite "la Briones"), parents
Enseignement professeur de chant
Ascendants Manuel Garcia et Joaquína Sitchez (dite "la Briones"), parents
Conjoint Louis Viardot
Descendants Paul Viardot, Louise Héritte-Viardot, Marianne Viardot, Claudie Viardot
Famille Maria Malibran, sœur,
Manuel Garcia junior, frère
Josefa Ruiz García, demi-sœur
Antonia Sitchès de Mendi, cousine

Pauline Viardot, née Pauline Garcia, est une cantatrice (mezzo-soprano) et une compositrice française, née le à Paris où elle est morte le .

Biographie[modifier | modifier le code]

Pauline Viardot est la fille du ténor espagnol Manuel Garcia, un des créateurs du Barbier de Séville, et la sœur de Maria Malibran, elle aussi cantatrice, décédée en 1836 à l’âge de 28 ans.

Pauline commence ses études de musique par le piano, sous la férule de Franz Liszt. Elle donne son premier récital en 1838, à l’âge de 16 ans, et débute sur une scène d’opéra l’année suivante dans le rôle de Desdémone de l'Otello de Gioachino Rossini.

Moins virtuose sur le plan strictement vocal que sa défunte sœur, dont elle était supposée prendre la relève, elle parvient cependant à s’imposer par des dons dramatiques, intellectuels et musicaux. Elle poursuivra aussi une activité de pianiste, jouant notamment à plusieurs reprises à quatre mains avec Clara Schumann.

En 1840, elle se marie, sur les conseils de George Sand, avec Louis Viardot, critique et directeur du Théâtre des Italiens. Ary Scheffer peint alors son portrait dans son atelier rue Chaptal[1]. Elle a une vie de famille heureuse ; ses enfants mèneront aussi une carrière artistique : son fils Paul comme violoniste, sa fille Louise Héritte-Viardot, comme compositrice et écrivain et ses deux autres filles comme cantatrices[2].

Quelques années lui suffisent pour s’imposer. Giacomo Meyerbeer lui offre en 1849 son rôle le plus écrasant, Fidès dans Le Prophète; Hector Berlioz crée pour elle une version en français pour mezzo-soprano de l'Orphée de Gluck en 1859; Charles Gounod compose à son intention l'opéra Sapho (en), et son air célèbre « Ô ma lyre immortelle »; Camille Saint-Saëns lui dédie son Samson et Dalila; Frédéric Chopin admire sa maîtrise du piano. Intime de tous ces musiciens, elle réunit le monde de l'art dans son hôtel particulier du quartier de la Nouvelle Athènes dans le 9e arrondissement, ou dans sa propriété de Seine-et-Marne : le château de Courtavenel.

En 1855, elle acquiert, sacrifiant une partie de sa fortune, la partition autographe du Don Giovanni de Mozart, dont elle chante le rôle de Zerline à Saint-Pétersbourg. Cette « relique » musicale est à la fois l’objet de pèlerinage de la part des grands noms de l’époque et l’occasion de faire de nouvelles connaissances.

Ayant renoncé à la scène en 1863, Pauline Viardot se consacre à la composition (plusieurs opérettes, dont Cendrillon en 1903, sur des livrets de Tourgueniev) et à l’enseignement du chant, qu’elle dispense uniquement à des élèves de sexe féminin, au Conservatoire national de Paris. Parmi elles : Felia Litvinne et Jeanne Gerville-Réache, Suzanne Catherine Cesbron-Viseur.

Génie musical et théâtral, elle disparaît presque nonagénaire à l’ère du gramophone, emportant avec elle le timbre d'une voix que Saint-Saëns a comparé, par synesthésie, à un goût : celui des « oranges amères ».

Tout au long de sa carrière, elle encouragea de jeunes talents comme Charles Gounod, Gabriel Fauré et Jules Massenet.

L'écrivain russe Ivan Tourgueniev, Pauline Garcia-Viardot et son mari Louis Viardot furent amis inséparables plusieurs dizaines d'années, la liaison entre l'écrivain et la cantatrice étant considéré par Guy de Maupassant comme « la plus belle histoire d’amour du XIXe siècle ». En novembre 1874 Tourgueniev achèta une belle maison de maître à Bougival et y installa la famille Viardot, alors que, lui, il occupa un chalet (une sorte de datcha) qu’il se fit construire quelques pas plus haut, et où il mourut en 1883[3]. La datcha de Tourgueniev est devenue un musée, tandis que la villa de la célèbre cantatrice est dans un état de délabrement avancé. Grâce à Jorge Chaminé, la Villa Viardot est un lieu important de concerts et de master-classes et depuis plusieurs années le baryton se bat pour la restauration de ce lieu de mémoire. Chose qui pourrait être entreprise grâce au "Loto du patrimoine", opération lancée par Stéphane Bern et le gouvernement français. La Villa Viardot fait en effet partie des 18 monuments concernés par ce Loto qui aura lieu le 14 septembre 2018[4].

