Manichéisme (attitude)

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Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne l'attitude simplificatrice consistant à tout ramener à un combat du bien et du mal. Pour la religion de même nom, voir Manichéisme (religion).

Le manichéisme est, dans son acception contemporaine, au sens figuré et littéraire, une attitude consistant à simplifier les rapports du monde, ramenés à une simple opposition du bien et du mal. Le sens original du terme renvoie quant à lui à la religion antique du manichéisme, religion du prophète Manès[1].

Pour le prêtre et sociologue Jacques Grand’Maison, « l'esprit manichéen transforme toute distinction en opposition et ramène systématiquement la complexité du réel à deux termes qui s'excluent », en recourant à des stéréotypes. « Il a envahi la religion et la culture, la morale et la politique, les idéologies et les sciences », démentant les qualités de pluralisme et de tolérance revendiquées par les sociétés modernes[2].

Manichéismes religieux[modifier | modifier le code]

L'opposition fondatrice de la morale occidentale se ramène au conflit opposant Satan à Dieu. Être « méchant » du point de vue de Dieu peut être considéré comme quiconque s'oppose à Lui, sans Le servir, ou en rejetant Son autorité universelle (légitime - autorité établie), par exemple, lors de la promulgation des dix premiers commandements.

Il s'agit donc d'un stéréotype de définition du monde lié à une pensée religieuse, non rationaliste.

Toutefois, le livre de Job montre Satan et Dieu ayant des relations normalisées, Dieu jouant un rôle de juge et Satan celui de procureur.

Manichéismes géopolitiques[modifier | modifier le code]

Jusqu'à la politique d'ouverture et de Perestroïka menée par Gorbatchev, l'URSS fut présentée par les USA comme le mal absolu. Les USA furent pour leur part nommés par l'ayatollah Khomeini Le Grand Satan. Par la suite, George W. Bush présenta l'ensemble des pays présentés comme favorables à Al-Qaïda comme Axe du mal.

Le film Good bye, Lenin! décrit l'antagonisme du même ordre qui existait avant la chute du mur entre les Allemagnes de l'Est et de l'Ouest.

Le personnage manichéen[modifier | modifier le code]

Dans L’Étrange cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde de Robert Louis Stevenson, l’opposition du bien et du mal entre Jekyll et Hyde est très présente. La chanson Docteur Renaud, Mister Renard de Renaud reprend cette idée avec ironie en l'appliquant au cas du chanteur.

On retrouve le même principe dans La Bête humaine de Zola. Dans Candide de Voltaire le personnage Martin nous offre un exemple de cette conception du monde, que l'exercice du conte philosophique permet de modéliser[réf. nécessaire].

Dans Star Wars de George Lucas, deux camps s'affrontent : Le "côté Obscur de la Force" et le "côté Clair de la Force"

Un archétype des forces du bien et du mal existe chez Conan Doyle sous la forme de l'opposition entre Sherlock Holmes et le docteur Moriarty.

Dans une interview donnée à l'émission Metropolis sur ARTE, l'écrivain Norman Spinrad, auteur de Rêve de fer, indique que selon lui nombre de combats ne sont pas du bien contre le mal, mais entre des versions différentes et incompatibles du bien.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le(s) mot(s) du jour. Sur le site revisonsensemble.canalblog.com
  2. Jacques Grand’Maison, Les Tiers 2. Le manichéisme et son dépassement, Montréal : Les Éditions Fides, 1986, 248 pp. (extraits en ligne sur le site classiques.uqac.ca)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]