Adolphe Nourrit

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Adolphe Nourrit
AdolpheNourrit.jpg

Lithographie de Jacques François Llanta (1839).

Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 37 ans)
NaplesVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Nationalité
Activités
Famille
Auguste Nourrit (frère)
Père
Fratrie
Enfants
Louise Boutet de Monvel (d)
Robert Nourrit (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
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Maîtres
Tombe de Adolphe Nourrit (division 22).JPG

Tombe de Nourrit au cimetière de Montmartre (division 22).

Adolphe Nourrit, né à Montpellier le et mort à Naples le , est un ténor français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils de Louis Nourrit, marchand quincaillier devenu premier ténor de l’Opéra de Paris en 1811, le jeune Adolphe, destiné au commerce, suit de solides études classiques, avant d’entrer comme commis surnuméraire dans la Compagnie d’assurances générale sur les hommes[1]:7.

Passionné de musique, il fréquente naturellement l’Opéra[1]:8 et décide de suivre, après sa journée de travail, ses premières leçons de solfège. Un ami de son père, premier ténor au Théâtre-Italien, Manuel Garcia, lui prodigue ses leçons à l’insu du père qui refuse que son fils embrasse la carrière lyrique[1]:9. Adolphe fera néanmoins ses débuts de chanteur en interprétant le rôle de Pylade dans Iphigénie en Tauride de Gluck, dans lequel le débutant remporte un vif succès[1]:15. Le , son interprétation de Néocles, dans Le Siège de Corinthe de Rossini lui vaut un triomphe et une reconnaissance unanime[1]:38. Deux mois après, il succède à son père comme premier ténor à l’Opéra de Paris. Deux ans auparavant, il avait épousé Adèle Duverger, fille du régisseur de l’Opéra-Comique, dont il eut sept enfants[1]:19.

Pendant dix ans, Adolphe Nourrit va de triomphe en triomphe. Il crée les grands rôles de l’époque : le Comte Ory[1]:59 et Arnold, dans Guillaume Tell, de Rossini[1]:71, Robert le Diable[1]:124 et Raoul des Huguenots de Meyerbeer[1]:262, Eléazar dans La Juive de Halévy[1]:170.

Professeur de déclamation lyrique au Conservatoire, intelligent et cultivé, il ne se contente pas d’interpréter les œuvres. Il les inspire et parfois en écrit les livrets (La Sylphide de Jean Schneitzhoeffer[1]:131, inspiré du conte de Nodier, Trilby, jouée le ). Ami de Liszt[1]:325, il découvre Schubert et l’introduit en France en traduisant quelques lieder : Les Étoiles, La Cloche des agonisants.

Travailleur infatigable, il veut rompre avec le ton solennel et emphatique de la déclamation pour rendre au récitatif une forme plus libre et plus dégagée. Ses attitudes scéniques nouvelles sont vite acceptées, et celui que Rossini appelle son poète adjoint est nommé professeur de déclamation lyrique au Conservatoire. Sa renommée couvre toute l’Europe.

En , la direction de l’Opéra, sous le prétexte de soulager la fatigue engendrée par un répertoire trop lourd, engage un autre ténor célèbre, Gilbert Duprez[1]:220. Adolphe Nourrit, froissé et humilié, démissionne[1]:221-2. « Je ne suis pas fait pour la lutte[2] » dit-il à son ami Ernest Legouvé. « L’hostilité serait inévitable et me serait insupportable, je serais malheureux et vaincu. Duprez a sur moi un avantage immense, il est nouveau. Moi, le public de Paris me sait par cœur. Si je ne pars pas aujourd’hui, on m’évincerait demain. Rien que d’y penser, j’en rougis. Je m’en vais ! »[2].

Il part d’abord pour une tournée en France, souvent interrompue pour raisons de santé parce que sa voix le trahit et qu’il est incapable de chanter[1]:342. Il va en Italie pour se soigner et renouer avec le succès[1]:343. Il y rencontre Donizetti[1]:359 et le directeur du théâtre San Carlo ; ils le convainquent de s’installer à Naples. Les succès alternent avec les déconvenues. Son état mental s’aggrave. Il devient paranoïaque. Le , après une réception en son honneur, il se défenestre du troisième étage de l’hôtel Barbaja[1]:489.

Adolphe Nourrit est enterré au cimetière de la Madone del Pianto, au milieu d’une foule d’admirateurs[1]:503. Exhumé un mois après, il est transporté en France ; il arrive le à Marseille où une messe de requiem est interprétée par Chopin en l’église Notre-Dame du Mont. À Lyon, le clergé refuse les honneurs funèbres, mais le cortège est suivi par plusieurs milliers de personnes. Le , à Paris, a lieu le dernier service funèbre en l’église Saint-Roch en présence de nombreuses personnalités musicales et artistiques.

Adolphe Nourrit repose à Paris au cimetière de Montmartre[1]:520 en compagnie de son épouse morte quelques mois après, peu de temps après la naissance de son dernier fils.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q, r, s, t et u Louis-Marie Quicherat, Adolphe Nourrit : sa vie, son talent, son caractère, sa correspondance, Paris, L. Hachette, , 991 p. (lire en ligne).
  2. a et b Ernest Legouvé, Soixante ans de souvenirs, t. 2, Paris, J. Hetzel, (lire en ligne), p. 133.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Iconographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]