Môtiers

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Môtiers
Localité suisse
Blason de Môtiers
Héraldique
Vue d'ensemble du village de Môtiers
Vue d'ensemble du village de Môtiers
Administration
Pays Drapeau de la Suisse Suisse
Canton Drapeau du canton de Neuchâtel Neuchâtel
Région Val-de-Travers
Commune Val-de-Travers
NPA 2112
Démographie
Gentilé Môtisans
Population 806 hab. (1er janvier 2007[1])
Densité 126 hab./km2
Géographie
Coordonnées 46° 54′ 45″ nord, 6° 36′ 45″ est
Altitude 737 m
Superficie 642 ha = 6,42 km2
Divers
Langue Français
Localisation

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Môtiers
Sources
Référence population suisse[2]
Référence superficie suisse[3]

Môtiers est une localité de la commune de Val-de-Travers et une ancienne commune suisse du canton de Neuchâtel, située dans la région Val-de-Travers.

Elle a fusionné le 1er janvier 2009 avec Boveresse, Buttes, Couvet, Fleurier, Les Bayards, Noiraigue, Saint-Sulpice et Travers pour former la commune de Val-de-Travers.

Môtiers est une localité suisse traversée par la Route de l'absinthe, itinéraire culturel et touristique reliant Pontarlier à Noiraigue dans le Val-de-Travers.

Histoire[modifier | modifier le code]

Môtiers : du latin monasterium (monastère). La fondation de Môtiers se confond avec l'établissement du prieuré Saint-Pierre, probablement au Xe siècle dans un Val-de-Travers encore peu colonisé. La Suisse romande d'aujourd'hui fait alors partie du royaume de Bourgogne.

Prieuré Saint-Pierre : le prieuré est, à l'origine, une des nombreuses filiales de l'abbaye bénédictine de Cluny. En 1107, le prieuré Saint-Pierre est annexé au monastère de la Chaise-Dieu en Haute-Loire, dépendance qui durera jusqu'à la fin du XVe siècle. Le village se développe autour du monastère, alors riche et puissant grâce aux droits seigneuriaux qui lui sont donnés non seulement au Val-de-Travers, mais jusqu'au Val-de-Ruz, où il exerce son pouvoir spirituel, temporel et judiciaire. Les possessions du prieuré Vautravers représentaient les trois cinquième du Pays de Neuchâtel actuel. Actuellement le Prieuré Saint-Pierre abrite la Maison Mauler produisant des vins mousseux.[4]

Temple de Môtiers : l'église Notre-Dame (actuel temple de Môtiers-Boveresse) date du XIIIe siècle. La paroisse comprend alors les villages de Couvet, Fleurier et Boveresse. À cette époque déjà, les comtes de Neuchâtel cherchent à gagner des terres en direction de la France. En 1237, le puissant comte de Bourgogne, Jean de Chalon, protecteur du prieuré doit prêter hommage vassalique au comte Berthold de Neuchâtel. Peu à peu, les moines perdent leurs droits seigneuriaux et juridiction.

Château de Môtiers : au début du XIVe siècle, les comtes de Neuchâtel sont les souverains du Val-de-Travers et se font représenter par des châtelains. Le château, mentionné pour la première fois en 1344, devient leur résidence. C'est aussi le siège du tribunal civil et criminel. Il fut utilisé plus tard comme prison, jusqu'en 1826 et vendu à un particulier en 1835. Il a appartenu ensuite à l’état de Neuchâtel durant de nombreuses années et est désormais la propriété de l'importante entreprise horlogère Bovet Fleurier SA.

Hôtel des Six Communes : en 1458, Rodolphe de Hochberg confirme la franchise de plusieurs communes du Val-de-Travers ; c'est probablement à cette époque que furent construites, par la Corporation des Six-Communes (Boveresse, Buttes, Couvet, Fleurier, Môtiers et St-Sulpice), des halles en bois qui devaient abriter quatre foires annuelles et les marchés hebdomadaires. Céréales, volailles, chandelles, drap étaient vendus là. Au début du XVIe siècle, les halles sont détruites. On décide de les reconstruire et d'y installer, en plus des marchés, le siège de la justice, une auberge et la « maison de ville » : c'est l'hôtel des Six-Communes. Le bâtiment, tel qu'on peut encore l'admirer, date de 1590 environ. À cette époque, moulins et fours établis le long de l'Areuse témoignent de l'activité et de l'extension du village de Môtiers.

En 1537, la Réformation est adoptée au Val-de-Travers, les moines bénédictins quittent Môtiers pour se réfugier en France voisine et le prieuré, sécularisé, devient propriété de l’État. Il sera vendu à un particulier en 1749.

En 1723, un violent incendie détruit plusieurs bâtiments proches de la maison des Six-Communes. Le XVIIIe siècle voit le début d'une industrie florissante. À côté des travaux agricoles, les Môtisans s'adonnent à la fabrication de dentelles et à l'horlogerie.

Grande Rue : Môtiers, centre de la Châtellenie et siège des autorités militaires et judiciaires, devient le rendez-vous d'été des principales familles neuchâteloises. C'est à cette époque qu'ont été construites la plupart des belles demeures qui bordent la "Grande Rue".

De 1762 à 1765, Jean-Jacques Rousseau y séjourne, mais ses démêlés avec le pasteur de Montmollin obligent le philosophe à quitter Môtiers pour gagner l'Ile Saint-Pierre.

En juillet 1762, Jean-Jacques Rousseau, comme décrit dans ses Confessions, séjourne chez Madame Boy de La Tour à Môtiers. Il y vit pendant trois ans, avant qu'un conflit avec le pasteur de Môtiers ne dégénère en une émeute villageoise le 6 septembre 1765, où des pierres sont lancées contre sa maison. L'écrivain quitte Môtiers le 8 septembre de la même année pour se rendre à île Saint-Pierre, sur le lac de Bienne[5]. Un musée a été créé en l'honneur de l'écrivain dans son logis.

Avec l'avènement de la République, en 1848, Môtiers est chef-lieu de district et préfecture. Le XIXe siècle laisse le chef-lieu un peu en dehors du développement industriel que connaît le reste du district. On y trouve quelques petites fabriques d'horlogerie, quelques distilleries d'absinthe et, dans les bâtiments du prieuré, une entreprise encore présente aujourd'hui, qui produit des vins mousseux selon la méthode champenoise.

En 1987, la commune a été bénéficiaire de la vente des "Ecus d'or" du Heimatschutz, encourageant une politique de protection de son patrimoine architectural. Le cachet du village et la qualité de sa vie culturelle et artistique font de Môtiers un lieu toujours plus attractif.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Sur le territoire de l'ancienne commune se trouve le château Vauxtravers ainsi que le prieuré Saint-Pierre, situé dans la « maison Mauler ».

Transports[modifier | modifier le code]

Le village se trouve sur la ligne ferroviaire Neuchâtel - Buttes

Littérature[modifier | modifier le code]

  • Une eau-forte, éditions Gallimard, Paris, 1983, Roman de Jean Métellus l'intrigue se passe dans le village de Môtiers.
  • De Rousseau à Mirabeau, pèlerins de Môtiers et prophètes de 89, par Charly Guyot, Neuchatel, Victor Attinger, 1936.

Références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]