La voix[modifier | modifier le code]

Elle se rattache à l'école de chant ancienne, passant sans difficulté du registre de contralto à celui de soprano, maîtrisant aisément une tessiture très longue (sol2-do5 et même selon R. Hahn fa dièse2-ré5) Selon Berlioz, qui pourtant l'avait d'abord jugée sévèrement[5]« la voix de Mlle Garcia, égale dans tous les registres, juste vibrante et agile, s'élève du fa grave au contre-ut soit deux octaves et une quinte et cette étendue est déjà immense, puisqu'elle réunit trois genres de voix qui ne se trouvent jamais ensemble: le contralto, le mezzo-soprano et le soprano[6]. »

Son timbre est semble-t-il assez quelconque mais l'émotion et la flamme de l'interprétation le rendaient particulièrement émouvant. Elle démontra une agilité sans doute unique dans son type de voix et s'amusait à chanter sans peine les concertos pour violon de son beau-frère Bériot ou les Études de Chopin.

Galerie photographique[modifier | modifier le code]

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Généalogie[modifier | modifier le code]

Manuel Garcia (Manuel del POPOLO RODRIGUEZ dit GARCIA) (1775-1832)
Chanteur - Compositeur - Chef d'orchestre
x  Maria Joachina SITCHES dit BRIONES (1780-1864)
│                           
│
├──> Manuel Garcia Junior (1805-1906)
│    Chanteur - Compositeur - Professeur de chant
│    x  Cécile Maria "Eugénie" MAYER (1814-1880)
│       dont postérité
│   
│    
│
├──> Maria Malibran (Maria Félicita GARCIA dite) (1808-1836)
│    x 1 Eugène MALIBRAN (1765- )
│    x 2 Charles-Auguste de Bériot (1802-1870) 	  	
│    │ Compositeur - Violoniste
│    │ 
│    ├──> Charles Wilfrid de Bériot
│         Pianiste - Compositeur
│         Professeur à l'école Niedermeyer
│
├──> Pauline Viardot ( Pauline Michèle Ferdinande GARCIA dite) (1821-1910)
     Cantatrice
     x Louis Viardot (1800-1883)
     │
     ├──> Louise Héritte-Viardot (1843-1918)
     │     Compositrice - Pianiste - Cantatrice
     │    x Ernest HERITTE
     │    
     │  
     ├──> Paul Viardot (1857- 1941) 
     │    Violoniste - Musicologue
     │  
     ├──> Marianne VIARDOT (1854-1919)
     │    Peintre
     │    se fiance avec Gabriel Fauré
     │    x Victor Alphonse Duvernoy
     │    Pianiste - Compositeur
     │
     ├──> Claudie VIARDOT (1852-1914)
          x Georges Chamerot
            Éditeur
            dont postérité       

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Michèle Friang, Pauline Viardot. Au miroir de sa correspondance, Éditions Hermann, (ISBN 978-2705665685)
  • Patrick Barbier, Pauline Viardot, Éditions Grasset, , 384 p. (ISBN 978-2246717416)
  • Gustave Dulong, Pauline Viardot, tragédienne lyrique, Association des amis d'Ivan Tourgueniev, , 176 p. (ISBN 9782903597016)
  • Agnès Gerhards, Vous êtes mes racines et ma couronne, Editions Zurfluth, 2010 (ISBN 2877501574)
  • (en) Barbara Kendall-Davies, The Life and Work of Pauline Viardot Garcia: The Years of Grace, Cambridge Scholars Publishing,

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Conservé au musée de la vie romantique.
  2. Pauline Viardot-Garcia (1821-1910)
  3. Olivier Zilbertin, La datcha de Tourgueniev en péril, « Le Monde », 18 septembre 2017.
  4. « Loto du patrimoine : la Villa Viardot, demeure de l'écrivain russe Ivan Tourgueniev, va s'offrir une seconde vie », Culturebox,‎ (lire en ligne)
  5. « Mlle Pauline Garcia m'a beaucoup déplu, ce n'était pas la peine de faire de ce prétendu talent un tel tapage, c'est une diva manquée ». Ce jugement date du commencement de 1839 (Cécile Reynaud, Berlioz (1803-1869), Paris, Gisserot, 2000, p. 94, (ISBN 978-2-87747-479-5)).
  6. « Journal des Débats », 13 octobre 1839 (donc peu de mois après son précédent éreintement; le passage est cité entre autres par Thérèse Marix - Spire dans Lettres inédites de George Sand et de Pauline Viardot (1839-1849), Paris, Nouvelles éditions latines, 1959, p. 27).